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1« iSomlc BéèU y traduiit d'après les Unsxtes sacrés « avec im Vulgaie „ par Mt Eugène Gbnouhi.
itf» PrêphHes^ mmeeUement Iradmis sur l'Héàrmê f aime des es^i^Ucaêiotif et dês Notes eriiiiptee. Iiais.
; FiifDAsrT qu'on se plaîbt| en iVance^ dhxneparti que h fei s'éteint^ que la reBgion chrétîeniie s*a^ uéuiûtj que l*atfaéisin6 règne ; et de Faotre, qu'em gënâral le' clergé calhollque français est trop peu .api^îque k Fétude des liyres saipts, que même il en éloigne les fidèles , favorisant les doctrines ultra* montaiDes et jésuitiques. Nous aimons k remarquer les nouydles productions françaises des ouyragea religieux, concernant surtout TAncien etle Nou*^ veau-'Testament, k Fusage des catholiques. '• Sans parler des deux belles éditions in-S"* et in-i6 d» la Bible entière de Le Maître de Sacy ei de Le Gffos, données en 1819, par M. Desoër, ni de la nouvelle édition de la Bible de y ence , en a5 vol. Ûv6^, qui Yimt d^ètre annoncée par MM. Méqui-^ gnon f et dont on a vu le premier volume ; sans rappeler les deux nouvelles, traductions de Tlmitalion de Jésus, qui ont paru cette année même,
55o CeUVtKS
Tune de M. Geiioude, etPauire de M. Geooe. Ls nouvelles versious qui font le sujet de cet artkk sont très-dignes d^attention et d^estime. Dfcs i8i5, M. Genoude avait publié, en un volume et aw
* de savantes notes , une version d*Isa]ùs , qui êcrink sept cents ans avant Père chrétienne, et doollo textes prophétiques ont des beautés a admirabla, qu^on le regarde comme le plus sublime de tiMi les poètes lyriques , et des caractères si fra^^MU et conformité avec de grands événemens postérieun, que saint Jérôme Tappelait un cinquième évaugéliste.
. Par le premier titre qu^il met k ses tradnctk»! des psaumes et livres sapientiaux , on voit qor M. Genoude s*est proposé de traduire la BiUe entière. Ce qui distingue son travail, c^est la fiMalilé, la brièveté, Tclégance, et une érudition choisie qui sufiit au commun des fidèles , qui plaît uiémf aux savans. A la tête du volume des psaumes, il a pincé les trois premiers chapitres de la belle dissertation de Bossuet sur ces cantiques instructifs , sublimes et coQsohms. Cet excellent morceau est, ea grande partie , traduit du latin , avec talent , avec assez d'exactitude. Quant aux textes sacrés, M. Genoude a traduit les versions latines du texte hébreu ; au bas de chaque page , il a placé le teiie de. la Yulgate. Il avertit qu'un théologien éclaire, un orientaliste profond, qui n'est pas nommé,
* lui n écluirci les difficultés du texte ; et 0 ajoute: t{ M. fabhé de Iai Mennais , qui s'est placé ^
DE J.-D. LÂNJUIMAIS. ftSi
haut dans le clergé de France , a bien voulu revoir notre traduction. ».
L'autre traduction d'Isaïe qui vient de paraître est anonyme; mais Tauteur est connu : c'est un de nos plus doctes hcbraisans. On sait qu'il appartient, par la science et la vertu , h Tillustre ëcole de Port- Royal et k la haute magistrature du royaume; en un mot , c'est le cëlèbre M. Agier , président h la cour royale dé Paris, que le roi avait naguère appelé h la cour de cassation, et qui, par les motifs les plus respectables , n'a point profité de cette faveur.
M. le président Agier a depuis long-tems entrepris de traduire en français et de publier, avec des explications et des notes critiques, les Prophéties delà Bible. Il a dcjh donné, en 1809, selon son plan, les Psaumes nom^Uemeni traduits sur Vhéhreuy et mis dans leur ordre naturel, 3 vol. in 8% tl'les Prophéties' concernant Jésus^Christ et VÊ^ glise , éparses dans les ïii^res saints, ai^ec des explications et des notes , Paris, 1819, in-8% i v. Sou Isàie , que nous annonçons, est la suite de ces deux ouvrages.
Il y entre en matière sans préambule. Les généralités sur les prophètes se trouvent partout. Ce qui est propre h chacun est dit ici en sou lieu , au commencement et k la fin de chaque explication. Voici une partie de ce qu'il rapporte d'Isaie.
(c C'est le premier des quatre grands prophètes, Isaie, Jérémie, Daniel et Ezéchiel; il est le pre^
£53 OKUVKBS
mîer dans Tordre des tems^ c'e&i le. preaûcr auai par rimportancc , l*éteudue , la clarlé § la wbliimlé de ses prophéties. U était fils d*AinoS| noo d*Amoi le prophète j mais d* Aoios , qui , suivant une ascienne tradition ,; était fils de Joas , roi de Jiida.
n II prophétisa sous le règne . d^Owia i de Jetthami d'Achatf et d'EBcChias^ et probablement et MauassèS) pendant environ soixante-deux ans. ■
Il semble principalement rfcctlpé de trots éyiémmens, la confédération de Pharée^ roi d*Isrâël,e( de Roëiii ) roi de Sy ri^". ^ pour détrôner la raaiaoo de David ; l'entreprise et la défaite de Sennacbcrib; la captivité à Jîabylone.
M Mais ce ue sont Ik^ dit M. Agier, que le$ dehors et comme Técorce; le véritable objet dlsaip. ce qui peut seul correspondre a Tctcndue de ins paroles, i^'esi Jésus-Christ et TEglisc chrétienne: c^ sont deux grands événcinens : le preuiior, la H?|>robation du coi^ps de la nation juive au-tenis de riwHugile , el la formation de Tllglise ; et le socund. dans an autre tems, la réprobation de 1^ gencilile, cVsi-èt-dire des nations i[ui fonnont ri'.glise tathfv lique, et le renouvellement de celle-ci par uu pflil noùibre de gentils réservé , utiquel se joindra riiul- Versalité du peuple juif, qui, iH^lahli à JériiSidem. convertira, par son r^Me et par ses travtiux, toafi les petjples de la lierre. >♦
Telle e:$t la base des explications do M» Agirr. sa version, moins cli'àtiée et néanmoins pure, rsi. h noire avis, bien préférable ii colle de sou coiicur-
DE J.-D^ LAllJeiNAIS. 568
Dt. Ainsi) au chap. 9, y. aa ^ ou M. Genoude aduit : « Malheur k ceux qui publiexH. des lob iqnei! malfacDr li ceux qui ëcriyent Tinjustiite nàr- opprimer les faibles, pour faire violence wtOL ratires , pour dëpouiUer la veuve et Forphelin ! i» -'Version de M. Agter est plus exacte et caratlë^ ieinieux certains désordres , les plus funestes de mi; la voici : « Malheur k c^ux qui font desiois Justes et portent des décrets oppressifs ^ pour Dpécher le faible d'obtenir justice^ et ôter tout ciysù de défense aux pauvres de mon peuple, etc. » ^iûjttitîce peut n'être que la faute du* magistrat ri désobéit b la loi. Il reste alors un espoir dans
recours aux supérieurs ; mais le mal est bien pire Mqu'il est autorisé par la loi , et lorsqu'elle ôte 'Ht moyeu de défense contre Toppression.
M. Agier fait k Rome chrétienne une applicà*^ 311 Hktji^àit et ti^ès^irconstanciée , très-curieuse de
prophétie dlsau^ contre Tyr : il faut la voir ans 1^ livre même; nous n'en citerons que le trait îvatft : « Rome s'est enorgueillie de ses prérogates) elle les a outrées; elle a prétendu que, dans f^gllse, tout doit se gouverner par ses volontés. Lie a (comme Tyr) employé pour ^le-même les ésàfs dont la piété publique l'avait constituée déaÛtaîre; et, comme cet esprit d'intérêt et d'é* ]iismè en a promptement tari la source, il a fiillti, yutt les entretenir et tes augmenter, recourir k M moyims qu'on n'aurait pas cru qu'elle se fét ■nais permis. Elle a levé des taxes sur tous les
554 OKUVtES
biens consacrés au culte de Dieu ; die a vendu le nom de bënëfices. radministration.de ceshia, et les dignités , les offices dont ils étaient Tao» soirc. Elle a disposé de même de tout ce qnicM ou qu^elle supposait être en son pouvoir, loiiyP'
gemens , grâces , dispenses , indulgences
passe encore plus avant ; et , s^attribuant sur b empires la même autorité qu^elle avait usurpée « les églises , elle en e$t venue jusqu^ii se croire Ar pensa trice des sceptres et des couronnes. ■
Au chapitre XXIV d*Isaïc , le prophète atcnhi la ruine de la Judée, qu*il annonce, au fufft des juifs ^ qui ont transgressé la loi qu*ils aniol )urée. Comparons encore les deux traductioDS.
M. Geuoude : « Voici le. tcms que le Scig fera un désert de toute la terre ; il la dépouilkn; il en dispersera les habitans
i) La terre sera désolée , abandonnée au pOl:^le Seigneur a parlé.
» Elle est dans le deuil ; elle languit ; elle iV teint. La hauteur de ce peuple a été abaissée.
» La terre a été souillée par ses habitans; ilsoi violé la loi ; ils ont per\'erti la justice; ils ont profané Talliance éternelle.
» La malédiction dévorera leur terre ; ils ^ ront livrés aux flammes : h peine un petit Doab* pourra-t-îl échapper. »
M. Agier : « Le Seigneur va désoler la terru* la rendre déserte, elle va lui faire changer de b(. et en disperser les habitans
» La terre sera complètement ravagée et pillée; qar c*est"le Seigneur qui a prononcé cet arrêt. '. » La terre est dans les pleurs; elle périt. Le nonde tombe en défaillance; il périt. Les grands, le commun peuple , tout est dans une langueur mortelle.
* » La terre est infectée par la corruption des habitans, parce qifils ont transgressera loi, renversé les ordonnances, rompu Talliance qu^Us avaient jvrë de garder éternellement.
» C*est pour cela que la malédiction dévorera la terre ^ et que ceux qui l'habitent périront ; c'est pour cela qu'ils seront exterminés, et qu'il n'y restera que peu d'hommes. »
Ceux qui connaissent le texte hébreu convieniront que, si les paroles du premier traducteur lont plus brèves et toujours faciles , et même élégantes , celles du second sont plus près de l'original, plus exactes, plus graves, plus significatives et plus énergiques.
L'idée du serment violé, en violant, par une espèce de loi , la grande loi jurée , et l'idée dk ce parjure volontaire puni ^ sont d'Isaïe. M. Agier insiste en ces termes dans son explication : <c II n'y a pas de crime auquel la malédiction s'attache plus immanquablement qu'au parjure... Celui qui viole ses sermens est condamné d'avance par sa propre bouche , et Dieu , le punissant , ne fait que lui appliquer les maux qu'il a volontairement appelés sur sa tête. Xeniferrai^ dit le Seigneur dans Zacharie,
666 URUVRKt
la malédiction; elle entrera dans la maùçn à parjure/ elle en consumera le hais eê Ëespierru^ (Test princîpalemeat aux sermens /violes qaH fetf attribuer les malheurs puKIicB et parCioalint, kl renverseinens des états et des. fiamiUes.
Sans adopter eu entier toutes les explicatioiiiÉ savant Agiér, dont quelques-unes lai aonl pankilières et n'appartiennent pas an dëp6t de la ftif nous croyons q^e , rdatÎTement h la acienoe tt kk morale chrétienne , et sons les rapporta hialonqa^ littéraires et philologiques, ses traductions, m applications , ses notes sur les prophètes de TA» cien et du NouTeau^Testamant, sont un grand «f vice rendu h la religion et aux lettrea , une bdb entreprise qui mérite d*étre enconragce.
NOTICE
History of thc British and Foreign Bible Socîetj , clc.(lfi»- /otre de la Socielé Biltlique Anglaise et Éllrangèrt ) , ftf M. Jean Qwen , pasteur, et Tiin des Secrétaires de c<ai Société.
mm^
Ce voluiiie contient Thistoire générale des an ciétés bibliques, et particulièrement rhistoîre df la société mère , qui vM celle de Londres, dqM i8i3, jusques y compris 1819.
DE J.-D. I.ANJUINAI3. ^
^ ' Les deux tomes prëcëdess comprennent les faits nlatife k ces sociétés, de 1604 à i6ia. Des pas- Murs de Genève en ont publié , à Paris ^ une tra- Aiction française aTec une préface t{ui est de Bf • Peschier, pasteur dans cette rille. Probable- MMBt ce troisième volume paraîtra bientôt dans noire langue. Il est «encore plus intéressant que les dMz premiers 9 parce qu'il contient le récit des gNuids succès nouyellement obtenus par ces socié- (ëa, et celui des oppçsitions très-yiyes qu'elles ont Éprouvées de la part de quantité d'ecclésiastiques 9l46 plusieurs gouvernement du n>idi de l'Europe, |di 'OnC montré , sur cet objet , des jentimens bien Mfttraires aux sentimens et à la conduite de$ gou* rememens septentrionaux de cette méiue partie 1« monde»
Dans les seuls pays de la domination anglaise i iiesânmés sur tout le globe, on comptait déjà, *aii demier, six cent vingt-neuf ao^étés bibliques x^actives. Elles ont distribué aux chrétiens de ;4Mte secte, aux juifis, aux musulmans aux. idolA* T9B de toute couleur, aux brabmanistes, aux boud- Ihistes , aux sfaamanistes, aux adorateurs du lahma , mx simples déistes , aux sauvages méjne , plus de irois millions d'exemj^aîres de la Bible ou de quel* foes-nnes de ses parties. Ces livres ont été reçus ifee empressement ; on Ic^ lit presque partout ; enr lecture éclaire les esprits , adoucit les mœurs ^ m même tems qu'elle dispose les hommes en faveur kl christianisme.
