‹ Œuvres de J. D. LanjuinaisChapitre 12 sur 46 · N« VI · texte numérisé non relu

N« VI

DISCOURS

•tOft %k QVBSTIOS DE ■ fXvOIA 0^1L CONTIENT DE FIXiR UN MAXtMCII DB rOPDlATtON TOVK LES COMMUNES l»E LA EÉfUB|.lQUE ,

PKoNoNci LE 14 "^l 'TQ^*

Sunt certi denùfuejlnes.

.. Si la question qui oous occupe est importante , 4:*çst moins par les grandes difficultés qu'elle pourrait offrir, que par les résultats heureux d'une décision conforme aux principes , et par les conséquences désastreuses d'un système contraire.

Quels sont ici les principes?

< ' Ils sont bien connus et insusceptibles d'aucun doute ; ils n'ont besoin que d'être énoncés ;

Égalité de droits entre toutes les autorités de même classe ;

170 OSUVKES

Uniformité de lois pour toutes les parties de la république; -

Autorité directe et immédiate des municipalités sur les habitans des communes;

Publicité de l'administration ;

Responsabilité des administrateurs.

Tels sont comme les points de reconnaissance qui doivent nous guider dans nos recherches.

Or ils sont tous violés ces principes par Inexistence de très-grandes communes ; tous se réunissent pour démontrer la nécessité ^ devenue plus que jamais urgente et impérieuse , de diviser les commrunes de nos villes de première classe.

Je citerai souvent Paris , mais uniqueriient parce que cette vilfe me fournît, par son immensité et par les circonstances particulières où elle se trouve, les exemples les plus jfrappans et les preuves les plus décisives.

Au reste, ne fât-U question que de Paris^, ce serait encore une discussion constitutionnelle , s'il eist vrai , comme le pensent des politiques trèséclairés , que la république "soit inconipatîble avec l'unité d'administration municipale dans la ville là plus populeuse, dans celle qui renferme la représentation nationale, le trésor public, et toutes les autorités centrales de la nation française.

Je reprends d'abord les principes énoncés; je ferai voir ensuite qu'il n'y a pas proprement d'administration municipale dans les très-grandes communes , ou il n'y a qu'une administration la plus

vicieuse ; je montrerai qu'elles rivalisent avec l'autorité supérieure , qu'elles menacent d'une destruction prochaine; enfin, j'examinerai les objections qu'ont proposées les partisans des très -grandes conmiunés.

L'égalité de droits et d'influence de toutes les autorités de même clause , est le seul moyen d'assurer l'ordre et l'unité , particulièrement sous la république; si quelques-unes de ces autorités conservent des droits particidiers , il y aura sans cesse un effort des autorités moins favorisées contre celles qui le sont davantage : les faibles, se coaliseront infailliblement pour maintenir l'équilibre ; il en résultera un système de fédéralisme qui finira par détruire l'unité sociale.

Les très-grandes communes , et celles de Pai^is surtout , ont , par leurs masses trop énormément disproportionnées , une s?upériorité nécessaire qui anéantît l'égalité ; celle de" Paris d'ailleurs est tout àrla-fois municipalité et district : elle n'est pas département , et cependant elle n'est pas dans le fait subordonnée au département; elle communique sans cesse avec le corps-législatif sans aucun intermédiaire, et se procure par-là une foule d'avantages particuliers , qui tournent au détriment de l'état, sans utilité réelle pour les Parisiens.

De cet état d'inégalité naît une bigarrure de législation des plus difformes.

Il a fallu pour la municipalité de Paris un code tout particulier, qui prit un mois de tems à l'assem-

179 CKUTEK8

Mëe ocmstituante ; et depuis cette époque, les a»sonUëes nationales ont été sans cesse occupées d'une foule de lois qpéciales fovr les graoïdes communes, et surtout pour celle de Paris, lie priii^ cipe de runiformité de lois est sans cesse ykÀiy et touîours isans profit, presque toujours avec un dommage réel pour la république. IMyisez convena* Uement les collèges en plusieurs corps bien propcvtionnés, et les principes violés dans le système actod reprennent tout leur emjnre, et les administratioos municipales de ces graoïdes viDes recouvrent leur caractère le plus essentid, cdui de Pautorîté directe par les administrés.

