‹ Œuvres de J. D. LanjuinaisChapitre 15 sur 46 · N» IX · texte numérisé non relu

N» IX

• DISCOURS

rmovovci ls DiiiAirGBB % nnv 1793;

ST siTAILS TRàt-CIACOIISTAIIClit »Bt FAITS I^M PLUS lublOAABI.BS

»B cBTtB loumvii.

On délibérait (le a juin au soir) sur Tarrestatioa des vingt-deux , eu couséquence de la pétitiou déclarée caloumieuse par décret, et dq[>iÀ réchauffée par des fisictienx affiunés d*or, de sajn^ et de domiuatioii. Us ayaieut fidt entourer la couirentîon par une force armée de plus de cent mille l|Oipines, commandés par le féroce septembriscnr E^enfiot; .et les députés qui se présentaient, an de^ hors de la salle , pour les besoins les j\us urgéns'^ étaient repoussés avec violence.

Isnard, Fauchet, LanthenaSi Dusaulx, quatre des vingt-deux députés k proscrire, venaient de consentir leur suspension , proposée comme moyen conciliatoire par le trop complaisant Barrère , au nom du comité de salut public. BarbarouK ayait seulement annoncé qu*il se soumettrait au décret s*il était rendu.

Tout au contraire , Lanjuinais , appelé à son rang

DE J.-D. LANJUINÂIS. aui

de la liste pour se démettre , demanda, par un discours énergique sur les circonstances , la cassat^)n de toutes les autorités soi-disant insurgées dans Paris, et de tous les autres actes, avec défenses soif, citoyens de les reconnaître, et autorisation de saisir et d'emprisonner totis ceux qui se présenteraient revêtus d^une telle autorité.

« Si }*ai montré, dit-il, jusqu'à présent quelque courage , je Tai puisé dans Tardent amour qui m'anime pour la patrie et la liberté. Je serai fidèle à ces mêmes sentimens , je Tespère , jusqu'au dernier souffle de ma vie ; ainsi , n'attendez pas d.e suspension (Interruption.)

» Je dis à mes interrupteurs, et surtout à Chabot, qui vient' d'injurier Barbaroux : On a vu orner les victimes de fleurs et de bandelettes; mais le prêtre qui les inmiolait ne les insultait pas

» N'attendez de moLni démission , ni suspension momentanée; n'attendez aucuns sacrifices, je ne suis pas libre pour en faire, et vous ne l'êtes pas vous-mêmes pour les accepter. La convention est assiégée de toutes parts par de nombreuses troupes armées , les canons sont dirigés sur elle ; des consignes criminelles vous arrêtent malgré vous aux portes de cette salle. On vient de vous insulter, de vous outrager, de vous menacer en vertu d'un édit du comité d'insurrection , de cette autorité rivale et usurpatrice qui prétend détruire Is^ république et notre liberté naissante. Tout-M'heure on vient de faire x:harger les fusils contre vous ; il n'est

àd!i OEUVRE'^

pas permis , sans risquer sft tie , déisè mèàtfisr detH lemenit aux feûétresqtii eâviroiïireni cette sidtël

» St voiïs étiez libres, je dit^ils : Je n*ai pas le droit d^abjurer, au gré des? f acfÉieûx , ràii^itè mÈf-* siota qui m'est confiée; j'ap^attiéïirf S fa t^ptfflKqàë èatière, et non k cette ^eùle ^rdton dé citoyètis égarés ou intimides que dé gràtidi^ conspiratëdi^ font mouvoir, et qui, s'flss-exjlliquiaièift'eui-mêihes tibrenient, s'élèveraient pour moi. contre ceàxq(tiî me persécutent ; je n'abandonneî^âi point VolohtAîrement mon poste k- Tépoqûe de^ plus grands dailgërs. de ma patrie. ... .

» Je me trompe , citoyetis, si vous éûèz libres , je n'aurais rieiikdiire.i. Je n- avais rien dit qliand, après liile longue • discussion , vt)usî proitônçâiîés dJibs dette même cauisê , et k la prèsqiite ilUéiliiliîté, ce décret célébré qiii iînprîma'ie sceau de' riûfemîé sur le front de mes calommàtèùrsv.. Je n'aî rîen dit (piaûd vous avez répété ce décret... vobs'étîëii 19>res alor^... Totre' jugement souverain efrâtërë potirrâtît-îl être rétracté? Ite séràît-iï vàlàbléiheàlt ^us lés cations et les bàyonnettes ^i se di]%cMk contre ïa représéntiatton nationale?

