IV
partie qui se rapporte à la grammaire générale : Art de Parler et d Écrire correctement la langue Française, ou Grammaire Maisonnée à F usage des Étudions ; par de Levisac< Londres et Parts , 1801, in-8% 2 vol.
Dans cette aimée 180*1 , M. Vater, que je viens de citer * digne continuateur du Mkhridqte d'À^ delung i enfin le même qui a donné , en allemand , de savantes grammaires hébraïque y chàldaïqUe , arabe 1 syriaque , russe , fit paraître un essël de grammaire générale Versuch einer allgemeinen Spfuchlehre, mit einer JËinleitung ûber den Begriffund Ursprung der S proche > undêineti Ankange ûber die Anwendung der allgemeinen Sprachlehre , aufdie Grammatik einzelner Sprachén und} ouf Pasigraphiè , in-8°, un volume. Il a refondu et abrégé cet ouvrage , et l'a redonné souS ce titre : Lehrbuch der allgerrteineh Ôtttmmatik mit Vergleichitng edler under heiieter Spracheri) entworfen von Johann Severin ÏTatèf. Halle, i8o5, in-12, un volume. G'eét un petit manuel qui renferme en peu de mots la substahee de bien des volumes. Le même auteur nota a donné, en 181 5 , un catalogue des langues de l'univers , qui fait suite au* trois tomes du Mithridate1.
1 lAngnanim totius orbis Index Alphabetietu , tptàrtdA ghhmrutthat , têxictt , coiJécttoitt* vocabuloruth tetenwêntitr, patrim Jtgvtijfefl/ur, historié athimbnttut'. t vol. iti-S*; BétoKnl , i8o5 , en Motet «a allemand.
DE J.-D. LANJtJlNAIS. 5ft
Les Élément de la Langue Russe, par M. Maudira , Paris , aux ( 1802 ) , m-%° , contiennent , dans l'introduction , un abroge de grammaire générale.
Grammaire Philosophique, ou la Logique , la Métaphysique et la Grammaire réunies; par Dieudontaé Thiébault ,• Parte , 1801 , in-8°, * volumes. Ouvrage quelquefois inexact , souvent diffus, mais que je trouve d'une grande utilité.
On s'accorde k reconnaître un mérite distingué dans la grammaire de M. le comte de Tracy, publiée k Paris , en 1 8o3 , et faisant le second tome de l'Idéologie , par le même auteur. C'est moins , a-t-on dit , un traité de grammaire générée , qu'un cours d'idéologie appliqué k la théorie des langues. Est-ce lk un blâme? non, sang doute; ce doit être une louange; elle est méritée. Il est vrai que M* de Tracy ne prétend pas se montrer toujours Un -philologue profondément érudit. Mais il faut reconnaître qu'il est un raisonneur d'une grande habileté. Il donne, même sur la grammaire, des aperçus fort exacts, et qui ne sont qu'k lui. An surplus, c'est tm bel ouvrage philosophique. Celte idéologie ou traité de l'entendement humain , qui nous prouve , tome premier, que le travail de notre intelligence se réduit k former des jugeifcens , consistant k voir qu'une idée en comprend ou renferme une autre; tome deuxième, que tons les actes de la parole , tous nos discours se réduisent k des propositions qui expriment seulement
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térêt , que les autorités compétentes y ont eu moins d'égard. L'éditeur ou -peut-être l'auteur, M. komercier, s'ayoue possesseur de la première partie de cette, lettre , qui est un traité des élément de la parole et de récriture. 11 est à souhaiter rqu'il veuille bien le rendre public.
Cours Théorique et Pratique de la Langue Française , par Pierre- Antoine Lemare, Paris, 1807, format in-4% oblong, volume premier de 340 pages; volume deuxième de 82 pages, Ce livre est en tableaux synoptiques et raisonnes. On y trouvç , sur des points de grammaire générale , des opinions particulières de l'auteur, dignes, au moins , d'être examinées*
UenseVsaUgemeineSprachlehre,mit TabeUer.
I^eipzig, 1807, ia-8% un volume.