5SB QBUVKftS
Les sociétés bibliques , indiffcrenuBent coap Vj sées de catholiqnes et de noa catholiqoes, ajkmti
de ceuxH^i que des premiers, travaillent povli communioDS chrétiennes avec sèle et imputtU Afin de les servir toutes, et surtout de n'a» trarier aucune, elles n^offrcntauymembraèci communions que les versions pures et flapk. respectivement approuvées, etci-devantrqmià^ avec Tagrément de divers supérieurs ccclciiiai ques.
Cette modération , ces précautions si looaUei n^ont pu satisfaire trois . ou quatre cvêqncs aa(^ cans , nf les nombreux avocats des prétentiomai- I sr gérées de la cour de Rome , ni particulièRflaK I « ces rameurs vigoureux , très-nuisibles k VÉgUn^ 1 ^ à VÉtatj selon Clément XIY , et très-nécessaiRtk I ^ VÉglise et a VÉtat, suivant Pie VU. Ellcsrfii la pu désarmer le zèle ombrageux de la fbnkiB |) ultra-montains, maintenant rares, il est vrai, to la docte Italie , et même en Espagne , mais rciBvenus très-communs en France et en d*autres étais, où Tengouement aveugle pour les abus de Rome, se renforce à mesure qu*un parti se passionne d»vantage pour les maximes et les formes du goivernement absolu . Ce parti s*est déclaré eu maoi contre les facilités nouvellement offertes à tonslo chrétiens, h tous les hommes, de lire et de meditff la parole de Dieu. On verra, dans la suite de cet article, que même entre les amis des idées libérales, il en est qui se sont élevés d*une manière i>-
DE J..D. r.ANJUlICAlA. 55g
e, ou très-spëcialemcDiet très-amèrement, i la lecture et lïi multiplication des Bibles mnes, quelque favorable qu^clle soit, en i y au succès des institutions politiques mos. Cette inconséquence prétendue philosos est remarquable. Suivons les faits.
>is ou quatre évêques anglicans se sont les ers déclarés par des lettres pastorales / prént que les travaux des sociétés bibliques sont reux à la religion établie. C'est ainsi qu'au
des ténèbres de Tignorance, en i^iag, un e de Toulouse, pour convertir les Albiet eu faire de bons chrétiens, défendait la e de la Bil)le en langue vulgaire , en même |uMl renforçait les horribles mesures de Tinion. On a combattu, dans plusieurs écriflslcs nemens de ces prélats , et le concours em-
du plus grand nombre de leurs confrères , *avaux des sociétés bibliques , et aux contri-: is volontaires qui soutiennent ces travaux , lu les dissentimens inutiles dans toute Tétcne la domination Britannique. Le patriarche nstantiuople , des. évêques et des prêtres caues d'Irlande, de Pologne, d'Allemagne i isse, etc., ont formellement approuvé la dision des livres de TËcriture-Sainte en langue re , selon les versions catholiques , par la sole la Bible. Beaucoup de pasteurs catholiques :is part aux travaux de ces sociétés dans les continentaux et insulaires des dominations
Mo OBUYRBB
ruflse, ïïaédoise, danoise, bel^[k|iiey etc., unpithf cacholique,' M. Van-Kss, curé et profeaKorè théologie k TuniTersité de Marbourg, daai II Hesse électorale, soutenue des libéralités de bfeciété biblique de Londres, a, lui seul , fuit inprimer et distribuer dans TAllemagne mcridionrie, depuis t8i8 jusqu'à présent trois cent nulle amplaires de sa propre traduction du JVouveai^T»' iament.
L*archevéque catholique de Mohilef et cdoi (k Guesne , également catholique , ont été eo jon et en septeiVibre 1 8 1 6 , répris sévèrement par da lettres du pape ; Tun , pour avoir coopéré ann travaux de la Société Biblique de Pëtersbourg, et Pautre, pour avoir eu le désir et le dessem fj concourir.
Il leur a été reproché , par ces lettres , d'aroir aiiisî contrevenu à une régie de P Église cafhdvpt: mais il est démontré que cette prétendue r^gle df rMglise nV.st qu'un règlement de police, puhEr dans le dioc j^se de Rome ; c'cst-h-dîre , une dfcision de la congrégation de Tindex ou d'une commission papale pour la censure des livres et mtfr prêtée, étendue ou modifiée par des déclarations ch pape ; il s'ensuivrait qu'il serait défendu à tons ki archevêques et évoques, h tous réguliers et hvjois. excepté an chef de l'Kglise, de lire les livres dp h Hthle imprimés par l'intermédiaire des hérrCiqiis {^Hihha impressa operri heereticoruml) , et incfliréf lire en langue vulgaire aucuns livres, on extnîD
DE J.-D. LA1« JUIN AÏS. 56t
OU phrases 9 ou abrégés .de la Bible, k moins qu'ils
ii*en epsseot oblenp la paçmissioii ^^sfirspéci^l^ ,du
PAP^ mèinc^ et que la ViOr^Ui ^idu^seiOu l!ex- ' t/epLii ne fussent accQmpagu<fs:de ipotes.rëdigées par ' ^ éerivaips cathpliques. La violation de .cette ^
fense ^piportcr^ît, par le seul fait, la pejne dVî^ ' CPfnmunication ; uiais il serait ^ns doute fwt 4iffi^ ' çjl? V^P ^^^ 'fègle pût être observée généralement, * h. moins que la terre ne fût cquvçxte de penniasions
pour la lecture des livres saints en liapgue vidgaireî ^' et., comme il est rarement d4tnontriJ>le qu'une
Teraon .de rKcriture, surtout.quand elle vient d*un ^ àutetir catholique , fi&t phyûquemoiit luie œuvre " 4*M'^^^<I^i^ 1 s^us cherclier d'autres raisons qui -'^ aoDC encore plus fortes .pn comprend a^sQzquc-la -2 ^ègle de V index, xcglc de la cpngri^jatiou 4e ce
nom. |. et 9 supposée règle de llKglise^ aurait, ^méme
Tf- h 'Rome y peu d*exécution. Qui^ntaux interprétd;-
^' tipns dont nous veupns de parler, U serait .trop
I? difficile d*ep ji^ tîfier la légitimité , .de les co|K^liar
-k* avec la doctrine de Hwangile, avec renseignement
:• : des apôtres, avec la tradition universelle de TMglise
:!• jusqu'au seizi^me siècle. 0\\ sait que toutes ces
-f mipcimes nouvelles sont absolument rejetées, qti
^ înconuiies, d^ms presque tous les états catholiques
:i du monde; surtout, elles le sont en Russie et dans
s" lia Pologne , où se .trouvent situés les archevêques
^ de Mohilef 4)t de Gucsne. ^
i Or , voici ce qui est arrivé h Tarchevéque do
'/ iHÏohilef. La Société h!bliqiy^.df.Pctersbourg Tavait m. 36
Vh OEUTBES
prie d^indiquer rane des nombreuses versioiis polonaises el cathcdiques de la BiUe , k son choâ. aTec oflfre de lui en fournir gratoilement toute « ^tion qui stt*ait par lui yenfice, approuTée, cl distribuée de son consentement aux cathofiqaa de son diocèse. U avait agrée roffre , en indiquai la version d*nn jésuite, souvent imprimée, et ranprimée sans notes , en Pologne , depois deux eentt ans. et d^aiUeurs munie d^une approbation paptk. L'édition avait été , avant la distribution , vérifiée et approuvée ensuite par rarchevèque , dont Tip* probation se trouvait insérée dans tous les excaiplaires. Tel fîit le crime de rarchevèque de Mobilef . Celui de Guesne avait désire , comme on Fi dit , de former dans son diocèse une société bMque correspondante avec celle de Pétersbonrg . a il avait manifesté ce désir au pape . eu lui demandant des instructions à cet égard.
Cest la ' ce qui a mérité à ces deux prélats des brefs monitoriaux , où le travail des sociétés bihiique est qualifié de ruse la plus profonde, rem^r-
' Ces faiU ne sont quHnfliqaéc dans iliistoire de M. Oven. anis jf ia troore déreloppés et apprcfcies . comme des fraits de rcrmir. daiai dffS saTans ooTrages do charitable et savant professeor el cure de M. y^an K$s j^ustu^e tiher des notwendi^e umi nutzLcke lesen, etc. ; c*est-h dire : a Extraits tirés des S. S. Pères et da catboliqnes, en prenve de la nécessité et de Tatilitr de la kcter* ài la Bible. » Salibach , in-8*. i8i9; et die Bihel nichi %ivie i«ei smA* •M buchfur Pries ter, nur, etc. ; c*est-i-dire : ■ La IcctBR de la Wim » nécessaire, non-senlement an prêtre, mais an prioce et an pcayk.s** M cette épigraphe tirée de saint fafd : Lm pmroU dm ihfu is'rir,
DR J.-D. LAN JUIN Aïs. 56S
f sont les fondemens de la religion, de machina^ ,1 iions impies,. et de peste qu'il foui anéantir. I On sait qu*iine lettre du pape n^est en elle* y oième f ni une règle de TEglise cathc^que , ni ,i même une règle du Saint-Siëge ' ; on sait qu^eUe ^ est censée non avenue, dans un pays où elle n*est ^ pas acceptée; et, faute deplacet impérial et royal ,• ^ et d'acceptation des évèques, en un mot, de pu- ■ Uieation légitime , les deux bre& monitoriaux sont «■afSïCOBUM B<ni.«¥Ciias k Mohilef et k Guesne. . Le pape, mieux mstnrît- deafints probablement, n*a pas donné de suite k cette affaire*
Mais les jésuites, et généralement les curialistes,
eomme on dit , ont beaucoup intrigué et trouUé
•eor ce sujet. Us ont eu grand soin dVpiprimer, de
réimprimer, de vanter ces mêmes brefs dans des
gazettes, et la doctrine en a été soutenue dans des
pamphlets , avec une grande exagération , par les
partisans des doctrines ultramontaines , en même
^. tems qu'ils faisaient la guerre k outrance aux idées
libérales. Dans Tune des dernières livraisons du
Cimservaieur , M. Tabbé de La M.' a dit que,
depuis i8i I , qu'on a répandu des milliers d'exem-
¥• plaires de la Bible , les crimes ont quadruplé sur
^ mmtwe, » 3* à Tim. ch. II, ▼. 9 , in-S* à Viemiei Munich , Blre^Uw,
"^ fimiiefort et Leîpnck , iSiS.
1^ • ^ yrmmidéé du SaxnXrSiéf^.^XMié'lwaAmsAàii^^^
^^ Vviiy 1S19» Mongitf.
^ * V0J6S Du Sfêiime dêM.dê La MmmaU mr l^ TVaductionst d^
w0 'U BSbU, €tntr la Leeiure de tÉeritSe-Sainie , pag, 47^ t V«
^ Chtêtn^fue BêUgieuse, dbtK Btndoimi Irèrm.
«4 UBUVKKA
la tàrref et dans le Défimseur, es à^rfl dama. i a établi, Gomme principe, timUiUté ei le dmè' ger de mettre rEcriture-Sainté entré les mais di peuple; principe néanmoins condamné comme mtonique par les illustres pères de TËgUse.
Les sociétés bibliques sont libérales sans doots, et ce n^est pas leur moindre tort; mais n*esi-3 pu singulier, cjne deux écrivains libéraux , anti-chi^ dens , il est vrai , s^accordent, avec lé pape et anc M. l'abbé de La M., pour détourner les peuples de la lecture des livres saints? L*un (je dois m^ahstenir de le nommélr parce qu^il est vivant) a proclamé dans un livre, que moins les idées religienies ont de force dans un pays, plus On y est f«rtùeuT, heurgUT , libre et paisible. Ce sont là def paroles bonnes a rappeler aux zélateurs simultanés de Tultramontanisme , et du pouvoir absolu , aiÎB qu^ils tâchent par intérêt pour leur double système, de modérer, s'il se peut , les cxcùs de lenr pratique et de leur théorie; Taulre est M. le comte de VolneT. dbnt nous déplorons encore la perte, il a euk malheur de consigner dans son livre postbnmf Y Hébreu Simplifié , une improbatinu violente d» Tœuvre des sociétés bibliques , auxquelles . dau sa haine superbe, il reproche, comme ud vra: crime d'empoisonnement , comme un fait d'ambition et d'hypocrisie perfide, de répandre les lifre de la religion chrétienne parmi les hommes: ^ nous terminerons ç^t artide en rappelant qu'iiz écrivain , le pins justement célèbre , un crili^
' recoimu , comme Tua d^ plus habiles et des pliis ^ «élds ctiboUques du globe,. M. de S^y, a fîk» ^^ d^une fois, dans le Journal £106.^^(111^^ tjémiÀfpié^ >' mm estime et son intéréf \ la Société Biblique :â^ jit Londres , et qu'il a exprimié les mêmes seotimosw Si dansunelettreàM.O\¥en,endU;edju uta^r$i8ii&. iï Cette lettre est insérée en^glais daiU ie. volume L( ^i fait le sujet de cet artide. Nous U trouvons f aasez-remarquable pour en donner icîia traduction, if ^ n est impossible de ne pas admirer Iss rajndçis If progrès de la Société, dans son entreprise de rér t ;mndre la parole divine, par dos traductions w^ n itout^es les langues, dans un siècle où les hommes., r «fiers d'une civilisatk^aqu-ils doivent à TÉvangfle, I ' #*èfforcent de jeter 4es ridicules^ur les vérités fonf jliinenialés dû chrisdanisfnè.' Ici encore se v»r i rifie la parabole du grain de moutarde. Je ne douée i! pas que sou plan , dans les vue de la Providence, ^ né soit un des moyens qui préparent de grands '] événemens dont le présent âge, ou un âge suivant, I lliera témoin. Le christianisme est menacé de toutes î ^ parts; mais prenons courage, le maître de la bar- \ 'que s'éveillera quand son heure sera venue, et les ) puissances de l'Enfer ne prévaudront point. » ; Les philologues mettent avec raison un grand ' intérêt k Tétude du sanscrit , où se trouve Torigine du grec, du latin, de Tallemand, en un mot des langues de l'Europe. Ils apprendront avec plaisir, dans ce troisième tome, que, d'environ quarante langues actuellement vivantes dans l'Inde, et toutes
ses 0BUVIIE8
ëvideinment nëes du sanscrit^ au moiiu pour nerf dixièmes des mots dont elles se composenti il ja trente de ces langues dans lesquelles y par les son assidus des sodëtës bibliques de Londres , de Gdcutta, et de Bombay, des traductions^ on parfidl& ou complètes de Y Ancien et du Abuivoii-Teit» ment sont dëjh publiées.
