FRAGMENT
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rAHILLSt.
Deux causes ont produit les majorais : d'abord Tabns des testamens déjà si abusifs , ensuite Tabus des substitutions graduelles portées^à Tinfini , faute anx législateurs qui ont précédé le seizième siècle , (f avoir prohibé ce funeste désordre , né dans les t&ièbres du moyen-âge .
L'instinct du despotisme toléra , autorisa , encouragea, commanda bientôt ces déréglemenis , et fl j ajouta Tabus rajeuni par Napoléon , celui des majorats du propre mouvement du prince, ou octrojés par le prince à la demande des propriétaires aveugles de vanité .
4^^ q«yvviK$
De tous ces ma}orau , il nt pouvait résulter que de fa^t^les conséqueuce^ : on les Toit, sans oombit, puUuler (la;QS l'Italie ^yt dans TËspag^ae^i. m^Xbm rousqs patries de$ majorata!
Tout les accuse; car tout ci Ueu ^en gémk^ I4 étM ou la uatiou » les puînés du majontiié ei jusqu'aux aînés jouissant de la misàrîbU tim privilégiée ^
Qu'il est k plaiudre l'état où les majorats organisent avec tant de force une minorité aristocratique et oiseuse , chagrinant , tourmentant , compromettant perdant les rois, affligeant, écrasant les peuples ; où les grauds possesseurs sont exempts à perpétuité des graves impôts levés sur les mutations volontaires, et surchargent, par ces immunités tout le reste des citoyens ; où les lois perverses invitent les ma^oratisés k contracter des dettes et leur assurent les moyens de se jouer de liews créaueier»; où elles changent les détenteurs eu uauËruitiers , et par-là méaie leur donnent le h»wm. dd dégrader rhéritage et les facilités pour y parveuir; où la pvesque totalité des. halûisaBS est déchue de la douce espérance de posséder des immeubles; où elle perd dès 4ofs le pkis vif intérêt de la vie sociale ; où ceux qui se Irouvenè ainsi condarus^ës au sort des. ilotes s^eii; vengent par l'oîsiv^tc , le vice , et le crime.
La propriété iinjuKDJbilioire , sujette h nmlaMn d'une famille a Tautrc, a son ibudemeut dans la nature, et ses «garanties dans les lois de toos les
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éUiîs; mais rendue imontabie dans une caste, dans les aines d*une caste ^ elle n^est plus qu^une grande iniquité^ une perpétuelle calamité publiqpie et illégale, enfin 9 le plus vif aiguillon, le phis spécieux prétexte aux révoltes et aux lois agraires*
Le despotisme , et quelquefois une sorte de né* cessîté^ substituant la vanité k Forgueil national^ font reconnaître par la loi des nobles titulaires eè sans fonctions ; le despotisme encore , et Tusurpatioa et le sommeil des bonnes lob introduisent de ËttC et de droit , pour ces nobles , toutes sortes de jMiviléges honorifi€|ues et utiles au grand détriment du prince et de la nation; et enfin le despolisme encore ajoute k ces privilèges les substitutions graduelles à Tinfini ou les ma^orats , et alors les majpratisés ne sont plus occupés que de titres et de rubans , d*intrigues de cour et de mendicité ambitieuse pour eux et pour leurs frères,, leurs sœurs et leurs cousins. Tous se condamnent par une folle imprudence , par une ridicule h wteur ou par une pijpuissance réelle k une constante Êônéantise , k tous les vices k tous les excès qu'elle entraine ; il faut un dédommagement aux cadets^ privés comme la plupart des cîtojrens de toute espérance de patrimoine territorial ; ils se refusent ^ par préjugés dlioimeur, ktout travail honnête, k toute industrie. Alors naissent la galanterie chevaleresque et les débats des cours d'amours ; les femmes nobles affichent Tindécence de moeurs ;, chacune a son cavaUer, son eortéjo en Espagne , et son sigisbé en
Italie. Il en est résulté des devoirs non moins bizarres qu'immoraux , fondes sur les deux règles du beau monde; aucune femme ne peut paraître' seule, et aucun mari ne peut , sans un extrême ridicule', accompagner sa femme : les bonnes moeurs périssent et le point d'honneur les remplace. YienniBDt ensuite les spadassins, les joueurs, les suicides, etc., et toute cette troupe corrompue se multij^e. Les non nobles imitent autant qu'ils le peuvent les habitudes scandaleuses des hautes classes; le corps social dépérit , languit ou meurt , et ne peut naître qu'en traversant les malheurs eflFroyables des révolutions.
Les cadets sont sacrifiés k Tainé ; les filles restent sans dot et sans époux , et les puinés , faute d'un capital , végètent dégradés , sans instruction , sans industrie, dans la dépendance et l'oisiveté, se consolant par l'ivresse et les orgies licencieuses.
L'alné est le seul maître, et il est haï comme tel : on ne se borne pas toujours à le haïr. Le possesseur du majorât est le premier puni des injustices dont il devient l'instrument. Propriétaire exclusif, il est regardé comme l'admiuistrateur des biens communs ; il ne donne pas assez k l'un , il donne trop k l'autre. Frères, soeurs, femmes, eufans, ont formé contre lui une ligue secrète pour s'approprier chacun ce qu'il pourra, et améliorer sa situation , sans s'inquiéter de la gêne où se trouve leur chef. Accablé de chagrins domestiques , il finit par s'abandonner aux plaisirs des sens, et dans leur ivresse.
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fl se prépare de nomrelles donlenrs et de nouveaux remords.
Ainsi les nobles, et les majoratisës surtout, dégénèrent sans cesse , sous tous les rapports moraux et phjTsiques , et ils tombent fort au-dessous des citadins et des laboureurs qu'ils ont la folie de mépnser.