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(Vârânasi) autrement Kashi ou Kâszi. Bënarès est généralement connu comme le plus ancien et lé principal siège des doctrines indoues, c'est en même tems, selon le Shivapourâna, un grand tirtha, c'està-dire , un lieu très-révéré de pèlerinage ou de purification, soit parée que c'est l'heureux séjour du premier des douze Phallus de Shi va ou de Mahadeva', soit parce que Vichnou, en forme de sanglier, apporta dans cette ville une partie de la terre de l'île blanche ou de la terre céleste , vraie habitation de Vichnou .
• Ce qu'il y a de certain , c'est que la plus célèbre des écritures dites devanâgaries , est l'écriture carrée du Bengale et du Bahar , notamment l'écriture carrée de Bénarès et des environs de Calcutta . On l'emploie principalement pour le sanscrit ; elle est bien distincte de l'écriture bengalie , dont nous parlerons dans la suite ; elle a cinquante ou cinquante et une lettres ; sans compter les groupes ou phaias.
Les premiers modèles de cette écriture devanàgarie du Bengale, qui aient été connus en Europe, se trouvent dans la préface de M. Hahled , en tête de la version anglaise et de la version française du Code des Gentoux déjà.çité. C'est dans cette même écriture qu'est imprimé l'hitopadesha , publié depuis peu d'années à Serampour , et réimprimé a Londres; elle est aussi employée dans les trois
1 Asiat. fies, , t. XI , p. 88.
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grammaires du sanscrit que nous devons h dos membres de la société académique de Calcutta , et dans le premier livre du Ràmâyana de V almtki , réimprimé à Londres avec mie version anglaise , d'après l'édition originale de Calcutta ; c'est elle enfin qu'on voit pricipalement dans les manuscrits de la Bibliothèque Impériale , formant la première classe du Catalogue des livres sanscrits de MM. Hamilton et Langlès.
Cette même écriture , mais simplifiée et plus cursive, est le sujet de YAlphabetwn Brakmanicutn seu Indostanum universitatis Kaszi, iri-8°, 1771. Elle sert sans doute au sanscrit , puisqu'elle a les cinquante lettres de la première , et le P. 'Paulin les donne absolument pour les lettres devanâgaries, h te deuxième colonne des quatre alphabets indow qu'il a publiés plusieurs ibis ; mais elle est principalement usitée h Bénarès pour écrire l'indostanique poli, quoique l'indostanique , même poKy s'écrive le plus communément dans l'Inde en cïW ractères persans. Nous avons remarqué ci-devant que le P. Roth , jésuite , et , d'après lui , le P. Kirker, ensuite le voyageur Chardin , et puis l'académicien Bayer, nous ont donné l'alphabet sanscrit dfr pays d'Agra. Il diffère peu des deux préëédens de- Vanâgaris; l 1i'
L'alphablet sanscrit , imprimé dans le royaume de Tangut et la partie occidentale de l'empire chinois , appartient aussi à l'écriture- devftnâgarie.
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- Réduisez l'alphabet devanàgari du P. Paulin h quarante-quatre caractères, en retranchant, les ?«x qui ne sofit titiles que p*ur écrire le sanscrit et l'indosta&ique poli * et vous aurez une* des écritures appelées spéeialctaienti nâgri ^ et qui Staff comme extraites du devanàgari, ayant moins de caractères qne celui ci ; ce mot est abrégé du mot devaffiàgdri. Cetiâgri, cornue les autres, segtd&qslo. nord à la correspondance épistolaire et W la tenue des registres du commerce. Il fait la troisième colonne des quatre alphabets indous que le P. Paulin p pu* bliés, et se trouve aussi expliqué dans VAlph&betum Brahmanicum, etc., déjà cité.