M. Owen termine ce volume en indiquant ki résultas généraux des sociétés bibliques. On j iiît que celle de Londres , depuis quinze ans qu*dir existe, a dépensé pour ses nobles travaux 740,840!. sterling. On regrette qu*il n*aitpas donné les noms des* sociétés bibliques existantes au dedans et n dehors de la domination anglaise , et surtout me bibliographie exacte des traductions de la KUi /ancienne on nouvelle que les différentes sodéis 4>nt répandues.
^ ' . ' NOtICE
Su/^fUmeni aux Histoires de Bossuet et Je Fénéion , ronh' ' posées par M. le cardinal de Beausset , oà les textes cités
dans ces histoires sont rétablis dans leur intégrité y et les f faits replacés dans leur ordre eonçenable ; par M. Tababaud ;
avec cette épigraphe , tirée de Quintilien :
M&dettê et eiramupêcto Judieio de tantis tfiti$ judkandum êst , mê , çttod pUrii^tf aceUHi • damnent qum non inUlUgunt.
La littérature, particulièrementie geiire de Thistoire, abonde en supplëmens inutiles; ou d'une valeur médiocre, et presque toujours trop volumineux, uous ne craignons pas de dire, après avoir lu avec attention les huit volumes de la J^ie de Fénéion et de celle de Bossuetj et la prévue totalité des ouvrages de ces deux grands hommes , sur les sujets de leurs discordes, que le Supplément de M. Tabaraud est un supplément nécessaire.
Il a le grand mérite de la brièveté , puisqu'en un seul volume. Fauteur en examine et en réfute huit. U n'est pas médiocre en valeur ; car si Ton pceif4 la peine de le lire , on trouvera qu'avec uq bel or*^ dre , avec beaucoup de talent et de sciei]ice historique et théologique , avec une vraie modération et une rare politesse, il rectifie ^ien d^ jugemen^
5Gê ueotRRfl
liiisardés par nu de nos écrivains les plus distiiiguâ, sur des faits iuiportans ^ et sur quelques-uns d« personnages les plus illustres de l*lCglise gallicne et de la littérature française; ei si Touvrage ctt considérépar rapport h MM. Beausset etTabaraad, et h la manière dofit le critique s^€»t acquitté J^uut t&che aussi diUicile qu^clendue et délicate, onirooveni le Supplément d*uutant plus digue d*un vif intérêt.
L^liistoricn et le censeur 3ont tous deux catJioliques, et tous deux prêtres. Le premier futelcrr d(s Saint*Sulpice ; le second est ex-oratorien. Tous deux ont subi en Angleterre un loug exil, piutôi que d*obtempérer , en 1790 et 1791, h lu réronne du clergé français. Le premier a régi, comme fYfque, Sous le régime impérieux de Napoléon. Lr premier a écrit ini peu longuenlent, mais avec Aégaiice, les dctix vies dont il s*agit. Le second a rrdigé avec talent et avccr précision la Fie du cardinal de Hérnlle en VHismire de ta PhiUïsophie àhti-chréfienne de Pj4ngleierre. II a écrit en faveur de Télection des évèques et de leur institution par le uiétropolitAiti , suivant la vraie discipline de I*Fglfse, et contre Tamovibilité de presque tons k» pasteurs du second ordre , inouie avant Napctle no. et conflrmée depuis i8i4* II a, dans ces sa\ans ouvr.iges, défendu le principe naturel et canonique de la si'.paration du contrat de mariage d^avec le SAcrerileht; il a rendu justement fameuses les censures de M. révéque de Poitiers, contre cette se-
DK J.-U. L^NJtJI^IAIâ. 56()
^ration lëgftlo , légitime et n<k!«aRairc. Dès 1809, tt uvak publie, pour servir de supplëment h YHiS" toirê de Fét^élon » par M. de Boausset, deux sa- Tantes Lettres formant nn voliikue de plus de <]na- IM cents pages. Ces deux /^/fr^.v, fort rechei'clioes, août deventitis très-rares; ati lieu dVAdoimer une nouvelle édition, Tauteur a étendu son plan, et refondu tout son premier travail ; de Ih provient le Supplément que nous amionçtnis , et qui est dl- Tisëen sept chapitres.
Datis le premier, M. Tabaraud fait connaître dans quel esprit particulier les deux Histoires de Bossuet et de Fënëlon ont dtë écrites, et le but î}uMl se propose lui-même. Le second ohapitre expose les principales erreurs matérielles des deux f^ies dans la citation des textes.
Dana le trdisi^me , il tftcbe de prouver la partialité de M. Beaussct , dans la manière dont celui-ci représente ses personnages. Le quatrième contient on jugement géjiéral et approfondi sur Hossuet et Fënélon , considérés comme théologiens.
Le cinquième est consacré au^ redressemens les {dus remhrquablts sur V Histoire du Quiétisme, et Ib sitième aux tectifications s\ir V Histoire du Jan^ êênisme.
' Enfin le si^tième, entièrement neuf, et puisé dans les sources les plus authentiques , contient r^pprëciatioA la plus nouvelle de la conduite de FÂiëlon cfntërs ceux qu*on appelait jansénistes.
L*otitrage est temainë par une grande note , où
il est de plus eu plus démontré que Bossoet , a?ec le cardinal de JXoaiUes et autres habiles catholkfM^ avait examiné et jugé conformes k la doctrine c»* recte^ les Réflexions du père Quesnel sur lé Nosveau Testament , livre dont les jésuites ei le pèie Letellier firent, à Rome, condamner en masse ceol et une propositions , par la fameuse bulle Unigt' A?//u^. Cette bulle ne put être acceptée par desévèques de France quVvec des explications , et pus avec un corps de doctrine. Elle fut proclamée dans un tems, par déclaration du roi, loi de V Eglise et de VÉtai ; et/ par une autre déclaratiou royale , elle cessa dWoir, au moins légalement, ces qualités; enfin, elle a long-tems troublé la paix de TEglise catholique, et ne doit plus appartenir qu'au domaine de l'histoire.
Nous croyons que désormais on ne pourra pas avec exactitude écrire sur les faits des deux His^ toires y sans avoir consulté l'ouvrage de M. Tabaraud. Nous citerons, pour faire apprécier sa manière et son style, le premier alinéa de son premier chapitre , et un passage de la fin du volume.
(( Bossuet et Fénélon, les deux plus illustres prélats de rÉglise gallicane, a une époque où cette Eglise remplissait le monde chrétien de sa gloire , par la sainteté de ses pontifies et la science de ses docteurs, curent le malheur d'être perpétuellement en opposition sur les principales questions de doctrine qui s'agitèrent de leur tems. Bossuet, uourri dès sa jeunesse de tout ce que les monumens de
Tantiquit^. sacrée contiennent de plus substantiel , répandait autour de lui des torrens de lumières , qui pénétraient dans les ténèbres les plus obscures ; dominait sur tous ses rivaux par l'élévation de son génie , la force de son <;aractère et l'ascendant de son éloquence. Deveni;i redoutable k Thérésie par le nombre et l'éclat de ses victoires , on le regardait comme l'arbitre de toutes les controverses , comme la sentinelle la plus vigilante placée au sommet du temple pour sonner l'alarme à la première apparition de l'ennemi dû dehors; conmie le plus vigoureux athlète, toujours prêt k combattre pour conserver la pureté , l'intégrité du dogme k l'abri dlss atteintes que des novateurs téméraires auraient tenté de lui porter, dans le sein même de l'Eglise. Fénélon, l'esprit orné de la fleur des chefs-d'œuvre de l'antiquité profane , se distinguait par un caractère plus moelleux, par un génie plus flexible, une éloquence plus persuasive, par des formes plus aimables, qui lui gagnaient tous les cœurs, et lui assuraient des succès. plus flatteurs dans la société , quelque opinion qu'on eût de ses pieuses illusions. Tout ce qui sortait de la bouche et de la plume du premier, entraînait, subjuguait les esprits , et laissait des impressions durables. Tout ce qui découlait de la belle ame du dernier, s'insinuait doucement dans les cœurs et les captivait, sans toutefois opé* rer la conviction sur le fond de sa doctrine. On a reproché k l'un sa véhémence dans la dispute, qui semblait aller au-delk des bornes du simple zèle ,
57i OEUVRES
et que ses euueinis voulurent faire passer pour di Tirascibilité , quelquefois même pour des moBVtmens de jalousie. On trouvait dans Tautre m urt , uue subtilité qui décelaient le faible de m systèmes , et même une certaine causticité qn'ov aurait pu prendre. pour l'effet dte ramour-propie blessé. Tous les deux, sans doute, payèrent Inr tribut h rhumanité ; mais tous les deux aussi compensèrent leurs défauts par de rares talens, par da ^ qualités et des vertus cmiuentes , contre lesqudki 8*éniousscrent tous les traits deTenyie. Si la critique peut encore user de ses droits sur leurs ëcrics, w leurs procédés réciproques même j il n^est pas k craindre qu'elle s'éloigne jamais du respect qae Too . doit h rhouorablc réputation dont ils jouissent k de si justes titres.
Nous terminerons par ce passage, qui précède immédiatement la conclusion du Supplément : <i iNous avons prouvé , dans le quatrième chapitre de cet ouvrage , que la théologie de Fënélon était pltis dans son imagination que dans une connaissance profonde des matières sur lesquelles il avait tant écrit. On vient de voir, dans le dernier chapitre, que ^cs principes, sur ce cpii divise les fsailicans des ultramontains, nV.taient pas mieui foDdoj), que sur la théologie proprement dite. Eo considérant sa conduite dans les affaires du jansénisme, ou ne peut s'empêcher d'y voir que sou sek fîit souvent dirigé par des resseudmens qui lui C'taient restés de l'humiliation qu'il avait épmam
DE J.-D. LANIUINAI5. 5^3
dans Taffaire du quiétisme. On croit remarquer deux hommes en lui : celui donl la nature avait formé le cœur pour toutes les affections douces ^ et
celui que les gens auxquels il s'était livré avaient imprégné d'un zèle ardent qui offrait une teinte de fanatisme; Thomme public , qui donna tant de preuves de la tolérance évangélique , comme pasteur , et rhomme de parti , le controversiste , qui crut pouvoir appeler secrètement la persécution contre ses adyersaires • du moins contre les adversaires de ses opinions théologiques, et provoquer des mesures acerbes qui ne lui furent certainement pÈA itispirée^ par le véritable esprit de la religion. Si indus avons mal saisi son caractère , nous som«iMéfii dispo^s h bien accueillir et à peser mûremenl tout de qui pourrait changer nos idées en sa feyeur ; car, m&lgi^é les torts que nous lui ayons reprochés, Atnis faisoM profession delà plus sincère vénération pùm ses vertus. »
NOtICE
•UR l7octaaos ihtitulb :
Idd de Moïse , ou Système Religieux ei PoHÈiqsie ies JU» breu% , p^r M. Salvador ; avec cette épigraphe de Botiact:
Toute cette loi est fomàém sor la toutes les lois , celW d« la a«Uu« , e* sur U droite nison et l'équité aataivlle.
Voltaire avait observe que les yaiïs soot lo hommes du monde qui tiennent le plus h la religion; cependant, il se trouve parmi eux, comme chez les chrétiens, de francs adversaires de U croyance religieuse dans laquelle ils sont nés. Tel nous semble ôtre Tauteur de ce nouveau traite de la loi des Hébreux. Il n^accorde h Moïse d'autre avantage qu'une raison naturelle perfectionnée par le génie de la méditation^ la science physique des anciens , la science du comment on en imposait au vulgaire y enfin, le talent poétique et Tart de U politique humaine. U ne croit à d'autre Messiequl tel ou tel général célèbre parmi les Hébreux , bien différent en ce point des juifs du tems de Pilate. qui, d'après leurs livres, attendaient un Messie spécial , un prophète semblable a Moïse , un Messie qui devait s'appeler Dieu avec nous et être mis à mort , qui devait être envoyé, non-seulement pour
UE J.-D. LANJUINAIS. ' B'jS
les Hébreux , mais aussi pour toutes les nations y enfin y que les deux maisons de Jacob devaient rejeter par aveuglement, et après lequel elles devaient demeurer sans temple, sans sacrifices, dispersées par toute la terre , et être un jour converties et rétablies.
