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commode que la première , et contient l'addition précieuse de cent trente mots dans les langues connues d'Afrique et d'Amérique.
La plupart des écrivains comparateurs des langues ont préféré de publier, au lieu de mots indépendant un ou plusieurs textes, et particulièrement des versions de l'oraison dominicale. M. Adelujig, qui , après avoir discuté -dans sa préface les avantages et les inconvéniens des deux méthodes, ^préféré la seconde , a rédigé à part une bibliothèque raisonnéë de ces derniers auteurs , qui forme un utile appendice de ce premier volume du Mithridate. Ce morceau .curieux finit par la. notice de la magnifique polyglotte du Pater en cent cinquante langues, publiée en i8o5, avec les. caractères exo« tiques, à l'Imprimerie Impériale, sous la.directioa de M. Marcel , pour être offerte aq Pape Pie YH* pendant son séjour à Paris.
Notre auteur fait connaître dans son appendice l'autre polyglotte semblable, qui est la, plus riche, mais toute en lettres romaines :. on la doit encore à Hervas. Ce livre est intitulé : Sagffio praUica délie lingue y con prolegomeni y e una raccolta di otaziôni dominicali > in piii di trecentoLingu** dialetti, Cœsena, 1782, in-4°. Adelung a saisi Toccar ston pour rendre compte de plusieurs autres ouvea-f: ges d'Hervas, en particulier de son Vocabolario* poliglotto y en cent cinquante-quatre langues ; .et de son Catalogo délie lingue conosciute, e notizia detta loro affinité e diversité. Il ne cite du Caia*
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logo y que l'édition italienne, tandis que cet ouvrage a été refondu et augmenté par le savant auteur, en espagnol, et publié à Madrid, 1S00 — i8o5, in-4V 6 vol. Les quatrième, cinquième et sixième contiennent , sur là langue ibérique , qui a occupé une partie de lltalie , Ta Gaule Méridionale 9 l'Espagne et le Portugal -, et Sur la langue celtique, des recherches fort étendues.
U est bien à désirer que le docte Hervas achève ce livre important , sans doute le plus digne de rivaliser avec le nouveau Mithridate, et où Ton trouve déjà ce qui regarde lès langues mortes et vivantes de l'Asie , tte l'Amérique et de l'Europe, à l'exception du grec , du latin et de leufs dérivés.
On voudra bien nous permettre encore d'exprimer un vœu analogue : puisse le savant Christ. Théoph. de Murr parvenir k mettre au jour la Bibliotheca glottica universalis , dont il s'occupe depuis cinquante ans , et dont il a publié l'intéressant Conspectusy en 1804, à Nuremberg, in-8°, 3s pages.
Adelung, dans son Mithridate, ne se borne pas h recueillir des versions du Pater; il a le mérite difficile et unique d'en donner aussi des analyses grammaticales , et quand les Paters lui manquent, des versions d'autres morceaux , tout au moins, de légers essais de Glossaires.
Il rassemble des notions géographiques et historiques sur les peuples dont il fait connaître lès langues ; il expose les caractères les plus remarquables
distinctifs de chaque idiome principal ; il discote avec autant de brièveté que d'érudition, les points 'd'histoire ou d'antiquité les plus remarquables concernant les langues , ou même leurs écritures propres; il donne sur les idiomes de l'Asie, et de ses lies si nombreuses , une bibliothèque d'alphabets , de grammaires et de dictionuaires , beaucoup [Jus étendue que celle de Marsden, toujours savante ■ et utile, et cependant quelquefois, si nous osons le dire, un peu défectueuse , ou par manque de choix, ou par des omissions remarquables.
On voit avec satisfaction que les ouvrages de nos savans français , qu'il a dû trouver sur sa route , ceux des Silwstre de Sacy, des Langlès, des Volney, des Bougaicville , etc. , lui sont bien connus, et qu'il sait leur rendre justice.