. Nous croyons devoir observer en passant que le mot nâgri se prend encore au sens, d'écriture de+ vwiàgarie y qu'il s'étend aussi au langage , et qu'il supplique à plusieurs dialectes de l'indostani , c'est ainsi que le mot devanàgari, dans Tlndostan proptf e, esl un nom d'uq dialecte indosiaoi l9 et que le mot granUia, dans la péninsule, désigne, par extension , la langue inscrite elle-même , quoique ce& mou n'aient d'abord été que des noqss dMcritHres. Revenant au caractàre nâgri j ,j$ trouve qpa dans le royaume de Népal, au nord-est du $en^gale, et ai* mjkli du Tibet, pajB indou trèsjfettrér que les Musulmans paraissent avoir négligé de subjuguer et d'asservir, on,appelle/?dgrï)j9 caractère
4 Adèhimgjè AfcffoJrftffef* t* I? p. 191 «I 19?; . .
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qui sert il écrire ltdionie sanscrit même et lie nâgri, c'éstàndire le dialecte iodosta»iqne Au lieu, il y a ou y y avait k k bibliothèque de la Propagande 9 k Reuae , plusifeurs manuscrits !ea caractère nàgpn du Népal , sans doute peu différent du caractènt ndgri du Bengale.
Ce doit être un nagri, c'est vraiment une variété du nâgri q»e le caractère coma sous le nom de kashmîra , qui , dans le beau pays de Cachemire r sert indifféremment k écrire et le sanscrit et le bhâchd cachemirien. Je ne connais en Europe au» cun manuscrit de ce caractère. Cependant la litté*rature du Cachemire p?sse pour abondante , et y dans les mémoires de la société de Calcutta , on op, cite up livre d'histoire de l'Inde.
Dans le CirLar de Tirhout , entre les montagnes du Népal et les rivières de Kossi et de Kandak , SI y a, pour le sanscrit et pour le bhâchâ, une variété d'écriture devanàgarie qui ressemble beaucoup au bengali dont il va être question; c'est le tirhoutya ou mithila. Cette variété prend son nom de la ville chef-lien du pays, en sanscrit Tirabhoukti, en bhâchd, Tirhout ou Tourhoutc aussi le P. Paulin appelle ce caractère alphabttum fourutùmum. Je n'en connais pas de modèle en Europe ni imprimé , ni manuscrit.
Nous sommes plus heureux pour le bengali ou écriture cursive du Bengale. Cette dernière écriture est souvent appelée gaurijra -ou gaudiya, du
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nom de la ville de Gaura , qui fut autrefois la taie du pays des Gaures , dont le Bengale fait partie , c'est-à-dire du pays des blancs ou des habitans du nord du Bengale, naturellement moins basanés que ceux du midi.
Le bengali vient se ranger parmi les écritures dérivées du devanâgari , mais parmi les plus altérées /soit quant aux formes , soit quant aux valeurs des lettres ; il est vrai que ses traits simplifiés légèrement , arrondis et' serpentant , le rendent agréable à l'œil , et comme écriture cursive , moins incommode que ne le sont les devanàgaris.
Les premiers modèles qu'en aient eu les Euro* péens sont imprimés dans la grammaire bengalie de Hahled, d'après les matrices gravées en 1777 , par le célèbre Wilkins. 11 est employé, au lieu du pur devanâgari, dans le tomel des Mémoires de l'Académie de Calcutta, et sans doute dans les publications fautes en cette ville de divers ouvrages indous en langue bengalie.
Depuis peu d'années , on a fondu en Angleterre des caractères bengalis d'une élégance très-remarquable, et dont M. Langlès a des modèles. M. de Ghézy , que j'ai déjà cité , emploie des caractères bengalis, gravés en planches, k Paris, pour la publication qu'il prépare du texte sanscrit d'un bel épisode du deuxième khanda du Ràmâyana de Yalmiki , avec une analyse grammaticale et une version française.
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.i La Bibliothèque Impériale est riche en manuscrits sanscrits en caractères bengalis , beaucoup plus riche qu'en autres manuscrits indous , comme on peut le voir dans le nouveau catalogue de MM. Hamilton et Langlès.