M. Kinker, membre de l'institut de Hollande, seconde classe, a entièrement achevé, dès 181 2, une introduction à la science du langage , ou une grammaire générale , qui semble d'un grand intérêt; j'ignore si elle est publiée. V oyez le Mercure Étranger, Paris, 181 4 > tome III, page 180. M> Ayel Silverstope , membre de l'Académie des Sciences de Stockholm , a publié depuis peu un ouvrage du même genre , en langue suédoise intitulé : Développement Nouveau des Principes fondamentaux de la Grammaire Générale. Voyez ibidem, page 43a. Je n'ai pas lu cet ouvrage ; j'en ai ouï parler avec éloge.
Grammaire Générale Syntliélique, ou Dévelop*
DE J.-D- LAMJ^JINAIS. $fi3
pement des Principes Généraux des Langues , dans % leur origine, leurs progrès et leur perfeçtù}n, méthode nouvelle, etc., par C. Leber, Paris, 1808 > in-8°, un volumç.
Réflexions sur les É lé mens du Discours y par Virard , in 8°, 75 pages, A Grenoble , sans date ; maj$ je crois de 1810. C'est une -vive critique de la nomenclature ordinaire des grammaires.
Grammaire Générale -, par Augustin Fr. D'Estarac , président des écoles centrales des Hautes et Basse* Pyrénées , Paris , 181 1 , deux.vohimes in-8°. C'est un cours de grammaire pour les écoles françaises, en quatre parties; on y trouve i°. *m extrait d'idéologie ou de la formation des idées ; 2? une grammaire générale ; 3° une grammaire française ; 4° Fart de raisonner. Le plan de l'auteur est bien conçu , et généralement bien exécuté. ,
Cours de Langue Française et de Langue Latine comparé^, par M. Maugard, Paris, 181 2 f neuf volumes in 8°. Cet ouvrage est plein d'érudition et d'une saine philosophie grammaticale. Le tome premier, sous le titre de Principes généraux, appartient à la grammaire générale.
Parmi les ouvrages que j'ai cités , il en est un très-petit .nombre où leurs auteurs ont affecté d'énoncer ou d'insinuer des doctrines irréligieuses , fort étrangères au sujet. Je ne peux les approuver; mais j'aime et je loue ce qui me paraît contenir des vérités , quelles que soient les erreurs que j'y
voie semées. De tout ce que je crois bon dans ces mélanges trop communs, je dis avec saint Augus-* tin, tuum est (JUudehim aurum), Domine, ii&V cumque est; et avec l'àpôtre des nations t Omnia probqte, quod bonum est rétine te.
La conclusion qui sort de toutes mes recherches sur la grammaire générale, est celle ci r les modernes ont infiniment surpassé les Grecs et les Romains dans la science des faits grammaticaux , et dans celle de la théorie du langage.
En voici , je crois , la raison : l'étude de l'entendement humain , autrement de la nature de nos idées ot de leur formation , et l'étude des langues comparées, sont les deux ailes de la grammaire; ces deux études manquaient également aux anciens. Quand même ils eussent davantage cultivé la première , leur mépris , soi disant patriotique ,' mais injuste et insensé pour les nations qu'ils appelaient barbares1, les aurait seul empêchés de s'élever jusqu'à la grammaire générale. Au contraire , les modernes , éclairés par une métaphysique plus exacte, animés par la morale divine et toute fraternelle de l'Evangile, ont été [dus sages et plus heureux dans la science des langues. Bacon leur indiqua lès routes de la vraie philosophie ; MM. de Port-Royal , maîtres habiles dans beaucoup de lan-. gués mortes et vivantes , avaient recueilli des faits,
1 II est bon de rappeler que barbare signifie proprement étranger ; c'est encore le sent de ce mot en sanscrit.
m**È*mmaÉÊè&i*rï
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des matériaux pour la science, et ils montrèrent à les mettre en œuvre» Ils étaient portés sur les deux ailes que nous avons indiquées. Leurs successeurs les ont surpassés dans le dernier sièAe et dans celui-ci, tant par la multitude des faits rassemblés, que par le perfectionnement de la théorie. 11 reste encore beaucoup à faire pour achever l'édifice de la science grammaticale. -*#
Je dois maintenant dire un mol de mon travail , comme éditeur.
