‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 11 sur 101 · IV. Q · texte numérisé non relu

IV. Q

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jourd'hui dans le sanscrit même, selon les contrées , c'étaient , ce sont encore proprement des diversités de dialecte du sanscrit, et non des fautes contre la grammaire dn sanscrit, comme on pour* rait d'abord le croire. Ainsi, chez les anciens Grecs, les spécialités des dialectes n'étaient pas des fautes contre la langue grecque.

Au moyen des voyelles inhérentes aux consonnes , au moyen des lettres réduites à leur trait principal, ou même à quelque signe abrégé très-arbitraire, le sanscrit occupe généralement sur le papier, en écriture indoue, moitié moins de place qu'il ne ferait dans nos écritures de l'Europe.

Cet avantage ne dédommage pas des difficultés de la lecture qui sont vraiment rebutantes :

i ° li faut une attention pénible pour s'assurer si les consonnes perdent, ou si elles conservent leurs voyelles inhérentes.

2° Il y a des lettres essentielles, qui, indiquées par des marques peu sensibles ou peu distinctes , échappent facilement à la vue, ou peuvent aisément se confondre avec une autre, ou avec quelque signe orthographique.

3° Les groupes sont difficiles à déchiffrer, nonseulement h cause de leur multiplicité, et celle des caractères susceptibles de se grouper, mais à cause des traits en-haut, en-bas ou de côté, qui peuvent désigner jusqu'à cinq lettres différentes , dont il faut deviner souvent plutôt que reconnaître et la forme et l'ordre de l'assemblage.

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. 4° Lors même qu'il ne s'agit pas de caractères groupés, cet ordre d'assemblage est long-tems une énigme pour les commençans, à cause des transpositions ci-devant indiquées, et de ce qu'en grantha, par exemple , la syllabe consiste fréquemment en deux caractères de voyelle ou de diphthongue , au milieu desquels une consonne qui en indique l'articulation se trouve interposée.

Toutes ces "difficultés, et d'autres qu'il serait trop long de décrire , ne peuvent que s'accroître par la liaison orthographique et euphonique des mots entre eux, en vers, dans toute une ligne, ou une demi-ligne assez longue ; en prose , dans une ou plusieurs pages, sans aucun signe de repos, sans le secours d'une seule majuscule.

Il est donc très-difficile d'apprendre à lire le sanscrit dans les écritures indoues. Pour être assuré qu'on lit passablement dans une seule de ces écritures , il faut déjà savoir les mots de la langue , et pour bien reconnaître ces mots , pour en distinguer le vrai sens , parmi les homonymes très-nombreux , il est bon de les lire en caractères indous.

De tout cela il résulte que, si les savans pouvaient s'accorder sur les additions et les autres changeniens nécessaires dans l'alphabet romain pour qu'il corresponde aux alphabets indous, pour qu'il puisse en représenter les valeurs , il y aurait beau* coup d'avantage, beaucoup de teins gagné à écrire et a imprimer le sanscrit avec cet alphabet ainsi modifié et approprié.

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D'abord on supprimerait entièrement les groupes , tous plus ou moins arbitraires , enigma tiques et fatigans, dont les modèles nous sont presque inconnus et qui, en quantité énorme, dans les écritures méridionales du sanscrit , sont encore trop multipliées dans celles du nord. En second lieu, un seul alphabet simple et facile dispenserait de consumer la vie qui est si courte, au stérile et fastidieux travail de déchiffrer pour le même langage ou pour ses dialectes , tant d'écritures différentes. Ceci rentre dans les vues que notre coufrère M. de Yolncy a développées dans son livre De la Simplification des Langues Orientales , et dans son rapport sur les vocabulaires comparés de Pallas, imprimés à Saint-Pétersbourg , par Tordre de Catherine IL Le savant Wil. Jones ' eut les mêmes pensées , et le professeur Gilchrist s'est occupé toute sa vie , non sans succès , dans ses livres nombreux sur l'Hindostani , à rendre l'alphabet européen susceptible de remplacer les caractères deyanâgaris ou nâgris , et même les caractères purs arabes et arabes-persans.

En attendant qu'on veuille s'entendre en Europe sur cet objet , comme on a fait si utilement pour la nouvelle nomenclature chimique , celui qui désire apprendre le sanscrit et qui veut se borner h un seul alphabet indou , doit en choisir un parmi les principaux, qui sont incontestablement le deva-

1 Dite. I , p. i3. Atiat. fies., t. I.

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nâgari du Bengale, le bengali, le tatenga et le grantha.

Chacun d'eux a ses avantages propres et ses in* convéniens. En s'attachant au premier ou au dernier y on ne serait pas borné à des manuscrits fort rares ; oti aurait le secours précieux de plusieurs livres où le sanscrit et le prâcrit sont imprimés , sont traduits par des Européens. D'ailleurs on ac-* querrait de grandes facilités pour lire dans les manuscrits du nord ou du midi qui viennent d'être indiqués ; on saurait en même tems lire le sanscrit , et lire les manuscrits et les livres imprimés ou k imprimer dans Tun des trois dialectes indçus vivans qui sont de l'usage le plus général dans l'Inde.

Si on ne veut qu'abréger le travail, récriture talenga est sans doute la moins difficile; mais je ne connais pas de livres imprimés en talenga *.

Les écritures bengali et grardlia sont d'un trèsgrand usage. La première est très-cursive , et fort usitée dans le Bengale et pays voisins ; la seconde est dominante dans presque tout le midi de l'Indostan : mais celle-ci est la plus difficile de toutes les écritures indoues , et par ses formes trop compliquées , et par ses lettres qui sont les plus nombreuses, et par ses milliers de groupes qui sont dcsespérans.

Le premier des six Vedçtngas , c'cst-h-dire le premier des six traités les plus révérés parmi les

* 11 y a en anglais une grammaire de ce dialecte.

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Indous, après les Vedas même, est entièrement consacré h l'art de lire et d'écrire le sanscrit. Ce premier traite s'appelle Shikchâ, c'est-à-dire doctrine , enseignement par excellence et correction , parce que les instituteurs indous , qui par leurs fonctions ont le droit de corriger et de punir leurs jeunes élèves, se servent de ce livre pour enseigner, en leur apprenant tout k-4a-fois , et Tune par l'autre, l'écriture et la lecture.

:I1 y a nécessairement autant de Shikchâs que de dialectes principaux, et les Shikchâs diffèrent entre eux comme différent les alphabets et les écritures , selon les pays de l'Inde pour lesquels ils sont faits.

Si les grammaires du sanscrit , extraites et publiées, par des Européens, ont dit tout ce qu'appremientles£Az#ctaw sur l'écriture sanscrite, il faut avouer que ces Shikchâs laissent h désirer bien des règles qu'un étranger est obligé de deviner, et qu'il devine, mais qui lui coûtent beaucoup de tews et d'application.

Quoi qu'il en soit, de bonnes éditions des principaux Shikchâs, avec des versions latine, française ou anglaise , seraient d'un grand secours aux Européens amateurs de l'ancien langage . et des modernes idiomes de l'Indostan *.

* Les parties ou l'auteur devait parler du matériel et de la structure grammaticale du aanicrit, et des conformité du sanscrit arec plusieurs langues -de PAsie et de l'Europe , ne se sont pas retrourêes.

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