IV. • ai
3m ORUVHE0
» montre plus apparent , plus lumineux : en effet , » l'intelligence est parfaite dans l'homme.
» L'homme pense et exprime sa pensé* ; il aper- » çoit , il sait plusieurs choses , même futures. II » distingue ee qu'il faut apprendre et ee qu'il ne » faut pas apprendre ; et , dans un corps qui meurt, » il désire connaître YAtmâ qui ne meurt point. » Ce trésor de la science est particulier à l'homme : » c'est là sa prééminence sur les antres animaux ; m tous savent manger et boire; mais l'homme seul » parie et vit dans l'avenir. Les autres animaux ne » savent pas distinguer ce qu'il faut savoir, ce qu'il » faiyfc ignorer ; leur science ne va pas jusque-lh. » Oupn. XI 9 Brahm. 99. »
De TAme humaine.
» Dans le corps ( de l'homme ) , au milieu de » l'ouverture du cœur où réside la science, 9> j » a deux âmes, le Jîv-Atmâ (vital, incorporé dans » l'homme , ou ï Ame humaine y parcelle de TAme » universelle"), et le Param-Atma ( la premier* » orne, Dieu). Tous deux goûtent le plaisir de ktf » récompense des oeuvres, ou plutôt le JU^Atr^d
* seul goûte ce plaisir : le Param-Atma n'y est » que spectateur ; les deux ne font qu'un seul ; **est » sous ce rapport que les deux goûtent le plaisir.
* Les Brahmanes savans comparent \eParam-Atmd » à la lumière, et le Jîv-Atma à l'ombre. » Oùpn. 37, Brahm. i5i.
« C'est Jtv-Atmd qui aperçoit par les sens; qui
» est sensible aux couleurs, aux saveurs, aux » odeurs, k l'impression du toucher, etc. Chaque » sens fait sa fonction et ne peut en faire une au- » tre : concevez de la que YAtmd est distingué du » corps , et opérant partout. . *
» Ce Jfr-Atma est YAtmâ lui-même; c'est lui » qui a des perceptions dans le sommeil de l'homme » et pendant la veille. Il est grand , tout est corn* » pris dans son immensité. Quand les savant l'ont » reconnu (en eux) , ils sont exempis de tout cha-
» grin Us ne craignent rien , ils savent que leur
» Jî^-Atmd ( leur orne ) est YAtmâ, est Dieu
» même Qui distingue ces deux Aima, ea quel-
n que monde qu'il parvienne, ne sera point délivré » de la mort. L'homme doit toujours se dire » dans sa pensée : je suis lui-même. Oupn. Sj, Brahm. i5a.
» Le Jîv-Atmâ n'a pas été fait , il a été produit » (par émanation). » Oupn. 37, Brahm. i53. En effet , puisque l'ame humaine est Dieu ( porto* cularisé ) , elle n'a point eu de commencement , comme elle n'aura point de fin.
« Les savans ne croient pas que le corps qui j» périt soit l'ame.*.. Personne ne peut tuer l'ame : » tuer et périr sont des mots qui ne peuvent se m dire que du corps et non dé l'ame < Oupn. 87 , Brahm. i5o.
» Le Jîv-Atmd n'a point de sexe. » Oupn. i3, Brahm. 110.
De la destination de l'homme et de ses devons.
« Tous les aniihaux , selon lé degré de science » et d'intelligence qu'ils ont eu dans ce monde, » vont en d'autres mondes"1.
» L'homme est un océan ; il est plus que tous les » mondes.
» Quand il désire les délices du monde de la » terre, ne lui dites pas qu'il n'en est pas digne : » il en est digne , et d'autres délices plus grandes.
» S'il désire le monde de l'atmosphère , ne lui » dites pas qu'il n'en est pas digne : il est digne » d'un monde plus élevé ( le suprême paradis ). '
» S'il désire les délices du paradis, ne dites pas » qu'il n'en est pas digne : il est digne d'un monde » plus élevé. Oupn. n, Brahm. 99.
)> La science du Créateur est la grande science; » qui la possède et s'abstient du péché % parvient » au Créateur qui est le grand par excellence. Oupn. 18, Brahm. 121.
