‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 84 sur 101 · IV · texte numérisé non relu

IV

Cet appel fut entendu , ou bien, il faut le dire , de grands hommes se rencontrèrent sur la même route, sans le savoir. Dès 1660, les solitaires de Port-Royal publièrent la première édition de leur Grammaire Générale, et, en 1670, leur Logique y ou Art de Penser, livres où se trouvent naturellement bien des choses* qui regardent aussi la science grammaticale. Ces deux ouvrages ont fait époque, ont été, sont encore très-utiles, ont toujours eu un grand succès. Les traductions , les éditions, les commentaires s'en sont multipliés jusqu'à ces derniers tems.

Vers le même tems, Tévêque Wilkins faisait paraître eh anglais son Essai de Grammaire Philosophique. Il entendit parla l'invention d'une langue universelle , langue générale et neuve pour les savans , c'est-à-dire d'une langue parfaite , ou du moins très perfectionnée , coulée, pour ainsi dire, en moule d'un seul jet, devant à l'analogie la mieux observée toutes ses expressions , où les mots seraient toujours en rapport avec les idées,' et où les règles de la syntaxe faciliteraient la justesse et la clarté du .raisonnement. Pour que rien n'y manquât, Wilkins proposait aussi une écriture universelle, autrement une pasigraphie. Ce brillant projet

ris. Dès 1638 Gaspar Scioppus , grammairien aussi habile que présomptueux , mit au jour sa prétendue Grammaire Philosophique , in-12 , en latin. Mais le titre est trompeur ; l'ouvrage , souvent imprimé , n'est qu'une bonne grammaire latine , par demandes et par réponses , d'après la Minerva de Sanchez. ,

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prit de l'homme, a la faiblesse incurable de ses facultés intellectuelles et de sa volonté.

On doit porter a-peu près le même jugement de la Poly graphie de Hôurwitz , ou de VArt de Car* respondre, à F aide dun Dictionnaire, dans toutes les Langues , même dans celles* dont on ne pos* sède pas seulement les lettres alphabétiques l • Cette polygraphie a été approuvée, dil-il *,. par l'Institut de Bologne et par plusieurs autres sociétés savantes. Il paraît qu'en France on se montra plus difficile, puisque l'auteur s'est plaint si amèrement 3 du silence qu'a voulu observer sur cet ouvrage la troisième classe de l'Institut, refusant de céder k des provocations vives et réitérées.

Toutes ces recherches appartiennent sans doute à la grammaire générale. Pour terminer de suite ce qu'on range sous le nom de langue universelle , j'ajoute que Cbndorcet, dans son livre posthume 4, admirable sous tant de points de vue, et sous Vautres bien dignes de pitié , appelle, non sans raison, langue universelle , toute nomenclature technique et même toute collection de signes inventée ou perfectionnée , pour exposer d'une manière plus aisée ou plus utile, la théorie d'une science ou d'un art, ou quelque vérité, ou quelque méthode.

Une pareille nomenclature n'a pas l'inconvé-

1 Pari* , an ix , in-8°, 114 pages.

* Origine des Langues , par Honrwitz , page 1 7.

3 Origine des Langues , par Hourwifts , page 45*

4 Esquisse des Progrès de F Esprit humain i pages 377*379,

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dessus y dit-il , aucun doute, s* il voulait offrir au lecteur V analyse de toutes ces productions.

Cependant , il se plaint du ton tranchant de Duclos , et de la manière impolie des philosophes , qui ne persuadaient pas y mais qui commandaient; et il ajoute aussitôt : Ce charlatanisme est passé de mode ; on a reconnu que la défiance de soimême est le principal caractère de la justesse et de Fétendue d'un bon esprit.

Je puis donc sans obstacle continuer la tâche que je me suis imposée ; j'ai d'ailleurs trop de respect envers tant de noips illustres, qui vont se rencontrer dans ma iœvue, pour m'imaginer que l'opinion de cet éditeur soit jamais partagée par le public impartial .

Le professeur de géométrie Jean Wallis donna, en 1674, en tête de sa Grammaire Anglaise , un Traité Physique de la Formqtion de la Parole , traité que je cite, moins par son utilité actuelle, que parce qu'il est en un bel ordre et dans un vaste plan, je crois, le premier qui ait paru sur cette matière où G-ébelin s'est disûugué si honorablement.

