‹ Œuvres de J. D. Lanjuinais (volume 4)Chapitre 93 sur 101 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

BAftTOHIUJIB S!f GWKB.

Mais c'est particulièrement chez le» Chinois, qu'où a si bien qualifiés de peuple serf mené par des Tartares ; c'est dans les lois romaine*, dans les lois germaniques et dans la jurisprudence musulmane , dans le droit ecclésiastique et militaire des Européens , dans les usages des Anglais , des Allemands et des Russes qu'il est curieux de considérer la bastonnade et les flagellations.

La Chine , dont on a préconisé la sage constitution y est à bien des égards une monarchie très-

DE J.-D. LÀNJUIHAIS. 6(3

despotique. On peut s'y racheter de l'esclavage ; mais la quantité des esclaves y est énorme, et l'ex* périence a prouvé qu'il n'y a point de liberté ni de justice véritables , k moins qu'elles n'existent pour tous les individus. Un peuple soumis à l'arbitraire, ou seulement qui a des esclaves , ne saurait être difficile sur la liberté. Chez un tel peuple, les lois, les juges ? les administrateurs ne ménagent point l'honneur des hommes; l'improbité raffinée y de* vient très-commune , et la morale publique n'y est guère que de l'hypocrisie ' . Le régime du bâton est universel en Chine , et le pan-tsée ou l'humiliante bastonnade y est une correction tres-fréquente , imposée par commandemAt verbal, et même pour des torts qu'il vtrodrait mieux abandonner h la conscience de chacun. Par exemple, les fils, petite fils ou leurs épouses qui se négligent dans le soin de servir père ou mère , aïeuls ou aïeules de sang on d'alliance, sont condamnés à cent coups de pantsée. Il y a même peine pour un frère cadet qui a dit des injures à son aîné. {Mémoires sur les Chinois, in-4*> t. IV, p. i63 et 164. )

1 Nous ne saurfoot nous empêcher de transcrire ici an passage trétrquable de M. Benjami* Constant, <Lnt son trm dé la Aeligiïn, «le. tome I , page ?36 : « La Chine , arec laquelle l'Europe acquiert chaque » jour une ressemblance plu* frappante (est) gouvernée par la gatette » iaspeViaW et par le bâton (©•bien par le fouet , ) triste résultat du des- » potisme et d'une civilisation excessive. La Chine cet , pour lea nations » européennes, ce qu'étaient les momies dans les festins d'Egypte , IV » mage d'un avenir pent-eNtre inévitable sur lequel on sVtonrdit , maie » ver» lequel on aanrchc. à grands pas. »

«ne, comme

- ondées éga-

:r l'esclavage

'Hachent point

npercur chinois

• > hauts person-

. nandarins, et ses

.'esiçncnt sans lui-

.. . .pris cette punition

.*in> respects et leurs

::eme les hauts niagis-

:rii;uet"ois eu pleine au-

^ -Magistrats leurs subor-

» h. «nés correctionnelles en

.-*. *ont Iff bâton pour le

•ut't pour le Mantchou.

: Hin-tsée> tel qu'il se pra-

. ultime ciel et dans les tri-

. ^ . mi digne de la gravité chi-

. . ^ige en pareil cas, dociles

. iv-uidtv geste , s'emparent du

un i plat ventre, et abaissent

^* .. Mjifaux talons. L'un d'eux

^ n-% avec une corde; l'autre,

. .%n le dos du patient, sur ses

v i mmi aise les coups de bam-

v mi plus de cent. Il se pour-

v 'luuiriit sous les coups; mais

. >v , r'est d'abord pour incliner

. .^{ti'à terre, afin d'élever en-

DE J.-D. LAN JUINAIS. 6(5

suite ses humbles regards et sa voix adoucie, jusqu'au magistrat, et de le remercier en bonne forme du soin qu'il a pris de corriger le défaillant. Voy* chap. 4*

Si le condamné est d'une santé faible, son fils ou quelque autre de sa famille , ou même un étranger, moyennant salaire , peut être admis à se faire bâtonner en l'acquit du coupable. Une fois l'ordre énoncé, la chose n'est plus qu'une forme nécessaire : il importe peu qui soit le patient, mais il faut que tout soit accompli dans les règles.

Enfin de très-anciennes lois, plus d'une fois confirmées et perfectionnées, ont admis en Chine, sauf les exceptions, le rachat de la bastonnade et des autres peines corporelles , même du dernier supplice , pour des onces d'or , plus ou moins , selon les cas et les personnes. Il y a sur ce sujet un tarif légal fort minutieux qui doit être soigneusement observé.

Cependant toutes ces corrections , il est aisé de le comprendre, sont presque toujours fort arbitraires ; elles dépendent beaucoup des arrangemens qui se font avec les Louans en place ou en crédit. On peut voir le tarif des échanges de la mutilation, de l'exil ou de la mort en bastonnade, et de la bas* tonnade en onces d'or , dans le Code Pénal de la Chine, publié a Paris, en 1812, chez Le Normand. Voyez aussi V Essai sur la Législation Chinoise , par M. Dellac, avocat, a la fin des Lettres de M. Saint-Martin , évéque de Coradre, publiées eu.

6*6 OfctJVltKg

1812, par M. de la Bouderie, k Paris, chez Th. Le Clerc.

Page 1