» L'homme qui avait pour but la récompense de » ses bonnes œuvres , étant mort , va au monde de » la lune . La , il est au service des préposés de la » moitié de la lune dans son croissant. Ceux-ci » l'accueillent avec joie; pour lui il n'est pas tran- » quille, il n'est pas heureux : toute sa récompense
1 Le célèbre Bonnet , qui a soutenu le système de l'immortalité' des âmes , n'eût pas désavoue cette doctrine da Veda.
* Dans les Oupne Vhats , les péchés sont souvent appelés les ennemis intérieurs de l'homme , ainsi que dans nos mystiques.
DE J.-D. LANJUINA1S. 3a5
» est d'être parvenu pour un teins au monde de la » lune. Ce tems écoulé, le serviteur des préposés » de la lune en son croissant redescend dans l'en- » fer ; il y renaît ' ver, papillon , lion , poisson , » chien , ou sous une autre forme ( même sous une » forme humaine ). Oupn. 28, Brabm. i36.
» Aux derniers degrés de sa descente , si -on lui » demande : qui êtes-vous? Il répond : je viens du » monde delà lune, prix des œuvres faites en vue » de la récompense. Me voilh de nouveau revêtu » d'un corps; j'ai souffert dans le ventre de ma » mère, et lorsque j'en sortais; j'espère enfin ac- » quérir la connaissance de celui qui est tout, » entrer dans la voie droite du culte et de la médi- » tation sans vue de la récompense. Oupn. 12, Brahm. 106.
» Le monde de la lune est «lui où Ton reçoit la » récompense des bonnes œuvres faites sans avoir » renoncé a leur fruit , a leurs mérites ; mais cette » récompense n'a qu'un tems fixé, après lequel on » renaît dans un monde inférieur, un monde mau- » vais, un monde la récompense du mal. Oupn. i4 9 Brahm. 112.
» Au contraire, par la mortification, la renon- » ciation k tout plaisir, et h la récompense des » œuvres , cherchant Dieu avec une foi terme , on
1 Il est dit dans le Bhagavad-GUa , lect. XVI , que les hommes mechans renaissent dans des matrices, d'anges de ténèbres et de bétes impure*. Même doctrine dans le SJuutqhbhada (espèce .d'extrait dn Vedd)^ publie* par Hollwel , et dans le Code de Manou.
» parvient à ce soleil qui est sans fin , qui est le » grand monde , et d'où Ton ne retourne point » dans un monde la récompense du mal. Oupnek. i{. Brahm. 112.
» U y a le bien de ce monde et celui du monde » futur : l'homme est susceptible de l'un et de » l'autre.
» Qui désire le bien du monde futur devient bon » lui-même; et qui désire le bien de ce monde, est » privé de celui du monde futur, qui est le bien » principal.
» L'intelligent , le savant choisit et recherche le » bien du monde futur; l'ignorant, l'homme sans » intelligence choisit le bien de ce mQnde : il veut » en acquérir et en amasser. C'est illusion pure ; » car tous les biens de ce monde passeront..-., les » deux mondes sonftcontraires : il y a entre eux de » la différence comme du jour à la nuit
» Il y a des prétendus savans qui, par ignorance, » croient savoir, et qui choisissent le monde actuel. » Us marchent par un chemin tortueux , et ils re- » cueillent des peines. Ne croyant par à l'antre » monde, par erreur et négligence, ils nécofca- » prennent pas ; ils croient qu'il n'y a pas d'autre » monde, %jue tout finit pour eux avec cette vie, » et ils tombent dans les liens de la mort. Oupn. 37, » Brahm. i5o.
» Ceux qui ont compris le Créateur, demeure- » ront éternellement... Ceux qui ne l'ont pas com- » pris avant de mourir, demeurent dans les liens
-^ -^pr- *^;^3&g5p-.
DE J.-D. LàltJUINAIS. **«
» des autres mondes .(inférieurs) Il faut donc
» que l'homme avant de mourir connaisse le Créa- » leur.
» Comme il voit son visage dans un miroir, il faut » que dans le miroir de sa pure intelligence, il » voie XAtmd clairement.
» Ceux qui ne peuvent pas le voir clairement » dans W miroir de leur intelligence pute, le ver- » ront dans le monde des aines (la luné) , comme * on voit en songe; et s'ils vont dans le monde des » anges > ils le verront comme on voit son visage »' dans une eau trouble ; et ceux qui seront parve- » nus au monde du Créateur, verront l'être veri- » table comme une lumière, et le monde comme » une ombré.
» Le premier et le dernier de tes degré* de vi- » sion valent mieux que les deux autres.
