‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 90 sur 101 · CHAPITRE CREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE CREMIER

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Sous les noms génériques de bastonnade et de flagellation, l'on comprend toutes ces pupitions dignes d'Alger , Tunis et Maroc, infligées aux créatures humaines , en les frappant a nu avec une ou plusieurs baguettes , verges ou bâtons, naturels ou factices, armés souvent de diverses espèces de nœuds, chaînes ou cordes, osselets ou lanières de cuir, de métal ou de tissus quelconques, plus ou moins contondans ou déchirans. Si j'en voulais dire les noms et les particularités d'après les anciennes langues, et les anciens textes, les différens avis des critiques modernes , cela seul fournirait un ou

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Mt-êtt'

63o OEUVRES

de fortes objections contre ces pratiques ; et , ■

sure du livre de Boîleau, par J.— B. Thiers, <

fameux livre écrit par le jésuite Grctzer, j'

tendus avantages spirituels de ces moderne

j'aurais dû en exposer les inconvénient

peut-être le triste souvenir des flagelli

les églises de jésuites de Flandre et

procès de 1781, entre un jésuite ' 1 viennent

produire peut-être encore d'autres ,•$ contraire

cates. J'ai mieux aimé renoncer : j rnultiblient i&

neux, si scabreux , si dangero. ^ justice, de dé-

affligeant , surtout pour des cl* • /v. /#■

& ' r .< uneur avaient fa"

:i{«es parties de l'Eu-'

• Voyez Catéchisme dei Je, "£ & «'«g**» oÙ l'homme

Mémoires sur tOrhinianisw ... jhose , et non C0Iîim6

ai . compie il battrait en

^4 . un cheval , un âne , et

n.c u* raison, l'humanité, les

+*.»* ipplaudi h cette réforme

^^ t nécessaire non moins h la

û* .tu bonheur de tout le genre

M >> -.K on a, dans le beau royaume

lt*ue peine , par forme d'essai ,

Jgr,toange suivant le bon plaisir, sans

k ««**. *i P*r s'mp'e commandement

^ . h -M* s musulman. On assure que

^, j MKivt >Vn est suivie en pleine rue.

__ ;, ou 1 $'.ï4* Jans l'Espagne rendue

^j^Iu. Je* hommes juridiquement con-

• "**' tCt;%oa* chacun des volées de coups de

" J.-D. I.ANJU1NA1S. 633

muré que le gouvernement

^ rétabli quelque jour.

■ir imprudence de

c dans les rues,

;n du bourreau l.

• r^ucilleux empire

; -dessous de seize ans,

légale, encourue pour

.i.iiiincspar un seul homme

ih' ii quatre-vingts coups de

i i.ique jour pendant trois mois %

s matelots , pour simples fautes de

hissent fréquemment de cruelles fla-

utre de la catholicité, au milieu des relàus les plus notoires dans les mœurs , on a vu litre, en 1823, une loi déplorable de Pie VII , Diir forcer les iuils domiciliés a Rome d'entendre chaque semaine un sermon qu'ils croient plein de blasphèmes , et pour faire condamner au fouet les chrétiens ou autres qui auraient osé rire d'un spectacle si bizarre.

La bastonnade et le fouet sont encore usités généralement chez les peuples même les plus civilisés

1 Voyez le Pilote , feuille quotidienne publiée a Paris, 16 mai i8?4> Voyez dans la même feuille , un n° d'octobre même année. Ibidem , n° du i5 novembre i8a4 » p. i , col. a.

2 Revue Encyclopédique , avril i8?4 » P* *3i«

3 Voyez les extraits des Voyages de M . Dupin dans la Grande-Bretagne , parti» In ; et ci-dessous, chap. th.

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^ ^ t ie l'avis do tous jb Fesclavage, né auvent d'anthro- .«utiiain, et dont subdans les lois et les ^houime, ou chas- . professa le briganmÀ des bois ou des m.iucbe , aussi terrises débauches. Il .impie* geôlier rigou- ^tt&e de ses serviteurs ^^tnne> et de ses enfans.

k je jes mutiler , ses ser- . La bastonnade

^t leur salaire, leur s^ïiicv le moins rafliné.

DEJ.-D. LANJUINAI8. 635

Lorsque les états se formèrent , ils eurent ordinairement pour base l'esclavage du plus grand nombre , et la tyrannie domestique servit de modèle , sous bien des rapports , aux gouvernemens , aux républiques démocratiques et aristocratiques , de même qu'aux monarchies. Dès ayant qu'il y eut des philosophes grecs , on avait apparemment découvert ou cru découvrir qu'il y a des esclaves par nature , et qu'un maître, comme dit encore Ans* tote, ne peut pas faire injustice h son esclave. Ainsi les lois confirmèrent partout l'esclavage ; partout il fot également cruel , excepté chez les Israélites ; et, par une extension trop naturelle , les punitions des esclaves furent infligées fréquemment aux citoyens, pour des torts légers, mais d'ordinaire sans infamie légale ou spéciale. Ainsi les bastonnades, les flagellations plus ou moins sanguinaires, les flétrissures et les mutilations les plus douloureuses furent partout les corrections et les chàtimens des hommes libres ; ainsi la condition d'esclave chez le créancier, d'esclave exposé aux plus vils, aux plus cruels chàtimens, fût imposée par les lois aux débiteurs insolvables ; et de là vint dans l'origine, ce qui nous reste aujourd'hui même en Europe de contrainte par corps sans délit constaté devant les juges compétens.

Les rois eux-mêmes administraient le supplice de la bastonnade. N'a t-on pas vu des pachas et des sultans couper les têtes , ou les faire couper assis en fumant leur pipe ? Ecoutons Homère , ce véri-

le rire

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DE J.-D. LANJUINA1S. 63 7

devinssent trop nombreux. Esclaves, ils avaient fait sous le bâton les plus durs travaux ; et sous le ré* gime légal , les affranchis et même les hommes libres de naissance, mais pauvres, furent et sont encore, en bien des pays, déclares corvéables. Comme nos esclaves dans les colonies européennes, ils s'acquittaient de leurs corvées sous le bâton du patron ou de ses a gens , ou des agens des autorités locales. Les soldats de toutes armes et les gens de mer firent sous le bâton leur apprentissage et leur service. Que de guerriers, en Europe, sont encore sujets k la schlague > au knout, k la cravache l Avant une meilleure civilisation, les maîtres torturaient k volonté leurs serfs et leurs débiteurs ', soit pour les punir ou s'en faire payer, soit pour obtenir la confession de quelque faute. Les lois de l'état et ensuite les règles impies des inquisitions soumirent les prévenus ou convaincus de méfaits , ou de paroles, ou d'opinions réputées criminelles à la torture du bâton ou du fouet pour les forcer de s'accuser eux-mêmes, et de préparer ainsi leur dernier supplice. La torture du secret, cette torture prolongée quelquefois pendant plus de cent jours, plusieurs de nos juges instructeurs l'ont imposée , même depuis la restauration, à des Français constitutionnellement libres. L'esclavage avait fait inventer la traite inhumaine des noirs et des blancs ; et

1 Evangile de saint Mathieu , ohap. fV, v. 34 , mot Tortoribus, Lettres de quelques Juifs, par l'abbé Goénée, in-JK Pari», 3*6 #3*8.

cette traite infâme, accompagnée , précédée, suivie d'iniquités monstrueuses, n'est point encore un crime légal, même pour des Français ; tandis que notre Code, nos usages punissent des délits comme de grands crimes, et de simples contraventibns comme de graves délits.

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