Il ne faut donc pas s'étonner si M. Salvador a découvert que Moïse serait effirayé lui-même des préjugés attachés à son nom, , et des abus quon a voulu consacrer par f autorité de ses écrits. On ne peut guère citer que la version et le commentaire de M. F. d'O. sur la Genèse (2 vol. în-4'*) où il y ait de prétendues découvertes hébraïques , aussi étranges que celles de M.- Salvador.
Pour les apprécier, il ne conviendrait pas de traiter ici les graves questions grammaticales, historiques', philosophiques et religieuses , que Fauteur pose et décide légèrement, avec une rare confiance. On les trouve savamment résolues dans les nombreux auteurs qui ont écrit sur la Bible , sur les fondemens de la religion des Hébreux et dés chrétiens : seulement, nous prenons acte de ce que, dans un système particulier de naturalisme prétendu mosaïque, M. Salvador, plus modéré que divers théistes , a bien voulu reconnaître Tantiquité des Hébreux , rexisftence réelle de Moïse et Tauthenticitë du Pentateuque ; de ce que , plus prudent que Dupuis, dans V Origine des Cultes , il admet la réalité de Jésus-Christ , se bornant à essayer Tapologie de la conduite des juifs et de Pilate dans les scènes
576 QBUVRlpS
de la passion. VoUaire mèn^ n^hësitaii pas k r^ connaitre Texistence de celui qu*îl appdait In^ même notre maitre etsaui^eur Jé^us-Chrùl; maki contre Ta vis de M. Salvador, il écrivait, àum d'autres ouvrages^ que les juifs sont une honh irès-moderne, le dernier des peuples, et que AToin n^est qu!un personnage imaginaire. Ce D*est point là ce que nous irons consulter quand nous voudrons , avec un esprit impartial et de sufibantai recherches , fixer nos opinions $ur riustoîre da genre humain.
En retranchant du livre de M. Salvador les paradoxes an ti- judaïques et auti chrëtiens, on y troufe une lecture intéressante et utile. C*c6t le tabieaa assez complet de Tordre social établi par Moïse , et développé dans plusieurs points par le gnndsanhédrin ou rassemblée nationale des Hébreux. Cette portion du livre couvient surtout à ceux qui ne possèdent point les grands ouvrages sur ceue matière , ou qui veulent en avoir im mémorial appuyé de principales citations.
Ce tableau est divisé en douze sections, dont voici les titres : « Principes fondameniaur de la loi; a** Fonctions publiques; 3° Richesses ; ^"^ Justice; 5** Rapports extérieurs; 6** Force publùim et guerre; 7'' Famille; 8" Morale; 9** Santé pê* blique; 1 0° Culte; 1 1 " Docteurs hébreux ; 1 2" Con* serçation de la loi et du peuple. » Voici queiquei traits qui ptMiveut servir h justifier, en quelqœ sens , ce que dit raiitour, que les Hébreux sont un
DE J.-D. LANJIIINAIS. 677
peuple modèle, un peu[Je immortel ^ qui sera prosaUement rétabli y et durera, sous la loi, autant |ae le genre humain.
r* Principes fondamenJUJOix de la loi. Le peuple lâbreu est un. Cette unité se nomme Israël. Il se lirise en douze tribus ou contrées , qui sont eUesaèines subdivisées. Tous les Hébreux sont frères Bt ëganx devant la loi ; tous sont admis à toutes x>iictions; il y a parmi eux des serviteurs h tems \ X wiLj a point d^esdavage, dans le sens propre de se mot. Les étrangers qui ont aocq>td la loi deviennent Hébreux et citoyens. Les étrangers qui Be .troovent parmi eux ,. sans avoir adopté toute .'*msdtuti(Mi hébraïque, sont admis et traités amîca* " jement , selon le droit commun des Hébreux. Le ^CMive^pemen( des Hélnreux est le gouvernement 3e la loi; c'est moins une théocratie qu'une nomo- ^xmàtj un état où h^ loi est le seul souverain. La uoi fondamentale est ce qui est -prescrit dans le Pen*âttteuqoe; on y joint la loi secondaire ou Texpresiion>de la. raison et de Tintérét public , proposée |iBurles représentans ou Je grandjconseil de Ja na-*» don. 1
^ : 3^ Fondions puhUques. Il y a deuxoorps^ v^ pvàentatifs : lé premier, c'est ile corps hérédhaivë des lévites et des prêtres^ présidé par le:prennep pMStifë. U est. conservateur des: lois fondameAtaks eeçees par Tintermédiaire de :Moise. Ce corps esb ehargtf de lire ces lois y de les «apliqner. publique^
t, . et d'accomplir les sacrifices et les céfémo^ ni. 3?
578 QBUVKJbS
nies du culie. Par une profiession parlicalUre wpfit lie nazirecUy tout Hëhren de Tun ou de Taobc sexe peut être consacré au culte de Diea, poor mt vir dans le temple même.
L*auire corps reprëseatatif est électoral ; c^ett k grand sanhédrin j ou le grand conseil des andos du peuple, qui feitles lois secondaires, décide In grandes affaires nationales, et )uge les criiasià lèse-constitution.
l\ y a des administrations locales , conipoM des anciens élus par chaque tribu et par chaque Tille.
U y a des juges ordinaires et des officiers de police, des oilicîers militaires, enfin des prophètes. L*auteur affectedene considérer ceux-ci quecoouM des orateurs publics, de libres organes de repioua, sans doute fort étonnante.
Tous les foncliouuaires publics , le roi même, quand il y a un roi, sont directement responsaàki de leurs actes. La royauté, quand elle cxîite, se fonde sur un pacte social. Le roi commande io armées, fuit exécuter les lois en toutes choses. U préside le grand conseil de la nation. 8*il ordoone quelque cliose contre la loi fondamentale ou cootn* la décision du grand conseil national , on lui refuse Fobéissance. U ne peut entreprendre une guerre sans le consentement de ce grand conseil. U reçoit des présens pour Tentretien de sa maison; nuusks fonds pour les dépenses publiques sont déposes dans le trésor du temple , et ne doîrent pas èM
DK J.-D. LAIVJUiNAIS. B^
tWloumës de leur destmation. Ce ii*est {>oîat k* rcri, c*est Jehoi^a seul qite la loi appelle /i^/^ dû peuple; ainsi , noua lisons dans TÉvangile : « Ne ckmxiea point le nom de père; vous n*atrez (pro-* prement) qu*an père qui est dnm te ciel. » Ld loi «Ufend au roi de s^éleyer par orgueil ait-'dessus dé
frères , afin <(u^il règne , loi et ses descendans ^
milieu d'Israël. Enfin, le grand conseil décidé I» différends sur la possession du troive; et lesHéi^ breut jugeaient les rois après letir mort , leur a^-* «ofdant ou leur refusant la sépulture royale «
"à!" Agriculture. La loi fondamentale ne penrMt pas <]u*il y ait de grands propriérafre» dans* Yélhi. Ainsi y tes juife étaient exempts, conlfnk!* ^ Tésl eik CSbÎM 9 du désordre dés suhsitiiitriohs et de ta plaie des majora ts.
4** Force militaire. L*armée, ce sont les citoyens, les membres de la nation. A Tâge de vingt ans , tout Hébreu est soldat. Lesdtoyens nomment leurs ofiiciers; le chef de Tarmée les accepte et les institue : il élève aux grades supérieurs ceux qui se dis^ ûiguent par le courage et Tintelligence. Il y a dans li^loî d*«itres régkmens militaires pléînsde sagesse ; îkAi» lie dterons qne oelui-d : <( La jm^idiétion militaire ne se déploie que pendant la gtierre , ati milieu des camps. » Ainsi , rhomme purement civil n'était pas , chez les Hébreux , justiciable des hom- BM&s de guerre. Quel exemple pour les légisfeneurs ér DOS JKwrs dans cctt<^> loi divine l . FinissoDS panr un des trahs^ui pmwtem le mieuv
58o OBUYEEft
la profonde sagesse de la loi hébraïque; 3 est réktîf k là famille. Chez les Hébreux ^ la femme not ni protectrice, ni protégée; elle est pour llioauK une égale , une aide semblable k lui. £ja jeune fille est rendue capable de tous les soins domestkpei. Elle doit être un jour la femme forte .du livre <b Proverbes; il &ut donc qu^on rinstmise de la U; et les femmes comme les hommes prêtent le senDCH de l'observer. Débora fut grand-juge de sa natiaa et guerrière-poète. Ainsi, la liberté et Tégalilé, conservées aux femmes des Hébreux, étaient le plus sûr gage de la liberté et de Tégalité nationales. Au contraire, dans presque toute TAsie ^ le de^ tisme public et privé a pour fondement la dégradation, rhuroiliation , Tignorance forcée, Tabainie et hideuse oppression des femmes.
NOTICE
SDE L^OUTKAGB IIITITDLK :
Portrait Politique des Papes , considérés comme Princes tem* poreis et comme Chefs de l'Église depuis PéiabUssememtià Saint-Siège à Rome jusqu'en 1822 ; par M. J.-A. Llou^œ. ancien Secrétaire de l'Inquisition, auteur de V Histoire Cntique de V Inquisition de l'Espagne.
Aussitôt que cet ouvrage a paru , en décembrr dernier, l'auteur , prêtre catholique , savant et res^ pectable à bien des titres , ne fut-ce que pour U
DE J.-D. LANJUINAIS. 58t
bicinfaisaiice qu'il a autrefois généreusement exercée en Espagne envers les prêtres français déportés, a reçu Tordre ministériel de quitter de suite la France et Paris dans vingt-qnatre heures. 11 a ponctuellement obéi , malgré son âge avancé , son mauvais état de santé et la rigueur de Thiver '. On peut donc présumer que la cause de cet exil n*a pas été son Histoire j si détaillée et si moàévéeyde Cln-quisition. Ce serait plutôt ce Portrait des Papes, ou, pour mieux dire, cette suite de portraits et de notices de tous les papes, ouvrage dans lequel Tauteur aura manifesté des opinions opposées à celles q[u*un parti dominant veut exclusivement protéger. U parait que Tauteur s*est proposé de ré&ter , autant qu'il peut Têtre, le livre passionné intitulé: les Crimes des Papes y publié à Paris en 1792. En effet, il a pris soin d'en corriger beaucoup d'erreurs et d'exagérations ; mais, sauf un petit nombre de papes , qui ont eu l'esprit de leur état de pontife , et qui ont reproduit les vertus de leurs premiers prédécesseurs, l'histoire véridique des autres.
> M. Uorente a laccombé à Madrid , le 7 février, peu de tems. après •on retour en Espagne , aux fatigues qa^il arait supportées arec courage' pendant une route longue et pénible. Les auteurs de Pacte d^inho^italitë^ et baibarie qui arait repoussé loin de la la France un de ses enians d**»doption , domicilié depuis sept années dans la capitale , et auquel on n'sTÛt pu reprocher aucun acte contraire aux devoirs d*nn bon citoyen , aonmis aux lois du pays qu^il habite , peuvent à bon droit s'imputer la mort de cet infortuné vieillard , dont 4es profondes connaissances et le zèle éclairé pour la véritable religion chrétienne, lui auraient permis de retadre encore par ses écrits d^importans services.
lAiî. saurait âlre ua livre ëdifiaut , puisqM^dfe oAt tjtnt de sçèues d'erreurs et 4e fautes gratei» éi vîcef infâmes, de crimes ajtroces , d^u^urpaUow >«• ddcieuses, de perfidies et d6 cruautés rëvoltMici, pL pas assez de laits consolaos , bonorablei: poor h nature jiumaineet pour la religiou sainte de ITvsigile. Cest ua grand mal sans douta, mais trop facile hf^pliquer par les séductions de la ricbesRtf de Torgueil dominateur , par celles de llayarke, it la mpUesse , de Tignorance; par la iUpeaie aocuaBlatiou de la dignité royale et du pouvoir ëpiscopil, Uiétropolitaiu, patriarcbal et papal ; enfin, par Tatension monstrueuse de cette double ou quioiapk autorité devenue arbitraire, et poussée longHsiii jusqu^à dominer tous les états, jusqu^à créer, sop* primer , distribuer h yolonté les principautés atb roy<^umes, jusqu'à leur imposer des tributs, à )iger et à détrouer les rois et les empereurs.
Lu reunion de tous les pouvoirs spirituels et k* culiers a dû produire autrefois, et a produit en elci les plus grands attentats de Tambition, de Tbypocrisie, de Tintolérance et de la tyrannie; et de ces attentats sont provenues des torrens de superstitions , des schismes nombreux , perpétuels , et ton les ravages de l'incrédulité . Le remède n*est poiDi d*étoulier ou de supprimer Thistoire, ni de rétablir l^inquisition, les jésuites, la bastonnade sans infamie, selon le droit des pandectes; ni de changer $uâ cesse les fonctionnaires; ni de leur ôter leurs cou- M'iences ; uî de réduire a de vains simulacres tout
CBqu*U peuly avoir de bon parmi les hommes; ai 4*tggrayer les peines ; ni démultiplier les poursuites GrônineUes et les supplices; ni de suspendre o«i d*éntraver riustrnction , le ieommerce et TindUA- . trie ; ni de provoquer les peuples à la guerre civilct par la guerre étrangère, par Tooeupatioi^ milStaîte, . par la conquête et le partage des. âmes. Le remède , esi uniquement dans le retour au cri de la vdrité , k là raison, h Tordre natuner, k rKvnngUe , et Tan-* tique et pure discipline» k la tolérance , aux vraies- ^ libercës ou garanties civiles,. politiques et ecclésiafik • tiques; enfin, h la stricte observation des lois fon- ^ dkimentales , selon leur texte et selon leur esprit t sauf la réifision j bien entendu qu*elle soit rare et «Mes difficile , et constitutionnellement légitime , dans ses formes et dans ses résultats.