Il faut lire , dans l'ouvrage même , une introduction intéressante sur là formation et le perfectionnement des langues.
L'auteur fait profession de ne suivre aucune opinion particulière sur leur origine. Il recueille, il classe des faits ; il laisse h ses successeurs le soin périlleux de les systématiser,
1 Vill Marsden Catalogue of Dictionaries , focabularies , Grammars and alphabets. London, 1796, in-4°, ' t°1* H nous a été permit d'examiner cet ouvrage et beaucoup d'autres, qui ne se trouvent pat ailleurs, dans le plus riche muséum de France, en livres modernes om nouveaux , de littérature étrangère , de toute langue et de tout genre , dans le cabinet de M. Langlès , de ce savant généreux , si empressé à communiquer aux gens de lettres et ses rares connaissances et son anaarnifique dépôt littéraire. Le Catalogue de Marsden est remarquable par des indications étendues sur la langue celtique.
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Cependant il compte fort légèrement, p. 22, des milliers d années innombrables depuis la création de l'homme; p. 3 — 24, il renouvelle et s'efforce de justifier l'hypothèse , qui place dans le beau pays de Cachemire la première station de cette famille qui survécut au déluge ; et il s'occupe d'abord des langues monosyllabiques , comme devant être présumées les plus anciennes. Ce sont les langues de la Chine et du Tibet, d'Ava ou du nouvel empire des Birmaus, du Pégu, du Tonquin , de la Cochinchine , de Camboye , de Laos et du royaume de Siam.
De là il passe aux langues polysyllabiques ; d'abord à la langue malaie , qui domine dans les îles innombrables de la mer du Sud, puis à l'antique Samscrda et à ses nombreux dialectes vivans, aux idiomes mède et persan, aux langues appelées sémitiques par beaucoup de savans de nos jours , et qu'on désigne communément, dans un- sens spécial, sous le nom de langues orientales.
Viennent ensuite les langues de l'Arménie, de la Géorgie, du Caucase* de l'immense Tatarie, de tout le nord de l'Asie , enfin des îles à l'orien* et à l'occident de l'Asie , des îles méridionales des Indes et de celles de la mer du Sud.
C'est dans cet espace qu'il trouve et qu'il decri? ou indique cent cinquante-neuf langues ou dialectes.
Jje$ bornes de cet extrait, déjà bieq loug, ne
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nous permettent pas de suivre l'auteur dans ses détails sur chaque idiome. Nous pourrons y revenir dans quelques extraits particuliers.
Encore deux observations.
L'auteur s'étend , avec une complaisance dont les sa vans lui sauront gré , sur le samscrda et ses dérivés, qui couvrent les deux vastes presqu'îles des Indes Orientales , etc. , et qui ont des analogies si curieuses et si frappantes avec le chaldaique, avec l'ancien et le nouveau persan , avec le celtique, le grec et le latin, en général avec la plupart des langues de l'Europe.
11 donne en vingt-six pages un petit glossaire du samscrda, où se trouvent pourtant certains mots qui semblent n'appartenir qu'à quelque bhâchâ; et ce glossaire est d'autant plus intéressant , que tous les mots y sont comparés avec les mots analogues d'autres langues de l'Asie et de l'Europe.
Enfin , pour terminer par où il aurait fallu peutêtre commencer, nous remarquerons, sur le premier mot du titre , que l'énigme n'en est pas difficile à deviner, quand on se rappelle ce qui est dit du fameux Mithridate , qu'il parlait en vingt-deux idiomes différons; quand on sait que le célèbre Conrad Gessner donna autrefois le titre Az Mithridate à un petit livre bien remarquable , lorsqu'il parut , à un essai comparatif des langues , qu'on aurait dû jadis réimprimer souvent , et dont voici l'indication exacte : Mithridates, de differentiïs
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linguarum, tum veterum, tum quœ kodie apud dwersas naiiones in toto orbe terrarum in usu sunt, observationes . Tiguri, i555, in-8*.
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