LA SÉPULTURE DE LA FONTAINE
L*crrettr commise par d'Oliret sur le lien de la sépulture de la Foa« taine, erreur que dément, sans laisser place au moindre dontc. Tacts d*inhumation, cité par nous un pem plus haut, aux Pièces jmhifiemtàH» (p. ces, n* yn), n^a été qu*asses tard reconnue et signalée par Walckenaer. Elle parait aToir été la cause et le point de départ d'autres erreurs, qai se sont traduites en actes assea étranges, assea regrettables ponr qu*il ne soit pas inutile de les rappeler ici. Quelques personnes croient encore aujourd'hui avoir au cimetière de TEst le tombeau qui renferme les restes de la Fontaine : ce n'est malheureusement qu'un cénotaphe.
L*histutre du tombeau du grand fabuliste se troave liée à celle du tom* beau de Molière. Le corps de celui-ci avait été porté, le ai férrier 1673, au cimetière Saint-Joseph, et, d'après un témoignage contemporain, enterré là, au pied de la croix *. D'Oliret a dit que la Fontaine lut inhumé aa même endroit. Dès que l'on ajoutait foi à cette parole, il était naturel que l'on cspérAt pouvoir retroorer l'une près de l'autre les deux illustres dépouilles, et que l'on songcAt à ne les pas séparer. Benjamin de Labordc, au tome IT, page a53, de son E$t<n sur ta mmti^e ameUmng et modtme^ publié en 1780, dit, en parlant des deux poètes, qu'il croyait inhumes, l'an comme l'autre, au cimetière Saint-Joseph : c Vers l'année i^So, en creusant une fosse dans le cimetière, on trouva leurs cercueils, et on les transporta dans l'église où ils sont maintenant. > Cette èf;Um eet*elle ceUe de Saint-Eustaehe ? On pourrait le supposer lorsqu'on lit dans U Jkêenf-
I. Il vaut la peine de remarquer que Fénelon, par son cRmInntif epmtemlû, a bisn soin de borner son éloge aux PahUs,
3. Les poètes lyriques, ce qui fait penser aux chanta nobles, étudiés. C'est un mot pris d'Horace, livre II, odt XYU, vers 27.
3. Toyex Us Points obscurs do la pu de Molière^ par Jules Loiatleur, p. 35o, à la note.
APPINDIGl. CGxui
CMS àt U pUU Je Psris^ par GtmaÎB 'Atiee (mhitcIU éditîoB *, 1 7S9, tom* I, p. 495), le Boni d« Jeaa de b Fomtoiae parmi eeax des pertoBses coaiideniblca iBbaBiéet daai eette église. Il ne faut eependant peaser qa*à b tkapeUe SaiBt-JoMph c aide (succiurtale), eoouie dit le htgutrt de la Crmg€f de b paroiaae Saint-EusUebet » et dasa bqaelle, soiTaBt le te- ■MMfaage da aéoM Registre^ Molière fat iBbmné. Cette ehapelle, qui était antrefoia an milieu de TaBcieB eimetière Saiat-Joaepb, fut reconstruite rue Montmartre, en juilkt 1640, dans un nouTeau cimetière. C'est celui dent parle Germain Srice (édition de 1698, tome I, p. aai), Iorsqn*il dit : « Presque à Textrémité de b rue Montmartre est b petite église de Saint- Josepli, dans le cimetière de laquelle est enterré le fameux Molière. » Il ne nomme pas b Fontaine. L*addition qui se trouve dans Tédition de 1759, et qui ne aembb être qu*aae erreur née de Terreur de d'OUvet, peut avoir engendré, à son tour, celle de Benjamin de la Borde.
JaU dans soa DUiUmmmirt critiqué (p. 723), élère de fortes objeeti«AS coatre b sappositioa * que b corps de la Fontaine inhumé, sans contestation posaibb, dans b cioietière des Saints-Innocents, aurait été déterré pour être dépoeé au cimetière Saint-Josepb, à cAté de eclai de Molière. Il resta, dift>fl, dans le cimetière des Innocents « jusqu'au, jour oè le cimetière fist Conillé pour la construction da quartier des Halbs (en 1786). Si sa tombe fut retrourée abrs, c*est ce que je ae saurais dire. > Jamaif esrcneil d'an grand bomme ne parait aroir été plus irréToeablement perdm. En 179a, on ne t*inquiéta pas pour le retrouTcr de tant de difficultce. La sectioa de b Foniaimê MotUmartrt, qui avait cbaagé son aom en eelni de section de Molière et dé l» FotaÎMé, se fit gloire de recueillir les restée des deux grands poètes. Le procès-Tcrbal < qu'elb rédigea de rexhoautîoa a'est pas un monument de sage critique; pour parler arec plus de netteté, il est prodigieuseaieat ridicab. Le témoignage de Tacte d*iabumatioa de la Foataiae y est récusé, et il y est dit que c b aiot des Smmtê'lmmùeémté est aac erreur non certifiée (ne), > attendu que c les amis de la Fontaine demandèrent qu*il fAt enterré au cimetière Saint-Joseph, en une fosse particulière, au pied du crucifix, ainsi qu*il Tavait désiré et dsmaadé : ce qui lui fut accordé ; fait attesté par tous les historiens, même bs eontemporains. • Le proeès-Ycrbal s*appuic ensuite c sur les témoignages de lea Mme de Ifeuilly, sa nièce ^^ et de toute b famille...; fait attesté de plus par Mme Durai [on veut dire d^Herrart], ehes bqnelle il est décédé. > En conséquence, le rendiedi 6 juillet 179a, on fit b levée du corps (du moins réputé tel) de Bfolière. Le mercredi ai noTcmbce suivant, bs câtojens c ont fait fouilbr les terres et ont trouvé an pied du crucifix, à cinq pieds de profondear, un corps seul, qui a paru avoir été
I . Les trois premiers volumes de cette édition ont été revus par Manette. Dans les éditions précédentes, la Fontaine n*est pas nommé parmi les morts gsishgsi dont Saint-Eustache possédait les tombeaux.
a. Elb n*est paa rejetée par Fébtx, dans son article Jeam dé la Fan* anie de b Biw-afhié uuivtrêellé,
3. D est inséré dans b Musée det momumtmtt /rattcais. , . , par Abxandre Lcaoir, tonae TlU, p. i6a.
4. Hon pas sa nièce, mais la femme, en premières noces, de son petit-fils.
OQXiv NOTICE SUR LÀ FONTAINE.
enfonsé dans wi eercaeil «le eliéae, dont les onMOMBts aot» j •ABoaeer TépoqiM indiqaée. > Dei mfparemees si ceiiTanieaMtes oat wêA \ il B*Mt rMté tuMUi «loote mut U poMOMioB des reliques de la Fontaise.
Malgfé lew peu d*aatkemtieité, le a femÎMil an TII {11 «ar^i799), Akvandre Lenoir demaada an Directoire exéestif ravtariaatioii, qui loi fW aeeordée k i5 floréal siÛTaat (4 mai), de dépoter les eorpt de MoKére et de la Fontaine dans le JmrJin Éljrtéê des moBameata français. Un arrêté dn préfet de la Seine, en date du «8 février 1817, ordonna le transport an Pire-Laekaise de ces osaeaents qoe nnl ne pent eroire anjovÂn être eenx des denx poètes. Hs fnrMt exhonés le 6 mars, at aûa* le s mai 1817, ans tombeanz, oà ils to«t aajoord*lMi.