' Mais si Touvrâge de M. Llorente offre ie plus^ souvent une galerie de mauvais exemples , s'il est vrai que ce n'est point absolument la faute de Tau* leur , nous somoies forcés d*avouer que ce livre ne nous a point paru tout-k-fait aussi exact , ni rédigé avec autant de réflexion et de circonspection qu'on devait l'attendre d'un écrivain catholique , et d'un savant aussi éclairé. Nous ne saurions approuver, par exemple , qu'un homme qui croit difficilement k la sainteté des papes honorés comme tels , et qui affecte de ne point croire dû tout aux bonnes intentions des électeurs des papes , ait cru si légèrement k la réalité de la prétendue papesse Jeanne, et au pacte exprès de supprimer sa mémoire et soUf
584 0BUVRE8
règae prëtendn de cifiq mois oo de deux ans et demi. Sur Texistence de cette Jeaime, il n*y a rio, absolument rien de prouvé y de Taveu même da protestans, comme Blondel, Casaubon et Bajk. Bayle qui a tant aime les contes scandaleux , a réfuté celui-^ri, et Voltaire même Ta dédaigné. Depas Spanheim, sur lequel 8*appuie M. Llorentei noas avons j sur le même sujet , une Dissemuian ' do savant et sdé protestant Leibnitz ; elle est dans k sens de Bayle , et ne laisse rien à désirer sur cftif fable , qui , si on la considérait comme un rédt \tridique, ne serait après tout qn^un scandale de plus, parmi d'énormes scandales qu*on voudrait en vain dissimuler.
Le passage suivant (tome II , page aoo) donnf une juste idée de Tintention pure dans laquelle i icTiX M. Llorcntc : « Que les papes , dit-il, soieu: tels que les douze premiers , et il n*y aura pas (if monarque, ni de nation , ni de patriarche, quinrpugnc 2i reconnaître la primatie de Rome daus h vraies limites de la discipline établie par le >ouveau l'estament, les quatre premiers conciles g«fiiêraux, et riiistoire ecclésiastique des six preinien siècles.
Mais s^il existe encore quelqn^uii travaillé de cett(^ maladie peu commune, qui ferait croire à l*iu'
' Cette Diiteriation manque, on ne tait pourquoi , lUns ic ftcnrJ dei ORuvrfîs de Leibnitz , maii elle est bien couuue ; cllr ni cxUr iLi«> rf'sprit tle Lcihnitz , Pari»; a vol. in-8*.
faillibilité papale , ou prétendre à de certaines indulgences, malheureusement connues k Limoges, et qui pourraient se gagner en inclinant respectueusement la tête, lorsqu'on entend nommer un pape, cette personne-lk serait guérie sans doute par la lecture du livre de M. Llorente, où elle serait tout-h-fait incurable.
NOTICE
SUR L^OUTRAGB IRTITULB :
Commentaire sur V Apocalypse , par l'auteur des Explications
des Psaumes et des Prophètes,
(Farif, iSiS; Éberhart, a vol. m-8*>. )
Newton etBossuet ont commenté TApocalypse. Voltaire en a très-amèrement plaisanté Newton , et Ton voudrait aujourd'hui absoudre Newton d'un si grand tort , en supposant qu'il n'a écrit sur les prophéties que lorsqu'il avait, dit-on, perdu ie jugement , à force de calculs mathématiques ; c'était néanmoins avant de produire certains ouvrages de génie, et bien des années avant qu'il mourut, dans une vieillesse assez vigoureuse, ayant encore la jouissance de sa raison. Quoiqu'il en soit, les plaisanteries de Voltaire sur l'Apocalypse et sur le commentaire de Newton eurent beaucoup de vogue, sans obtenir un succès durable. Des savaus de tous
le» pays a*oQt pas mow continue de réTércr it prophétie de saint Jean et d*en jchercher le mm véritable. On' s'en est occupé, ons^en occupe encore plus que jamais , dans presque toutes les ccmh munions chrétiennes , et ce sont des écrivains baUci et judicieux qui ont encore aujourd'hui cette fiublesse on ce courage. L*auteur anpnynoie des deu volumes que nous annonçons est M. Agier, présdent h la cour royale de Paris , digne modèle pour les magistrats , Tun de nos plus pieux et de nos plus doctes catholiques, écrivain connu par la force de son intelligence, par la clarté, la pureté, Yâtgance même de son style. CTest par cet ouvrage si dîflicile, et nécessairement conjectural en grande partie, quMl vient d*achever ses utiles traductions d*après les textes originaux , et ses explications do prophéties de l'Ancien et du Nouveau Testament. Nous eu avons seize tomes, en y comprenant VÂnor Ijrse, fort bien faite, du rare ouvrage de JLacunsa ', jésuite natif du Chili , sur le second avènement de Jésus-Christ. Paris, 1818, in-d" de 120 pages. Ge commentaire, comme les autres livres de M. Agier, est plein de recherches critiques, d'observatio» ingénieuses et de réflexions édifiantes. Dans la Préface, Tauteur établit, contre Abauzit, théologien de Genève, et contre ses copistes. Voltaire et Dupuis, Tauthenticité canonique de TApocalypse; il
' Le livre de Lacanza , trèt-bien imprimé \ Loodres, en iSiS, <• 4 ▼0I. in 8^, eiC en espagnol ^ et intitule' : Fui yeniita de* Meuims m Gloria y Mayettmd.
DR J.-n. TAlUmNAlA. Sê^
esipcne Tuftuge qu W eu fait duns les diffëreiis âges di) rÉglîse^ les méthodes employées pour l'appliquer aux ëyénemeiis historiques ; etiKn , les vues des derniers interprètes catholiques, parmi lesquels on peut s'étonner qiril ait omis de rappder les Sept âges de T Église , par le père Le Bnm , 1781; des Promesses faites à ï Église pour les derniers tems de la Gentilitéy par le père Lambert, 1 796 ; l'ouvrage d'un catholique anglais, caché sous le nom de Pastorini , et dont nous avons une traduction française ; les Conjectures sur les derniers tems, manuscrit attribué au père Pinet, oratorien. Dans ces applications conjecturales, il ne s'est peutêtre pas assez étendu sur l'idolâtrie et le mahomé- -tisme, sur les schismes qui obscurcissent encore aujourd'hui la plus grande partie du globe ; mais il insiste beaucoup sur la prochaine conversion des fuifs^ il donne les plus piquans détails sur la consommation de l'apostasie des gentils s par Xtfaur 'christianisme des jésuites, par les abus de la cour de Rome , et par l'anti-christianisme des déistes et des athées modei*nes. C'est de Ih principalement quMl voit se former, se développer la coalition de l'antéchrist et son armée, la destruction entière de cette armée formidable, l'entier rétablissement des juifs dans la terre promise, la transformation de Jérusalem en nouveau centre de la catholicité , la destruction de la ville de Rome ; puis le triomphe du catholicisme sur tout le globe , pendant une période indéterminée; enfin, le dernier aflfaiblisse-
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méat du christianisme et le jugement dernier. Oi ne sait comment l*auteur a cru pouvoir dire que Ici jësuites et les iucrédules ne foni maintenant aocn progrès. Ou trouye aussi les sept tonnerres faiblement expliqués par sept événemens relatifs a Sapolé.on y et où la bataille de Wagram ^ si féconde en grands résultats, est omise. A la tète du tomeT se trouve une estampe lithographiëe j représentant Tange qui ^ avant Tapparition dn tableau de la conversion des juifs , s^écrie : // n\y oMira plus et tems... Le mystère de Dieu sera consommé! Le sujet est bien choisi sans doute ; rexëcution n*a pas répondu a Tidée. Nous vivons dans un temsqui. sous des {>cincs graves, exige un singulier respect envers toute classe, et n^excepte pas les pIusTÎ* cieuscs. On pourrait donc s^imaginer que notre I pieux mcagistrat serait en faute, pour avoir parlé des jésuites , avec la franchise de sa pensée et b sévcritc de Phisloire. Il faut rejeter cette idée. Les jésuites ne sont point nominativement rétablis en France ; ils ne. forment donc pas une classe légale dans le royaume. Quant au délit de tendance a troubler la paix , on aurait également tort de le rechercher ici.
DR J. D. I.ANJIIINAIS. Mjr
NOTICE
sca i.Wt«*oi iRTifcLÏ :
iJe f/ififkel comme d*Abus , iiuW d*unt Dissertation sur les Interdits arbitraires de céiébrer la Messe*
La questiou de législation qu*ou exaiuine dans cet ëcqt est d*une hante importance. lUle tient aux prérogatives des monarques, aux privilèges de Tepiscopat , aux droits des citoyens et du cierge , par conséquent à Tordre public. Elle ne pouvait être discutée avec plus d'habileté et d'impartialité que par Fauteur (M. Tabaraud), canoniste profond, savant théologien, zélé défenseur de Tancienue discipline ecclésiastique et des libertés religieuses. Sincèrement attaché h la monarciiîe et k la Charte , cionnu depuis long-tems par de très-bons ouvrages , il a tous les titres qui peuvent inspirer de la confiance aux vrais amis d'une religion qui consacre les droits des peuples conmie ceux das rois. L'époque de la publication du tameux mandement, imprimé à Home et à Toulouse , et supprimé {Kir rrdonnance royale ( l oyez ci-dessus , page 1 8 1 ) , parait convenable pour appeler l'attention sur le sujet dont il s*agit.
\S appel conune dabas est un recours à l'autorité judiciaire contre un prélat ou tout autre fonction-
5^ QRUVlKtt
uaire ecdésiasliquc, iorsqu^ou prétend qu il a, fu action ou par omissiou, excède son pooToir, on viole les règles de TEglise ou de Tctat. Ou a toujours regardé, eu France , ce recours comme le palladium spécial des libertés publiques les plos précieuses ; il a toujours été jugé par des inagistrati supérieurs : cet usage est fonde sur des priiidpo incontestables. Comme cheis de Tétat , les rois ont le devoir de défendre leurs sujets ecdësîastiqiiei ou laïcs contre toute vexation , do qndque pul qu'elle vienne. Comme protecteurs de TËglise, ib doivent veOler k rexécution des saints canons, H des lois de police ecclésiastique, afin de cousenrcr le bon ordre dans TÉglise et dans Fëtat : c*esl a cette double qualité que les princes , qui Gùi éi cesser de juger directement, conservent le droil A proposer des lois , et de faire des réglemens pour rexécution des lois snr la police extérieure de Ttglise. L\issenibiée du clergé de France , loin «le réclamer contre cette sage institution, en a reconnu les avantages dans l'intérêt de la religion.
Ajoutons : l'appel comme d*abiis est une pmcf» dure extraordinaire, crvîle ou criminelle, fondrr sur des motifs dVrdre public. 11 ne peut et ne doit pas avoir lieu pour des méprises on des fautes légères; ce n'est qu'en matières graves qu'on doit j avoir i^ecoiirs : c'est delà qu'il tii*e sou importaucf Ou ne peut regarder cet appel aux juges secalien contre les abus de la juridiction du dergé, cv^hud'' nr»e usurpation sur celle que Jésiis-Chrât a confier
DE J.-D. t.ANJl>lNAlS. 5^1
il son Eglise ; d'abord , parce que le' prince ne prétend pas s^ëriger en maître des règles de TEglise , mais plutôt les conserver 4 ensuite, parce qa*en prononçant sur le fait de l'infraction de la loi, les magistrats ne jugent pas d*€tt*dinaire le fond de la question : ils renvoient souvent pour cet objet les parties devant les pasteurs, après avoir déclaré qo^il y a abus dans Tacte, ou le refus dont il est fait appel. «
Le savant canoniste , auteur de cet ouvrage , prouve par tes autorités les pins respectables , et par les faits les plus authentiques , que , si le nom et la forme de Tappel comme d'abus, reçu en France, sont assez modernes, les principes etieor afi^fication en sont très-anciens , et se rattachent h Fiécablissement du christianisme. Saint Paul appelle \k César des accusations ecclésiastiques intaitées contre lui par le^ prêtres de la synagogue. Les chrétiens d* A mioche requièrent Tautorité de Tempereur Aurélien contre Paul de Samosate, qui voulait retenir la maison épisoopale après sa déposition. S^iis les empereurs chrétiens , ce droit prend une fiôuvette force ; leurs lois et l'histoire ecclésiastique neus en fournissent des preuves sans nombre. Saini ' Athanase appelle k Constantin du jugement rendu contre kii par le conciliabule de Tyr. Ces appels, il est vrai , étaient rares dans les premiers «ècles , lorsque les conciles diocésains et méti^opohtaina s'assemblaient régulièrement; alors un clerc ou laïc pouvait y porter s» pimnte. Mais lorsque cette u-
'Wp œil VI: ES»
lique discipline fui affaiblie ou presque tombée ai désuétude, ce fut un grand motif de plus poor admettre le recours k rautorité souveraine, piotectrice des saints canons , eit des droits des pvticuliers contre Tinjustice des supérieurs eodésiiitiques.
