‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 24 sur 101 · LEÇON HUITIÈME · texte numérisé non relu

LEÇON HUITIÈME

Aigvbbhx. De r£tr« Suprême, de tes attributs, comment on rm à mi a l'heure de la mort. Qu'ert-ce que «on jour? sa mût? Eu quel terne de Tannée faut-il mourir pour aller ~ à far, pour rentrer dans la vie suprême?

ARJOUNA.

« Qu'entendez-vous par ce Brahma ' , par l'ame suprême a et par l'œuvre , ô le plus excellent tles dieux ? Qu'est-ce que le supérieur à tout ce qui existe3 et même aux dieux4? Comment peut-on , ici, dans ce corps, être supérie&t aux sacrifices5, ô vainqueur de Madhou ! et comment êtes- vous connu à l'heure de la mort par ceux qui ont au se vaincre eux-mêmes ? »

LE DIEU

« (Ce) Brahma, c'est l'être Simple et indivisible : il est en même teins l'ame supérieure; l'œuvre6, c'est cette substance émanée qui propage les êtres

1 Ërahma est ici au neutre , et doit 4tre distingue' de Brahma au masculin. Celui-ci est le dieu qui est là première personne de la trimowtî, on trbde indienne : c'est un dieu créé et périssable ; c'est cfnelquefois la nature visible. Brahma est l'essence cm monde , la eanae première «Ton émanent tons les étret , et où Us retournent.

a Adhydtma.

3 Adhibhodtu.*

* Adhidaiwm.

5 Adhiyajna. • ' \

* L'œuvre , carma.

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organises ; au-dessus de ces êtres , c'est la nature divisible ; au-dessus des dieux , c'est Pouroucha l, ou X incorporé; ïiu-dessus du culte , c'est moi , ô le meilleur des hommes , c'est moi-même , ici revêta d'un corps. Et, au tems de la mort, celui qui se ressouvicntdemoi,vientccrtainementenmasubstaiice. Toujours, après sa mort, l'homme entre dans Têtre quelconque qui était l'objet de ses pensées au tems «le la mort, ôfils dcCounti; c'est pourquoi, en tout tems, songe a moi, et (main tpnant) combats les Courons; fixe en moi ton cœur et ton intelligence; et tu . viendras en moi. Celui qui s'applique h l'union avec Dieu , qui repousse toute autre pensée , qui médite uniquement (ici). sur le grand être, Pouroucha , vientse joindre h lui. L'homme qui, dans sa dernière heure , pense h Y ancien des poètes2, au régulateur plus subtil qu'un atome , au conservateur de l'univers , dont la forme est incompréhensible , cjui brille au milieu des ténèbres comme la lumière solaire , cet homme,- s'il meurt ferme dans l'exercice de l'union , ayant l'esprit vital recueilli , et comme fixe dans la partie qui sépare les deux sourcils9, certainement il ira dans cet être divin et suprême.

1 Pouroucha est dérivé de poura , qui signifie ville et corps , et desipnc .par conséquent l'esprit incorpore. Considéré dans, chaqne être , cY .t Pouroucha ; considéré d'une manière générale, c'est Poùrouchot tamu , le premier des incorporés,

a Brahma est surnommé Adicavi, parce que sans doute on lui suppose la science qui distingue le poète , et qu'il parait comme le précepteur du genre humain.

3 y. note 4 au ch. V, p. 17.

DR J.-f). LANJU1NAIS. 181

» Je vais sommairement te faire connaître comment on arrive â celui que les savans dans le Veda appellent simple et indivisible , à celui que vont rejoindre les sages qui ont dompté leurs passions , h celui auquel on aspire quand on pratique les observances du brahmatchdrî l . Cehii qiif abandonne sa dépouille mortelle après qu'il a fermé , pendant sa vie , toutes les portes des sens, contenu ses passions dans son cœur, recueilli dans sa tête son esprit vital , constant dans l'exercice de l'union, prononçant l'invocation mystique aum, invoquant l'inaltérable divinité, méditant sur moi, celui-là entre dans la voie suprême; j'admets volontiers celui qui a l'esprit toujours fixé en moi, qui ne détourne ses pensées vers aucun autre objet, qui toujours s'efforce d'être uni h moi. Les âmes élevées qui sont parvenues a moi, ayant ainsi atteint la suprême perfection , rie renaissent plus ; elles sont exemptes dès douleurs de cette vie et des misères de la caducité. Apprends, ô Arjounaï que de tous les mondes qui sont au-dessous du ciel du Dieu suprême , on revient ici-bas s'incorporer de nouveau; mais celui qui vient en moi ne retourne plus habiter un corps mortel.