Les munidpalilés font le dmiier dc^ré de Tadministration secondaire ; c'est lesar inflnettce immédiate c[ui fait le bcmlieur des kabitans ; c*est die qui forme le caractère d'autorité patsmelle et de gouvernement de fimille qu'on aime hy trouver.

Mais ce caractère maiiqne absolument dans de très-graoïdes conummes; d'un c6té, les maires tÊ, les muniripanx j gouvernent de loin, cmnme les rois et leurs ministres, des persimnes et des dioses qu'ils ne connaissent pas ; âdel'autre, unemnhitnde de fonctions municipales des plus importantes y sont exe rcé e s par des officiers qui ne sont pas

par des sections, par des comités de sans cesse délibérans, et qui ne respectent ni la liberté des individus, ni le droit de la propriété. Voici ce qui se fait h Furis surtout, k Lyon, k MarseiUe, et ce qui arrivera toujours, a moins

Hinil M i>:ti

DE J.-D; UlkNJUINAIS. 17,3

qu^on ne divise chacune de ces grandes masses^ et qu*on n'en forme enfin de vraies mimicîpalités^ qui gouyement patemèUement^ parce qu'elles gouverneront sans iniermëdiaires.

TanU que Tétai présent des municipalités subsistera dans ces grandes villes et autres semblables ^i on j manquera toujours des seuls garans qui assurent la bonté d'un régime quelconque , la publicité des opérations^ la responsabilité des administra*ttiurs ; on y tiendra sous un voile impénétrable tout oe qu'il importe le plus de connaître, tandis qu'on y pubUerà avec affectation tout ce qui ne peut ser-^ vir ipi'à l'amusement des oisifs ^ et tous les abus y siéront impunis. ^

Je ne me contente pas d'un vain simulacre ; je n'appelle point publicité de l'administration des séances journalières où l'on traite avec édat ce qui est le moins important et ce qui , de sa nature, sera le plus notoire; où l'on reçoit les hommages des ministres et des généraux ; où l'on s'entretient de quolibets ridicules , quand ils ne sont pas criminels et atrooQs; où l'on adopte des pétitions souvent cdupsdjles, qui seront imprimées, des placards qui s^ont affichés, tandis qu'on traite les finances et lès grandes mesures dans des comités secrets, dsms des conciliabules.

Ce que j'appelle publicité , c'est l'exécution pos* siUe et &cile de la loi , qui permet aux citoyens de se Ëdre communiquer les registres et toutes les pièces de l'administration municipale; c'est l'exa*

men possible et facile aux administrés des comptes des administrateurs.

Paris, il &ut le dire, constitué en une seule con^ mune , est comme un royaume régi par des comîtés^ ministériels et par de grands bureaux, ou tout est secret et caché aux administrés.

Il ny a point de publicité là on Tadmimstration municipale est si yaste et si compliquée , qu'elle ne peut être connue de chaque administrateur que par petites parcelles , et la où la yie entière d*un ample citoyen inldligent et actif serait tn^ courte pour étudier dans leurs détails et juger les opérations.

De la point de responsabilité, parce qu'il n'y a point de connaissances commuiyquées et fMslement coumiuniquables a ceux qui pourraient l'exercer.

De là tous les yices nombreux qui déshonorent les grandes administrations, qui favorisent la corruption des administrateurs infid^es, et que souvent ils ne poiuraient éviter, quand ils saraient tous dignes du poste qu'ys occupent.

Parcourons les brsmches principales de l'administration dans les grandes communes, et nous verrons partout les abus les plus révoltans, les difficultés les plus monstrueuses iiriiérens à l'unité de ces corps énormes, et les avantages les plus précieux dériver de leur partage en plusieurs grandes communes.

Ce qui concerne l'étal des citoyens vient d'abord se présenter à mon esprit.

Dans la viUe de Pïuîs^ par exemple, il a fidhi

envoyer dans les sections constater les naissances , mariages et décès; il a fallu établir doubles formalités, doubles actes, double degré de registres; il en naît une grande gêne pour les citoyens : plusieurs en ont porté de vives plaintes ; elles ne sont pas entièrement apaisées.

