LETTRE
AU EBDACTEUm DE L'HISTORIElf,
SCIl iTjJcnCKB BO «• ^ ME MOT JOaûftAL, mMàXt &B rAXECX MCBKTBV 3 BaOUJEB, KT êMWmM» SBHBIABKU.
Je partage en grande partie, num cher HisUhrien, votre courageuse <^inion sur le décret du 3 brumaire, seul acte de la làm^BSff diambre ardente qui paraisse encme subsister, pomme filiale de discorde et de malbeur dans le corps légidatif et dans la n^puUique.
Sous le règne de la amsdlntioii , ce décret n*est point loi dans tout ce qu^ a cTipcMBtilntiomiid.
DE #.-D. LANJUINÂIS. 377
Il fiit reflTet d^une terreur oppfressive dès loûgtems préparée , et qui pensa tuer la côn^tutioli et la Kberté.
Il fût l'ouvrage de ce parti qui ^t profiter aussi astucieusement, aussi audacieusement de la* révolte du i3 vendémiaire,' que de Tassassinat de Pelletier et de cdui de Marat.
U fut proposé y 3 passa au milieu de la nuit , k la simple lecture, presque sans aucune discùîssion. C'était un moindre mal que leâ républicains se flàt^ tèrent de voir bientôt disparaître sous le gouvernement constitutionnel , et qu'ils aimèrent mieux souffrir en silence que de risquer, par une résistance indiscrète, ]e sort delà révolution.
Ce décret barbare frappe , il est vrai , des coupables,, mais il tourmente, il proscrit, il immole une grande masse d'innocens.
U prive la nation de nombre de cifoyens utiles et paisibles ; il la prive des services que lui eussent rendus, en ces momens difficiles, àes hommes trèscapables-, d'une conduite pure, et honoi*és de la confiance du peuple.
Il range parmi les adversaires de la révolution , nonrsèulement des milliers de citoyens qui n'ont été que les victimes des faux révolutionnaires , mais encore la plupart de leurs parens et alliés.
Il excite vivement tous les patriotes , parens 6u alliés des émigrés , des déportés , k grossir de leur nombre énorme , le nombre déjà trop grand des ennemis inté**ieurs de la liberté.
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penrertit le langage, qui met h la place de la justice une fiscalité capricieuse , partiale , rëtroactive^ tracassière et désolante, fut abolie par une suite de Texcellenle institution du corps législatif en deux conseils; et cet acte solennel, de retour aux priur cipes, consolida là constitution viyement ébranlée dès sa naissance ; il ramena tous les coeurs à la république, parce qu'il fut le signal d'après lequel on ne vit plus paraître que des lois également protectrices de la yie , de la liberté des honmies et de leurs propriétés.
No XVII.