J'ai respecté le lexte avec scrupule, excepté h la page 173 , édition de 1776 , où il est, je crois , évident que la note est vraiment une portion du texte principal , et que j'ai dû l'y replacer ; j'ai averti de ce changement. Partout j'aurais voulu conserver la pagination de l'édition originale; mais j'ai cédé , sur ce point , à l'opinion du libraire.
Dans la table et dans quelques titres des principales divisions de l'ouvrage , il s'est glissé des erreurs multipliées ; j'ai tâché de les rectifier convenablement ; il serait trop minutieux de donner là-dessus des détails. Que l'on compare cette table, si l'on veut en prendre la peine , dans la première édition et dans celle-ci.
Lies notes font la critique de l'ouvrage et marquent les progrès de la science depuis les quarante ans derniers. Puissent-elles mériter l'honneur d'être critiquées h leur tour ! J'aurais pu en ajouter d'autres; mais j'ai craint que l'on ne trouvât celles-ci encore trop nombreuses ; et je seus qom-
De même , les églises réformées en onl fait des pasteurs, des prédicateurs, des missionitfâres.
Des universités leur ont confçré le doctorat; des tribunaux lçs ont admis k la plaidoirie ; plusieurs gouvernemens en ont fait des généraux. La cour de Berlin a nommé un pègre conseiller-d'état; et c'était assurément l'un des [dus habiles de tous ceux qu'elle a décorés de ce titre. Enfin, des -nègres se sont distingués comme artistes , comme professeurs de langues- anciennes et de langues modernes, de mathématiques et de philosophie rationnelle , et comme médecin^. D'autres ont écrit des ouvrages estimés de littérature , en prose et en vers , des livres d'astronomie, etc. Enfin, Montesquieu accabla de sa raison et de son esprit les apologistes de l'esclavage des nègre§.
Depuis trois siècles, cependant, par une inconséquence qui . surprendrait , si l'inconséquence en tout n'était pas le vice des hommes , nous , blancs , nous achetons , nous vendons les noirs , nous les tenons esclaves , et nous les traitons souvent plus mal que des animaux de service. Nos propres enfitns , les mulâtres et les gens de couleur, nous les tenons dans l'esclavage , ou s'il deviennent libres, nous les accablons de mépris , nous les privons des droits politiques , et , en grande partie , des droits naturels et des droits civils.
Nous vantions notre civilisation, nos lumières; et c'est alors , c'est vers la fin du dix-huitième siècle, que notre joug sur les noirs et sur les gens de
couleur s'est appesanti davantage, que notre raison aveugle a tait , an Sujet des noirs , de grands pas rétrogrades, qu'enfin nous leur avons dit : « Vous n'êtes pas nos frères; vous êtes nos esclaves par nature , une race inférieure ; incapable de perfectionnement moral et de civilisation. ». Ainsi, nous repoussions une vérité reconnue" dans tous lés âges, pour nous justifier & nous-mêmes nos barbaries; ainsi, nous avons calomnié, dégradé nos victimes , pour en perpétuer l'immolation journalière.
Cette contagion d'erreur a séduit même des savans et des philantropes. On pourrait en nommer quelques-uns , qui ont appuyé trop légèrement de leurs suffrages les sophismes de la cupidité. Nous citerons l'illustre présidqpt Jefferson , parce qu'il s'est courageusement rétracté dans une lettre au nègre Bannaker, astronome distingué en Amérique ; et parce qu'il a constamment provoqué la liberté des noirs, leur instruction et les autres moyens d'améliorer leur sort.
Des représailles , horribles sans doute , mats aussi des représailles provoquées par des excès non moins odieux , ont exalté l'orgueil et les préjugés de certains blancs, ont produit chez eux ce délire, s'il faut l'appeler par son nom , que l'on remarque avec peine dans quelques ouvrages des plus nouveaux, relatifs aux noirs.
11 fallait donc en revenir aux vérités premières j il fallait montrer aux blancs du dix-neuvième siès»
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cite , que les noirs sont des hommes ; qu'ils savent réussir dans les arts manuels , dans les lettres , le commerce et les sciences; qu'ils sont capables, comme nous , de civilisation , de talens et de vertus.