^ C'est donc , pour le dire en passant , une fausse paternité que celle qu'on affecte d'attribuer a la grande commune; elle n'est point vraiment mère : ce sont les sections qui enfantent civilement dei citoyens pour l'état ; ce sont donc les sections qui , réduites à un juste nombre, doivent avoir le titre et* l'autorité municipale, dont tant de fonctions leur sont déléguées. ,

Si je considère ensuite les élections, j'aperçois des vices plus. graves encore, et je suis forcé d'arriver au même rcs»ultat.

- Les élections ne se font pas ou se font mal dans les grandes communes.

Elles ne se font pas. Six mois n'ont pas suffi pour consommer et vérifier cette nouvelle élection de la municipalité de Paris, que vous aviez ordonnée comme une me^re provisoire. Il vous a fallu pallier ces longueurs en admettant , par un décret , trois ou quatre municipalités successivement élues à régir ensemble, pçir provision, la commune de cette ville. Cette formation monstrueuse existe encore aujourd'hui; et ce n'est pas uniquement la faute des circonstances, ni celle des personnes qui ont semblé prendre à tâche de prolonger leur puis-

Si'

sauce odieuse , et d^avilir la représentation nattcK nale; ces longueurs si pernicieuses tiennent ausisi à rcnormité de la masse qu'il s*agit d^éhraiùer. Yom savez qu'à Londres ^ où une si grande commune sied si bien au système, des deux chambres et àeé trois pouvoirs, les élections des officiers tmmiei*! paux, pour être taites à tems, sont c(^mnMK!ëes une année entière à Tavance. . Ainsij dfims ces grandes communes , Tinlrigue a tout le loisir, comme tous les moyens de s'agiter c^ de porter aux places Técume de la nation, la Hé de Teqp^èce humaine.

Dans ces villes îmRicnses, on ne $e donnait pas, on ne peut pas se connaître; chaque quartier, chaque £aubourg est Tun à l'autre un pays étranger, un monde nouveau ; qependai^t les suffrages plaquant sur la masse entière des individus , d'un côté l'aveugle insouciance, et de l'autre la teri*eur et les menaces, ou des exclusions arbitraires, écartent dds assemblées la plupart des votans ; ceux qui restent ^cmiment sur parole ou sans liberté : c'est un grand hasard quand l'homme qui réunit les voix n'est pas celui qui les mérite le moins.

Une fcôs en place, leur conduite répond aux inoyens qtii les ont &it élire : il» s'occupent de leur fortune et de leurs j^ojets ambitieux ; ils servent une fection et ne s'inquiètent guère si les contributions se perçoivent , ou si elles sont lojralem^it réparties.

Faut-il s'étonner ensuite si la commune de Paris

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est arriérée de phisieurS' années sur ses contribu-^ tions ? £lle n'a pas encore payé pour 1790 et 179 1 ; elle & notoirement négligé là perception des pateiiies; et, dans lôiit à dix mois, -eilé a puisé au trésor puUfe plus de millions qu'dUe n'^en a fourni en deux ans du produit de toutes ses contributions directes^:

.ËUe^annoncele tocsin; elle parle d'insurrections c'est ainsi qu'elle nous force' à lui ouvrir la caisse natii»iale } c'est ainsi que, par des emprunts répétés sans cesse et jamais remboursés , elle se crée une liste civile pliis Onéreuse que Fanci^me royauté, et qui n'est pas< moins abhorrée dansées départe-^ mens'. Je ^e jurais vous exprimer quelle est à cet égard leur ajuste indignation. L'idée dnne société aussi léonine irrite les esprits ; et s'il existe en France on principe secret de fédéralisme, c'est là qu'il se trouve. J'ose le dire, il éclatera spus peu , si on ne se hâte pas de remédier à ce désordre ; le remède le 'fim efficace est dans la division en plusieurs grandes communes.

Il y a des objets d'administration extraordinaire et où les abus ne sont pas inoins sensibles , je veux parler des billets de confiance et des effets précieux dilapidés en septembre dernier. (Ici redoublent les interruptions, les cris, les n^urmures qui avaient déjà éclaté dans un coin de la s^lle.)

Elles sont donc en effet bien redoutables et bien funestes les grandeis communes, puisqu'il n'est pas permis de s'en expliquer librement , même dans

17» ORUVliES

cette enceinte , {misqu^elles trouvent des flatteurs jusque dans la représentation nationale.