» Le premier est celui des savans ', de ceux qui » voient le Créateur dans le miroir de leur mtelli- » gence. Le second et le troisième sont des réfcomm penses de* oeuvres. Le quatrième e*t propre à » ceux qu'on appelle Salek* (qm sont morts optes » s être conformés mut règles dès Vèdaâ)^ » Oupn. 37, n° i54-
1 Jnani , les sectateur» de la doctrine du Veda , sont appelés Savons par emphase. Cett ainsi que certains sectaires demi-chrétiens s'appelaient Cnftffifiiet. Cette tjbjdification particulière de savant on gnosttifue , n'est pas> a beaucoup près, le seul point de ressemblance cra\m puisse remarquer entre les premiers et les seconds.
* Salett, moi arabe prisse dans le persan. Son* corrélatif sanscrù nous, est inconnu.
Différais degrés de bonheur après la mari.
« Imaginez un jeune homme doué d'une belle » figure , d'une santé parfaite , d'une complexion » vigoureuse, qui a lu les Vedas , qui peut les » faire lire à d'autres, qui abonde en richesses, » qui est roi de toute la terre ; cent fois aussi heu- » reux est celui qui , par les œuvres puretf, est de- » venu après sa mort un des bons anges de l'ordre » des musiciens célestes ; et telle est la félicité de » celui qui sait les Vedas et qui a recours au mé- » rite des œuvres.
» Cent fois aussi heureux que celui qui, par les » œuvres pures, est devenu musicien céleste, oui, » cent fois aussi heureux est le bon génie musicien » céleste par nature ; et telle est , etc.
» Cent fois aussi heureux que le musicien céleste » par nature , est la personne qui a sa demeure » pour long- te ms dans le monde des âmes; et telle » est, etc.
» Cent fois aussi heureux que celui qui , pour » long-tems , demeure dans le monde des âmes , . » est celui qui , par ses œuvres pures , est parvenu » au monde des bons anges , et est appelé cane di- » vine;. et telle est, etc.
» Cent fois aussi heureux que Y ame divine, est » celui qui, par les œuvres du culte conformes au » Veda, devient bon génie de l'ordre des Carm&- . « Devas , Devos par les œuvres ; et telle est , etc.» » {Carma en sanscrit, œuvre).
. DE J.-D. LANJUINAIS. 3»g
» Cent fois aussi heureux que le Carma*&.ei>as , » est le Deva par nature ; et telle est, etc.
» Cent fois aussi heureux que les Devas par na- » ture , est Indra leur roi; et telle est, etc.
» Cent fois aussi heureux qu'Indra, est Mousch- » tory ', le maître ou l'instituteur des bpns anges; » et telle est, etc.
» Cent fois aussi heureux que Mouschtary, maî- ' » tre de la création , est Prajâpati; et telle est, etc.
» Cent fois aussi heureux que Prajâpati, est » Haranguerbehah , le ventre d'or; et telle
» est, etc.
» Et le bonheur du Créateur.. . Toutes les fëlici- » tés dont on vient de parler, jusqu'à celle de Ha- 9 ranguerbehah , toutes ensemble ne sont qu'une » parcelle de ce bonheur. » Oupn. 38, Brahm. 1 58.
Allégorie sur le monde du Créateur ou le paradis suprême.
« Lorsque meurt celui qui est dans la voie du » culte (selon les Vedas, et sans vue de la récom- » pensé) j le Créateur le fait parvenir successive- » ment aux génies du feu , de l'eau , du soleil , puis » dans le monde à! Indra, puis dans le monde de » Prajâpati, puis dans le monde du Créateur.
» A Feutrée du monde du Créateur est une fosse
1 Ce mot arabe signifie la planète Jupiter, et repond an mot sanscrit Vrihtupaû, on Brahatpati dans quelque dialecte de Plnde; Brahaspadi dans oelni dn Malabar ; Braspatr en planeurs endroits des roinmes dont nous donnons Fanalyse. H est Finstitataur , le gourou, des- Dev*9 ou Devatds.
33o OtUVHES
» pleine des eaux de la volonté , de la ccÀèrt , de » l'avarice, de la luxure, de l'orgueil et de l'envie; » sur «es bords se tiennent les génies qui s'oppo- » sent It la mortification.
» Après cette fosse , on trouve la nàer où sont » rajeunis les vieillards qui s'y baignant.
» Puis on trouve l'arbre Al ', qui port* toutes » les espèces de fruits.
» Vient ensuite une ville appelée Sabeh % d'une » vaste circonférence : au milieu de cette ville est » l'édifice invincible.