On sait que les- Indous au Bengale emploient ha-* bituellement les caractères bengalis pouf écrire en langue bengalie et en sanscrit ; mais plusieurs des lettres bengalies diffèrent en valeur des purs caractères devanâgaris auxquels elles devraient correspondre, si la valeur ne s'en était pas altérée par le tems et par l'usage. Cependant les brahmanes lisent et écrivent le sanscrit en caractères bengalis , ou même devanâgaris , comme ils liraient le bengali même ; il en résulte que leur sanscrit est le plus ordinairement écrit , et lu , et parlé d'une manière très-vicieuse , dont il est* assez remarquable qu'on ait su généralement se préserver dans les autres contrées de l'Inde.
L'alphabet bengali a quarante-trois lettres simples au moins et sept cents caractères groupés,, puisque tel est le nombre des groupes employés aujourd'hui pour imprimer le bengali à l'imprimerie de Serampour.
L'écriture gouzarate ou gourjara, usitée dans les vastes pays que ce nom comprend, est une dernière variété célèbre de l'écriture devanâgarie ; elle n'a que trente-trois caractères, trente selon le père François- Marie -Vincent de Sainte-Catherine de
Sienne !, et sert néanmoins pour le sanscrit et pfltir le b hacha. M; Ànqttetil du Perron rapport»*!* rinde quelques manuscrits en gouzarata, indiquas dans V Histoire de son Foyage, page dxxxix; il* se trouvent maintenant à la Bibliothèque Impériale. Ce caractère, nous dit Colebrooke, est un devanâgari ou un nâgri très-altéré. On en trouve les trente-trois caractères dans la préface de la Grammaire Malabane de Drummond, qui parut à Bombay en 1799.
U y a dans le nord de l'Inde plusieurs autres variétés d'écriture devanâgarie ou nagriè , qu'on trouve citées dans les livres concernant l'Inde; telles sont les écritures de Maquampour, de Parvatti ou des monts Himala , du Lahor, du Moultau, de Kaboul , du Kandahar, d'Assam , etc.
Lie véritable devanâgari, celui dans lequel dominent les formes camées et anguleuses qui décèlent sa primauté, est généralement hors d'usage dans le midi de l9Inde. On le trouve néanmoins, comme nous l'avons déjà indiqué, chez les Mahrattes, peuple belliqueux et encore indépendant qui, étant venu , dans des tems assez modernes , du nord au midi de l'Inde , c'est-à-dire des montagnes du Murvar, dans celles des Balaghattes (hauts passages ) , ont conservé jusqu'à présent cette variété de l'ai-
1 // fiofigio, sic. Ronue, 1673 , io-f», p. aQa. fiâkarana, P. PaïUitK p. 317 et suW. ' ' '
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phtbtti devanâgari qu'ils avaient dans Les lieux de leur origine. 11 faut observer qu'on trouve quelquefois et cette écriture , et le dialecte même des Mahrattes , désignés soui le nom de Balabandique, mot sanscrit composé de bala bandha ( forte chaîne de montagnes). Nous avons, de l'imprimerie de la propagande , une grammaire de la langue mahratte en portugais, avec un catéchisme en langue mahratte; mais, dans Fini comme dans l'autre ouvrage, on n'a employé que le caractère romain.
Excepté chez les Mahrattes, on n'emploie dans le midi de l'Indostan , pour le sanscrit et pour les pràcrits polis, que ces écritures arrondies où les lettres ont le même ordre alphabétique, k-peu-près les mêmes valeurs , et en partie les mêmes formes que celles du devanâgari, d'où elles sont pro venues, avec des altérations plus ou moins remarquables.
Les principaux alphabets du midi sont au nombre de cinq , savoir : le ialenga, Youryia, le grantha, autrement le tamala ou tamoul, le kanara et le singalais > autrement celui de singala*douïpa y c'est-a-dire du pays du Lion , ou de l'île de Ceylan. Ces noms désignent aussi cinq bhdchds ou dialectes indous* pour lesquels on emploie respectivement ces cinq caractères. Il faut ici considérer ces mêmes noqis comme indiquant cinq alphabets qui sont proveaus du devanâgari , mais qui ont des formes plus arrondies , et des traits qui leur sont propres, et quelques lettres particulières.