11 suffit de consul ter Thistoire de TEglise gallicane, et les procrs-vcrbaux des asseoiblces du dtxgit pour se convaincre quVn France surtout, on s*est, dans tous les tems, adressé aux cours séculières pour se plaindre des injustices du cierge. Des 794, le concile de Francfort décide que ceux qai ne voudront pas s*cn tenir au jugement de leur évéque, auront la faculté de se pourvoir devant le roi, qui prononcera définitivement sur la contestation. •Sous suint Louis, on voit les habitaus de Reims, excommuniés par Fleury de Dreux, leur archevêque, pour lui avoir contesté des droits temporels, s'adn^ssiu* a ce prince afin d*eu obtenir justice, (yuj, éve({ue crAuxerrc, au rapport de Joiiivillc, ayant voulu contester au roi le droit de connaître des causes ccdésiastiques , le pieux monarque lui répond : « Que ce serait contre Dieu et raison de nf pas ouïr en leur bon droit ceux h qui les clercs feraient tort. »
u il n\y a'c|ue des i^noraus, dit rarclicvêquf df Marcu, qui ])uissent objecter contre Tappel nunmc d'abus, la nouveantc du mot, puisque la clio.^e r^ monte à Tori^^ine de la uionarcliie. »
liCS rois successeurs de saint Louis curent e^aje-
ht i.-D. L4NJUINAI8. ^
ment soin de maintenir k cet égard les droits de Tdtat. Dans les lettres-patentes de Charles YI , du i4 Août iZSSy accordées au duc de Bourgogne contre Tévèque de Ckâlons , ce prince motive ainsi m décision : « Il est de notre devoir de défendre IcB droits de la juridiction teuipprelle , et de faire CMMr les abus et toutes les entreprises de la puislance spirituelle. »
Quoique les appels comme d^abus aient toujours étë un droit reconnu en France» la procédure ne prit €e|>endant un caractère régulier et stable que lorsque Pliilippe-le-Bel eut rendu le parlement sédentaire à Paris. « Ce grand corps , constamment UDÎmé dW esprit conservateur, dit M. Henrion de Pansey^ couvrit de son égide les prérogatives de la couronne ; et, dès cet instant, la répression des entreprises du clergé devint un des principaux objets delà sollicitude des procureurs-généraux. >» Parleur fainistère , tous les actes ecclésiastiques qui pou* yaîent compromettre Tautoritc publique, les libertés de rKglîse , les droits et la tranquillité des ^loyen$, fureut déférés au parlement. Dans cet ordre de choses, si les prélats et autres clercs contrevenaient aux saints canons ou aux ordonnances dM royaume, ceux qui étaient lésés présentaient leurs requêtes au roi, ou a son parlement, pour fiûre réfonuer les jugcmens des cours ecclésiasti* ques. On pourrait citer une foule d^airâts en preuve , de Texercice consumt de cette juridiction du parlement. L*auteur en rapporte plusieurs* entre au*ui. 38
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très celui^. Un particulier ayait été excommunié, par sentence de Tofficial du Mans y et enterré co lieu profane. Il intervint un arrêt qui ordonna Texhumation, déclara la sentence abusive, et fit mettre le corps du dëfunt en terre sainte. Il esta remarquer qne ces arrêts sont tous fondes sur le titre imprescriptible de la puissance temporefle. pour réprimer les abus du ministère ecclësiastique admis dans Tctat.
Cependant ce recours a été attaqué par des craques et des papes. Si, en différentes occasions, 1« chei's du clergé en ont réclamé Tiisage et reconnu les bons résultats, c^est lorsqu'il leur a paru pr«^ h soutenir leurs droits contre les papes , contre ks privilèges des ecclésiastiques réguliers ; mais quand il a été employé pour réprimer les abus de leur propre autorité, ils n*y ont guère vn qu'une UJ^ sure odieuse. L'auteur expose en détail lesdivcr»* tentatives faites par les papes et les évoques pour s'affranchir de celte procédure. Tantôt les prt'latt soutinrent que les appels devaient se borner an\ entreprises des juges ecclésiastiques ou oflicîaiixJe ce tenis Ih, sur la juridiction temporelle : ce <jn: laissait tout le clergé du second ordre et leslidrl*^ dans la dépendance absolue du corps pastonil. T.dtôt ils out prétendu que, depuis la Pragmaliqwt- Sanction, eu i438, ce recours ne devait avoir lir que pour les cas d'infraction et de contraveuti«>n ^ cette loi. Knfin, dans des tems plus rappnK-hfs «J^" nous, dans l'assemblée de i():i3, et même en i**.^'*. I
DE J.-D. LANJtllNÀlâ. SgS
le clergé demandait que Tappel interjeté j soit par le ministère public , soit par des particuliers , des ordonnances épiscopdes^ n^eût qu*un effet dëvolutif , et que ces ordonnances fussent ëxëctitëes provisoirement. Tels soQt les moyens que les ëvéc[ues ont inutilement employés pour se soustraire h la surveillance des magistrats dépositaires de la puissance publique. Peut-être pourrait-on aussi reprocher au clergé actuel d^apprôuver cette opposition aux droits de tous, lorsqu'on le voit, depuis la destruction des parlemens , rept^senter ces grqnds corps, défenseurs intrépides de nos libertés, comme les oppresseurs de la juridiction ecclésiastique. Cependant la pratique des appels comme d*abus n'affecte point la soumission vraiment canonique due aux pasteurs , ni le droit quMls ont de prêcher , d'enseigner et de décider en matière de foi où de mœurs, et de publier des mandemens et des instructions pastorales qui n'entreprennent point contre la législation ou Tadministraxion publique. Cette pratique sert à maintenir un droit qu'on ne peut contester à là puissance séculière , de réprimer les ' entreprises des fonctionnaires ecclésiastiques, ni aux particuliers qui se trouvent lésés, de recourir aux cours suprêmes, aux juges compétens en pareil cas.
A l'époque du rétablissement du culte en France, et du concordat de 1 80 1 , il fut réglé par les lois organiques que le conseilnf état serait investi, pour les appels comme d'abus , des pouvoirs qu'avaient
«ynpvmTuil les putcmeos. Gecu fond ckt dansTaiticle 79 des ftiHii'i de ït^tm yllinnff ^ a ëtë amèremcot rfiiiiiit pw ymiy pitiats, comme damnait trop dTckAettSMB k ib i^ adte d^appcJer oonmie d'abiB. GcpoMiiBt «fie FtnrinmiTiil ii pm prh , m h mîrrri£innii hnwcf trop. La commiMOtt des crèqpKs de iteci bV leva poÎDt de DédamatK» sur cet «rtâcale; dk k jugea même conforme à la diadpiÎDe de rE«£fle ér France. Cette loi orgaokpie a im TΜ bien jim réel <p2e ceux qu'ion lui leprocbe : œ n'*est pas d*ivœr înTCSti le conseil-d état de cette prooédnre, 1 rëpoqae du concordat de iSoi ^ lorsqu'il n j anâ encore aucuue cour de justice urbanisée. U ùHak peut-être alors lui donner la connaissance des 1^ pels comme d^abus; mais eu nlaçant ainsi la }QStîcf trop loin des justiciables, on la rendait presqat impossible . et ou la mcitaît dans les mains d*aa seul juge amoTible^ le ministre décidant au nom àa roi. Depuis Tinstitution des corps de justice, ei puisque les conseiUers-dVtat sont amoriblcs et r(> doits à donner des avis que le ministère âpprcMift ou n'approuve pas. puisque ces conseillers soitf hors la constitution . le maintien de la juridictJQo du conseil-d'ëtat. surtout en matière d'appel coBuae d*abus. est un grand abus. Le consciWVtai . <U Tauteur. n*etànt ni reconnu par la Cbarte et pir la loi, ni orc;anisê dans une fonne régulière, n^exbtant qu^en vertu d'une ordonnance rcvocable , nV p^sAni qu^à Taide d'un ie^;lement proTÎsoire, b*o^
DE J.-D. LANJUlNAtft. 5^)
frant aucune publicité dans ses débats , composé seulement de juges amovibles et sans ministère public 9 ne se gouvernant que par une jurisprudence très-variable, élatit c(uclquefois dirigé par des considérations sur lesquelles la loin'a point d'influence, n^est investi d*aucune juridiction légale, et par conséquent il est incompétent pour prononcer sur des questions qui, avant la révolution, apparteaaientii des juges légitimes, indépendans, inamoviMes, qui présentaient toutes les garanties né«cessaires. D'ailleurs, il est trop loin des justiciables. Il est urgent de sortir de cet état irrégulier, pré-* caîre et dangereux. Les évéques et les prêtres du second ordre sont aussi intéressés que les autres citoyens à cette grande amélioration. Quoique le cônseil-d'état se soit mis en possession de condam« lier aux dépens, il n'a pas de moyen vraiment légal de forcer l'exécution des mesures qu'il jugerait propres h maintenir la discipline ecclésiastique. Cette réflexion est d'autant plus importiinte que la collation de toutes les places est mise h la disposition des évéques , que les quatorze quinzièmes des curés ont été , par abus , transformés en commis révocables, contre la plus précieuse et la plus constante discipline de l'Ëglise; ajoutons que la juridiction contentieuse des métropolitains n'existe plus, du moins légalement. Les prêtres doivent partager ces doctrines, 'd'autant plus que les sen^tences de leurs évéques peuvent infliger des peines, attentatoires k la liberté, telles que la réclusion.
SgS. ORUVRES
dans un séminaire , ou qui sont humiliantes dans Topinion, telles que la suspension des fonctions sacerdotales, etc.
Diaprés ces considërations/rauteur conclut qae, pour mettre la juridiction ecclésiastique en harmonie avec les autres parties de notre législation , le seul moyen est de rendre aux cours royales la connaissance des appels comme d^abus. C'est en elks seules qu'on trouvera ce qui manque essentiellement au conseil'd^état , une procédure constitutionnelle et d'ailleurs régulière, utile, eificace, enfin, toutes les garanties raisonnables. Lrcs jugemens des cours sont moins sujets à ^arbitraire, parce qu'ils sont rendus par des magistrats inamovibles, parce qu'ils ne sont point soumis k des volontés ministérielles , et parce qu'ils sont sujets à h cassation. Tout ce qu'on peut désirer dans rintércl public , c'est que cette justice soit administrée de manière qu'en réprimant le despotisme des supérieurs , elle ne favorise pas Tinsubordination des inférieurs , et qu'elle concilie le respect dû aux ministres de la religion avec celui qu'il convient d'avoir pour les droits non moins sacrés des citoveiis.
Plusieurs pétitions ont été adressées aux chambres pour les engager à demander une loi qui délaisserait aux cours royales la connaissance d*appei) comme d'abus. Ces pétitions n'ont pas eu de suite, en sorte que les ecclésiastiques et les laïcs sont ii la merci des prélats et des pasteurs, sans loi protectrice contre l'arbitraire. Les faits nombreux et ré-
DE J.-D. LANJUINAIS. Sgp
ceus que cite l'auteur, et tant d'autres assez connus, prouvent l'urgence du remède et TinsulEsance du coDseil-d'état , d'ailleurs muet habituellement dans cette partie* Mais l'indifférence, d'une par t^ ppor tout ce qui tient à la religion, nous dit l'auteur, et de l'autre , l'ardfîur d'un certain parti pour relever et accroître la puissance du cierge, et la tendance trop visible vers un ancien ordre de choses qui est en opposition avec l'ordre constitutionnel et avec Tesprit public, doivent nuire au succès prochaili des vues sages exposées dans ce livre. Ceux-Ià.seuls pourront crier a la nouveauté, qui voudraient faire oublier l'antique discipline cléricale , trop méconnue de nos jours. Mais , continue-t^l , nous aurons eu l'avantage de rappeler les principes à ceux qui les ignorent; de signaler les abus, et d'indiquer les moyens d'y remédier; de conserver la tradition • sur un point qui intéresse an plus haut degré l'oi*^ dre public; d'opposer quelque résistance au torrent des fausses doctrines qui ont acquis un funeste ascendant, et d'empêcher l'envahissement d'un droit essentiel de l'autorité séculière.
Si nous avons dit qu'il faut une loi pour rendre aux cours royales l'appel connue d'abus, nous avons parlé selon la mauvaise allure du tems, selon un système de parti , qui fait méconnaître et violer trop souvent notre Charte Constitutionnelle. Cette loi fondamentale, qu'il convient de réviser sans doute, mais qu'il, faut observer religieusement, jusr qu*k ce qu'elle soit révisée en suivant des form^fit
Ibo OEUVRES
spéciales et constitutionnelles y hbroge les lois qa 'loi sont contraires j elle abroge donc la nouvdk 'icoitapétence du conseU-d*état en fait d*abus ecdé- Kiastique ; elle ne connaît que des juges inamovMes, Ides juges naturels. Ainsi, elle réprouve Taotorrif judiciaire du * conseil-d^état ; ainsi elle ne Tetit. ^ur juger Tabus commis par le pape , réréque od hutre fonctionnaire ecclésiastique ^ que les coon royales, qui seules en avaient connu avant i8o} Pour que ces cours en connaissent de fait, il uebnt vraiment que deux choses., la fermeté a remplir leur devoir de la part des magistrats des cours, ei -la même fermeté de la part des procureurs et des tfiv'ocats-géncraux , qui malheurensemcnt ne $od{ pas inamovibles , et qui n'osent guère aller omtre une ordonnance contraire à la Charte, vu \m amovibilité. 11 faudrait donc ici qu'ils fussent poussés vers la règle par une instruction du niiuistre d^ la justice, ou par une ordonnance du roi, qui srrait, dans ie sens dont il s'agit, on ne peut ptis phz: légitime, et qui est malheureuseuient on ne pfui pas phis uéci'îssaire.
