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NOTICE
•U* l'oUTftAGI IHTITUli 1
^ Dissertation on thenewlydiscoçeredBabylonian Inscriptions;
by Joseph IJager ,/)./).
' LitUrus seMpcr arbitrer assyrrùu ftdssë.
Plute, 4ft*t. JVa*., lib. yii, c. 57.
Loadon , printed for a Tilloch , and sold by Messrs. Ri-
chardsons , Cornhill , Wilks et Taylor, Prioters , Chancery
Lane, 1801.
• Dissertation sur les Inscriptions Babyloniennes nouvellement
decouoertes ; par le D. Joseph H agir , avec cette épigraphe
tirée de /'Histoire Naturelle de Pline , lie. PUy ch. 57 :
J« cjroif que touU écriture est d'origine a«ljri«iuie.
A Londres, chez Richardsons, Cornhill, Wilks et Tajlor , imprimeurs , rue de la Chancellerie. 4 v°l- de IIIH el de 62 pages, avec cinq planches, outre celle du frontispice , représentant des inscriptions de Babylone , et d'autres monumens orientaux , dont plusieurs inédits.
Cet ouvrage , quoique daté de 1801 , n'a paru qu'eu 1802 ; l'extrait suivant ne paraîtra donc pas trop tardif.
L'auteur est cet habile orientaliste , charge par le gouvernement français de publier le Dictionnaire de la langue chinoise ; il va , sous peu , faire imprimer à Paris , une Grammaire de cette même
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langue, ainsi qu'un Mémoire sur les anciennes monnaies chinoises.
Le sujet de la dissertation dont il s'agit, déjà très-piquant par lui-même , reçoit un nouvel intérêt et des efforts actuels de plusieurs savans pour déchiffrer les écritures cunéiformes , et des premiers succès de M. Grotefend en ce genre; enfin, du compte satisfaisant qu'en a rendu M. Silvestre de Sacy, dans sa Lettre à M. Millin, sur les Inscriptions des monumens persépolitains ' l . L'ouvrage est dédie aux vingt-quatre directeurs de la Compagnie anglaise des Indes Orientales.
Si leur conduite politique dans l'Inde a souvent blessé la justice et l'humanité, M. Hager les loue sur des points qui ne méritent que des éloges ; sur le riche Jardin des Plantes qu'ils ont dans le cheflieu des possessions anglaises dans l'Inde ; Sur leur Collège de langues orientales à Calcutta ; sur le Muséum oriental qui existe h Londres dans les bàtimens delà Compagnie; sur les publications qu'elle a procurées , à ses frais , en langue anglaise , de la Description des plantes choisies de la côte de Coromandel , par le D. William Roxburg, delà Description des poissons de cette même côte -, par le D. Russel , et de la Description des serpens de Y Inde y par le même,
Parmi les ruines de Babylone, à deux heures de chemin au nord de Hellé, dans Y Irak Araby , oa
1 Magasin Encycl. , année VIII, t. V, p. 438 et »uiv.
trouve des briques unies par un ciment bitumineux , et qui portent des inscriptions eh caractères cunéiformes, semblables a ceux des monumens dits persépolitcrins. Ce sont presque les mêmes élémens, sinon que les briques de Babylone offrent plus de complication dans les traits , et un mélange de lignes plus longues , formant des carrés , des demicarrés, des étoiles, des triangles, etc.
Long-tems les voyageurs ont négligé ces inscriptions , ou même ne les ont pas aperçues.
Le premier qui en ait parlé est un religieux français, le père Emmanuel, carme , dans une relation manuscrite citée par Dan ville, en son Mémoire sur la position de Babylone.
Nieburh avait dit qu'elles sont du mênie genre que celles qu'on voit sur d'anciennes briques h Bagdad , et dans la Perse.
L'astronome évêque François Beauchamps en donna des notions plus précises dans le Journal des Savans du mois de décembre 1790. Il en envoya même en France. On a su , par M. Millin ', que la Bibliothèque nationale de France possède les briques de Babylone , envoyées par M. Beauchamps , et qu'il en a été adressé des plâtres et des dessins à M. Herder, k Weimar, à M. Munster, à Copenhague.
En 1797, la Com^zgme anglaise des Indes voulut avoir dans sou Muséum quelques-unes de ces
1 Magasin EncjrcL , année IX , o# 3.
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briques de Babylone. Alors die chargea le gouverneur de Bombay de lui en procurer le plus promptement dix à douze par la voie du résident anglais h Bassora. Cette demande eut son effet ; et Ton reçut à Londres des briques babyloniennes, dans le courant de Tan 1 80 1 . Dès le mois d'août de cette même année , M. Hager en publia une dans le Monthfy Magasine; et il entreprit la dissertation dont il s'agit.
Il ne prétend pas y expliquer les inscriptions des briques anglaises de Babylone \ mais il nous donne en cinq chapitres : 1° sur l'antiquité des Babyloniens; 20 sur la vaste étendue de l'empire d'Assyrie; 3° sur les sciences et les arts qu'on y cultivait; 4° sur l'écriture assyrienne en général; 5° sur l'écriture même des briques babyloniennes, de savantes recherches qui méritent l'accueil de tous les gens de lettres , et doivent être utiles particulièrement a ceux qui s'occupeut avec tant de zèle , d'érudition et de talent, à déchiffrer les écritures cunéiformes.
