DIEU
Les Indiens ont cru, comme les juifs, les chrétiens et les mahométans , et comme le plus profond des philosophes de la Grèce % que le théisme a précédé le polythéisme.
« La voie pour obtenir Yâtmd, c'est de le con- » naître ; ce qu'il faut foire pour le connaître , est » aussi cette voie, ct cette voie, c'est lui même : » c'est la vraie voie.
1 Non-seulement il y a des litanies dans les Oupnek'hats , mais il y est question de chapelet, corona precaria , t. II, p. 3o3. Cet instrument de prière , dent on avait cru trouver la plus ancienne trace dans k Coran, est donc auatj mentionné dans le Veda* Il l'est dans Je RAmdyana, ou il est appelë djapian, du radical djapa (réciter des prières). Sans doute l'usage du chapelet est accidentel, et très-moderne chez les chrétiens. Le doivent- ils aux croisades? Une balle de Pie V, de i5oy5, approuve cet usage , et en attribue l'invention à saint Dominique
* Dans le spécimen , à la fin de la traduction anglaise des Institutes Politiques et Militaires 9 attribués à Tamerlan ; Oxïbrd, 1783 » in-4p.
' Voyez Aristote , Afétaph. , liv. XII * chap. 8.
3o4 OEUVRES
» 11 ne faut pas s'en écarter par négligence; ï » ne faut pas l'abandonner pour en prendre une » autre.
» Les patriarches ( mot k mot, les grands prë- » cèdent ) n'ont pas abandonné cette voie , et tons » ceux qui l'ont abandonnée p 'eurent, pour s*ex- » cuser, que des prétextes.
Ici reviennent ces paroles du Veda : « D y a » trois classes de ceux qui l'ont abandonnée cette » voie de connaissance et d'action.
» Ils ont adoré le feu commun , on le soleil qui » éclaire le monde , ou l'air qui remplit tons les » espaces; ou des animaux, des oiseaux, des bêtes, » des troupeaux, ou des hommes, leurs sembla- » blés ; ou des végétaux , des graines , des plantes » ou des arbres, et d'autres objets terrestres. Ceux » qui ont adoré le feu , sont parvenus au monde » du feu : ceux qui ont adoré le soleil , sont parve- » nus au monde du soleil ; ceux qui ont adoré l'air, » sont parvenus au monde de l'air '.
» ( Mais ) il faut connaître Yakt % c'est-k-dire , v> celui qui fait paraître toutes choses , qui fait paraiv> tro cette terre même , laquelle ( à sa manière v uiixti) fait tout paraître. Oupn. i i9Brahm. $5. »
1 /homme connaît Dieu , quoiqu'il ne puisse le V\am>mulrc ; il le connaît par lk même qu'il le
* tlwi «* Uhlcau «les opinions religieuses cbes les hommes , il n'y a " s\y u <j«l *» wwiwU» ni an mabometisme ni au christianisme : ce texte |W >U *W «Nwtlrair à une époque bien reculée.
• H uv mW y\*\ fit f# mot « sjaiscrit, peuMlre vyakta.
DE J.-D. MNJIJINAIS. 3o5
conçoit comme unêtreincompréhensible* L'bomme connaît Dieu comme auteur de toutes choses,, ^ar voie de tradition plutôt que par voie de raisonnement : telle: est la substance du texte qui, 'suit. Oupn. 36, n° i47« .
« On demandait h Prajâpati , par Tordre et la » volonté de qui se font les battemens du cœur » et les mouvemens de la respiration >- ceux de la » parole , ceux de la vue et de l'ouïe.
» Prajâpati répondît :* L'oreille entend 1 l'œil i> voit, le cœur bat, la bouche parle, la respiration » s'opère parla volonté de celui qui est l'oreille des » oreilles, le cœur des cœurs , la parole des parcn » les, la respiration des respirations,, la vue des » vues , la lumière des lumières.
» Mais cet être que l'œil ne peut voir, que la » parole ne peut exprimer, que l'intelligence ne » peut comprendre, puisque l'intelligence ne le » comprend pas, puisque la science ne l'atteint » pas, comment donc parvenir k le connaître?
» Nous l'avons appris des grands précédent i » cet être, que la parole n'exprime pas, et qui )> donne la parole, c'est le Créateur : il est infini; » et tout ce que la parole peut exprimer, est fini, . » et tout ce qui est fini , n'est pas le Créateur
» Si vous savez que je suis le Créateur, vous savez » la vérité , et , cette vérité , c'est Dieu. *— Je ne m comprends pas. — Vous comprenez donc deux » choses ? Premièrement , vous vous connaissez