» 3^ eticore la feèulté dé faire entendre ici iHû voix , eh bien T f eh userai pour' voùa^dioàttér 'uii èobseil digne dé^ voiiSj qui peut voto cbiïtirii^ de ^oiiteët sauVet Iklîberté.'Oséii ûiainiér^a^éc Vigiiètti* lé sceptre des lois dépbis(é en vo^ inaitis ;' casiièz tKfi ce moment toutes les autorités dat leè lois né doti-^ naissent pas; défendéts à toutes^ personnes cfe fenr

DE J.-EKX'àfUtriNAIS. ^t^

oftéir;;ë&oiice2 h-yékmténBkà&tiAÏe i*ci±e sera. pés en YtÎB'; iea fectictaix seront aiyandcmtiës dèis bosMcilQjeEis qu% îdïaseiit...^ vous^iîWezpâ^ ce coiMrfiÉg6'^ e^ dst fait d&lalibertë. JettMS In gixerr^^ civile; qtii déjà est allumée dans ma patrie, ét^lidre^ pairtoui fleseava^s et déchive?' te France ^nr'ji^fits éÊMâà-y-y^ yois'i^horrihle »MMDStr& de la dictaif«Fre* m delà tyrannie, soué cpiérqûe nom quêî èe s^ii , â'a-' Tàuser sur des moneeaiBc de ruines et de eadaVres, vous eii^èutir successlvemxiit les uns et l<efs- àât)^es, et reni?ers6r la ré{>uUic|ue. »

Récit des éçénemens du 2; juin 1793.

Ua beaUîJBioûvement de rassemblée a< suivi d?e> {H!è9 ccidiscdurs;. la couT^tion, assiégée, ^»Xmt^x nqi^e. de. Laoroix et dé Barrère, par la forcer armée , et .tastégée dans des' desseins : 'liher.tieidiis-^ av^ (iaasa 1er diatm , par * im <lëcret y ia^ecbsî^e qui Ja nondait capûve.

Les sentinelles extraordùiaires .rt^^sièaii df<^i béÎFtXia convention se présente en corps., le picsideiit Hérault h la tête:; an rëgardedt la séaiice comme levée. A lors les* sentinelles, des porte» et diss escaM^rs nTiniistèrentplus ;:maisi<6utie&'les. avenues extiirîeuirefi , ' du côté, de la coqc et du jardin- des/ 'Xluil^rie^y étâaient fermées: on dehors et :ea dedanb' par la troupe armée.

Ccttîé tf otipe était d'environ cent mîllfe hommes, parmi lesquels il y avait trois mille canou^iers avec cent soixante pièces de> canon.

m6 ORUYREfi- -

A içetta 7¥U(^, le président se recide, elfuià se présente 3 avec rassemblée, à toutes les troupes^ Rieces^veineBl; dans la conr et dans lé jaondÎQjç il tTQtiyé paiftoiftt résistance opimfttre. : J ^

Cependant la plupart des troupesarmëeaëritneèt^ I0 «^hafieaiu k la pointe d» h: faajomi0tta.;oii: êel^ pi^q; f^ii^Ifi iripukliqme I\ viimiiéâa- Mpuiésil la pai^yia'pisiwl des lom^ tUsi hùLuMe-eornsd^ (UtiO^{\Jr^ petil^iQmhné onaxtt Jfwà IminQuOi^he ! vi^epi l^ê\h0>n$ dépuiéaLAliii .pli» petitiiioilblî» e^EK^^Bore) : :^ la. gutUaHàeiBmsoÈ^'ÇtwitdBt^i f^er^ grdaudy GensonnéL.. et ceux-là paiiaîssaieKlt:»^ sVrrèter qu« &ute de: nifinoieejr'D!aKilRs:enfin : Pwg^ M c^rwentiùnl tiref^ \lç imanfûis Sftngi.^

IiQi-sqii^ ià conyeation quitta la salle de ses sëaiHces , }^ 4épiUc$ <pi*on appelle de la momtàgne fQF0n(les derniers: à ^rlv.. C^ leur- criait de laitri^ bune au-dessus d^eux , je ne saurais assureic danf queUf^^-Tûe^ mai^/einpeitt \^èsitjate.TiilfnHe%^pas, n^qlle^pasj que he. ions fubnitigrmnibir€i$teniJ

Ija,p|up9flt'.S0rtît^ti-;:^ ••. :. •:■!- .:•• i- "■'i^ >.

. M^îç p;<^irf3$ta;envm)lniaite!vingtakie'ai!mcJM[»>> rat,;, ils UèfieiU; con^Tersaiioi» jlyocHoaf te dée qui semblait fort instruite, qui.anncMDçdit'ftquMteiBûeif};^ I4 rmtréê.{H*bidbaine danaJa: «fille ^jèt le dé^r^çt; di'^i^f^is^Qn coittre.l^ députés :qii^:on:Teixf

lait) pno^tcrM-i^K ! : - . ;

Toqtn^-qoiip Marïat ^ cn^nani sans Abnîé âp?M\ fi^% ol^î.à la conventionà qtidquesrinis des-.poeiis^ ^ qite l^trai^iènie fonméd iàt eùcore Jnmilei'aÊttx