On a un essai de comparaison entre quelques idiomes les plus connus, dans le Traité des Langues, où l'on remarque leurs perfections et leurs défauts-, par Dutremblay , i683, i vol. in-8°.

Le livre célèbre de V Entendement Humain, par Locke , appartient plus k l'idéologie qu'à la grammaire proprement dite ; je dois rappeler néanmoins

que le troisième livre de cette production si remarquable est une belle esquisse d'un traité des mots considérés comme signes de nos idées.

Après les savans de Port-Royal, lç premier en France qui ait cultivé tout à-la-fois la grammaire générale et notre grammairèpropre, avec un esprit vraiment philosophique , et autant de succès que de zèle et de talent , c'est l'abbé de Dangeau, trèsversé dans plusieurs langues anciennes et modernes, ayant fait de la sienne une étude continuelle. Il mit au jour, de 1684 à 1722 , ses Réflexions sur toutes les Parties de la Grammaire, 1 vol. in- 12 ; et, de 1690 à 1722, sous les titres modestes d' 04servations, d'Essais , d 'Idées , de petits ouvrages in-8° , sur diverses parties de la science grammaticale, qu'il se contentait de distribuer à quelques amis, et qui sont devenus d'une extrême rareté '. Il serait bien tems de rassembler et de publier tous ces écrits estimés des connaisseurs ; et il conviendrait que ce filt sans altérer l'orthographe de l'auteur, curieuse peinture de la prononciation de son tems. Celui qui se chargerait de cette tâche pourrait tout renfermer dans un seul vol. in-8°, et il rendrait service à notre littérature.

La Grammaire Française de l'académicien Régnier eut long-tems la vogue. Je ne m'y arrête pas, attendu qu'elle est peu remarquable sous le point de vue de grammaire générale.

1 M. Barbier, bibliothécaire du conseil -d'état , en possède une collection qu'il a bien youIu me communiquer.

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Le père Lami, dans sa Rhétorique; le père Buffier, l'abbé Girard, dans leurs ouvrages sur la langue française 5 ensuite M. Dacarcq, dans sa Grammaire Française Philosophique (Paris, 1761, 3 vol. in-12), se montrèrent habiles dans les principes généraux de la grammaire, ingénieux, précis, et assez exacts dans la manière de les présenter. Les deux derniers ont le mérite d'avoir offert k leurs contemporains quelques vues nouvelles.

L'abbé Fromant et Duclos ont chacun , par ses corrections, remarques et additions, beaucoup amélioré la grammaire de Port-Royal, et se sont placés eux-mêmes au rang des meilleurs grammairiens.

En 1751, l'Anglais Jacques Harris publia son Hermès ', plusieurs fois réimprimé depuis. C'est une pure grammaire générale, et, je crois, la première qui ait paru depuis celle de Port-Royal. Malgré l'obscurité où quelquefois l'auteur s'enveloppe; malgré sa prédilection pour les anciennes doctrines grecques, qui sont peu exactes ; malgré des erreurs évidentes, Y Hermès, fort vanté autrefois, est estimé encore. J'ai déjà dit que M. Thurot l'a traduit en français *, et qu'il y a joint une savante préface. Les remarques et les additions du traducteur sont estimées.

Vers le même tems vivait notre célèbre Dumarsais, qui a recherché avec beaucoup de jugement

1 Hermès, or a Philosophical Inquiry concerning Language and Univenal Grammar (by James Harris), London, 1761 , in-8°, i ▼. * Vofez ci-dessus.

et d'érudition les principes du langage, et les a expliqués avec autant de simplicité que de clarté»

Dès 1722, il avait proposé , pour étudier les langues , la méthode ingénieuse et facile des versions interlinéaires , accompagnées d'explications grammaticales, méthode reproduite, en 1751, par un maître habile, Plucbe, dans sa Mécanique des Langues.