1 On donne le nom de Brahmatchdrî à celui qni se lirrc a l'élude du la science sacrée , appelée Lrahma. Il est assujéti à des règles d'obéissance et de mortification : ce mot peut être un litre donné à ceux qui sont instruits dans les Vedàs : mais régulièrement, c'est la condition du jeune Brahmane , depuis le moment où il a pris le cordon de son ordre , jusqu'à l'instant où il devient chef de -maison, çrUuistha. ( V. fais de Manou, 1. II.) .

i*3 OEUVRES

» Ceux qui connaissent ce que c'est que le jour et la nuit, savent qu'un seul jour de Brahmd1 est égal à mille grandes révolutions (youga) , et que 3a nuit qui survient ensuite est de la taême étendue. À l'arrivée de ce jour, toutes les choses pas-» sent de l'état invisible k F état visible ; et la nuit

arrivant, elles rentrent dissoutes dans cet être (suprême) appelé invisible» Alors cet assemblage des clémens est dissous après avoir long»- tenu existé; il reparaît de nouveai* quand revient le jour de Brahmd. Bien différente de cette nature visible (de l'être suprême) est son autre nature (supérieure), toujours invisible, éternelle et qui ne périt point quand ces êtres créés périssent; c'est là cette nature qu'on appelle indivisible ; c'est là cette voie suprême dont les sàvans parlent et d'où l'on ne revient jamais; c'est là ma demeure suréminente. On peut obtenir Je Dieu suprême, à fils de Prithâ! par un culte qui ne s'adresse qu'il lui seul , lui en qui tout existe et par qui l'univers est créé.

» Je vais te déclarer, ô chef des fils de Bharata l le tems pendant lequel, silesjrogts viennent à mourir, ils ne reviennent plus (sur la terre), et le tems pendant lequel, s'ils meurent, ils renaissent encore.

» Ceux qui connaissent Brahmd > s'ils quittent cette vie pendant le croissant de la lune , durant

1 Un Age des (ficus ( devândm. jromga) est compote dt cfoiM aUfe as*. Mille de ces Ages formes* najas» deBranmà, miBc — Uut knm^mt ■ne de ses nuits. (V. Loi* de Manou , 1. I , si. 7» et suiv. )

1 ' ■ -^ P^IPIW^p

DE J.-D. LANJUINAIS. l83

la chaleur ' , la lumière et le jqur, dans les six mois où le soleil parcourt les régions du nord , vont se réunir à l'être suprême; mais s'ils meurçnt pendaat le décours de la lune , durant l'obscurité de la nuit et dans les six mois où le soleil parcourt les régions du midi, ils ne s'élèvent que dans les. régions éclairées par la lune, d'où ils reviennent (ici-bas). On parle toujours dans ce monde de cette voie lumineuse d'où Ton ne revient pas, et de cette voie obscure d'où l'on revient ; ayant marché dans la première, on ne revient plus (ici) ( mais ceux qui ne parviennent qu'à Ja seconde * renaissent encore Y! yogi pensant k l'une et à l'autre, évite l'erreur; ô Arjoyna, sois dobc en» tout tems un parfait yogi.- La récompense que; \' yogi obtient est au7dessus de ce qu'on pense, obtenir par la lecture des J^edas 3 par les sacrifices, par les austérités, par les libéralités prescrites. Ainsi instruit, il surmonte toutes les difficultés, et parvient a la voie suprême. » " . .

1 Au lieu de ce mot chaleur, le texte porte agni , feu ; comimplus bac , au lieu d'obscurité, il y a dhoûma , fumée .

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