‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 2)Chapitre 33 sur 49 · BIBLE · texte numérisé non relu

BIBLE

BiBLK (religion), du mot grec bibtos, papier, livre ; et du latin biblia^ le livre , de MM*^| ^ en grec, hiblion, livre; hiblùt, les livres; Um^ theïa, les livres divins; biblia, ces mêmes lîviil *

MDsidéres comme les livres par excellence. Enfin , lus les tems d'ignorance , on disait en latin bctrtira, biblia, œ , am , comme on baptisait au nom ^ pallia , filiœ et spirita sancia* G*est ainsi que 0U6 avons fait en français le mot Bible, pour dëfjoet rÉcriture Sainte , et, en même tems, une fidoutable machine de guerre profane. Cest que 08 anoétres , belliqueux pour le. moins, au tant que ieux , aimaient h considérer la Bible, au sens prore ^ Goinme un grand engin commun de guerre liritaelle contre les mëcréans et les pécheurs. Leur tierre spiritueUe par la Bible et pour la Bible se langea en un zèle excessif et dominateur, une BTSecution judiciaire, ecclésiastique et militaire, >iitre ces mêmes, peeheurs ou mccrëans , d'où vinsnt les tristes croisades et TinquisitiiMi féroce. [ais quand on fut h ce point d'aveuglement, une arlie du clergé entreprit de faire de la Bible une liarte privée , qu'on ne put lire en langue vivante . ue par permission très-spéciale du pape , ou du onfesseur, ou de l'évêque , ou d'un vicaire épiscool; et alors se multiplièrent les mécréans, les eraiis, et ceux-d, à leur tour, entreprirent des ;uerres civiles pour cause de religion ; ils en vinrent i soutenir qu'il n'y a point d'autres règles de foi [ue la Bible interprétée selon la conscience et les umières de chacun, infaillible moyen pour faire :e qui existe en beaucoup de lieux , autant de reigions que de têtes. Par excès contraire, un prêtre |ui écrit h Paris avec talent , et qui , dans ses livres

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et ses jouroaux , prétend faire rétrogradar Va/n ' humain, a ose pidUier œ blasphème : « LalMMl' de la Bible a produit, depuis deux ans , des csi^l ' caioes de milliers de crimes. » M

La Bible, ou coUectîoQ de lîrres SMrJs,c»|^' tient les livres de T Ancien et du NoiiTeau*T«^|'i ment, c*est*lhdire de Tanciemie d de la mmmIi|' alliance «atre Dieu et les hommes. Les prsHki|' sont ceux qui furent écrits avant Jésus Chriit;ft II condeunent rhistoire de la création dn monde, è |i la chute deThomme, du dcSuge, de la ili^wiim du genre humain, Thistoire des patriarches et ài juifs, la loi de Moïse, des traités de morale, b prédictions des prophètes qui ont annonoé le sic , le Dieu rédempteur et son Église. Ijt N Testament renferme des livres écrits depuis la de Jcsus-Chr ist , par ses apâtres ou par ses discipki^

Le simple croyant , un peu lettré , peut lire syc fruit ces livres, en quelque langue vulgaire, ps« sNtistruire ou se fortifier dans la rdi^on chrétkBM. qui ncsi qu\iDe avec la judaïque. Les textes ni»brenx qu^il ne conçoit pas , il les respecte ; et a qu'il comprend dans ce qui est historique, i k croit : daus ce qui est dogme , ou de précepte , m de conseil , il tâche de le discerner et de le pruiquer, en se conformant, parmi les catholiques, i renseignement de TEglise indéfectible et infaillible dans la foi , selon les promesses de Jésus-Christ.

Mais sVngit-il de former un homme capable dr déterminer, après examen , et d^édairer les aoim

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^ ^ans te chois; de sa religion et de sa communioQ ^ ^religieuse; s*agit-il de former un. théologieu ^rai* ^ meut profond y digne de servie dç guidei aux isayans

et aux ignorans même du dehors de TEglise, dans

^lUnterpré talion y Tappréciation et l'application des

^ Ijextes deTApcien et du Nouveau-Testament, dans

^ aqn enseignement sur les dogmes i les mœurs et la

^ discipline ; c^est uuç affaire de toute la vie. Dans ce

^ Hçqre d'étude , qui est ^ns bornes , le plus habile,

parmi les habiles et les vertueux , ^t celui qui - ignore le moins.