Une espèce de grammaire générale, peu connue, peu savante, mais remarquable par la brièveté, par l'élégance et la clarté du style , et par quelques idées nouvelles au tems où elle parut, est la Théo* rie Nouvelle de la Parole et des Langues, contenant une Critique Abrégée de tous les Grammairiens Anciens et Modernes y par JLe Blanc; Paris, 1750, in- 12 de 190p. -.■:?*■

En 1 735 , Dumarsais donna stafrutile Traité des Tropes ; en 1751, l'intéressante préface du Traité Général de Grammaire qu'il méditait j enfin , on lui doit les articles de grammaire générale insérés dans les premiers volumes de Y Encyclopédie. Si l'auteur, décédé en 1756, avait pu continuer ce travail , qu'il avait poussé presque k la moitié ; s'il avait pu ensuite revoir ses articles et les coordonner , nous aurions de lui une grammaire générale assez complète , où il eût surpassé tous ses devanciers. Ces mêmes articles ont été publiés à part, en 1793 et en 1798 , et dans le recueil des œuvres de l'auteur, recueil pseudonyme, quant aux écrits concernant la religion.

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Beauzée, successeur de Dumarsais pour la partie grammaticale de V Encyclopédie , tiendra toujours une place très^distinguée parmi les grammairiens , ne fut-ce que pour avoir rassemblé et mis en ordre, dans sa Grammaire Générale1, pbs de phénomènes grammaticaux , plus de notions exactes et importantes que personne n'avait fait tvant lui , et pour avoir inventé son système et sa nomenclature des tems et des verbes.

À côté de Dumarsais et de Bauzée pour là connaissance des faits grammaticaux , mais au-dessus d'eux pour son esprit inventeu* et son étonnante sagacité, vieïjt s'offrir à nous le président Des Brosses. U expliqua d'une manère neuve les propriétés de l'instrument vocal ; i développa l'hypothèse de l'invention naturelle œs langues , et posa fort habilement les bases de la science étymologique. Ce qu'il a écrit sur tous «s objets * sera toujours lu avec fruit. On lui dct ce grand et juste éloge qu'il est resté, en ce *enre, ou évidemment supérieur, ou digne riva de tous ceux qui, de son tems et depuis , ont éc jt sur ces matières , tels que Maupertuis, Adam , Jmith 3, l'abbé Ber-

1 Grammaire Générale, ou Exposition raisonnée des Élémens nécessaires du Langage , pour servir de fondement à t Étude de toutes les Langues» Paris , 1 767 , in-8°, a roi.

* Traité de la Formation Mécaniqy e de Langues. Paris , 1765, et ai* ix ( 1801 ), in~iî v a roi.

. s Dissertation sur la première Formatin des Langues, Cet ouvrage , d'À. Smith , parut en anglais à la sait de la Théorie des Sentir mens Moraux, de Fauteur. Nous en avons tois versions françaises ; Vnne a paru en \~%,<kin» V Encyclopédie Métkdique , au mot Langue du

gier1, Parsons%Herder3? l'abbé Copiqeau4, Agata5, Monboddo, Tuigot 6, le comte de Fraula 7, l'abbé Hervas 8, le do:teur Beattie «, l'abbé Dénina IO , Walter Whiter, Schlcgel M, Pougcns ,a, etc.

Dictionnaire de Gramnaire ; la seconde est due à M. Boulard ; elle est de 1796, Paris, in-8°; la troisième, par M. Manget, fat imprimée à Génère, 1809, in-ia, s»as le titre à' Essai sur la première Formation des Langues, etc. , etc

1 Les Élémens Prinitifs des Langues , etc. , par Bergier, Paris , 1764, in-ia.

* Jam. Par sons, Remrcks ofJaphet being, hictorical Inquiries into the affinity and orign ofthe European Languages; Lond., 176*2.

in-4° 3 Herder. Voy. ici note , p.

* Essai Synthétique ur t Origine de la Formation des Langues, Paris , 1 974 , in-8°.

^Ricerche Philosofich suite Lingue di Diego Colao Agata ; NapoU , 1 774 , in-8°.

6 foyez ses articles de*rammaire , et dans l'Encyclopédie, et dans le Recueil de ses œuvres , pulië par M. Dupont de fomours.

7 Recherches entrepris* pour découvrir la Théorie du Langage , dans les Mémoires de CAadémie de Bruxelles , t. III et IV. Ce sont principalement des tables rnop tiques très-riches de certains mots semblables ou analogues* dans ls langues mortes et virantes de PAsie et de l'Europe.

* Origine, Formaziont, Mechanismo, ed Armonia degtlésowd^ opéra di D.-L. Hervas; tesena, 1784, in-4°. y oyez dans le Mithri date d'Adelung, t. I, psçe 671 , la liste des nombreux bavfttjge* et Hervas, sur les langues.

9 t'oyez note p. 5j5.

