LEÇON QUATORZIÈME
àaccmikt. Explication des trois gounas, autrement des trois qualités.
LE DIEU dU :
« Je veux maintenant t'apprendre la première, ta plus excellente des sciences , celle qui a feit parvenir à la perfection tous les pieux solitaires ( les mourus). Dirigés par cette science, ils participent à ma nature, divine , ils sont exempts de mort , lors même de la dissolution du monde ; ils sont exempts de renaissance au tems même d'une création nouvelle.
» J'ai pour matrice Brahmd le grand créateur ? c'est en lui, ô fils de Bharata, que je dépose mes embryons, d'où proviennent tous les êtres animés, il est la matrice ( universelle ) où je produis ce nombre infini de formes qui sortent des matrices naturelles , et je suis le père qui répand la semence. ' : i
» Il y a trois qualités qui viennent .de la matière (prakriti), et qui tiennent dans leurs liens l'es^ prit incorporé, savoir : la bonté ( ou vérité ),: là passion et l'aveuglement (satçwy rajaj et tarhas).
»La bonté, h cause de sa pureté, est sameet luuil
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néuse; elle force l'arae par lin doux attrait, et par là goût pour ki science. La passion est *m désir vif et dominant ; c'est comme une soif qui flounpeote, qui maîtrise l'ame, qui la pousse kftrctibi); LTm* veugtament' natt de l'ignorance et ehavmd tons les mortels par Terreur, l'indolence et l'enivrement . La bonté prévapt par (a douceur ; la passion éclate et se fortifie par l'action , et l'aveuglement domine en couvrant la science par le voile de l'erreur ; quand on a vaincu la passion et l'aveuglement , la bonté parait; quand on a soumis l'aveuglement et la boeté , la passion domine; et qutad on est sans bonté, mais libre de pftgsiôn, c'est l'aveuglement qui 9e montre . Lorsque farn 4e corps , étant purifié à toutes ses portes, liait la soteoce , la bofttc a pris de l'accroissement. Lorsqu'on se livre à la cupidité, k la vtvadté , k l'empressement , à un désir inquiet d'action, ce sont tes effets de la passion qui a pris de la force; lorsque paraissent l'iàcertitude , la paresse , lWretar, la stupidité , ak sont les indices de l'aveuglement. 8î le corps se dissout (quand la bonté y domine , Famé s'élève aux régions purps destinées k oeax qui ont connu l'ètoe isùppéme ; si l'aine est séparée lorsqu'on est dominé par la passion , l'on renaît pour habiter avec ceux que la passion fajt agir ; et si l'on meurt dans l'eut d'aveugltinenf: , on renek daps lçtart <fe béte biutte.
»> JUefruut des bonnes actions est bon ettpur ; éelui de la passion est le repentii4, et celui ûe l'aveugle-
DE J-P. LANJQINAIS. »i$
ment est l'ignorance. Delà bonté provient la (vraie) science ; de la passion , la cupidité ; de l'aveuglement, l'ignorance 9 Terreur et la stupidité. Persévérant dans la bonté , l'on s'élève en-haut; persévérant dans la passion , Ton arrive aux régions du milieu; et persévérant dans l'aveuglement, on» demeure en-bas. L'esprit spectateur qui ne considère comme ageçs dans le corps que les trois, qualités, et qui connaît .l'être supérieur aux troia qualités, parvient à ma nature ; l'esprit incorporé, lorsqu'il a surmonté ces trois qualités , est affranchi de la renaissance , de la mort , de la Vieillesse et de toute peine; il reçoit la nourriture de l'immortalité, *
ARJOUNA dit :
« Seigneur, à quel signe reconnaît on ceiui qui a surmonté les trois qualités? Quel est son genre de vie? Comment peut-on obtenir cette victoire? »
LE DIEU ADORABLE dit :
« On a surmonté les trois qualités , lorsqu'on ne rejette ni la clarté, ni l'activité, ni la stupeur d'esprit ' , quand elles se présentent ; lorsqu'on ne les regrette point, quand elles disparaissent; lorsque l'on réside en ce corps , comme dans une hôtellerie; lorsqu'on apercevant en soi l'une ou l'autre des trois qualités , on reste ferme et sans vaciller , demeurant le même dans la douleur et dans le plaisir, maître de soi , considérant du même œil ,
1 Ces trois qualités sont le résultat des trob gounas.
ai6 OEUVRES
la terre, la pierre et l'or, la bonne et la mauvaise fortune , la louange et le blâme , l'estime des autres et leur mépris , ne penchant d'aucun côté , le même envers l'ami et envers l'ennemi, ayant renoncé & toute entreprise ; celui qui rend le culte h moi seul , et qui surmonte les trois qualités , participe à ma nature divine. Je suis le siège de Brakmâ, de la nourriture incorruptible et immortelle , de la loi éternelle et du bonheur infini »