Gitoyens , les billets de confiance ont eu lieu dans toutes les municipalitës de la république ; chaque bourgade a febriqué les siens , et les assignats nationaux reçus en échange se sont conservés en dépôt dans nos départemens ; on les a rendus , on les rend en brûlant^ selon la loi, lesbiUets de cour fiance. S'il y a quelque part un déficit, il a été peu considérable, et il n*a rien coûté au trésor national. Dans la plus grande commune, c'est tout le contraire ; une faillite énorme s'est déclarée k Paris , par la négligence des officiers municipaux; par leur négligence encore la perte a augmenté journellement jusqu'à la fin de Tannée dernière. En deux mois les billets de confiance de Paris coûtent quatorze millions à la république. Voilà ce que c'est que l'administration financière des très -grandes communes.

Mais comment parler des dilapidations de septembre? elles sont, j'en conviens, moins criminelles que les lâches assassinats qui préparaient ces pillages.

Pendant ces scènes affreuses qui ont fait tant d'ennemis à la révolution , qui l'auraient déshonorée, si jamais elle pouvait l'être, il se dépose à la maison commune des valeurs immenses en monnaie métallique, assignats, bijoux, vaisselle d'or et d'argent , et lorsqu'il est questioi> d'en tenir compte , les dépositaires ne veulent pas être comptables ; le

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bris des scellés^ la violation des dépôts j lesfaus'^ ses déclarations et autres infidélités sont constat' tées. On vient honteusenient vous avouer k cette barre que la commune recèle de grands coupables ; on promet de vous les faire connaître. On a enfin tenu parole ; on vous les a enfin dénoncés dans cette semaine même, et vous avez entendu qu'il en est plusieurs qui siègent parmi vous. Voilà ce que c'est que l'administration d'une très-grande commune ! Elle saisit , elle enlève, eUe reçoit de toutes parts, et s'obstine à ne pas rendre , à ne pas publier ses comptes.

En vain, les lois générales et les décrets souvent répétés , spécialement pour Paris , lui enjoignent de les présenter et de les imprimer. Ce sont de vrais bordereaux, et non pas des comptes que l'on vous apporte. On laisse aux municipalités des dépairtemens l'honneur de l'obéissance. Violer ces lois et ces décrets semble une gloire qui flatte davantage la commune de ^ris .

Nulle part , moins de ^nptes rendus ; nulle part plus de nécessité de les t*endre et de les publier, soit que l'on considère l'immensité des sommes dépensées , soit qu'on jette un coup-d'œil sur la frivolité, sur l'illégalité des objets de dépense •

La commune de Paris sait bien trouver des fonds

pour imprimer dés affiches, des libelles calomnieux,

des listes de proscription contre les représentans

du peuple.

Elle en trouve pour imprimer et afficher le Gor-

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sas it autrefois, et le Gorsas daujourdhui, c'cst- ^Miire pour diffatiier un homme qui a le grand tort de l'avoir trop fidèlettient dépeint j

Elle en trouve pour essayer une correspondance illégale avec les quarante-quatre mille munkipalit^ de la république ;

Elle en trouve pour faire à ^ands frais et pour placarder la poulpe funèbre du fameux Lajouski y chef de vos a$sassin^ du lo mars;-

Elle n'en trouve pas pour rendrtfou pour faire imprimer ses comptes. : )

Vous alléguez qu'elle administre les subsistances; ah !' je le sais^ quoique les côn^ptes de cette partie, s'il en existe , ne soient pas plus imprimés qiie les. autres. Je sais qu'il en résulte l'accaparement des blés 9 le surhaussement des grains y \% ruine du commerce de cette denrée de première nécessité , la pénurie dU trésor national, des déprédations, des taxes injustes, des inquiétudes perpétuelles sur le pain, et un levier puissant d'insurrection dans la main des factieux; je saiMout cela comme vous, et j'en gémis , ef je cherche epcore les argumi^K qui peuvent naître de ces désordres pour l'unité ide la grande commune. C'est ici la partie hcmteuse de l'administration parisienne , ne devrait-on pas se contenteir d'y jeter un vqile officieux.

Mais la police, mais les grands étabUsseinens d'éducation et de secours publics ont besoin d'une seule municipalité .

