‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 69 sur 101 · VII. — Origine des grandes pièces du jeu des échecs · texte numérisé non relu

VII. — Origine des grandes pièces du jeu des échecs

Les cailloux du Petteîa sont devenus partout des soldats; le carré inviolable ne serait-il point devenu général et ministre, roi, reine? n'est-ce pas le résultat des progrès du jeu original ?

DE J.-D. LANJUINAIS. 37i

Le carre inviolable servait, avec une pièce, h circonvenir et à prendre une pièce de l'adversaire. En rendant ce carré mobile , il pouvait rendre service sur toutes les stations de l'échiquier. Ensuite, puisque immobile il faisait l'office d'une pièce, il n'y avait pas grand effort d'esprit à en faire une pièce.

Mais dans son immobilité il servait de pièce à l'un et h l'autre partenaires; devenant pièce k part , '1 a dû être doublé, pour que chaque joueur eût la sienne.

Cette pièce, devenue mobile, ne put être prise, parce que le carré qu'elle remplace était sacré, inviolable. Ainsi, aux échecs, on ne prend point le général ou le roi.

Cette pièce était sacrée , inviolable ; il convenait donc de la mettre d'abord h l'abri du danger, et de la placer en arrière au milieu d'un rang additionnel.

Mais le carré inviolable avait un autre avantage que celui de l'inviolabilité, il faisait retirer la pièce qui s'en approchait, il servait à la prendre; or, en arrière et au milieu d'un, fang additionnel, il ne pouvait pas d'abord faire ce service : on lui donna des compagnons de son rang , qui reçurent des pouvoirs offensifs , et concoururent avec les pions à prendre partiellement les adversaires , et à les bloquer complètement, ce qu'on appelle dans le jeu perfectionnée/air* échec et mat.

Il n'y avait que cinq pièces primitives; aussi les

pièces additionnelles et en dignité ne furent d'abord qu'au nombre de cinq dans l'Inde , comme à la Chine : elles ne sont encore véritablement que cinq différentes dans les échecs de Perse et d'Europe ; savoir : dans les échecs persans , le roi , son ministre, l'éléphant , le cheval et \%.rock ; en France, le roi , la reine, le fol , le chevalier et la tour; en Angleterre le roi, la reine, l'évêque, le chevalier et le rock. Les quatre dernières pièces ne sont que doublure additionnelle.

Si l'on doute encore que le général ou le roi soit le carré inviolable personnifié, nous citerons le jeu des échecs chinois décrit par Th. Hyde, ou Ton voit, comme il est dit au chapitre précédent , le général et ses ministres sur leurs points d'intersection , mais dans un grand carré qui leur est propre, et traversé par deux diagonales, ainsi que le carré de la Mérelle , comme si l'on avait voulu par lk conserver des m on u mens irréfragables de la métamorphose qui vient d'être expliquée.

VIII. — Existence probable d'un jeu des cailloux ou pions élevés , intermédiaire entre le Petteïa et le jeu des échecs.

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