10 Voy ex Clef des Langues, ou Observations sur la Formation des Langues, qu on parle 01 qu'on écrit en Europe* Berlin, i8o5, 3 vol. tn-8°. C'est principalemeo un recueil d'étymologie»; il s'y trouve beau* coup plus de ventes que /erreurs.

11 Veber die S proche, ind Weis\heit der Indier... von Friedrich Schlegel, Heidelberg, 808 , in-i a , 3*4 pages. On a la version française d'une partie de cet mvrage , celle qui indique les rapports d* sanscrit avec les principal* langues connues dans le Recueil de M. Hait» get indiqué ci-dessus.

191 M. Pougens, roembr de l'Institut, auteur de Y Essai sur Us

Nous devons à M. Changeux , au judicieux auteur du Traité des Extrêmes , des vues philosophiques très-intéressantes sur la grammaire générale '.

L'auteur grammatical qui eut ensuite le plus grand éclat fut Court de Gébelin, qu'on peut regarder comme un disciple assez fidèle du président Des Brosses et de Beauzée , quoiqu'il ait combattu plusieurs opinions de ce dernier ; mais il a recueilli, expliqué , discuté tout ce qu'on avait éof| de meilleur ayant lui sur les langues, et il y a joint ses propres pensées.

Nous avons de son Monde Primitif, Analysé et Comparé avec le Monde Moderne , et qui parut de 1774 à 1782, 9 vol. in-4% sans compter le volume de Recherches sur le Magnétisme Animal. Le second tome de cotte collection est sa Grammaire universelle et raisonnée; le troisième traite de l'origine du langage et de l'écriture ; le cinquième est un Dictionnaire Étymologique de la Langue Française; le sixième et le septième , un Dictionnaire Étymologique de la Langue Latine, et le neuvième , un Dictionnaire Étymologique de la Langue Grecque. Chacun de ces dictionnaires est précédé d'un discours qui offre de savantes recherches sur l'histoire de ces langues, c'est-à-dire,

gués Septentrionales , Paris , an v, in-8°, est aussi Fauteur du plus garant Dictionnaire étymologique que je connaisse ; ouvrage encore en manuscrit , mais assez complet , et très-etendu sur chaque mot. 1 Paris, 1773, in-ia, 1 vol.

sur leur formation et leurs progrès les plus remarquables. Malgré les méprises que Ton rencontre dans ces ouvrages , ils sont précieux , au moins par leur ensemble et par leurs détails.

Notre auteur a fait époque chez les grammairiens; il eut l'idée heureuse de présenter en un court volume, sous le titre d1 Histoire Naturelle de la Parole, un précis de sa grammaire universelle, et de ses origines du langage et de récriture. C'est le l#re dont nous donnons ici la Seconde édition; il parut en 1776 pour la première fois.

L'année précédente, Condillac avait donné sa grammaire , et obtenu un grand succès à cause de sa première partie intitulée Analyse du Discours, et qui est un bel essai de grammaire générale. La seconde partie est une Grammaire Française en abrégé , fondée sur des principes déjà connus , mais où Ton rencontre des articles faibles, et des erreurs surprenantes dans un tel maître.

A Condillac appartient la gloire d'avoir dit, le premier, que Fart de penser > l'art d'écrire, et l'art de raisonner ne sont qu'un seul et même art. 11 a beaucoup exalté les avantages d'une langue bien faite; c'est une idée que l'auteur n'a pas expliquée suffisamment , et qu'il peut avoir exagérée ; mais elle cache un sens juste, une grand^vérité. Je crois qu'on ne s'est plu à la critiquer très-vivement , que faute de vouloir l'entendre.

Vous trouverez moins de déductions analytiques, mais une clarté , une brièveté , et le .plus fréquem-

raent une exactitude satisfaisante dans la Grammaire générale du P. Xu\icr, de Saint-Lo, capu* cin. C'est un in- 1 3 , de moins de trois cents pages , publié en 1779? qui contient une grammaire générale , une grammaire latine et une grammaire française.

Meiner, habile instituteur allemand , et auteur d'une grammaire hébraïque, publia, en 1781, une grammaire générale qui mérite d'être distinguée1.

Je n'oublierai pas ici le vertueux abbé de TEpée, qui donna , en 1 784 > son livre sur la manière d'instruire les sourds et muets, où il éclaircit plusieurs questions concernant la grammaire générale.