» Ses portiers sont Indra y le roi des DevtM* $ et » Prajdpaiiy Deva préposé à l'univers.
» Aussitôt qu'on y entre , on sent qu'on est su- » périeur k tout ; on ne peut s'empèdiêr de dire .: » Je suis le Créateur.
» Au milieu de cet édifice est une estrade qu'on » appelle Intelligence universelle.
» Sur cette estrade est un trône qu'on appelle » Abondance de lumière, et où est assise une Femme » de toute beauté, appelée Mère de l'Intelligence » et du Sentiment.
» A travers ses vêtemens on découvre tous les » mondes , sous l'apparence de femmes ornées de » voiles transparent ; on y remarque des figures » charmantes comme celle d'une mère tendre , et *> qui tient un langage doux et gracieux.
1 Dans les livras sanscrits, l'arbre. du paradis est appelé calpavtikcha ; ce dernier mot signifie arbre dm «ieeoir. a Sabeh , forme persane du sanscrit sab'ha , assemblée.
mandat* «t
DE J.-D. LANJUINA1S. 33 1
m Au milieu de la ville est la Science , celle qui h purifie le cœur.
v Lorsque lé nouveau bienheureux (le Maéck- » g oui, c'est-à-dire contemplateur, en sanscrit le » yogi) est arrivé en cet endroit avec le Créateur, » le Créateur dit k un homme de son monde : Âl- » lez , apportez les ustensiles de l'hospitalité ; car » celui-ci a passé la mer qui rajeunit les vieillards : » sa jeunesse sera éternelle.
» Aussitôt cinq cents jeunes filles viennent aui) devant de lui : cent d'entre elles apportent une m guirlande de perles ; cent autres apportent le vase » où il doit prendre le bain , et cent autres de ma- » gnifiques vê terriens qui lui sont destinés. En revê~ » tantces habits précieux, cette personne comprend » qu'elle devient le Créateur.
» Pour traverser, sans y être submergé , la fosse » pleine des eaux de la volupté , de la colère , de » l'avarice , de la luxure , de l'orgueil et de l'envie, » il faut être exempt de tous ces vices , avoif le cœur » pur.
» Les génies opposés à la pénitence et à là con- » templation , qui habitent les bords de-cette fosse, » se détournent et s'enfuient quand ils voient y » arriver un observateur du Maschgouli et du » Selouh ' ( du contemplateur et du fidèle au » culte y
» Celui-ci , quand il a traversé cette fosse et la
1 Mots arabes.
33a OEUVRES
» mer, est affranchi des liens de tontes œuvres bon- » nés et mauvaises. Les mauvaises sont le partage » de ceux qui maudissent sa mémoire ; et les bon- » nés, celui de ses amis, de ses compagnons, de » ses enfans '. Il ne faut pas dire de mal d'un » Maschgoul ou contemplateur : ses ennemis tom- » bcnt dans le péché , et la pureté est accordée à » ceux qui l'aiment.
» Le Maschgoul, dans cet état , est absolument » délivré des liens des œuvres : il voit les bonnes » et les mauvaises aussi tranquillement que le con- » ducteur d'un char voit marcher les roues , et c'est » alors que le Maschgoul prend la forme du Crca- - » teur.
» Quand il passe sous l'arbre Al, il sent tous les » parfums délicieux dont jouit le Créateur.
» En entrant dans cette ville, il participe à la
1 II est dit , Brahrn. i4t , qu'ira savant, par ses mérita, peut murer de la renaissance , dans les mondes inférieurs , non-seulleraent luimême , mais ses pères et aïeux et ses descendons. Cette doctrine des mérites du g no s tique, appliquée de droit au salut de ses pareils et de ses amis ) n'est pas contraire an principe des Vedas : « Celui qui est exempt s de péché peut seul expier le péché , car un Jnani est impeccable. »
Cette doctrine a été étendue (par la suite) aux mérites des pins petites pratique! extérieures inventées et prescrites arbitrairement par les Brahmanes et a leur1 profit. Il en est résulté dans l'Ind* une espèce de système d'indulgence encore plus pernicieux que celui de Léon X , parce qu'il est en tous sens bien plus étendu. Il est certain» par exemple, qu'en fait de mérites communiquables et attachés à la forme , à la matière, etc , des chapelets , nous ne sommes , dans l'Europe catholique , que des cnians auprès des idolâtres Sndous. Ils ont eu ce seul genre d'indulgence sur la théorie et la pratique de leur chapelet , plus ancien que le Vtda , de vastes bibliothèques. Et dans l'Inde comme ailleurs les apôtres les plus sélés des doctrines superstitieuses en sont les moins dupes.