Le ialenga s'appelle aussi talanga , taUanga,
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telanga, tilanga> telinga, telinganaet badaga. Les Français Pont appelé telougou, les Anglais telegou, et les Allemands telousgique. Ce sont plusieurs mots ayant le même sens et qui s'appliquent à récriture, ainsi qu'à la langue des peuples qui formaient l'ancien royaume des Talangas, nommés aussi Badagas ; ils occupaient le pays de Golconde , et beaucoup de régions circonvoisines entre le Krichna et le Godaveri , et au-delà même du Krichna vers le midi, puisqu'en i3a3, lorsqu'ils furent asservis par les Mogols, ils possédaient le Maissour ou le Mysore , ayant pour capitale Warankoul, maintenant Seringapatnam (en sanscrit Shrî-shringa-Pattanam , la ville du bienheureux Shiva ', selon Wahl, la ville de bienheureuse enceinte). Alors, poussés par leurs vainqueurs, ils se réfugièrent dans le Karnatique , dans le M ad ou ré et aux environs , portant ainsi au milieu des Tamouls orientaux la langue et l'écriture talenga.
Leur ancienne puissance et leurs catastrophes , et leur dispersion qui suivit , expliquent la grande étendue que cette écriture et cette langue occupent dans la péninsule, soit au midi, soit au nord, et jusque sur une partie de la côte d'Orissa.
Il parait que les premiers modèles d'écriture talenga connus en Europe sont ceux publiés comme telusgiques dans les mémoires des missions danoises,
1 C'est un nom de Vichnou , selon Fr. Buchanan , a Journcjr front Madras. Shringa signifie proprement corne et domination*
te.
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et qu'à donnés Grégoire Sharpe dans le recueil des Diss. de Thomas Hyde en 1767, pi. xin. Cette écriture a cinquante-quatre caractères, qu'on trouve aussi à la quatrième colonne des quatre alphabets indous publiés par le père Paulin.
Depuis quelques années on a fondu à Londres des caractères talenga ou telegou d'une grande exactitude; M. Langlès en a des modèles.
La Bibliothèque Impériale possède en écriture talenga ded manuscrits précieux.
Si les caractères de cette écriture sont souvent tracés grossièrement', ils sont très-distincts dans toutes leurs parties, conséquemment bien lisibles et faciles à retenir dans la mémoire; voilà donc dans récriture talenga une clé assez commode pour étudier le sanscrit , en même tems qu'elle est né* cessaire pour lire les ouvrages en bbâchâ talenga , dialecte doux, agréable, très- cultivé dans la presqu'île , et dont la littérature est une des plus riches de l'Inde moderne .
Je passe à l'écriture ouriya. et je m'arrête d'abord à expliquer son nom. C!est à-peu-près tout ce que des Européens peuvent en dire maintenant.
Des mots sanscrits odra-desha > pays àHOdra, prononcé oudra-desha , on a fait oressa, orissa, oriza, orijra et ouriya> noms de l'écriture et de la langue du pays tfOrissa, le long du fleuve Kattak ou Mahânada ( grand fleuve ) , depuis la ville de Medini jusqu'à Magana patnam , et depuis la mer dans le golfe du Bengale jusqu'à Sammallpour. Le
«avant Adeluug, dans son Mithridates , tomo*i, a confondu le ialenga avec lV>urya , comme il a distingué mal* à propos le teUisgique du talenga. Nous croyons , en nous, attachant à ce qu'enseigne Colebrooke , plus «eu état de connaître «ur ce pont la vérité , que le talenga* pénétré sur Ja côte d'Ovissa , mais qu'il n'en a détruit ni récriture , ni l'ancien dialecte , quoique l'auteur anglais ne nous apprenne que l'existence de l'écriture et de la langue ouriya. On doit aux soins des professeurs Carey et Marshnion une version du Nouveau Testament en langue ouriya ' .
Nous sommes plus instruite sur le grantha ou fe tqmoul, parce que les»Européens ont particulièrement fréquenté les côtes de Malabar et celles de Coromandel. Cependant il y a sur ce sujet de» équivoques k éclaircir. *
Le grantha 9 on tâmala, ou tdmla, ou tâmray en bhdchd le grandou ou le tdmour ou tdmouli, est encore tout à-la- fois nom de langue , nom de pays et nom d'écriture.