Enfin , la forme de se déclarer appelant comme d'abus, et de faire juger qu'il y a ou qu'il n'y a pa? abus, n'est pas absolument nécessaire, surtout*: ce nVst pas une ordonnance, une décision ccdésinstique dont on se plaint; en un mot, s'il s*apt. par exemple , d'une contravention , d'une injusticp cléricale , sans acte écrit qui ait le caractère d'ordonnance ou de décision. Ain^i, un disconrs dV
DK i.-D. Lillf JUIN AÏS. fct
Téquc OU d*uiitre prêtre , tHsrit ou de vive voix y et qui critique le gouvernement ou les lois , se punit «n police correctionnelle ou en cour crimindle « sans appel comme d*abus. Si une injustice de cette nature demeure impunie , c*est un tort des magistrats^ et apparemment des ministres, {f^ojrez articles aot , 2108 de notre Code Pënal.) Ce ne sont pas toujours les bonnes lois qui manquent en France ; ce sont les hommes qui les exécutent avec fidëlitë ^ avec courage:
NOTICE
•DA L^OWRACK IRTITtH.! '.
HUtoirê êes Confesseurs des Empereurs , des Rois ri d'auirt» Prùtees ; par M. Grégoihk , ancwii évéque de Rloîi « «le.
( Paria , 1 824 » Baudoin frèrta. )
• Personne encore n^avait songé a recueillir en m •seul tableau les faits cpars concernant les confei* seurs des rois. Ceux qui aiment les singularitësJm* portantes, trouveront ici de quoi satisfaire leur oAriositë; nous en citerons deux ou trois exemples» sans les choisir. On sait que le serment eiviq^ie im* poaë aux ecclésiastiques français par Tassemblëe tlimsti tuante , ressemble au serment qn'exigèr^Bnt Im rois d^Angleterre. de totus les prêtres cpthbli-
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ques, eu i6o6. Ou voit avec cdiBcation, qu*ii fut approuvé par le P. Cottpu , confesseur d'HoirilY, malgré les censures de Rome , comme il Ta été par Bossuet et par d^autres habiles docteur^ catholiques. L^auteur ne manque pas d^observer qa^au vu et au su de la cour de Rome y les catholiques anglais ont prêté et prêtent encore un sermoit plus remarquable. Us jurent de faire tous leurs ejfforts pour maintenir sur le trôrie britannique la famille qui V occupe ^ laquelle est protestante , el n'avait point en sa faveur la légitimité. Bonne leçon pour les hommes de parti qui osèrent dire cl imprimer, en i8i5, d<uis la chambre introuvable, qu'un roi de France qui ne serait pas catholique serait déchu du trône... Le vénérable historien blâme, avec une grande raison, la clause trèserronée du testament de Louis XVI , où son confesseur apparemment le fit écrire que TÈglise chrétienne lient ses pouvoirs de saint Pierre: et il s'afflige qu'un tel démenti donné a l'Évangile même se lise chaque année en vertu d'une loi, dans louU'5 les chaires chrétiennes. Il reproche aussi a un confesseur de Louis XIII , de n'avoir pas prémuni son auguste pénitent contre le projet de la loi par laquelle ce monarque trompé autorisa la traite des noirs. « Louis XIII, dit-il, n'y eût pas consenti, si un confesseur éclairé lui avait appris que le prtftextc de convertir les noirs , eu les réxluis<int k l'état des bêtes de somme , déguisait les plus lâches attentats de la plus cruelle avarice. » Le sujet de
DR J.-D. L4NJUINA1S. 6o3
ce livre est riche sans doute-; mais la tête de l'auteur est plus riche encore , et ses digressions sont quelquefois plus importantes que le sujet qui donne Toccasion de les faire. Combien de réflexions et de faits historiques viennent se rattacher à la phrase suivante, qu'on lit, p. 4o8 et 409, et qui est imitée de ileury (Disc. 5" sur VHist. Ecclës.) : « Lesacre des rois est le principe de leur destitution par des pontifes; car la prétention de donner la couronne de la part de Dieu, avait pour corrélatif la prétention de Tbter. » Et cette prétention s'est réalisée : elle vit encore ! Il s'ensuit que le sacre des rois ne devrait plus être que la bénédiction de leur couronnement solennel ; et l'on sent combien il serait né** cessaire que la loi en corrigeât les formes et les formules vicieuses que l'ignorance et le faux zèle y ont introduites! ISous finissons par uq fait bien connu : cet ouvrage a le plus grand succès , et la première édition est déjà presque entièrement épuisée.
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NOTICE
SUR L^OUTRAGB IHTITULB :
Des Comédiens et du Clergé , suîqî de Réflexions sur le Mtùi" dément de Mgr. l' Archevêque de Rouen, par le Baron D'Hénin de Govillier , Maréchal-de-Gamp , etc.
Dans le moyen-âge , époque d'ignorance et de corruption générale , qui nous donna les guerres
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de croisades , même contre, les cbréuens ; l^iiiqah sition atrocts. contre les mal-pensans et les ml- Croyans; la poielle t|iëorie du * sacrilège ; lad^ ^tion des rois par les ëvèques et les abbà, en&ntti par les papes ; les fôtes scandaleuses des foui ci celles de Tâne, et les prêtres danseurs, farcews, comëdiens, fauteurs et spectateurs de comédie dai les églises ; enfin* tant d'autres dcrëglemens dos le clergé , comme dans le peuple y on ne sougeul guère h excommunier les comédiens de leur fivant, ni a leur refuser la sépulture ecclésiastique. Cest un excès que Ton ne connaît point k Roioe, où les papes bâtissaient des théâtres et encourt* geaient, comme ils le font encore, Tart dramatique. On sait que les jésuites étaient fort curieux d'éleier des théâtres dans leurs collèges, et d*y faire jouer des comédies et des ballets, sous leur direction, pv leurs écoliers. Selon nos libertés gallicanes et lapa* reté de la discipline ecclésiastique, il n*yapoiii( d'excomnuuiiés par le i\iit; pour que rexcommuoi* cation produise un effet extérieur, il faut qu'elle soit proccdée de trois mônitions , et spiéciiiquement , personnellement prononcée et dcnoncce au prône de la paroisse ; mais dans les derniers tems la doctrine contraire s'est établie en France, non [>cs en loi, mais par écrit et Yerl>aIenieot , et même par des ordres secrets des supérieurs ecclésiastiques. Ainsi, contre la prohibition de rÉvangile, les curés se sont arbitrairement, ei sans aucunes formes, érigés en juges extérieurs dfli
pE J.-D. liANJUINAIt». <éS
artistes de nos théâtres; et de fait ^ il u^ ^ plus d^ justice ea France contre ses attentats. Çest contre un désordre* aussi criant^ et qui a, plusieurs fois^ h. Paris même, donné lieu a des émeutes dahge>* reuses 9 que s^élièye ici M^ le baron d^Hénin ; et 11 le fait avec grande raison ^ quoique nous Jlo prêt lèndiotis pas souscrire à toutes ses paroles.
Ce qù -il y a d'essentiel dans son livre, pourrobjfet qu'il se prc^ose j est (iertàib , et doit porter la cbii* viçtion dans les esprits» Quand, pailles conjoncf tares des tems , il h'j a point de justice h espérer centre certains délits , fc'est une consolation et un grand bien qu'il soit permis au moins de blàtner pot écrits publics les perturbateur^ de l'ordre et de la paix ; sous ce pOint de tue y on doit des éloges h r£iutcur de ce livre. i
L'ouvrage est écrit sans beaucoup d'ordre; mais cet .inconvénient est pallié par une table des ma«* tières et par un sommaire analytique dont nous yion$ présenter la substance divisée en cunléros» L De l'état des comédiens chez les Grecs, chez les Romains j chez les Français. II. Le refus de sépuU ture ecclésiastique , fait par des curés de France aux artistes de nos théâtres , est une infraction pu-^ mssable des lois civiles qui jfos protègent , et des libertés gallicanes qui reprouvetit toute prétendtie excommunication fondée sur une prétendue notCK . riété de fait. III . Notice de plusieurs cohlédiens canonisés , quoique iQorts ^ quelques - uns sur le théâtre même. lY. Indication fort détaillée des
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jeux , des danses , des farces et dés comédies jooécs autrefois par les ecdésiastiques même, dans les églises., ainsi que leurs mascarades et processions prétendues religieuses , et plu& indécentes encore. y. Recueil des canons anciens et modernes qui ont rappelé le clergé k la décence et aux devoirs de si profession. VI. 'Exposé de la domination déricaJe affectée aujourd'hui scandaleusement en France à regard des comédiens. YII. Devoirs des rois et des magistrats de réprimander et de punir le clei^e pour les. infractions qui font le sujet du livre, et pour toute espèce de trouble à la paix publique. VIII. Tableau statistique du clergé de France, en 1789 et €n 1825. IX. Réflexions sur le noiiveao mandement de Tarchevéque de Rouen , avec une exhortation charitable pour engager ce prélat à cesser ses entreprises , et a donner l'exemple de U souiT)ission au canon suivant du concile de Carthage, de Tan SgS, qui fait partie des codes de droit 'canonique : « Celui qui est évêque doit avoir son petit logis près de l'église; ses meubles doiveul être de bas prix, et sa table pauvre. C'est par sa foi et sa vie exemplaire qu'il doit soutenir sa dignité. »
Nous observons que la pagination de cet ouvrage est vicieuse depuis la page 36o ; d'ailleurs la dernière page y est cotée 427? et l'ouvrage a réellement 45o page. Si c'est là tromper sou lecteur, ce n'est pas lui faire tort.
NOTICE
SDR l'outrage intitulé !
Johannis Miltoni Angli Doctrina Gliristiana. Abrégé de Tliéoiogîe Dogmatique et Morale , ouvrage posthume de Jean Milton , publié d'après le manuscrit autographe de la bibliothèque de l'Université de Cambridge , par Gh. Richard
SuMNER.
L^Anglais Milton , né en 1608, mort en,i674, fut, comme poète, un beau génie; comme politique et théologien 9 un écrivain remarquable. De ses deux poèmes épiques , Tun sur le Paradis Perdu, l'autre sur \^ Paradis Reconquis y on ne lit, on ne connaît généralement que le premier; mais cette production singulière , étonnante , inégale , est si riche en beautés de tout genre et du premief ordre, que, malgré ses défaut?, elle aura toujours des admirateurs. Envisagé du côté politique , Milton fut, dans sa conduite et dans ses écrits, un républicain téméraire et audacieux; il lui fallut obtenir des lettres de grâce après le rétablissement du trône. Quant k sa théologie, eUe fut ce qu'elle peut être aux yeux des catholiques , dans la religion réformée, où Ton n'a de règle que sa raison personnelle, avec son propre avis actuel sur l'authenticité de chaque livre de la Bible et sur le sens de chacun des textes qu'il renferme; elle varia suivant les cir-
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constances; et Tauteuç fiit y 4ans sa jeunesse, /w^ ritain zëlë; dans sa virilité^ indépendant; ensuite anabaptiste /A iiml^ dit-on, par reconnaître, comme ëtantdansla voie du salut, toutes les sociétés de chrétiens , à Texception de TEglise catholique romaine. Il avait, de son vivant, publié un long traita sur lo> Vraie Religion, et trois ouvrages sur la £eformation de t Église, anglicane; on peut les voir dans les éditions de ses œuvres en deux ou trois volumes in-folio, et en plusieurs volumes in-quarto. D'après ces divers traités , on a pu long-tems croire idutile de faire imprimer le livre posthume de la Doctrine Chrétienne , qui fait le sujet de cet ar* ticle, et que j'ai pris la peine de lire en entier, avec les notes peu importantes de rédileur.
Le livre premier, c'est-h-dire lés trois quarts di ce traité, écrit en latin , sont relatifs aux dogmes, telsque Miltou a cru devoir les déterminer ; le reste du volome forme un second livre, eutièremeot consacré à la morale ; et le tout est suivi d'une table alphabétique des matières. Sur chaque point, Fauteur a tellement accumulé les passages de Tlx-riture, qu'ils forment eux seuls plus de la moitié de Tonvrage. Le reste consiste en doctrines et interprétations, en raisonnemens pour soutenir ces interprétations, et en citations des théologiens moderues. choisis presque uniquement parmi les calviiiLste> Les conciles et les écrivains ecclésiastiques de tuas les tems, avant Calvin, sont des sources que Miltuu ne consulte presque jamais. Pour le Fond de sa d<>c-
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trine, il est, en général, calviniste, mais consé^ quent aux principes de la réforme. Il va quelquefois beaucoup plus loin que son maître Calvin; par exemple , il se déclare anti-trinitaire ; il ne trouve point illicite la polygamie, môme dans TEvangile, et il conseille un culte sans liturgie et saiis célébration du dimanche. Il n'enseigne point ici le régicide, quMl avait justifié dans ses ouvrages politiques; il ne le déconseille pas non plus : il va pourtant jusqu'à déclarer (page 53) qu'il est sage de céder au tems y d'obéir aux tyrans dans les choses licites , pour le bien de la paix et pour celui de la sûreté. Deux planches gravées accompagnent ce volume ; elles contiennent des /àc simile de récriture de Mil ton ; la première offre plusieurs textes latins extraits de sa théologie posthume, et la seconde une petite pièce de poésie anglaise en l'honneur de sa femme; une autre semblable, en date de Tan 1662, en l'honneur du grand Cromwcll, qui gouverne TAngleterre au travers d'un nuage d'hostilités et de diffamations , guidé par la foi et un immense courage, dirigeant ses pas glorieux vers la paix et la vérité
ffio OBIITKB»
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•VA l'ouvsami ifniwLâ :
Seconde Lettre à M, le baron d'EckêUin , sur les Crojama spontanées et nécessaires de PHumanUé, aoec des Ohio^ oations sur quelques passages du second Numéro du CalUlîque, par M. M. M.