DE J.-D. LàNJ1[]INÂIS« * v^

pi;f^.Q)Uie la fQQuventip^^ jrepoussée pTfès Je C^i»rp#:^^ |se r^^ par le Po|^t-!^o^manLt ; il y 9^çço\it% trèp^yiyfii(ie^t 9 suivi bientôt; d*eiiyiro» omtffm-^ ^paiii^tfi,\fff^ dcgp^iUés:, qui; QvifAm%'J^m, l^offAl fl RiécWy pJ^Plwt 0px déppt^l i:-% Nfe tQ<i« » ,6^mffi(dy M i»P«ai 4i| p0nplç> 4e retoiuraer^^ .tos 9 pofi(t^;:qu^:ypus:«Y^^ lâch^^t ai)wwi(*iiWBs.. >t . L^ ;o0 entiâpdi}; crier: »5^r,;.,. il r^usfiiut ^fi ^H >^-!- -^ - rww^: /2^ ppu^éz pas nous s€tu\^$r^ \

ï^'#ps§|ftWo? i^yor^ eQ.sfleiicp ce$ batnïiatipftSw ces outrages. EDe rentre; elle trouve les tribuip*^ opctip^^ par 4^'hpAu^çs de Tin^ilrrection \ (troaés de fu^^S; et de bajpoïiettes. !Lies dé{>uté$ sont .dc^ nQcfv^Tl CQtisigi^ aui^ fivenu^$ 4e la sc^le; *

CeutJ^i^^;lp <lél9yi^) Coulhon,^ dit cfue ç^^çm m£|ij|^q|i]pLt:dpû,4tr.e }>i!aii rs^uré 3ur Jia liberté de la ix>i^v€lntioxi , et; qu'il, jkpt laîjçç )us)ie^ siu, peuple. ,. C<>uthQn. ^dbève soa rôl^. hypocrite en: dictajûit avo; f epré3ent!pi|5 du peuple ^ en corrigeant f^n so-> çi^>jen.^er§ ^y^ic M0rat et^ Chabot, laïsit^ 4efi pi;osçF^jt^i Ms ^ retrani^bept; trpi3; v Duaaufec j DuoQ^ çf |,#Q!^9n^, }^ jçft.propiosjeiôt quatre ^ Deferinquir Wailéf) -eï. ^e3■4^iï^^t^?ea 'Clftvi^^ tptijpii^j^^f^ aucupft jipwtiftv Jte n'osât pa4!iî|siçj»v cp]^^ P^iQ^rsipxi. D^ vi^mI^qï 4!abord que^ceii¥<)iti ^ sç.pQHpiCtt^ttt.pais a là g!i/5pe»$ipn ,, 6t ^eu^ n^ni s(»[^Vftbse^s,.|5oieat envôyé^^ ^4' Abbaye . CédaoC eqsi^tjÇ ^.dç^ repugnapoe^' iri^srinapifestéêaf ils sq qontefct^t 4^:4^man4er que tous .soii^li^ dis oti

ao8 OEUVRES

arrestation chez eux. De gënëreux députés s^iiidignent et protestent hautement contre la violence et contre ce qu'on va faire. La liste est décrétée en masse, et fort lestement , par le pressent Hérault, quoique le côté droit ne prit point de part à la délibération , ou n'en prit que pour réclamer.

La séance est levée; mais il était défisndn de sortir. U fallut reprendre quelques yains débats, et attendre une demi-heure , pendant qu'on allait solliciteur la levée des consignes, soit auprès du commandant Henriot, soit auprès du comité insurgent.

« O Parisiens ! voilk ce que les factieux appellent une superbe journée , une belle insurrection moraie ! Et moi ]e vous dis que c'est le plus horrible attentat qu'on puisse commettre ; c'est xm grand mouvement contre-révolutionnaire ; c'est la dissolution de la convention ; c'est la mort de la république et de la liberté. Il ne suffit pas d'agiter vos chapeaux au bout de vos piques et de vos bajonnetteSy et de crier f^ù^ la république! Les tjrans arrêtent maintenant par centaines yos parens, y6s voisins , vos amis ; ils les massacreront demain comme en septembre ; 3s vous désarmeront; ils vous pilleront , connue ilsse tuent de le dire depuis si l(Hig-tems, et vous feront Inentôt crier Fïi^ lé roi. Vous deviendrez ainsi la risée de l'Europe , le jouet des puissances coalisées et des départemens ; qui s'éveiUent enfin. Votre ville superi)e, on voudra en iUre un désert, et vous l'aurez mérité par

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vdtre feiblésse. Debout, I^rim^aiâ^f 3 est tem$ encore d€î sauver la liberté; mais il ri*y â plus qu*un moyen.

Faites rentrer dans le néant les autorités i^surgentes qui vous oppriment, qui vous ealomnîetit en vous prêtant leurs desseins l&erticide^y et pal^< lies^voi» sans délai k Tititégritë de là repi'éseiitation nationale. »

N" ii.

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