‹ Œuvres de J. D. LanjuinaisChapitre 39 sur 46 · N» XXVIII · texte numérisé non relu

N» XXVIII

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RRESPONDANCE.

( M. Lanjoinus ayait rhabitade de brûler les lettres tjall recerait , et c^est par hasard qae celles qa'on publie ici ont été oonserrées. )

laférrier 1793.

« Je n'ai point oublié , mon cher et aArien collègue, je n'oublierai jamais les témoignages d'estime et d'intérêt que vous m'avez donnés au moment où j'ai brisé violemment la chaîne dont mon courage ne pouvait plus supporter le poids ' ; en blâmant ma résolution , je sais que vous en avez respecté les motifs. Croyez, mon cher compatriote, que si j'avais trouvé dans la convention un plus grand nombre d'hommes de votre trempe, je n'aurais pas désespéré de la c^ose publique , ou du moins je n'aurais pas pensé comme je l'ai fait , que la convention nationale actuelle, qui mettait la patrie dans iin si grand péril , était incapable de l'en

' Kersaint aTait donne sa dëmisûon après le procès de Louis XVI. {Nou de t Éditeur,)

DE J..p. LANIUINAIS. 443

retirer; je ne suis pas de ces hommes qui mettent leur amour-propre en balance avec les intérêts de la patrie , puissé-je m'être trompé , puissé-je voir la convention remplir sa glorieuse mission. Mes inquiétudes n'ont qu'un objet, j'appréhende d'avoir trop bien jugé le présent et l'avenir : mais un point me tranquillise , c'est la nation , et si la convention n'est pas digne dès circonstances, le peuple français saura bien s'y élever, il se sauvera luimême , et la liberté ne périra pas , quoique fassent contre ellfe les patriotes du 2 septembre , ces irréconciliables ennemis de ceux du 10 août. Mais laissons faire à la nation et au lems , et venons-en à l'objet de ma lettre. Je suis chargé de vous demander quelques éclaircissemenssur la loi de l'adoption.

)) J'espère que vous voudrez bien ajouter aux marques d'amitié que vous m'ayez données lorsque j'étais votre collègue , celle de me répondre et de croire k la profonde estime de votre concitoyen

RERSAINT.

)) p. s. Je vous fais mon compliment sur votre courageuse résistance au rapport du décret sur les assassiftats du 3 septembre. J^espère qu'on n'aura plus le front de m'appeler k la barre pour me demander ce que j'ai voulu dire en déclarant que je ne voulais pas m'asseoir plus long-tems k côté des provocateurs et des panégyristes de ces assassinats. Que je vous plains , et tant d'honnêtes gens avec

vous , d'endurer le supplice d^être les collègues de ces ennemis de la nation. »

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