Après avoir examiné cette seconde lettre, il semble que M. le baron d^Eckstein a trouvé sod vainqueur dans son critique anonyme , et que cet habile critique lui-même va trop loin dans le système de censure qu^il a suivi. Parlons d*abord de M. d'Eckslein : avec des faits inexactement exprimés, des phrases, des mots équivoques et de légers argumens , il cherche à démontrer que les hommes sont ou doivent être soumis a un pouvoir absolu, spirituel et temporel, pouvoir qu'il attribue au pape, et qu'il ne refuse pas aux rois sur le temporel, néanmoins en les soumettant encore à la direction suprême du pape. C'est ainsi qu'il cutend cette unité qu'il vante ; c'est ainsi qu'il veut nous rendre fidèles li Dieu et aux rois ; et il ne songe pas le moins du monde que c'est ainsi qu'on poiis6e les hommes \x la superstition, à la servitude, à h révolte et k l'apostasie. C'est la pourtant le système renouvelé de ce l'ameux triumvirat qui naguère s*:
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composait du Teu comte do Maistre, du vicomte de fiouald et de Tabbé de La Mennais. Le prétendu pouvoir absolu du pape, M. d^Eckgtéiu Pappelle théocratie; il serait plus exact de Tappêler hiéro^ cratie , gouvernement du prêtre ou des prêtres , puisque ce serait le gouvernement spirituel et temporel du pape par les jésuites; autrement, des jésuites sur le pape , les rois , les peuples ^ sous les noms du pape et des rois. Comment peut-on se bercer de ces ridicules et odieuses chimères / L'ha-bile anonyme en a fait, dans ses lettres, une juste et vive censure : Ih-dessus, il n^aura guère de contradicteurs; mais, eh rejetant le pouvoir humain absolu et V ultramonianismd ^ou plutôt VhUrocra'' tie y il repousse également le christianisme, considéré comme révélation surnaturelle. Pour lui, comme pour une classe de protestans toute moderne, le christianisme ne serait quVne croyance née sur la terre , en tout tems , en tout lieu , et qui naîtra toujours, chez tous les bommes, de la seule contemplation et do la représentation ou expression symbolique de la nature ; sur quoi il invoque Tautorité ambiguë de M. B. C. et le traducteur ou continuateur français d^ la Symbolique de Creutzer ; mais, sur ce point, Taùteur des Lettres nàw^ parait bien faible; et, quoique plein d^estime pour son caractère et ses talens , nous croyons pouvoir, sans trop de hardiesse , rappeler, au sujet de cette partie de sa doctrine, des paroles qui retentissent depuis trois mille ans dans les assemblées religieuses
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des juifs et des chrétiens : « Pourquoi ont-îb de vains projets contre le Seigneur et contre son Christ ? Le souverain maitre rendra vains toos leurs efforts. »
II est bon d^observer qu*à la manière défectueoK dont M. d'£ckstcin et son critique parlent des doctrines de rinde, où ils ont cru trouver leur ch» tianisme tout humain , Ton aperçoit aisément que ces doctrines leur sont peu connues. Ils ont tort de parler du swaïsme comme d*une théorie qui serait différente du brahmanisme; ils ont tort surtout de parler de Jina comme d'un être divin, car ce mot Jina est toujours resté une simple épithctc, un qualificatif de la secte d*où est sorti , mille ans avant Tère chrclienue, le fameux Boudha, iosiituteur des boudhistes. De même, quand les soidisant protestans, purs naturalistes, cherchent àjàus Brahmay Pichnou, Si(^a, la Trinité cbrcaienne, ils oublient que ces trois personnages sont représentés conunc sujets aux plus infùines débauches, dont ils font pénitence pendant des milliers d^années, et que d'ailleurs ils doivent cesser d'exister à la fin d'une grande période , d'iii^e graude dissolution de l'univers physique : tout cela nous les montre assez comme des êtres fictifs ou comme des dieux assurément bien secondaires. M. de La Mennais, précurseur de M. d'Eckstein, a cité YEzourvedam pour montrer dans l'Inde nue sorte àt christianisme antérieur h Jésus-Christ ; mais l'oD a dès long-tems deviné y l'on sait maintenant ^ et de-
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puis plusieurs années , que l^Ezourvedam, si an-^ cien, si authentique, si vénérable pour Voltaire^ n*est qu^une fable toute moderne , un dialogue » pieusement imaginé si Ton veut, par le père de NobilibuSy missionnaire jésuite, dans la vue de faciliter ses conquêtes spirituelles dans Tlnde.
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•UR L*OUTRAGX lATITlL^ *.
Troisième Lettre à M, le baron d'Eckstein sur les Danger^ de son Catholicisme Indo^ Chrétien , sur le Culte et les Mystères naturels , adoptes , sanctifiés par la Religion vé^ ritahle, et sur quelques Moyens de rapprocher la Philoso-^ phie de la Religion , et les Cultes Chrétiens du Catholicisme Romain; par M. N. M.
Cette troisième lettre est remarquable par la science, la dialectique et le talent de Fauteur; mais, plus étendue que les deux premières, elle est aussi plus riche en développemens , en traits vifs, en citations piquantes , en applications plus ou moins exactes, mais toujours d'un grand intérêt. Nous regrettons de ne pouvoir nous expliquer ici que très-brièvement sur les trois objets qui sont annoncés dans le titre. Dès sa première page, Tauteur se déclare catholique; il s'appuie en même tems d'une métaphysique vtigne , peu nécessaire , même nébuleuse , et généralement étrangère aux
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docteurs du caiholtcisme. U iusisie sur l'admiaioo d*un christianisme naturel produit de nos seulo facull/és naturelles*; il veut qu^on rapporte a dei/v- '{félations les sciences et les arts , comme cet illutut écrivain de nos jours, qui, déclarant acquiescer i la révélation de Moïse et k celle de Jésus-Girist, appelle en m6me teins réi^élé tout ce qui est bon et beau , tout ce qui est juste et vrai ; il fait consister son christianisme surnaturel en un c/ioîx dr sentifftens marque; cTun sceau céleste , ccî (|iji rî>l bien indéfini. Knfin, il prend pour égide cette ii*»- Mertion de IVt. de Chateaubriand, assertion pour le moins trcs-équivoquc , thi^ologicpiejnent i'autiv», ci plus contrariée que i'avorisée par riiistoirc : « Plus uiiapprotVMKlitle christtunisuie, plus oti rcttiaiT]nc qu'il nVst que le développement et le résultnt m*- (Tssaire delà vieillesse de la soei(*l('. »
!N()lr(î aiiKîiir proleste do la pureté de ses ifitcn- /iPA#.v. «Py cr<HS vivenuuit, conipléteiiicnt ; je lui ai voilé, je lui conserve toute Tf^tinie, toute Vamiiié dont je suis cajmblo, et lorsque» dans cTtlr annoiit:e, j'<»s<*. désirer de S4i part uim doctrine ou des i^u'oles qui paraissent mieux m acc«>rd M\ecl.n vérité, je crois être impartial, exact, et nit' ct>ut'ormer du moins a cette rrancinsc; <pu! , (Tapre» >*»ii noble caractère, il a bien voulu me dennuid^H'. iikt prescrire lui même.
Avec son christlanismje naturel^ xhx pourmà sN'^tonner qu'il cond>atte le pixUendu trat^ifUicfMin'tHuloi ^radittOimel^iM iHUtot (rins|Ni'^li(»it spixiak*
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en un mot, le catholicisme indo-chrétien de M. le baron d^Ëckstein. M. N. M. le rejette comme dan-^ gereux au vrai christianisme, et comme allégué pour asservir les peuples aux rois , et les rois avec les peuples au pontife de Rome. Mais, puisqu^il le rejette , pourquoi mettre tant de soin , tant d^ap* pareil k le corroborer dans cette troisième lettre ; et pourcpioii appe]le*t*il à son aide , en cette singulière entreprise, on ne sait quel fantôme de chris^ tiardsme égyptien, chinois , japonais , etc.? Poui^ quoi le &it-il sans opposer à ses textes (qu*il semblerait accumuler pour aider son adversaire) ies critiques dont ils sont fort susceptibles , ou en eux-mêmes , ou dans leur application ? Il se borne k dire qu'on peut les expliquer de cinq mamères , dont trois se concilieraient avec le prétendu chris^ tianisme naturel et antérieur k Tère chrétienne. On trouve, il est vrai, dans Tantiquité payeime, on aperçoit encore aujourd'hui , chez les idolâtres , des croyances , des usages que les docteurs chr^ tiens considèrent conune des restes plus ou moins défigurés de la science religieuse et de la vie patriarchale. Il est vrai qu'on j trouve érigés en i>é«vélations, en religions, des pratiques impures, des iniquités , des cruautés incroyables et pouitant bien prouvées. Mais, dans tous ces exemples si tristes, dans ces aberrations en partie si horribles , il n'est rien qœ le seul vrai christianisme , le christianisme surnaturel ne condaume et ne prohibe sévèrement, rien qui ne serve k relever son e^ceUence, rien
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qui puisse le convaincre de mensonge ui de souillures intrinsèques. En combattant le serviUsme systématique de M. d'Eckstein, Fauteur a rencontré dans soi> chemin M. Laiirentie^ conseiller de rUniversité , et auteur d*une Introduction à la Philosophie y livre qui semble écrit en faveur de tous les despotismcs. M. N. M. en a fait une censure vigoureuse et bien fondée ; la seconde partie *de sa troisième lettre concerne des élëmens, des mystères, des symboles naturels, adoptés, nom dit-on , sanctifiés par la religion véritable ou chrétienne . Ces élémens , ces mystères , ^ces symboles sont indiqués, divisés, subdivisés et commentés dans trois tableaux synoptiques. Vient ensuite la réduction de toutes les hérésies et du catholicisDe a deux christianismes , Tun symbolique et le secoud réaliste; l'un qui prend Temblêmc a la lettre, l'autre qui le prend au sens figuré ; les deux sont prétendus également naturels par des pro tes tans modernes; et c'est du catholicisme, réuni a toutes les hérésies passées, présentes et futures, que noire auteur écrit. J^oilà un assez beau catholicisme. Chacun est libre, sans doute, de penser et d'écrire ainsi, libre naturellement, etconstitutionncllemenl. et suivant toute législation qui admet la tolérance évangélique; mais il n'est pas de doctrine moii;? catholique. Nous croyons voir dans cette partielle l'ouvrage, comme dans la première , des faits m-d appréciés, un langage' parfois obscur et pe»j loh;renl, une hypothèse dont Timagination fait les irM
et dont le style fait le mérite. U faudrait plusieurs volumes pour bien réfuter ces idées ; mai^ nous dirons : (c Montrez nous , en un coin de la terre , avant Jésus-Christ,, et hors la Bible , un seul sys-; tème dé religion et de morale naturelle qui soit raisonnable. » Si Ton ne peut pas l'indiquer, les catholiques sont dispensés apparemment d'apprécier en détail les trois tableaux, et de débrouiller ce nouveau labyrinthe de métaphysique et de citations où le christianisme surnaturel soit réformé , soit catholique , se trouve enveloppé dans cette troisième lettre. Il est vrai qu'on peut y lire , page 78 : « Osons être hommes et chrétiens ; osons être des hommes pour être mieux chrétiens. Assurant une Éfource naturelle aux élémens de notre culte, in^ firmé-je ainsi les moyens de crédibilité qui donnent h la révélation j aux miracles^ aux prophéties et irréfragables monumens historiques? » S'autorisant ensuite de l'exemple de Leîbnitz même , notre auteur place dans l'Eglise romaine le centre des croyances nécessaires au bonheur, et il en prend occasion de donner h la cour de Rome des avis malheureusement justifiés par les faits historiques et par ce qui arrive sous nos yeux. 11 avertit qu'attacher l'omnipotence temporelle, et même l'omnipotence spirituelle, au chef visible.de l'Eglise, taxer les péchés , autoriser des procédures criminelles et des supplices pour des opinions , approuver les massacres, autrement les rigueurs .va/a/a/re^, comme disent les ultramontains de France , c'est
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une impiété nwnstnieuse. Il iusistc pour que le pontife condamne enfin ces horribles crimes poblics ; il demande de revenir k rantiquité par une modificatioii de la discipline moderne et arbitraire; il vent même qu'on renonce aux (ëgendes ridicules ou odieuses; il aurait pu ajouter aux levées dVgent , pour dispenses , pour bulles et induits aux excommunications an ti -canoniques, ou injustes, ou perturbatrices, et aux dangereux privilèges des exemptions de l'ordinaire, etc.