1 . La haute antiquité des Babyloniens , déjà constatée par la Genèse , est d'ailleurs ce qu'il y a de mieux attesté par les auteurs grecs et latins
La fameuse tour de Babel, ou le temple de Bel, très-probablement orienté comme les pyramides ai Egypte, était de forme carrée, et avait huit étages décroissais de bas en haut , ce qui lui donnait une forme pyramidale. Il semble avoir servi de modèle aux plus célèbres pagodes indiennes ,
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aux pyramides tf Egypte , et aux tours de la Chine, surtout à la grande tour de Nankin.
C'est tout h- la-fois un Pyrée ou Prytauée , une place , un temple du feu , prototype de ceux qui furent élevés dans la suite sur l'ancien continent , un observatoire auquel le genre humain doit ses plus anciennes connaissances astronomiques. L'Egyptien Ptolémée ne put rien faire de mieux que de nous transmettre ces connaissances dans son Almageste; et, ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que dans les calculs de cet ouvrage, il n'emploie que l'ère chaldéenne ,de Nabonassar. L'astronomie des Indiens n'est que l'ancienne astronomie chaldéenne; on ne peut y remarquer aucune découverte faite par les Indiens mêmes. A l'arrivée des missionnaires européens, les Chinois étaient encore inférieurs aux Indiens dans l'astronomie. Leur histoire parle d'une éclipse m 5g ans avant notre ère ; mais les observations des Chaldéens remontent h une époque encore plus reculée. De même les Persans , quoique M. Bàilly ait cru leur astronomie plus ancienne que celle des Chaldéens , n'ont pu les devancer, puisqu'au témoignage d'Hérodote, les Persans n'étaient encore que des barbares au tems de la conquête dé Babylone par Cyrus ; puisqu'ils tirèrent leurs caractères d'Assyrie , comme l'atteste le pseudonyme Thémistocle (Ep. ai); puisque , daus la. langue persane , les mots qui signifient science et savant , danousch et dana , sont d'origine chaldaîque.
Enfin l'auteur entreprend de faire voir, par les étymologies, que Z oroastre, Butta, Schaca, Sanianocodom et Godama, ces noms qui retentissent dans toute l'Asie, sont primitivement chaldéens.
2. Il soutient que l'empire d'Assyrie comprenait, outre la Chaldée , la Syrie , la Pbénicie , l'Arabie , l'Arménie et là Perse. Entre les preuves et les probabilités qu'il rassemble, on remarque une multitude de recherches sur les plus anciens alphabets , et sur les plus anciennes langues de l'Asie , d'où jl semble résulter que plusieurs de ces alphabets ont des analogies avec les caractères pèrsépolitains , et que tous ces alphabets et toutes ces langues sont d'origine chaldaïque.
3. Un ancien lexicographe, Hesychius, nous apprend que chaldéen était synonyme de savant.
Les sciences vinrent de Chaldée en Perse, et non de Perse en Chaldée.
On a déjà vu que le nom persan de la science fut emprunté de la langue chaldaïque.
Les noms arabes et les plus anciens noms européens relatifs à la broderie sont aussi chaldéens.
Rien de plus célèbre, dans l'antiquité, que les broderies , et surtout la belle architecture de Bàbylone. Les formes carrées de cette ville et de son temple de Bel, leur correspondance aux quatre points cardinaux, et la forme pyramidale de ce temple à sept ou huit étages , furent imitées en des édifices semblables ou analogues dans une grande partie de l'ancien continent, en Syrie, en Egypte,
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dans l'Inde, à la Chine, en Grèce et en Italie.
Les pyramides ne furent pas inventées enÉgypte. Ce pays en reçut d'Assyrie, de la Chaldée même, le modèle ainsi que le nom.
Le tombeau , le temple orienté et pyramidal de Bel , cet édifice que Strabon appelle une pyramide carrée, existait à Babylone bien ayant que des rois d'Egypte fissent élever pour leur sépulture des pyramides à bases carrées et dirigées vers les points cardinaux .
Les racines du mot pyramide , pur-amud , signifient en chaldaîqueyia élevé > ou colonne du feu, autrement du soleil. U faut avouer qu'on peut encore aimer k choisir entre ces deux étymologies, même après celle que nous a donnée l'illustre SU— vestre de Sacy, dans ces Observations sur le nom des Pyramides (Magasin Encyclopédique).
Les pyramides de Saccara , plus anciennes que celles de Ghisé , sont construites en briques, comme l'était l'ancien temple, ou Pyrée, ou tombeau de Bel a Babylone.
Celles de Ghisé sont situées précisément aux environs de la Babylone d'Egypte , de la nouvelle Babylone , bâtie par les Chaldcens , comme l'enseignent Diodore de Sicile et Strabon.
Le premier de ces auteurs nous apprend que Sémiramis avait fait élever, dans une des principales rues de Babylone surl'Euphrate, un obélisque haut de cent trois pieds , et construit en pierres tirées , non pas d'Egypte , mais des montagnes d'Arménie.