» science réservée au Créateur, en ce qu'elle a de » plus excellent.
» Parvenu au milieu de cet édifice , il est pénétré » de toute la lumière du Créateur : en sorte qu'7/i- » dra et Prajâpati ne peuvent pas supporter la » splendeur de la lumière dont il brille , comme ils » ne peuvent supporter celle du Créateur.
» Arrivé au lieu de l'assemblée, il aperçoit qu'il » est grand comme le Créateur.
» Lorsqu'il monte sur l'estrade , il reçoit l'intel- » ligence universelle ; il connaît tous les mondes.
» Et lorsqu'il s'assied sur le trône /il semble qu'il » s'asseye sur l^Créateur.
» Ce trône est resplendissant de lumière : Ses » deux pieds de derrière sont le passé et le futur ; » les deux autres sont les vrais biens, et la terre. » Ses deux bras sont deux versets du Sdma-Veda, » lus avec mélodie ; les deux côtés qui font la lar- » gcur du trône sont deux autres versets du Sa- » ma-Veda, et ses quatre versets ont leur nom » propre. Tous les autres versets du Rig-Veda et » du Sâma- Veda sont comme la trame du tissu » du trône; et les versets du Yajowr-Veda eu $ont » comme la chaîne. La lumière de la lune en est le » siège , et l'harmonie du Sâma-Veda en est le » tapis; les mesures du Veda en sont le coussin.
» C'est la que le Créateur est assis ; le Masch- » g oui avance et s'assied aussi sur ce trône. Le » Créateur lui demande : Qui es-tu ? Il répond : » Je suis le tems , je suis le passé , le présent et le
» futur. Je suis émané de celui qui est la lumière » par lui-même. Tout ce qui fut, qui est , qui sera, » émane de moi. Vous êtes l'ame de toutes choses; » et tout ce que vous êtes, je le suis. » Ckspn. ra, Brakm. 106.
Devoirs de l'homme et ses mtoyens de salut.
« Faites pénitence, retenez y os sens, et faites de » bonnes œuvres avec un cœur pur , comme en- » seigne le Veda ; professez la droiture qui est le » principe de tout bien, voilà YOupnek'hat et la » véritable voie. Oupn. 26, p. 298.
» Il y a trois genres d'oeuvres pftes : les œuvres » de miséricorde ; les sacrifices, et la lecture des Ve- » dos. Oupn. 37 , p. 3o3.
» La mortification ou la pénitence comprend la » douceur , la véracité , l'étude , la répression des » sens extérieurs et intérieurs , la libéralité, le sa- » crifice. » Oupn. 3o, p. a56.
Le plus grand sacrifice est le Sarbmideh ( en sanscrit Setrva-medha , sacrifice universel). D consiste k jeter en imagination tous les mondes et ce qu'ils contiennent dans le feu de la puissance dn Créateur . » Regardez comme feu la puissance du » Créateur , et dans votre pensée , lancez dans ce » feu tous les mondes. » Oupn. 8, p. 1 1 • ( Voyez Code des Gentoux. )
« Pour arriver & Dieu , le corps est le char, les » sens sont les chevaux qui le traînent, les volontés 1» sont lies rênes qui guident les coursiers, l'inteDi-
DE J.-B. LÀBJ1HNAI&. 335
>» gence est le postillon, Famé est le maître du char, » celui qui est monté dessus; les objets sensibles h sont la voie à parcourir.
>» Le postillon, habite h manier les rênes , à cou- » duire le char , trouve les chevaux dociles , et fait » parvenir le maître h un degré de grandeur qui » ne finira point, h celui du grand conservateur, qui » est le suprême degré.
» Mais s'il est inhabile , les chevaux sont rétifs ; » ils ne font point parvenir leur maître au grand >» degré; au contraire, ils le versent en de mauvais » endroits , ils le précipitent dans les abîmes infé- » rieurs. Oupn. 37, Brahm. i5i.
» La voie qui conduit au grand degré est large » et spacieuse. » Ibidem, Brahm. i5o.