. Supposons un dlève doué des forces physiques

smfiisantes et des heureux dons de la mémoire, de

riptelligençe , du jugement et de la volonté; qu'il . 9Ji% passablement fait ses premières études commu*

1^69 9 qu'il sache a^ez bien sa langue maternelle , le , -grec et le latin s et les élémens des sciences natu* . relies , rationnelles , de l'histoire , de la morale et .' de la politique; s'il veut comprendre et juger la

Bible avec les secours de la raison et de l'érudition, . il fera, dans le silence des passions , dans l'éloigne-

iqent des vices , dans la pratique de la prière , de

longues études préparatoires ; il apprendra ce qu'on

appelle spécialement l'exégèse ou l'introduction ^ (k la Bible). On a sous ces titres une multitude de

livres , dont les plus nouveaux sont les plus savans

et les plus utiles.

Afin d'en apprendre au moins sommairement les doctrines, il faut qu'il se choisisse, qu'il se fasse avec le tems une bibliothèque sacrée , et qu'il ait

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journellement accès dans une bibliothèque on m trouvent au moins les princq>aux livres conteiMil rbistoire et les antiquités ; la clironol<^e et la géographie bibliques ; Thistoire et la nature de la pU» losopbie radoneUe et des religions des» gentils; llètoire des Hébreux, du langage hébrea et de» analogues , du grec biblique et des langues de ITV rient qui ont d'antiques versions des livres *de h Bible ; les différentes (k:ritures des Hëbrem ; .nih toire des manuscrits etdes éditions simples ou polyglotes des textes originaux et des versions ah ciennes et ces mêmes éditions , les variantes de ob textes çt de ces versions ; les meilleures grammaira et les meilleurs dictionnaires de ces diverses lingues ; rbistoire et la critique de chaque livre de la Bible; les concordances et les dictionnaires do mots de la Bible dans les différentes langues aih ciennes; les livres sur la concorde des Ëvangfles; les livres apocryphes ; les paraphrases et commentaires des juifs et des chrétiens sur rÉcriture-SaintCf les traités sur Tauthenticité , la pureté, Tinspiraticn divine de la Bible, et son autorité en matière de foi, suivant TEglise catholique , et selon les autres communions chrétiennes; enfiti, les doctrines religieuses ou anti-religieuses des juifs, dés gentils, des anciens philosophes , des hérétiques , des déistes de diverses classes , des sceptiques anciens et athées modernes.

Avec ces secours littéraires plus ou moins étendus , on peut savamment étudier et apprécier la

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Bible ; et quand on a Tnsage facSé et une connaissance passable de tous ces livres , on n*a rien fait qu'entrer dans le temple ; il reste k étudier, pour compléter rinstruction d'un habile théologien, Thistoire ecclésiastique générale et particulière ; Thistoire des églises , des schismes et des hérésies ; les conciles-généraux et autres ; les pères de l'Eglise , dont Bossuet est compté pour le dernier ; les principaux scolastiques et les théologiens les plus célèbres des différentes communions ; leurs meilleurs livres sur la révélation, la religion, l'Église, les dogmes, la morale, la discipline et la lithurgie, les catéchismes , leurs meilleurs sermons ; les ouvrages ascétiques et polémiques ; enfin , les recueils sur la liberté des églises^ et sur l'autorité du pape , tant légitime qu'usurpée. C'est apr^s des études aussi longues et aussi difficiles que, si par scepticisme, préjugé ou autrement , on avait le malheur de re^ jeter la religion chrétienne , ou aurait au moins , avant de se décider, appris cp^elle est, comme disait Pascal.

Sur tant d'objets d'études .concernant la Bible , il serait impossible d'indiquer, dans cet article , tous les progrès réels qui ont suivi la publication des encyclopédies. Disons ceux qui nous paraissent les plus remarquables.

Gomme ouvrages les plus récens sur l'origine de l'idolâtrie et des my thologies des gentils , nous citerons ceux des docteurs anglais James Bryant et Stanley Faber, V Antiquité expliquée par la Ge^

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nèse, publiée à Paris, et les Traités aUemandâ de Cresaiery de Ranne et de Goërres, sur VHisiain des Myihologies .