Ce sont ensuite deux étrangers, l'un allemand, l'autre anglais, qui se sont distingués dans cette science. Le premier est le professeur Bernhardi *; le second est Beattie3, qui mourut en 1808, professeur de philosophie à Aberdeen. Leurs ouvrages sont au niveau des connaissances de leur tems.

Nous arrivons à l'époque de 1795, ou furent instituées en France les écoles centrales , remplacées bientôt par les écoles de llUniversité impé-

1 Versuch einer...J/'crnunftlehreJ oder Pkilosophische, and allgegemeine Sprachlehre , von J.-W. Meiner^ Leipzig , 1781 , in-80.

* A. F, Bernhardi! s Sprachlehre , 111-80. Berlin, 1785, deuxième édition ; Berlin , 180 3 , in- 8°, a vol. L'auteur en a donné lui-même un abrégé, A. -F* Bernhardi* s anfange grunds der Sprach JVissenchaff. Berlin, i8o5, 1 vol.

3 James ffeattie, TlieoryofLanguage, in-8°, 1 vol. en deux parties, Londres, 1788. 11 a paru h Gottinguc, en 1790, en 3 vol. in-8°, une version allemande des œuvres de Beattie, par Grosse.

riale , devenue royale comme tout le reste , en

Dans les écoles centrales , une chaire de grammaire générale fut substituée*, par la loi , aux anciennes chaires de logique et de métaphysique; et cette innovation , heureuse à divers égards , nous a procuré de bons ouvrages de grammaire générale. Us se trouvent indiqués parmi les suivans , * dont il me reste à rendre compte, et dont je parlerai avec d'autant plus de réserve, que beaucoup de leurs auteurs sont vivans.

La Grammaire Générale analytique , distribuée en cUfférens Mémoires , par Urbain Domergue, Paris, 1793, in-8°, un volume, est un ouvrage estimé et réimprimé plusieurs fois.

En cette même année 1798, parut à Londres, en deux volumes in-8°. La deuxième édition des Paroles Volantes, ou du Traité de V Emploi des Mots y par extension d'un mot à Vautre (Emoc irrcp&vroc, or the Diversions ofParley) , par le célèbre John Horntooke. C'est un livre très-digne d'être étudié et médité. 11 convient d'y joindre Philosophical Essays, bjr Dugald Stewart, Edimbourg, 18 10, in-4% un vol., où l'on trouvera solidement refutées certaines exagérations contraires h la vraie philosophie , à la morale , à la religion , et que Horntooke semble avoir voulu fonder sur quelques-unes de ses recherches léxicologiques.

On connaît les Élémens de Grammaire Générale appliqués à la Langue Française, par R. A. Si-

bE J -D. LAfUUINAIS. 577

card, Paris 9 an vu, in- 8°, deux volumes. L'auteur en a public, en Tan x ou en 1 80 1 , une seconde édition très-augm entée. Cet ouvrage est approprié à l'instruction chrétienne et a celle des sourds et muets.

J'ai souvent cité dans mes notes, avec les justes éloges qu'il mérite, le livre des Principes de la Gramnimre, Générale, par le célèbre. Sylvestre de Sacy, Paris, 1799, in 13. Ce volume, aussitôt qu'il parut, fut traduit en langue danoise, par M. Lang ISissen , professeur de langue grecque a Copenhague . L'auteur en a donné lui-même une seconde édition, corrigée et augmentée, Paris, an xn ou i8o3'« M* le professeur Vater en a publié une version allemande avec des notes, Halle, 1804, in- 8°.

Ceux qui se plaisent aux recherches de philosophie concernant le langage, ont lu ou liront avec iiUerêt et avec fruit celles de M. De Gérando, intitulées : Des Signes et de F Art de Penser considérés dans leurs rapports mutuels, Paris, 1800, in-8°, quatre volumes.

Grammaire générale , adoptée .par l'Institut; par A. Cros, Paris, 1800, in-12, un volume. Je n'ai pi* m'en procurer la lecture.

L'oqvrage suivant , très en vogue pour l'étude de la langue française , est encore estimé pour la

1 La troisième édition Tient de paraître à Paris, i8i5, chez Belin et IficoUe, in-13, 3o4 pages. Il n'y a été fait qu'un très-petit nombre de changement , qui n'ont £our objet qu'une plu* grande clarté , une plus grande correction de style.

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