C'est une erreur !

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La police doit prévenir, découvi*ir, dénoncer lesidëlits , et punir les feutes commise^ coiitré Tordre social:

U n'est rien de tout cela qui ne soit ausâi bieti ou mieux fait dans une municipalité d'une nïédioclre étendue;

Dites-moi si tous le pouvez , quels grands délits a préyenus, découverts , ou dénoncés la commune de Paris.

Sont-ce les horribles massacres de septembre ? PToh ; ils furent k Paris , médit^ , arrêtés , dirigés par les ofiiciers municipaux ; ils furent ^k la suasion de leurs commissaires imités dans plusieurs villes. Toute la France fut exhortée par ces hommes de sang et de boue, à imiter ces exécrables barbaries.

On a parlé avec plus de maladresse encore que de complaisance de leur administration /^a^ernéf/^. Bs ont JTait égorger des milliers de citoyens.

De vrais pères n'égorgent pas leurs enfahs; ils savent les défendre au péril de leur propre vie.

La police imuhicipale doit Surtout garantir la liberté des personnes et la conservation des pro- ,priét&. '

Hé bien! des emprisonnemens arbitraires ont partout signalé la mauvaise administration des trèsgrandes communes ; ailleurs ces abus ont été nuls cm assez rares. C'est Paris, surtout, c'est Marseille, c'est Lyon , c'est Strasbourg , qui ont donné lieu sur ce sujet à des plaintes trop souvent répétées.

Quant à la jconservation des propriétés , je cite-

rai les pillages de février demiier dans la ville de Paris y aut€)risës non-seuleipent par la connivence et les discours séditieux , mais encore par la complicité directe de plusieurs des officiers municipaux de cette même ville ; Je citerai ce vol de tant de millions en or et diamans , fait au garde-meuble ; ce vol inconcev£d)le dont on a tant soupçonne des hommes les plus purs de la république , peut-être pour mieux écarter des soupçons plus naturels et plus légitimes.

. La grande conunune a-t-elle du moins prévu , poursuivi les délits contre la sûreté ou Tbonneur des représentans de la nation ?

C'est encore tout lé contraire, ses membres otit encouragé par leur silence , par leur exemple même, la vente et. la proclamation publique des libelles avilisseurs .de la convention , provocateurs de la dissolution prochaine , et des motions^sanguinaires contre elle. Les députés ont été publiquement et impunément insultés , menacés dans les avenues de leurs séances , et jusque dans les tribunes.

Un comité d'insurrection s'est formé ; il a tenu des conciliabules, près la salle où siège la commune de Paris.

Le complot du lo mars a éclaté. Qu'avait-elle fait pour le prévenir? elle vous le dénonça; mais c'était "ku moment où le crime eût déjà été consonmié s'il avait pu l'être dans cette nuit fameuse.

La conspiration du 20 et du 2 1 mars s'est tramée

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dans la maison du maire , et le maire tous est actuellement dénoncé, pour n'aToir pas lui-même dénonce les coupables, pour atoîr gardé un coupable silence.

Ainsi, vexations, oppressions;^ violences , pillages, msultes, attentats liberticidés , commis ou favorisés par des oflBciers municipaux, voilà ce que c'est que la police de Paris, concentrée dan& «ne seule conunune.

Je conviens que dans le systètoè de là division de ces grandes villes , il y aura des établissemens de secours et d'éducation , qui seront communs k plusieurs municipalités ,. mais à cet égard , il n'y a nul embarras ; la loi est faite , la loi est sage ; elle ne laisse ouverture à aucune objection solide. Ces établissemens s^ont sous la surveillance immédiate des départemens , et n'en seront pas plus mû administrés.

' Vous parlerai-je de l'énorme et dangereuse influence, soit du maire , soit du commandant de la garde nationale ? ce n'est pas une considération k négliger.

Ces hommes sont à Paris des personnages trop importans pour une république ; ce sont >de petits Tois : multipliez4es , vous les rendrez moins ptii&sans et plus utiles , ils ne seront plus stipendiés., op le seront moins chèrement. Vingt-cinq mille livres de renie , reste de quatre-vingt mille livres siéent mal encore à la sans-culottfi:ie dont on fait aujourd'hui profession comme autrefois de la pauvreté

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mouaslique , mais qui ne doit pa$ mériter d'être egalemeiit s^^primee. - i: .h ...

