‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 27 sur 101 · IV. i · texte numérisé non relu

IV. i

Vâsouki ' ; je suis Ananta parmi les Ndgas , et Varouna a , parmi les habitons des eaux. Parmi les Pitris 3 , je suis Aryaman ; parmi les juges , Yama < ; Prahlâda*, parmi les Daityas y entre les mesures du tems , je suis le tems * même; parmi les quadrupèdes, je suis le lion, et le fils de Fïnata1, parmi les oiseaux. Parmi les choses qui purifient* je suis le vent > Pavana; et parmi les hommes d'armes , je suis Rama 8 ;parmi les poissons , je sais le

1 Les serpent étaient quelquefois considères comme des demi- dieux, issus de Cashyapa et de Cadrou , pour peupler le Pdtala ou les régions infernales. Lear roi était Vdsouki. On les confond quelquefois avec les Ndgas, qui semblent ici cependant d'une nature supérieure. Car leur chef est Ananta , c'est-à-dire le serpent sur lequel est couche le dieu Vxchnou. H a mille têtes, sur Tune desquelles est portée Jm terre.

* Varouna est le dieu des eaux : il a une cour composée de Samoudra, qui est l'Océan , et des dieux des lacs et rivières.

* On appelle pitri les âmes des ancêtres , dont la lune ,f suivant quelques auteurs , est le séjour. On leur offre régulièrement des sacrifices. Un de ces Pitris porte le nom dy Aryaman,

* Varna est le dieu du Naraka ou enfer, qui juge les morts , et qui fait infliger les supplices a ceux qui se sont mal conduits sur la terre. 0» l'appelle aussi Dharmardja ou roi de la justice.

5 Prahldda était un prince pieux , fils d1 Hiranyacasipou , de la race des Daityas» 11 bravait la puissance de Vichnou^ qui , pour le vaincre , se changea en Komme-Jion , et le déchira. Son fils, au contraire , lut récompensé de sa foi en Vichnou.

• * Le teins porte le nom de Cdlc. Nous le verrons plus tard personnifié et représenté dans tout son terrible appareil. On le confond avec Skiva » Varna , ou Mrityou , la mort.

7 Le fils de Vinatd et- de Cashyàpa , est l'oiseau Garouda , compagnon et monture du dieu Fichnou. •

8 Rdpia , héros dont les aventures forment le sujet du Rdmdyana. Il est considéré comme un avatare de fichnoû. Il conquit 111e de Ceyian où régnait Ravana, qui avait enlevé Stid, son épouse.

DE J.-D. LANJUINAIS. ig5

Macara%9 et parmi les' Beoves, je suis Jafvrtwt (autrement le Gange/ fille de Jahnou *)* je suit le commencement , le milieu , la fin des choses qui* passent; et, parmi les srierwtes, je suis celle dû premier être ; parmi les orateurs , je suis : tan» discours même; ^ntre les .lettres, je suis A }\ex\dans les différons genres de mots composés ^ je suis le Douandoua 3.

», Je suis le léms éternel et le conservateur de toutes choies. Je suis là mort qui sëfcit tout , et le producteur des choses futures; Je suis, prirtoi les êtres. féminins , la gloire et la fortune, PélocfUence** la mémoire, la prudence, la constancey la patience. Je suis, parmi les hymnes, l'excellente Gâpxtrt*; parmi lés mois, je suis le mârgashircha s; parmi

1 Le maoara est on animal fabuleux; c'est une espèce de crocodile unicorne. 11 est l'emblème du dieu de l'amour. C'est. aussi un des signes du zodiaque , ou on le représente avec la tète et les pieds de gérant d'une antilope, et le corps et la queue d'un poisson. Il répond an

capricorne*

a Jahnou était un saint qui , occupé d'un sacrifice., avait été troublé par le Gange qui passait à coté de lui. Dans sa colère , il avait avalé toutes ses eaux qu'il laissa ensuite échapper. De là on appela la rivière du Gange, Jahmavt, fiOe de Jahnou* En sanscrit les tems de fleures, à. l'exception de deux ou trois , sont du genre fifonnm.

3 Douandoua est un terme de grammaire qui indique la jonction de deux ou plusieurs noms combinés ensemble , de manière à ce que le dernier porte la marque du cas. ■

* La Gdjratri est un verset des fedas, qui doit être récité mentalement. On personnifie la Gàyairi^ et If on en (ait une déesse , que l'on regarde , d'une manière allégorique , comme la mère des trois premières castes , que, dans ce sens , on désigné par le nom de domjà, on rëgonérc* ■•■ « ••

s Le mois mârgashircha, ou mdrgashira, autrement appelé agrakéfm*

les six saisons de Tannée , je suis le printems f ; je suis la chance des joueurs; je suis la splendeur des hommes illustres ; je suis la victoire ; je sois l'industrie ; je suis la vigueur des hommes vigoureux. Dans la famille de Vrichm, je suis Vâsoudeva*; et , parmi les Pândavas , je suis Dhananjaja1. Entre les mourus ou solitaires , je suis Vyâsa* , et, parmi les poètes, je suis Oushanas 5.

» Je suis le bâton 6 de ceux qui châtient, lf adresse des combattans , je suis le silence des solitaires, et la science des savans. Je suis de même la semence de toutes choses dans la nature, ô Arjouna, et rien de ce qui se meut ou demeure immobile, n'existe sans moi; heureux guerrier, mes divins attributs sont infinis. Ce que j'en ai dit n'est que

no» est celui qui *a de la mi-novembre à la mi-décembre, et pendant lequel la lune est pleine dans l'astérisme Mrigashiras ou mrigashtrcha, représenté par une tête d'antilope. C'est le huitième de Tannée lunaire de» Hindous. *

1 Le printems, appelé valante, est ici désigné par une épitbète, cousoumdcara, orné de fleurs. Les Indiens comptent six saisons : celle-ci est de la mi-mars à la mi-mai.

3 Vd long dans Vdsoudeva indique la descendance , fils de Vawam» deva. C'est Crichna , né dans une famille collatérale de la race lunaire.

1 Ce mot est une épitfaète â?Ar)ouna lui-même , signifiant vainqueur des richesses,

* Vydsa est Un poète et un philosophe , auteur supposé du dfahdbhdrata , célèbre pour sa science et sa sainteté.

1 Oushanas est un nom de Shoucra, régent' de la planète que nous appelons Vénus. 11 fut le précepteur et le prêtre des Daityas. On le distingue par l'épithète de cavi , poète.

* Danda , ainsi se nomme l'instrument arec lecpel se donnait la bastonnade. Cet instrument a été de tout tems chex les Orientaux un grand moyen de goureraement.

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DE J.-D. LANJUINAI8. 197

pour exemple. Tout ce qu'A y a d'heureux, d'excellent , d'admirable , provient de ma splendeur. Mais à quoi bon t'esposer tant de science? ( Un mot suffit ) ; tout cet univers n'existe que compose de parties de moi-même. »

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