Pour les travaux les plus modernes et les phi savans sur Texégèse, ou la critiqaedes textes de r Andeu ou du Nouveau-Testament, nous indiquerons, en France, Du Contant de la Moleite el Dkvoisin; en Autriche, le docteur Yane; en An|^ terre, Qi. Buder , et Faber déjà nomme encore sa France, le professeur Houbigant et le présidait Agier; en Italie, le professeur Rossi; en An^ terre, le docteur Benjamin Kennicott, Bellanii tt Thomas Scott ; en Allemagne, Midbiaëlis, Eicdkon, Standling, Yater, Griesbach et Genesius; en Dfenemarck, Tcvêque Munter«

L'Église angUcane se distingue par les traités ks plus complets , où sont nouvellement ex{Jiqués d défendus avec orthodoxie tout ce qu'il y a de textes bibliques sur la promesse du Sauveur, sur la divinité de Jésus-Christ et sur les destinées de son Eglise. Nous devons citer spécialement ceux des docteurs Holden et Laurence. Cest avec plaisir que nous y ajoutons le Traité français iie la Divinité de Jésus-Christ , par M. Molioier, pasteur de ITglise de Genève , qui était )adis accusé de sobnianisme. Nous aimons k reconnaître qu*il s^est fait en Europe , dans toutes les communions, un retoor fort sensible vers la foi chrétienne , vers Tétude de la Bible, Testime et la pratique de la religion.

On doit k M. Laurence , dëjh nomme, une ver

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^on «antique du livre apocryphe d^Ënoch , cité par Tapôtre saint Jacques , et que Ton croyait entièrement perdu. Les Eglises protestantes se sont fait remarquer rëcenmient par des éditions critiques des andens apoctyphes que Ton ne connaissait pas. On sait que les apocryphes sont quelquefois utiles pour ëdaircir les. textes canoniques. Depuis les vingtans derniers, on s'est appliqué, ayec un grand snccès j k édaircir ec justifier divers textes de hk BiUe, par la conqiaraison avec d'anciens usages de r Asie et de T Afrique, attestés par les voya-^ geurs. £n Angleterre , on a publié , dans ce genre, d'exceDens recueils , tels que celui de Burder, plusieurs fojs réimprimé, celui du missionnaire Ward sur la littérature des mœurs de llnde , et d'autres encore , dont le premier a paru k Londres^ i823« Rosenmuller, profiesseur de langues orientales & Leipsidk.^ a publié en i8ao, smr ce sujet, un bon recueil général , intitulé : j^he and neue Morgen* land (r Ancien et lé Nouvel Orient).

On ne saurait parler de la Bible au dix-neuvième fiède , san$ rendre un témpignage très-honorable au zèle fédairé et aux immenses services que rendent à la religion chrétienne les sociétés bibliques g^ noinbreusejS en Europe , et répandues sur tout le globe. Malgré certaine bulle publiée en Po- Jpgne, jet m'algré des prcventioiis que partagent ^ôn^ des prélats anglicans , on compte des catholiques , dans quelques-unes de ces sociétés, qui font distribiji^r gratuitement, par toute |a terre, en

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tontes les langues yWaDtes , la parole divine, dont il a été dit par JësusChrist : « Scrutes les Ecritures; » par saint Paul : « Toute rEcritiire est divinement inspirée et utile pour enseigner, pour conduire h la justice ; » par saint Jean Ghrysoslôme : « Torigine de tous les maux , c'est que les Ecri* tures sont mises en oubli. » Respectant la liberté de toutes les communions chrétiennes, dles fint distribuer les textes sans conunentaires, sans nota, et selon les versions qui sont approuvées respecti* vement. Elles font imprimer, sur Tutilité et lo progrès de leurs travaux, des rapports annods, dont les plus importans sont ceux des Sociétés de Londres , de Paris et de Saint-Pétersbourg. Yojes spécialement les deux rapports &its en avril et eo mai i8a3, par M. Stapfer, h la Société ProtestaDie Biblique de Paris. Au mot livres saints , doos donnerons une notice des livres prétendus sacns des Gentils.

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