Au troisième sens ,. ces mots désignent l'écriture que le P. Paulin a employée pour le sanscrit daqs tous ses livres concernant l'Inde , écriture généralement usitée sur les côtes tant de Malabar que de Coromandel, et pour le sanscrit, «t pour le dialecte poli malabar, et pour le dialecte poli de la côte de Coromandel, qui est spécialement l'idiome^amou L
1 Quarterly Review, 1810. Vol. UI. London , m-S% 1610, p. $86,
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Comment le caractère graniha Ou du Mfclfcbar est-il aussi le caractère tamoul ou de 1» côte de Coromandel? Cela doit s'expliquer par l'histoire.
Le nom sanscrit d'une portion considérable du Malabar est Tamàla > vulgairement Tamoul s et les Indous du Coromandel 60nt en grande partie les descendait* d'une colorie de Tamàla* du de TamouU > c'est-à-dire d'un peuple qui habitait les bords de la rivière Tâmra, le TdtnraOati en jTâmla, qui arrosé le Malabar au nord du pays de Madouré.
De là Vient que Tamoul est l'ancien nom ethnique non-seulement des Indous du* Malabar, mais aussi de leurs descendant qui habitent la côte de Coromandel,
Mais les auteurs européens, après avoir long-' teins confondu sôus le nom de Malabar le vrai pays malabar avec le pays àê Coromandel i différent du premier, ont fini par appeler spécialement tamoul le dialecte dominant du Coromandel * quoique celui ci ne diffère pas plus du dialecte. dominant du Malabar, que ne diffèrent entre eux certain» idiomes d'Europe qui s$ ressemblent davantage comme ayant, une commune origine la {dus |>rochawe< Le malabar spécial et le tamoul spécial n'étaient qu'un autrefois , « tes deux son* vraiment- iamouls d'o-* rigitoe* L'écriture des. livres teâloubr est aussi lai même sous les boms communs de granilia et de tamàla. Tamàla est le nom appellatif de toute la presqu'île méridionale de l'Inde, comme synonyme
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de Drâvira et Drâvida, ' autres noms communs de cette même presqu'île.
. L'écriture du dialecte vulgaire malabar, appelé maleyam, et celle du dialecte vulgaire tamoul, appelé kodumdamil, ont bien moins de caractères qu'il n'en faut pour le langage sanscrit et ponr le malabar poli dit grantha , et pour le tamoul poli qu'on appelle chintarmL Le maleyam se contente de dix-huit k vingt-quatre caractères , et le tamoul vulgaire de vingt-huit k trente. Au contraire, l'écriture grantha , servant dans le midi de l'Inde et au sanscrit, et au malabar poli, et au tamoul chihtamily a de cinquante et un a cinquante-sept caractères * sans compter huit milliers de groupes ' .
Il nous reste à parler de l'écriture kanara et de la jingalaùe. Autrefois le pays de Kanara, autrement Karnâra et Karnâta 9 s'étendait sur une partie des deux côtes de Malabar et de Coromandel. Ce sont les débris d'un même état que nos géographes appellent Kanara , comme situés sur la côte occidentale de la presqu'île de l'Inde , et Carnatique comme étant sur la côte orientale « L'un et l'autre ont le même dialecte indou et la même écriture. L'un et l'autre sont assez anciens, puisqu'on a des inscriptions en caractères carna tiques ou ccm nara , dont les dates reritontent au XIVe siècle de l'ère chrétienne. Cette écriture * comme les précédentes, est une sorte de devanftgari très-altéré. Elle
1 Kfâkdrana , do P. Paulin , p. i5.
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sert pour le sanscrit < et pour le dialecte vivant et tel qu'on remploie dans les livres. Je n'ai pu en découvrir de modèles qui fussent dignes de confiance.
