‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 91 sur 101 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Si la bastonnade est fort odieuse dans sa nature et -dans son origine, elle ne Test pas moins dans ses vicissitudes chez les diflerens peuples du monde , soit qu'on l'ait infligée par puissance laïcale ou par autorité ecclésiastique.

Chez les Egyptiens, ce châtiment était sans doute fort en usage. Voici comme il est figuré dans un hypogée trouvé en Egypte, creusé et sculpté dans le roc : le patient, mis à nu, est couché sur le ventre ; un exécuteur lui tient les pieds assujétîs , un second lui tient les bras allongés au-dessus de la tète , pendant qu'un troisième fait agir le fatal bâton. Une scène pareille, en peinture , se voit dans un monument de Thèbes. Dans cet hypogée , le spectacle est précisément tel qu'on peut le voir en nature journellement, et plusieurs fois par jour répété avec «ne grande prestesse , dans les rues et

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DK J.-D. LANJUIIVAIS. 639

dans les places du Caire. Voyez Description de F Egypte , planches , Antiquités, vol. 4? pi* &>, fig. 10; Description, chap. vi, page 3i; enfin, Description des Hypogées , ch. ix, pag. 35 1. Je tiens ces indications de mon savant confrère M. Jomard.

Chez les Israélites, parmi lesquels l'esclavage était 'admirablement adouci , finissant k la septième année sabbatique et à chaque année jubilaire, Moïse avait conservé la peine de la bastonnade, modifiée pourtant avec prudence et humanité.

Ni le roi , ni le pontife, ni aucun des lévites s'avaient droit personnellement de faire bâtonner, ni même de censurer, d'excommunier personne ; et la juridiction criminelle n'appartenait qu'à rassemblée des juges, qui étaient des espèces de jurés.

En second lieu , la peine était modérée par une défense expresse de faire donner jamais plus de quarante coups de bâton, « de peur, dit la loi; que » le mal ne soit trop grand, et que ton frère ne soit » indignement traité sous tes yeux. » La loi voulut aussi que le nombre des coups fut proportionné au délit. {Deut. ch. xxv.) Pat l'usage et la tradition , ces quarante coups furent réduits à trepteneuf. Malgré cette fixation k trente neuf coups, on a lieu de croire que la ba$tonnadè hébraïque était quelquefois , par abus de puissance , un châtiment très-cruel. On peut en juger d'après cette horrible réponse que le roi Roboam , séduit par ses jeunes courtisans , fit au peuple qui le suppliait d'adoucir

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le joug dont son père Salomon, déserteur, de la sagesse, les avait chargés : « Mon père vous frarp- » pait avec de simples fouets ; et moi , je vous frap- » perai avec des fouets armes de fer. »

Autre singularité qui ne se trouve point chez les autres nations : le roi, le chef de la synagogue, le grand pontife , les prêtres consacrés furent sujets à la bastonnade comme les autres citoyens l . L'on trouvera , chapitre ix , des faits açsez modernes et aiçsi étpnnans arrivés chez les chrétiens..

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