‹ Œuvres de J. D. LanjuinaisChapitre 28 sur 46 · N» XX · texte numérisé non relu

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DISCOURS

9.mOPpKci k mBNRES , LB 32 AOVT I^l5 , A l'oUTHETITRE D^ LA ^fSBIOll pu CQLLBGE BLBCTO&AL «9 DBPA&lTBMBff^r D^fhh^-ZT'yihfMH.

Messieurs^

Si je suis venu parmi vous au nom du gouver-r nement, ce n'a pu être afin de procurer le triomphe d'un parti quelconque , ni de favoriser des réaciions, toujours déplorables , parce qu'elles appel-i lent des réactions contraires et des perturbations nouvelles.

Un plus heureux dessein a déterminé la mission qui m'honore; des vues plus consolantes occuper rent sans cesse ma pensée et continuent d'agiter mon cœur, dans ces pénibles conjonctures , où le passé nous retrace tant de souvenirs afiligeans , où le présent nous offre encore tant de scènes de désordre, où la prévoyance du futur excite chez les Français de graves inquiétudes.

Notre sage et infortuné roi , qu'une trahison a •quelque tems éloigné de son royaume , et qu'elle

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n'a pu arracher de nos cœurs ; ce prince révéré a bien voulu, par une bonté partiailîère , choisir pour présider votre assemblée un des enfans de cette ville , un de vos frères , un des hommes que vous et les vôtres avez le plus distingués par vos suffrages , et qui attache le plus de prix k votre eslime et à votre bienveillance.

C'est ce monarque auguste qui m'envoie vous porter des paroles dignes de son cœur paternel , des paroles de réconciliation de vous-mêmes avec vous-mêmes. C'est sa majesté, par mon organe, qui vous invite a l'union et à la concorde , qui vous conjure de faire éclater ces doux sentimens dans tous vos actes , et surtout dans les opérations si importantes pour lesquelles vous êtes convoqués.

Ce touchant exemple , qui serait d'abord si salutaire a la chose publique , aurait sans doute des imitateurs chez nos concitoyens d'Ille-et-Vilaîne : il ne serait pas sans influence dans les autres dépàrtemens.

Assez les dissensions et les haines , les injustices et les vengeances , le despotisme et l'anarchie , le zèle aveugle et furieux dans chaque opinion ; assez la guerre civile et la guerre étrangère ont désolé nos malheureuses contrées. Il est devenu plus que jamiais urgent et nécessaire de rétablir entre nous une entière harmonie. Il s'agit de terminer enfin la révolution , et non pas d'en commencer une autre; il s'agit, non de révolutionner, non de re->

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mettre en problême les résultats utiles d'une lutte de vingt-six années , mais de les conserver et de les consolider.

Rangeons-nous donc tous ensemble autour de notre monarque héréditaire , et de sa charte améliora de concert entre les trois branches de l'autorité légidative : rangeonsruous autour du roi et de son ministère. Réconcilions-nous franchement; sinon laissons là toute espérance de paix et de félicité; disons mieux , renonçons même à notre existence politique.

Après tous les maux, toutes les humiliations que nous avons éprouvés , ne voyons-nous pas encore le trône qui doit nous protéger entouré des armées étrangères?... C'est assez dire... Des fautes et des crimes ont ramené ces armées parmi nous ; notre union seule peut nous délivrer de leur présence et nous préserver de leur retour.

Si dans le choix des représentans , les sufirages viennent se confondre dans l'intérêt du roi et dans celui de la nation , dans l'intérêt de la liberté et de régalité constitutionnelle , des élections vraiment bonnes viendront affermir cette union si désirable, qui seule peut les produire; elles seront l'aurore d'un long repos après lequel nous aspirons, et le signal assuré du prochain rétablissement de toute prospérité publique et privée.

Au contraire , si , par des combinaisons , si, par des procédés irréguliers , les élections n'étaient , en définitive, que la triste victoire d'un parti ou d'un

autre i àtlèhdez^Yotîs à àë mwmàïk ws^s tiques , prép^rez-voufs h souiBFrîr fo renouvéfienvefit de toutes nos calamités.

Aiiisî le prince et lé peuple , làf dynastie et Fîntëgrité du territoire seraient de nouveau liiîs' etf péril ; peut-êtrè la France éprouverait un' sort pa- . reil k ceïuî de la Pologne , et , Ce qu'il est bien i»-' portant de remarquer pour tous les exagérateurs^ alors mètne lès débi*is épàfs dé niotre chère France n'en seraient pas moins sounïis au régilxi^ répré^' sentatif qu'on aurait voulu détruire ,• et à là royauté Constitutionnelle qn'ori aurait ébranlée but dégra« dée, Oâ rÉleme renversée. C'est qu'en eflFet , hteti petit nombre d'exceptions près, les états de l'Europe se sont prononcés pour les gouvememens i^éprésentatifs^ et pour les trônes héréditaires.

Pourquoi nous déchirer de nouveau ? pourquoi nous ravager, nous ruiner, nous immoler lesrimë le» aiéitres dans quelques coins de la France , en essayant dé résister, par des efforts de pygmées ^ h une force gigantesque et invinciUe; en cherchant k éloigner de nous un régime dont nous né^ pouvons plus nous passer, qui ^ bon gré mal gré les opposans , de quelque part que ce soit , est destiné à faire notre bonheur et le tour du mcHEide ? Lff France est et doit rester monarchiqne et constitd^' tionnellement gouvernée ; c'e^ la coteéqtience de l'état des lumières qu'on ne peut pas éteindre ; c^est le cours de l'opinioin générale qui ne i^ule point ; c^ést la volonté profondément réfléchie de notre

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bon roi , consignée dans sa diàne bieuiBisaiH'è' f corroborée par les serment de Taûguste famille royale , qui ne jure pas en vain , appujéfe par lé concert unanime des grandes puissances qui noud environnent.

Vous , Messieurs , Télitè des citoyens de ce département , vous qui êtes si distingués par votre zèle patriotique, ou par votre inaltérable fidélité au roi, ou par les deux ensemble, vous signalerez k-la-foîs Tun et l'autre de ces nobles sent> mens qui devraient toujours se confondre, vous les signalerez dans les choix que vous allez faire. Vous écarterez donc soigneusement les exagérés de chaque opinion ; vous donnerez toute préférence aux candidats impartiaux , modérés , et pourtant énergiques dans leurs pi'incipes de conduite ; vous saurez sacrifier les préjugés, les penchans, les habitudes, k la gravité des circonstances, et h cette nécessité de salut qui exige que vous soyez unis au roi et entre vous-mêmes. Vous ne souflfrirez dope pas qu'aucune réaction , aucune scission , dirige , trouble ou arrête vos travaux; vous n'élirez que des royalistes con^ititutionnels , à qui les droits du peuple soient chers autant que ceux du trône ; vous ne choisirez que des patriotes , mais de ceuxlà seuls qui regardent les intérêts légitimes du roi comme désormais, du moins, inséparables des droits de la nation; que des hommes, enfin, qui veuillent de bonne foi la justice pour tous, l'égalité de tous devant la loi , et qui sachent embrasser dans

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leur affectiôii , non pas seulement quelques indîvidus , quelques familles ou quelques associés, mais tous leurs concitoyens.

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