Un commandant, qui ait oeiit-yingt mille hommes armés à ses ordres , ne semble pas ici un être bien nécessaire. G^est na pouvoir. effrayant qui meaaoe la liberté, et qui est dans la main des officiers inunicipsMix : souvene^yous qull s^est montré nuitamment pour les aider à entasser leurs victimes , et qu'il n'a point paru en plein jour, quand ils les immolaient, quand ces administrateurs paternels &i&aient si paternellement égorger des mâliers de leurs enfans»

Il me reste encore a considérer la grande commune dans ses rapports avec les autorités supérieures, avec l'administration de département, avec le conseil exécutif et la représentation nationale.

Je laisserai parler les faits, ils sont plus forts que toutes les réflexions qu'on pourrait mire.

Ce fot la réunion municipale des électeurs de 1789 , qui fit en partie la réooUuùm de cette année. Gloire aux électeurs de 1789.

Ce furent les municipalités de janvier i^j^^ qui préparèrent la réifoliiiion du i o août , et ce furent leurs successeurs ou coUègqes {Nrovisoir^iqui l'^xédHèrent. Honneur et actions de grâces.à tous ceux qui, dans cette occasion;, ne consultèrent que les intérêts de la patrie et de la liberté sans licence.

Ce furent des mnpicipaux |NrovisoHres qui firent l'infSme réwluSion de Septembre y qui cassèrent le département, méconnurent le ministre de l'ii

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riejir, signèrent coptre lui et contre douze JrepresenCBBS dvL peuple, des mandats d*àrrèt, envoyé* rent partout d^ commissaires^ et parurent s'arroger le suprême pouvQir. .

C'est à la maison commune, c'est k la mairie qu'il s'est trame des complots contre la convention nationale. '

. ■ C'est la municipalité qui est venue vous propor s^ 1^ projscriptioa de vingl^deux députa.

C'est elle qui a décerné , . qui a rendu impuné* ment souSyos yeux' et sous ceux du conseil exécutif , des . honneurs [extraordinaires au fameux chef de yos ' |iS3assins , et dans la position pu étaient les choses, vous avez pu vous trouver heureux qu'on voulut bi^i ne pas vous forcer de grossir le ^cortége, et d'assister à l'insultante cérémonie;

C'est afin de soutenir cette municipalité, c'iest afin de lui obéir ou de lui complaire , qu'on a tourmenté jusqu'aux passans <lans 1^ rues, juisqu'aux kmxne^ et enfans, qu'on a employé tous les moyens 4e. ruse et d'intrigue, de violence et d^utorité, pour &ire si^ea:* l'insolente et calommeusè pétition coiitre les , vingt-deux , pour ranimer, s'il eût été possible , cet enfant màrtnié de l'anarchie* et du

délire-

C'est die qui a établi ces comités inquisitoriaux, qu'elle a si bien nommés répohuionnaires y puisque par des taxes et des arrestations despotiques , ils ramenèrent en effet notre révolution au même l^oint^Ott 'bile a commencé , à la tjrrannie.

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G^est die, enfin, qui a formé ce comité central des comités dits révolutionnaires , où Ton délibérait, il y a trois jom^, des attentats libertkades, qui devaient amener votre dissolution et Tanâmtissement de la république.

Tous le voyez , citoyen^ , une seule commune à Paris, devenue libre, est un instrument révcdu^ tionnaire, très-propre k détruire un gouvernement établi, très-difficile k tenir en harmonie avec des autorités supérieures : or ce n*est pas une révolution que nous voulons ; faire une révolution, serait maintenant une calamité désastreuse ; elle ne pourrait désormais tourner qu^au profit d'un tyran ou de plusieurs. Ce qu'il nous faut , c'est de consolider, par une bonne constitution , par des lois sages, par Tordre et la paix au dedans , la révolution qui est faute.

Divisez donc les trop grandes communes, et surtout cdle de Paris , autrement point de répoUiqae.

Après tout, ne sont-^es pas déjk divisées? les fbncdons les plus importantes , ceUes qui intéressent la sûreté, la propriété, l'état des citoyens, ne sont-elles pas ou déléguées ou délaissées k des sec^ dons sans cesse en activité?