Quant à récriture singalaise, c'est le nom de récriture indoue en usage pour les livres dans l'île de Ceylan , ou dans le Sinhala Douîpa , prononcé Singala, c'est-à-dire dans l'île du Lion. Ce nom Singala est fondé sur l'histoire fabuleuse d'un roi de cette île , né du prétendu mariage d'une princesse de l'île avec un lion étranger, sans doute un conquérant. Cette écriture sert non-seulement pour le langage des insulaires , au moins sur toutes les côtes, mais encore pour le sanscrit, et probablement aussi pour l'ancien prâcrit , nommé bali ou pâli , ou magadha, idiome liturgique dans l'île de Ceylan , et bien ailleurs.
Elle a quarante -huit lettres simples ou réputées simples, et environ cinq cents groupes. Partout elle offre à l'œil des courbes demi-circulaires ou circulaires, ou spirales. Le jjaême aspect se fait remarquer dans l'alphabet des Birmans, publié à Rome, à l'imprimerie de la Propagande , 1776, in-8°. 11 y a lieu de croire que les similitudes entre ces deux alphabets proviennent de ce que l'un et l'autre dérivent de l'ancien alphabet bali , porté autrefois dans le pays de Ceylan , et dans ce qui forme aujourd'hui l'empire des Birmans > etc. ,. lors des persécutions sanglantes contre les Bauddhas ou Bouddhistes. . ., •
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Les ministres ou pasteurs hollandais de la mission de Colombo f ont imprimé et publié dans cette même ville en langue et en écriture singalaim, outre une grammaire de cette langue , des versions de la Bible, des prières et d'autres ouvrages destinés k ceux qui professent la religion réformée dans l'île de CeyJlan. Je terminerai ce que j'avais à dire sur les écritures du sanscrit, par quelques observations générales sur les alphabets de ces écritures.
La lettre y manque dans tous ou presque tous * comme elle manqua long tems aux alphabets de la Grèce et à ceux de l'Italie . Un lndou ne peut guère la prononcer, il la remplace par le v ou par le /*> suivi de l'aspiration. Ainsi dans les bhàcbâs On écrit et Ton dit Viranghistan ou Phirartgistan > pour la France , dont le nom est , dans l'iûde , cotnmt bien ailleurs, le nom de toute l'Europe.
De même les Indous n'ont point le son ni le cet» ractère u des Français» La dipbthongUe ou kor en tient lieu, comme à. presque toutes les autres na* tioûi connues.
On distingue bien dans l'Inde, par des caractère* spéciaux le da et lfr to> mais très fréquemment on emploie l'un pour l'antre dans la prononciation et dans l'écrkuito« •
. Les Indfci* confondent encore bien aisément les intonations- 4e mètne organe, comitoe ma eina ; sa et ta y pu et ba, et ona et vm et ba, etc.
Us prononcent la lettre aspirée comme si elfe
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était précédée du ga3 écrivant, par exemple, sinha, et prononçant singa. •
Nous avons indiqué leurs voyelles inhérentes aux consonnes, autrement leurs consonnes syllabiqucs; mais , pour tous les alphabets il y a des signes qui apprennent s'il faut omettre ou prononcer les voyelles inhérentes; et celles-ci ne sont pas les mêmes pour les mêmes consonnes dans tous les alphabets. Des lettres, soit voyelles, soit consonnes qui se correspondent en chaque alphabet pour Tordre et les formes, n'ont pas dans chaque alphabet la même valeur. La première et la seconde voyelles, par exemple, qui sont généralement along et a bref, s'adoucissent en o dans le bengali , en ai y ou, Idans d'autres dialectes. Les voyelles de convention li et ri des alphabets du nord de l'Inde, se prononcent lou et rou , dans le grantha ; enfin le sha du devanâgari répond par sa place au sza du grantha;
De ces substitutions de certaines lettres k leurs analogues, et de plusieurs autres particularités relatives k la prononciation , naquirent autrefois des différences remarquables dans le sanscrit même, selon les diverses contrées de l'Inde . Ces différences, en se multipliant, en se mêlant a des inflexions particulières et a d'autres variétés du langage ont sans doute produit les pràcrits ou dialectes, et les bhâ~ châs ou les idiomes vivans dérivés du sanscrit. Mais lorsque ces variétés étaient moins nombreuses et moins remarquables , telles qu'on les trouve au-