C'est la thèse, posée par M. G. dans cet ouvrage. H la défend avec les armes qui lui sont dès long-tems familières , celles de la raison , de la religion , du sentiment et de l'érudition la plus étonnante. On aime à voir s'avancer dans cette noble carrière un membre distingué du sénat conservateur et de l'Institut national, un évéque illustre, un écrivain courageux , que rien n'a pu détacher des idées religieuses et libérales , qui s'est montré constamment le patron des opprimés»
Nous croyons devoir commencer cet extrait en mettant sous les yeux des personnes prévenues ce que l'auteur écrit lui-même à la page 281 , et ce que l'intérêt et la passion méconnaissent trop souvent dans les conversations, comme dans les pamphlets :
« De la part des planteurs, c'est une imposture » d'avoir confondu la question de l'émancipation » avec celle de la traite, d'avoir débité que les amis » des noirs voulaient un affranchissement subit et 9 général. Ceux-ci opinaient pour une marche pro- » gressive, qui opérât le bien sans secousse. Tel » était l'avis de l'auteur de cet ouvrage, lorsque, » dans un écrit adressé aux nègres et aux mulâtres » libres y il annonçait (et il annonce encore), qu'un
% ul
.^w -•;'** tous les hommes dont
. - :^iue, sans distinguer si la
.* .1 moins foncée , si les che-
.«•ui> crépus, plus on moins
.? ..a isage sont beaux ou laids,
• .. . l.urope : on sait que les natu-
.^cui-s, parlant même selon ces
..in. .. dire que, sauf la couleur, il y
.ii et de l'autre sexe, éminem-
.».«» ces notions sont justifiées par
..v^ et par des citations convain-
..-^ie a cru trouver jusque dans le
uc-po de la couleur qui distingue les
* ^%io> conviennent que le cerveau est
.% . uteur chez les noirs et chez les blancs.
^ Vil aperçoivent ce principe, ceux-ci
„.i.l .nus foncée de la bile, ceux-là dans
.t la membrane réticulaire, beaucoup
,^c\ateurs contestent la vérilé de ces
v vWl'iii'z celle qui vous plaira d'entre ces
x* -k-si'S» vous aurez reculé la difliculté;
tviivz pas résolue. Quels que soient les
K:c la couleur noire et ceux des autres
^ ùu s;cure humain , il laut toujours exaim-
fc ^ause primordiale de ces principes , et des
• ion \eut expliquer, est, dans le climat, se-
. ivir d'autres circonstances accidentelles. Or
! v qu'enseignent les naturalistes, ce que
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soutiennent Billion, Camper, Bonn, Zfcnmermarin, Blumcnbach, Chardel, qui a tradtft en Français Fouvrage de Blumenbach , De Varietctte Genériè Humani; Stanhope Smith , Imlay, Cuvier, Gall, Meiners, Osiander, Lacépède, etc., etc. (Voyez pages' 16 et 23 de l'ouvrage de M. G.)
Aussi, en Guinée, non» seulement les homme4,' mais les chiens, les oiseaux, surtout les gallinacéès, sont noirs , pendant que les animairx sont blancs sur les bords des mers glaciales.
Les descendans des Portugais établis au Congo/ et sur d'autres points de l'Afrique , sont devenus nègres.
Chez lès nègres même, les parties moins exposées au soleil, comme les entre doigts et la plante des pieds, ne sont que blafardes.
Les esclaves noirs , lorsqu'ils sont bien nourris , bien soignés, subissent dans leurs traits et leur physionomie une changement visible , en même tems qu'ils gagnent au moral'.
Enfin , il est assez connu qu'une maladie x rend les blancs tout-h-faits noirs, et donne aux nègres la couleur blanche.
D'après ces faits, et d'autres encore, l'auteur ayant prouvé que la couleur n'est qu'un accident chez les nègres, examine, dès le premier chapitre,
1 II faut remarquer aussi, que, selon Valentin et cTautres observateurs, Us nègres-blanc* de 111e de Jara , qu'on appelle Kakerlagwes, ne sont point des malades , et qu'ils naissent de père et mère, nègres , bien portails.