Dans un autre sens, il est dit ailleurs ( Brahm. i5i ) : « La voie qui mène à lui est difficile et plus » étroite que le tranchant d'un rasoir. »
« Il n'est donné de voir Dieu qu'à celui qui est » sans volonté , qui ne cherche point le mérite des » œuvres , qui est sans tristesse , qui a purifié son » cœur (Brahm. 1 5o) ; h celui qui est sans égoïsme, » sans hypocrisie , sans inquiétudes humaines , etc. Brahm. 141.
» Lorsque 9homme est délivré de ses volontés » propres, dès ce monde l il est sauvé , sans avoir
• Mime doctrine, Brmhm*, ne, p. loi. Voilà la première trace de cette impeccabilite' professée depuis par des sectes de gnostiques, de quietistes chrétiens et musulmans , et qui a courert les plus honteuses faiblesses. Voyez Bhagavad-GHa , 10.
» subi la mort ; en quelque tems de la vie qu'il » rompe les nœuds de la folie et de l'ignorance (de » Dieu) , il est sauvé de la mort pour toujours. » Voilà le premier principe de la doctrine. Brahm. i55.
» Les hommes d'une vue pénétrante, d'un esprit ». plein de sagacité , ayant retiré leurs sens en eux- » mêmes, les anéantissent; ils anéantissent le cœur » en le soumettant au domaine de l'intelligence ; ils » anéantissent l'intelligence en l'assujétissant à leur » ame ; ils anéantissent leur ame dans la collection » des âmes, et la collection des âmes dans la grande » ame. Brahm. i5i.
» Celui qui, par son intelligence, a retranché de » son cœur les mauvaises .qualités qui causent le » doute , et qui , par le raisonnement , possède la » science certaine , celui-là connaît Dieu et sera » sauvé.
» Lorsque de cœur et d'esprit il a soustrait ses » sens aux choses sensibles, et qu'il les retient sans » mouvement vers elles, c'est la le grand degré de » l'union ( à Dieu ). Dans cet état, l'homme atten- » tif ne tombe point dans l'erreur par méprise ou » négligence ; il veille sans cesse pour s'en pré- * server. •
» Par la lecture, sans cette science et cette at- » tention, l'on ne parvient point à Dieu, et sans » son secours ' , on ne peut ni le nommer ni le
1 \a doctrine de la prédestination et de la ncceatite' de la grâce y oo
DE J.-P. XANJUÎNAIS. 337
» connaître. 11 ny a de voie pour arriver k lui que
» lui-même Quiconque parvient à lui , devient
» lui-même. Oupn. 3^, Brahm. i55.
» Si tous ne voient pas YÂtmâ, c'est-que XAtmâ » détourne de lui leurs sens et les fait tendre au
» dehors car il est le vrai maître ; il fait tout
» ce qu'il veut.
» Ce n'est que par la volonté de Dieu que le sa- » vant, ayant retiré ses sens au-dedans pour se sau- » ver, voit XAtmâ, et que les ignorons et les pe- » tits esprits se laissent prendre par les choses » extérieures ; de là ils tombent dans les filets de >) la grande mort qui les enveloppe de toutes parts, » et ils ne peuvent se relever. Brahm. 1S2.
» Dieu est maître de son choix : l'ame humaine » ne Test pas. Brahm. 110, p. 100.
» C'est Dieu qui agit par nos sens : il fait la vo- » lonté ; il fait le péché ; il ressent la volupté ; il » cause le désir. Brahm. 104.
» Les sa vans qui voient Dieu dans eux-mêmes , » eux seuls et nul autre, auront ce repos éternel. Bralim. i53,p. 3ao.
Mais il se trouve de- ces savans dans toutes les classes d'hommes ; car il est dit {Brahm. 161) que les Brahmanes et les Rajas {ceux des deux premières castes), et les autres, qui ont la science du Créateur, deviendront lui-même : et {Brahm.
du secours , fait partfc do lystème indien. V. section XVI do BhttgavaàrGtta , intitulé : Du Bon et du MtaweM Vf.
m OECVRBS
i65, p. 370) on voit que tous arrivent à Dieu par toute* les voie*; ce qui pourrait pgnifier qu'il y a dans toutes les religions des bôtnmes qui se sauvent en Munissant à Dieu ; et qu'en définitive, et après les expiations convenables , les médians comme les bons sont absorbés dans la Divinité. Cela parait inévitable dans le système indien , qui admet plusieurs créations et plusieurs destructions successives et complètes de tout l'univers.
THÉORIE 0E LA VESION DE MttU , OU DE lV^IFICATIOîI