LA CONSPIRATION PRÂPABÉB CONTRE LES VINGT-DEUX
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La commission des douze vous a dénoncé qu'il se tramait une grande conspiration , qu'ime trame affreuse était ourdie. Ce n'est pas. de ce jour que je sois assuré crue cette trame est prête k éclater : elle
igo OEUVRES
est ourdie dans des repaires; et ceux qm ont demandé avec tant d^acharaement là suppression do* comité des douze, sont apparemment les mêmes qui vont travîiiller k la faire réussir. Il faut donc qu'ils aient un intérêt personnel à ce que les preuves acquises par cette commission ne soient pas mises au jour. L^un des lieux où Ton conspire dans ce moment, c'est Tévêché. C'est là que se rassemblefnt les électeurs illégalement nommés au i o août dernier, les pl,us audacieux meneurs des jacobiùs et des sections , les citoyens les plus capables de favoriser deiS crimes, les hommes les plus Ëiciles à induire en erreur. Cette assemblée a forïùé nn comité dictatorail. Ecoutez ce qu'a dit dernièrement Asseiifiratz , en présence de milliers de citoyens : « Souvenez-vous du i o août. Avant cette époque , » les opinions étaient partagées sur la république ; » mais à peine avez-vous eu porté le coup décisif, » que tout a gardé le silencç. Le moment de frapper » de nouveaux coups est arrivé : ne craignez rien » des départemens , je les ai parcourus , je les con- » nais tous ; avec un peu de terreur et des instruc- » tions, nous tournerons les esprits à notre gré. » Les départemens éloignés suivent l'impulsion » que Paris leur donne ; pour ceux qui nous envi- » ronnent, plusieurs nous sont dévoués. Celui de » Versailles , par exemple , est prêt à nous àecon- » der ; au premier coup de canon d'alarme, il nous » viendra de Versailles une armée formidable , et » nous tomberons sur les égoïstes , c'est-k-dire sur
» les riches. (Il s'élève de violens murmures.) Oui, » rinsurrection devient ici un devoir contre la ma- » jorité corrompue de la convention. » (Nouveaux murmures.) Deux hommes encore, dcmt un est représentant du peuple, Chabot et Yarlet ont tenu des propos qui nWonçaient rien moins qu'une grande conspiration. Il ne faut pas tuer sur-lechamp , a^t:on dit , tous les députés que nous aurons arrêtés , mais il sera facile de les faire }uger coupables par les départemens : alors il en sera d'eux comme de Louis XVI. (Murmures.)
Plusieurs témoins oculaires m'ont dit qu'hier, dans l'assemblée de la section du Contrat Social, le citoyen Guizant, président, a dit, en entendant sonner dix heures : « D'après la loi , la séance est » levée; mais je vais en recommencer une autre. » Alors les bons citoyens sortirent , et les intrigans restèrent. L'on arrêta pendant la nuit qu'on mettrait sur-le-champ en état d'arrestation tous les hommes suspects, au nombre de cent.
Toutes ces déclarations , citoyens , ont été faites au comité des douze , en présence d'une foule de témoins. Le conseil exécutif est instruit de toutes ces manœuvres, et il se tait. Le comité de salut public en a aussi connaissance , et sans doute il a pris les mesures nécessaires pour les déjouer. Vous sentez que ce n'est pas ici le moment de dâibérer sur l'anéantissement de votre commission des douze, qu^on ne voudrait détruire que pour faire disparaître le fil de la conspiration qu'elle tient dans ses
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mains. (Yiolens murmures.) Je demande que le comité des inq^teurs de la salle sent ttaa de faire exécuter le décret qui ordonne que le poste de la convention sera renforcé de deux hommes par cmk^ pagnie, que la commission des douze soit mandée sur^le<diamp pour rendre compte des renseigne^ mens qu'elle a reçus aujourd'hui sur la ooBqpiration que je vous déncmce^ que Yariet et autres soient gardés à vue. (De violentes rnitieurs aoc<mipagent Lanjuinais a sa place.)