PÉNALES
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Discite justitiam et veStràs non cadere fratres , Non hominum atfnci proscinder* terga fiasjello.
AVERTISSEMENT
On sait assez que , dès avant 1 78g , la peine de la bastonnade n'existait en France , ni dans les lois ni dans l'usage. On sait que, depuis 1789, nous ne connaissons plus guère que des flagellations domestiques. Pourtant , ceux qui savent lire, parce qu'ils savent penser,' ne trouveront pas dénuée d'intérêt le» faits antiques et modernes accumulés dans ce petit recueil. D'atroces flagellations sont encore chez nous infligées sans loi qui les autorise ; des corrections pernicieuses ont lien encore dans quelques écoles obscures du royaume; et tant que l'esclavage subsistera dans nos colonies , les verges et les
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DE J.-D. LANJUINAIS. fao
fouets y seront, contre nos frères , les moins barbares bistro-* mens de supplice. D'ailleurs la France n'est pas tout le monde : il est donc utile , important même pour les habitans de ce royaume et des pays soumis à la domination française , de connaître , d'apprécier les traitemens' honteux , les arbitraires et affreuses tortures , en un mot , les bastonnades et les flagellations de toutes sortes , qu'on a. fait subir jusqu'à présent , avec couleur de droit , aux hommes et aux femmes, sur presque tout le globe terrestre. Il n'existe peut-être pas de moyen plus efficace d'éclairer, de prémunir le monde contre les abus de la force , et de contribuer à en affranchir la famille humaine.
J'avais pensé à donner un chapitre sur les flagellations volontaires et dévotieuses. J'eusse commencé pas celle des idolâtres , se faisant eux-mêmes et leurs enfans les esclaves fustigés des faux dieux qu'ils adoraient. J'eusse indiqué les flagellations volontaires publiques et privées que le zèle excessif) l'ignorance profonde , et l'esprit de domination cléricale introduisirent dans l'église latine dès le onzième siècle , et rendirent communes dans la suite en plusieurs pays. J'aurais nommé quelques-uns des empereurs, des rois, des princes qui donnèrent l'exemple de ces pratiques beaucoup plus aisées que l'observation de l'évangile ; et parmi eux j'aurais montré l'un de nos rois les plus dissolus , et ses flatteurs , les compagnons de ses désordres , se fouettant avec pompe au milieu des rues de Paris.
J'eusse observé qu'on se donne encore la discipline en assemblées périodiques dans nos maisons religieuses ; mais c'est en chambre close et dans les ténèbres , avec l'approbation de différées supérieurs, qu'on ne soupçonne pas d'user pour eux-mêmes de cette bizarre panacée. Il est vrai que nos livres sacrés n'en parlent point. J'aurais donc puisé dans les traités du savant et pieux Gerson , et du respectable abbé Boileau ,
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de fortes objection» contre ces pratiques ; et , d'après la censure du livre de Boileau, par J.—B. Thiers, d'après un autre fameux livre écrit par le jésuite Gretzer, j'aurais dit les prétendus avantages spirituels de ces modernes pénitences ; enfin, j'aurais dû en exposer les inconvéniens , et même réveiller peut-être le triste souvenir des flagellations de femmes dans les églises de jésuites de Flandre et d'Espagne ft, et le sale procès de 1731 , entre un jésuite de D6lc et sa pénitente , produire peut-être encore d'autres citations non moins délicates. J'ai mieux aimé renoncer a écrire sur un sujet si épineux, si scabreux , si dangereux pour les bonnes mœurs , si affligeant , surtout pour des chrétiens et des catholiques.
1 Voytsi Catéchisme dei Jesuiti, in-8°. Lipua , i8ao, p. 474*479" Mémoires sur tOrUnianisme , etc. , p. 172 et 173.
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