‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 118 sur 379 · I. BUtcitg de Pjé endémie · texte numérisé non relu

I. BUtcitg de Pjé endémie

». Mémoires de Louis Racine, dans les OEuprts do Jean Mmeine^ toBM I, p. 3a6.

cxGii NOTICE BIOGRAPHIQUE

Ajooloiis toutefois que si, dans ses lettres à Conti et à Yendôme, il sent parfois le fagot, et n'a pas, ce semble, trop de peine à se mettre au ton de ses correspondants, il n'y a là rien de semblable à telle tirade sérieusement impie de son ami Ghaulieu, à celle--ci par exemple, que nous ne citons que pour y opposer le langage de notre poète :

La mort est simplement le terme de la rie. De peines ni de biens elle n'est point soiTie...»

Ce n*est qa*un pénible sommeil,

Que, par une conduite sage,

La loi de rUntrert engage

A n*aToir jamais de r^Teil*.

Voilà quelle était la philosophie du Temple. Dans un eq>rit bien différent, la Fontaine écrivait à Saint-Évremond, correspondant avec qui l'on pouvait parier très-librement : « Je ne suis pas mmns ennemi que vous du faux air d'esprit que prend un libertin. Quiconque l'affectera, je lui donnerai la palme du ridicule.

Rien ne m'engage à faire un Uttc ;

Mais la raison m'oblige à riTre En lage citoyen de ce vaste unirers : Citoyen qui, voyant un monde si dirers.

Rend à son auteur les hommages

Que méritent de tels ouvrages *. s

C'était le développement de deux vers de Saint-Évremond à la lettre duquel il répondait :

De ce faux air d'esprit que prend un libertin, Connoitre arec le temps, comme nous la folie;

mais la Fontaine en dit un peu pluà .que lui dans son hommage au créateur. Nous avons mieux encore dans son Discourt à Mme de la Sablière^ où il parle en vers si touchants des pensées qui conviendraient au déclin de sa vie et de sa crainte

I. Épdre à Mme la duchesse de Bomillom^ dans les OMmnres de PMé de CMauliem^ Paris, 1757, tome II, p. 319. a. Lettre à Samt-Épremomi^ du 18 décembre 16S7.

SUR LA FONTAINE. cxciii

d'attendre peat-fttre trop tard pour suivre les leçons de sa bienfiutrice et pour

S'tetjoitter des honnean dm à TÊtre snprème.

Ed pareille matière, où plus qu'en toute autre le mensonge sertit bas, écartons le soupçon d'une amitié complaisante, ou d'une ambition académique, qui pouvait bien aller jusqu'à essayer de renoncer aux Contes^ non jusqu'à une hypocrisie dont jamais homme ne fut plus incapable. Sans se faire, dans ee discours, malleur qu'il n'était, il y montre que Mme de la Sablière Ta tout au moins amené à beaucoup réfléchir, et que peut-être un jour ses conseils et ses exemples porteront leurs firuits. Point de doute que cette amie ne se soit de plus en plus efforcée de l'acheminer où il avait peine à venir. De leur côté. Racine et Boileau ne purent manquer de tout faire pour Fattirer du même côté ; et lorsque Louis Racine dit : « Leurs sages instructions avoient beaucoup contribué à faire peu à peu nattre en lui les grands sentiments de pénitence dont il fut pénétré les deux dernières années de sa vie S » c'est ce qu'on admet trop naturellement pour croire qu'il parlait seulement par conjecture. Ce n'est pas qu'il soit très4ûr de s'en rapporter à lui sur quelques points de détail. Il raconte que son père ^ Boileau aUèrent voir la Fontaine au temps d'une grande maladie, quiparatt être celle de 1692, et que la femme qui le gardait leur dit de ne pas entrer, parce qu'il dormait. « Nous venions, lui répondirent-ils, pour l'exhorter à songer à sa conscience; il a de grandes fautes à se reprocher.... — Loi^ Messieurs! il est simple comme un enfant. S'il a fait des Cuites, c'est donc par bêtise plutôt que par malice*.» D'Olivet, qm rapporte le même mot de la garde-malade sous une forme plus piquante : « Hé f ne le tourmentez pas tant, il est phs bète que méchant, 3» veut qu'il ait été adressé à l'abbé PoQget, et c'est le plus vraisemblable, celui-ci même l'ayant ÛDsi conté'. Louis Racine a écrit dix-huit ans après d'Olî-

1. Mémoires^ dans les OXmres de /. Raeime^ tome I, p. 3a6. ^ DuM une note sur un passage des Réflexions sur la poésie^ *^itre ▼, article ».

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