‹ Œuvres de J. D. LanjuinaisChapitre 19 sur 46 · N<» XII · texte numérisé non relu

N<» XII

A LA <X)NYENtION NATIONALE.

^ RôBEisPiÉ&iiE et ses complices me proscrivirent eft votre nom et me dévouèrent aii^ massacre j j'y ai heureusement échappe jusqu'ici. Garantissez-moi que je ne périrai pas sans avoir été entendu et jugé. Vous avez écrasé le tyran qui m'opprima ; vous avez frappé de mort la plupart des individus et des corporations qui conspirèrent avec ce monstre pour me perdre, pour asservir, piller et égorger les ci- . toyens.

Depuis quatre mois j il vous est permis d'être justes, et chaque jour vos décrets prouvent que vous en avez la ferme volonté. C'est la justice uniquement que je réclame , la justice la plus sévère comme la plus impartiale. Je fus arrêté sur une dénonciation que , libres encore, vous déclarâtes calomnieuse k la presque unanimité. Je fus arrêté en vertu d'un décret que les conspirateurs vous arrachèrent k force ouverte , après trois jours de siège et de résistance , sans qu'il y eût à ma charge le moindre indice.

Je fus proscrit à la voix de Saint- Just, de Bar-

DE J.-D. LÂNJUINÂIS. ^49

rère, pour des délits chimériques déclarés postérieurs à mon arrestation, sans autres preuves, sinon que j^avais fiii les juges assassins auxquels on voulait me livrer, et qui ont immole vos collègues. Mon seul crime fiit d'avoir été fidèle mandataire du peuple, d'avoir, avec le plus entier abandon de mes intérêts personnels , courageusement défendu ses droits et sa liberté.

La plus exécrable des tyrannies qui jamais ait désolé la terre a trop justifié mes cris d'alarme ; elle a vérifié trop déplorablement ma prédiction du 2 juin. Cependant je languis depuis bientôt dix-huit mois dans un cachot. Si je vis , c'est dans l'ombre de ce silence de mort , dans des angoisses réservées aux plus grands criminels,. Est-ce trop vous demander, si je vous supplie de n'être pas envers moi plus avares des formes que vous ne l'avez été. envers le tigre de l'ouest * . • . pour l'assassin de trente à quarante mille Français.

£h bien ! qu'il me soit seulement permis de paraître où il vous plaira, pour vivrp si je démontre mon innocence , pour expirer sous le glaive de la loi, si je suis trouvé coupable. Que ma cause soit discutée et décidée , pourvu qu'elle n'exclue pas la justice ; que , pour prix de mon dévoùment patriotique, je sois sauvé du carnage ; que je ne sois point massacré, mais jugé. Veuillez, citoyens, vous faire rendre compte, par vos comités de gouvernement,

' Alluftion au long et 5olcnnel procès de Carrier. (JYote de tEditeur.)

a5o GEUVRES

de ma pétition du 18 brumaire^ et donnezHoioi provisoirement la ville de Paris ou de Rennes pour prison ' .

No XIII.

DISCOURS

Page 1