Il ne s'agit que d'adopter une division moins nombreuse plus convenaUe, et qui existe déjk peut-être dans les arrondissemens de la viHe , attribués aux 9x tribunaux.

Faut-fl s'arrêter aux objections qu'on a Êites? elles méritent presque toutes moins d*atientkiià

qne d^indulgence. On ^ reprësenté la division , comme mie opération. violente et inhumaine; on vous a peint des membres déchires, des entans séparés de leur mère , des pères qu'on ravit k leurs enfans , et la foudre en éclats qui brise et qui ravage la maison commune.^.

Croit-on que ces traits, ces images présentées avec le masqué de la douleur,, nous frappent, nous attendrissent? Non; Ton en rit ; on se demande : que prouvent ces vaines métaphores ? Sommes-nous au dijîème siècle , où Vjou subjuguait les esprits, tantôt en abusant de Tallégorie du glaive , tantôt en comparant la puissance temporelle h la lune , et le pape au soleil? Ou se rappelle malgré soi le plair doyer comique :

Vcpei, petits enfans, qa^on vent rendre orphelins, Venez fiûre^ parler vos .esprits enfantins...

Et cet autre vers si connu :

. Ce ^[ue c^est ^'à propot manier les passions !

Mais , que dites-vous d'enfaus et de paternité ? Laissez-vous oublier combien la conduite des officiers municipaux de Paris, à l'égard de tant de milliers de citoyens , contraste avec des expressions faites pour ne réveiller dans les cœurs que les plus doux sentimens.

Si vous avez été applaudis dans les tribunes pour ces raisôns-lk , c'est que vos paquets , comme a dît autrefois un plaisant, sont parvenus fa leur adresse; mais ce n'est pas fa la convention nationale qu'il fitut faire de pareils envois.

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Cen^estpas k elle qu'on peut dire ayec succès que, s'il y a' plusieurs municipditës k Paris, chacune aura son vice différent ; que l'une sersi patriote, et l'autre aristocrate; que l'une aura la magistrature deForgueil^ et l'autre cdle deFai^arice. Les vices tiennent à l'homme et non pas au quartier qu'il habite; les bonnes et les mauvaises qualités sont partout disséminées; les opinions sont le motif le moins déterminant pour le choix des loyers en la même ville. D'aiUeurs, si l'on divise , les candidats seront mieux connus; les élections plus éclairées et plus régulières amèneront partout des choix plus heureux. Il vaut mieux appeler ainsi les vertus et les talens aux places municipales , en formant plusieurs communes , que de réuâir dans une seule tous les péchés capitaux. ^ />•

J'écarte aussi la comparaison de plusieurs vctemens ordinaires pour vêtir un géant , au lieu d'un seul habit k sa taille, et celle de plusieurs petits gouvernails employés au lieu d'un grand , pour diriger un grand vaisseau.

Tout cela peut être fort ingénieux ; mais ce spnt des raisons qu'il faut pour nous convaincre. Disons le vrai, Paris a une population qu'on peut partager en tribus avec beaucoup d'avantage pour elle , ,et sans aucune sorte d'inconvéniens. Ce n'est pas un vais seau<\pL on ne ipxùs&e dépecer sans diminution de valeur y et sftiquel il soit question de donner plusieurs petits gouvernails , c'est plutôt une quantité de matériaux dont on peut faire , ou un

seul vaisseau qui ne marcherait pas^ Ou plusieurs dont la construction savante et la structure légère permettraient à d'habiles pilotes de les cotiduire sûrement au port de la liberté, en évitant, les écueils de immoralité et de Tanardlie.

FcHrmons donc à Paris plusieurs communes ; qu'il y en ait plusieurs aussi à Lyon , MarsdJle , fior-^ deaux, Rouen, Nantes, etc., nous aurons obéi aux principes les plus essentiels de Téconomie so-4 ciale ; employé le seul moyen d'assurer aux Xvès^ grandes villes les avantages d'une bonne admii^s-: tration, assuré la conservation de la république, et payé aux habitans de ces communes la dette côn^ tractée envers eux par la patrie entière , pour les immortels, services qu'ils ont rendus à la cause de la liberté.

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