‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 25 sur 101 · LEÇON NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LEÇON NEUVIÈME

A»oumxnt. La grande science ; tout émane de l'Etre 9upréme ; font est dan* lui ; toat rentre en lui et est crée plusieurs fins. Le servir.lai seul, unique moyen de bonheur éternel. Ceux qui adorent lès Dcvatds ' n'ont a qu'un bonheur passager ; ils renaissent après un tems fixé. L'être suprême récompense les moindres sacrifices. Lui rapporter toute* ses actions. Tous les hommes admissibles au bonheur éternel , mène les femmes et les pécheurs qui changent de vie , et ceux de la troisième et de la quatrième castes.

LE DIEU

« Je veux maintenant Rapprendre , a toi qui es docile, la science très-secrète qui est accompagnée de la science particulière; cette connaissance, te délivrera «du malheur. C'est la grande science , c'est le secret supérieur, c'est la plus excellente purification, c'est une* science évidente, sainte, commode à pratiquer et infinie. Ceux qui n'ont pas la foi à cette religion , ô vainqueur de tes ennemis, ne parviennent point à moi, ils retournent dans la voie de la mortalité.

» Invisible de ma nature , j'ai fait que tout cet univers aqparu ; tous les êtres sont en moi , et je ne Mis pas confiné dans eux , ils ne sont pas ep moi % tel est mon auguste mystère. Je les soutiens, et je pe suis pas en eux , et c'est mon esprit qui les fait exister ; apprends que tous les êtres sont dans moi comme le grand anjps d'air ( inférieur ), qui

1 Ce mot est synonyme de DéVa, Dieu; ce sont surtout les divinités inférieures à celles qui forment la Trimourtt.

* Cette idée s'explique par la comparaison qui Tient dans la phrase suivante.

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pénètre partout , est toujours compris dans l'éther. A la (In de chaque période ' toutes choses , fils de Countî, viennent en moi ; je les émets de nouveau pour chaquç période suivante ; embrassant ma propre nature ( visible , la matière première ) , je crée et je fais émaner de moi-même, k des reprises diverses , cet assemblage d'êtres selon lé désir de cette nature. Dans ces œuvres/ ô contempteur des richesses, je ne souffre point d'assujétissement: j'en suis séparé , j'y demeure étranger. Sous mon inspection , la nature produit les 'êtres qui se meuvent, et les êtres immobiles. O Arjouna, ainsi va le monde.

» Les insensés qui ne connaissent pas ma nature suprême et divine , souveraine maltresse des créatures , me méprisent sous mon enveloppe humaine (comme étant Crichna). Privés de jugement, ils s'appuient sur un vain espoir, sur des œuvres vaines, sur une vaine science , conformément à la nature insensée des Râkchasasl et des Asouras. Mais les hommes courageux qui s'appliquent à ma nature divine , bien instruits que je suis le principe incorruptible de tout ce qui existe, me révèrent et ont leur esprit fixé efit moi seul. Sans cesse ils m'adressent leurs louanges , ils tendent vers moi

1 On appelle culpa une période de tenu déterminée. Celle dont il est ' ici question est le calpa de Brahmd , contenant un de ses jours et une de ses nuits ; ce qui formerait quatre cent trente-deux millions d'années de mortels.

* Mauvais génies qui tourmentent les hommes sous toute espèce de formes : chevaux , lions , tigres , oiseaux de proie.

avec une ferme résolution , ils m'adorent avec un parfait et perpétuel dévoûmen t.. .

» Il en est. aussi qui me rendent le culte de la ( vraie) science , me servant comme êtreemique et comme être spécial sous mes diverses formes qui sont partout. Je suis ( en effet) le sacrifice'; je suis l'ablation, l'invocation, la libation, l'herbe sacrée, la prière secrète , l'huile, le feu et l'holocauste; je suis le père et la mère de ce. monde; j'en suis l'aïeul et le soutien; je suis le mystère qu'il faut connaître j je suis la syllabe' aum qui purifie (les âmes); je suis le Rik, le Sdma et Wajourveda l } je suis la voie; je suis le nourricier, le maître, le témoin, le domicile, l'asyle, l'ami, le producteur, le destructeur, la résidence , le trésor et la semence inépuisable. C'est moi qui donne au monde la chaleur, la pluie et la sécheresse , je suis l'ambroisie et la mort, l'être et le néant , ô Arjouna.

» Les sectateurs des trois Vedas , qui boivent le Soma a y qui , par leurs sacrifices sont purifiés de leurs péchési, entrent dans la voie du ciel; ils obtiennent la douce région à? Indra 3 , et y goûtent la joie des dieux ( secondaires ) . Mais après avoir un tems habité cetttf demeure céleste , ayant

1 Ce sont là les noms des trois Vedat , qui sont les livre» les plus anciens des Indoat , et le fondement de toute leur religion,

3 Jus de l'herbe somalatd , asclepiade. On l'offre et on le boit à la suite des sacrifices.. C'est là une partie essentielle du cérémonial prescrit par les Vedat. :

* Indra est le roi des dieux secondaires. Son séjour est le ciei , appelé xouarga. Son règne dure cent années divines.

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reçu toute leur récompense , ils reviennent dans ce mortel séjour. Ainsi, les sectateurs des trois Vedas reçoivent une récompense passagère et conforme aux désir$ qu'ils avaient formés.. Mais ceux qui me servent , ne pensant qu'à moi seul , qui sont toujours appliqués à moi , je ferai qu'ils me seront unis pour toujours.

» Servir avec foi d'autres dieux ( que moi ) , les dieux inférieurs (DemiÉai)* c'est encore me servir,: ô fils de Countî, mais irrégulièrement. Sans doute jç suis l'objet et le maître de tous les sacrifices ; mais ceux qui (adorent les Pev'atàs ) , ne m'ayant point connu selon ma vraie nature, retombent (du ciel oindra). Ceux qui adorent les Devatàs, vont aux Devatàs; ceux qui adorent lès ancêtres , vont avec les .ancêtres; ceux qui adorent les esprits , vont avec les esprits , et ceux qui m'adorent, reviennent à moi.

» Une feuille, une fleur, un fruit, de l'eau seulement, s'ils me sont offerts pour ce culte dans de pieux sentimens, je les agrée. —Quoi que tu fasses, quoi que tu entreprennes, quelle que soit ton ablution, quoi que tu sacrifies, quoi que tu donnes, quelles que soient tes* austérités , ô fils de Countî, offre-moi ces actes. ( Ainsi ) , tu seras libre des liens de l'action faite pour obtenir la récompense : ani-*mé par la dévotion du renoncement au monde et uni à moi par tes pensées, tu seras délivré (de la renaissance), tu viendras h moi.

» Je suis le même envers tous, je n'aime, je ne

hais aucun des hommes -, ceux qui m'adressent leur culte seront dans moi, et ( je serai ) dans eux. Si même, un grand pécheur me rend son culte à moi seul, il est réputé vertueux; bientôt il devient vraiment pieux , et il obtiendra la quiétude éternelle. Aie confiance, ô fils de Countî, aucun def mes serviteurs ne périra ; tous ceux qui ont recours à moi , • fussent-ils sortis d'une matrice de péché , (comme) les femmes, les f^aishyas , les Shoûdras x> ils peuvent tous parvenir à la voie suprême ; h plus forte raison y parviennent les saints -brahmanes et les saints rajas. Jeté dans ce monde périssable et malheureux , sers-moi , fixe-toi en moi J rends-moi tes adorations , adresse-moi ton culte , dévoue-toi à moi, recherche-moi uniquement, et tu viendras demeurer en moi. »

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