‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 58 sur 101 · LE MONDE ET LES DEVÀS · texte numérisé non relu

LE MONDE ET LES DEVÀS

Dans cet ouvrage , il est tantôt parlé d'un monde unique , tantôt de deux , tantôt de trois et davantage. C'est toujours Dieu qui se manifeste sons des apparences qui au fond n'existent pas, qui font illusion, qui n'existent que relativement.

Quand il est parlé du monde comme unique, tous les mondes y sont compris. En ce sens , il est dit : « Le monde est un arbre dont la racine est eny> haut, dont les rameaux sont en-bas, et il s'appelle n Ashouattha; c'est-a-dire, variable, dont les

1 Un célèbre Hlummiste de nos jour», fcn M. de Saint Martin, trouvait qu'on n'aurait pas du bUmer si légèrement ceux qui pensent que la matière n'est qu'apparente , page $o5 du lÎTre des Erreur* et de ta Vérité ; et dans le Tableau naturel des Rapports entre Dieu , r Homme et t Univers i page S3, il dit nettement : « Il est très-vrai pour les eorpa, m que les corps existent... mais aussi, cela n'est rrai que » La matière est Traie pour la matière, et ne le sera ji

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» feuilles sont toujours en mouvement. 11 n'a pas » été fait (puisqu'il est Dieu me me qui est éternel); » il a été produit (jpar émanation), et non pas hier, » mais depuis loDg-tems.

» La racine de cet arbre est le Créateur... Tout » le monde est sorti du Créateur, et se meut dans » le Créateur.... Tout le* monde le craint comme » on craint un maître qui tient le glaire levé sur » nous. Oupn. 3e], Brahm* i54- »

Quand on a comparé et médité attentivement les textes nombreux des Oûpnek'hats qui parient du monde ou des mondes , voici le tableau qu'on peut s'en former.

Avant tout est le monde de F être ou du Créateur, appelé aussi le grand degré de F être ou le grand monde , le suprême paradis, la grande demeure sans pareille, le siège où reposent tous les saints parfaits . C'est Dieu même considéré à part de tout ce qui est émané de lui , et contenant dans lui-même , en puissance ou en acte f tons les mondes ; viennent ensuite les mondes créés, qui sont des émanations ou modifications de Dieu.

Ces mondes sont supérieurs ou inférieurs. Les supérieurs sont au-dessus de la sphère de la lune , et sont disposés graduellement. Le monde do soleil , te monde d'Indra, chef des bons anges , et celui de Prajâpati, le maître de la création , sont desmondes supérieurs. Ces mondes supérieurs s'appellent tous d'un nom commun , le parçdis , le monde du paradis, ou le monde des bons anges,

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d'où les bons anges ont pu tomber par leur dérèglement , dans les mondes inférieurs , et d'où retombent jusque sur la terre , sous diverses formes, les âmes des hommes qui n'avaient mérité qu'un bonheur céleste passager, et qui, à leur mort, n'étaient pas dignes de l'absorption dans le Créateur.

, Les mondes inférieurs , l'enfer, c'est d'abord la terre ; c'est aussi la lune , autrement le monde des âmes ; c'est l'atmosphère de la terre; ce sont les mondes de l'air et du feu ; les mondes de la lune , de l'air et du feu sont des lieux de repos , mais d'uiv repos qui n'est que passager.

Les mauvais anges, les anges tombés, sont relégués dans ces mondes inférieurs , sous forme d'hommes ou de bêtes ; ils y sont en état d'expiation , y subissent diverses métamorphoses , et ils y retombent même après s'être élevés dans quelques degrés du paradis, jusqu'à ce qu'ils soient parvenus au monde de F être y c'est-à-dire à l'union substantielle ou l'absorption en Dieu , dernier degré du bonheur céleste que les Indiens appellent Mokcha ', et qui est le salut éternel, ou le grand, le plus grand degré de Vétre ; dans cet état , on est exempt de tout le mal que peuvent éprouver les choses créées , quoique toutes les choses créées ne soient que des manifestations , des modifications , des émanations de Dieu ; on est heureux et pour

1 Mokcha signifie en sanscrit libe ratio , la délivrance absolue; Moukta, delirre* de la renaissance en nn monde inférieur.

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toujours d'un bonheur infini; on est Dieu luimême.

Les bons anges {Adityas, Devas) ont vaincu autrefois les mauvais ( Asouras ) ; ils ont vaincu en reconnaissant Dieu , en l'appelant à leurs secours , et invoquant le nom mystique de Dieu. V. p. tfiy 93,391.

Le chef des bous anges est Indra; celui des mauvais est Satan x , ou l'adversaire , le grand ennemi, qui est péché, erreur et mort; mais qui ne peut rien contre ceux qui connaissent Dieu .• Voyez p. 18 et 33i.

Il est dit de Dieu , p. 85. , 368 et 386 , qu'il a tué une grande tribu deDjénian a trois têtes (ûP^/souras ou Daitjas) , parce qu'ils ne reconnaissent pas Dieu ; qu'il a de sa foudre tué Bratr, appelé Satan , qui est sur les montagnes en forme de serpent , qui est appelé Serpent.

Les mondes matériels n'étant qu'une apparence trompeuse, il ne faut pas s'étonner si le soleil et les astres, qui sont les mondes, si les élémcns même sont des génies (Devatâs) qui obéissent à Dieu. Oupn. 37, n° i54-

Les planètes sont les génies (Devatâs) du premier ordre, puisque la planète Vénus (Soûcra^ instituteur des Asouras ) est un des grands Fereschetehha, p. 257.

1 Le mot Satan est étranger au sanscrit; c'est un terme arabe introduit par les auteurs de la Tersiôn persane. Bratr est le sanscrit fritra, démon tué par Vichnou.

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Parmi les éloges donnes au soleil* éa voici on qui nous a frappé : le Soleil est Adam; il est père du genre humain. Oupn. 3o, Brahm. i3g. Adam est une faute de la Version persane pour Aditjra.

« Pour trouver ( Dieu ) la vérité des vérités , le » soleil retient ses sens et son esprit; il pratique la » religion ; et de là sa grandeur, de là sa brillante » lumière , qui éclaire 7 échauffe Funivers. -

» Quiconque s'est dévoué à la pratique de la re» » ligion doit invoquer d'abord le secours du soleil; » il doit dire : Avec le secours du soleil , qui est » lumière, puissc-je acquérir la dévotion, parvenir » au monde du Créateur, obtenir le salut 9 garder » mon cœur affermi dans la foi ! Que le sbleil m'ac- » corde sa lumière ! que sa voie m'éclaire et me » fasse arriver au paradis, devant les bons anges! » car le soleil est la porte du paradis...;. La voie » de sa lumière fait parvenir au monde du Créa- » teur. Sous ce rapport, il mérite nos respects et » nos louanges. Sa lumière fait croître et décroître » la lune; et nos âmes arrivent de la lumière delà » lune. Oupn. i3, p. io3 et 104. »

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