‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 128 sur 379 · LES DESCENDANTS DE LA FONTAINE · texte numérisé non relu

LES DESCENDANTS DE LA FONTAINE

On limsra sans doute à trourer iei sur les descendants de la Fontaine «quelques détails qui n*ont pas para devoir être donnés dans la Ifptké M»gmpkifue de leur aïeul.

Son fils, CHAELBa DK L4 FcaTAiMB, dout nous arons £iit connattrc ddcsstts la date de naissance (3o octobre i653), « a été, dit le P. Ifiecroa', rhéritier de sa pauvreté, sans Tétre de ses talents.... On [TJa m, quelqae temps, simple commis dans la Ttllc de Troyes. > Ce fut, selon Adrj *, vers 1700 qu*un emploi dans les Aides lui fut procuré, dans cette rille, par les amis qu*y avait eus son père. A la fin de 17 14, il fut nonuné greffer du préWk des maréehaus de France, par lettres patentes datées du 4 dé* eembre. Quelques années avant, à Vàge de ctnqnante-trois ans*, il avait épousé Jeamne'FramoaUt du TréimhlajTy dont. la famille était à Paris dans la cour des Aides et dans la chambre des Comptes; elle avait, à Châteaa- Thierry, un frère, Pierre-Louis du Tremblay, conseiller du Roi, receveur des gabelles. Le fils de la Fontaine mourut en 1799, suivant Walckeaatr (tome n, p. 904)* Nous croyons plutôt que ce fut en 1733. L*acte qui coafère à sa veuve la t4talle de ses enfants mineurs est du 18 mai de cette dernière année. Ces enfants étaient Marie'Jeanme'-Cmilimmme^ ÉiismMh Zêênsû' Séimtêiêmmê, Jêmmne^Franfoite et CkarUs'Lamit.

Les trois petites-filles de notre poëte ne se marièrent pas, sans doute parce qu'elles étaient sans fortune. Elles habitaient, i Châtean-Tfaieny, une maison que VUUtoirt de Ckàtéam^Thierry^ par Tabbé Poquet (tooac 0, p. 106), dit avoir été achetée par leur père. Elle doit être cepaBdanf b

I. Mémoireê pour servir k Pkistùire dtt hommes illustres^ tome XYID, p. 3*9.

n. Note i3 sur la rie dé la Fomtaitu par Fréron, p. xxti.

3. Histoire de Ckâtemm-Tkierrf, par Pabbé Poqoet, tome II, p. 1)3. — Le mariage de Charles de la Fontaine seniic donc de Tannée 1706. Jeanne du Tremblay, née en 1689, n'avait qoe»dix-scpt ans.

Googk

APPENDICE. ecxY

■i4HM dMU paik atati TalMe, daas mie lettre adrettée à Fréfom le la lévrier tjSê {Jmmiê lUtérmir*^ I7^> ^ome II, p. ii) : c Now reeloae.... traif •ttors, qû tîtobs ttree notre mère danf la oiéme maiton qa*oeeapoit — tre graad-pcre. > Où était aituée eette maUoa? Selon qnelqaes-waa, ibot la r«e dm Château; selon d'autres (et e*ett une tradition qne nom ■Tant tronTée à Château-Thierry), dans la rue des Cordeliers, anjourd'hni r«e Jean de la Fontaine, en Csce mène de la maison natale du poète, dont elle aemit derenoe la demeure, après la Tente de 1676. Les petites* des de la Fontaine présentèrent une requête an Iloi pour soUieiter dea lettres de ehaneellerie qui leur permissent de Isire imprimer, pendant qninae années, les FaUês et les OEwres de leur aïeul. Ces lettres leur furent aceordces le ag juin 1761 ; usais plusieurs libraires formèrent, le 14 juillet snivast, opposition à leur enregistrement. Ils furent déboutés de eette opposition par un arrêt que le Roi rendit en son Conseil le 14 septembre 1761. Les deux aînées des filles de Charles de la Fontaine moururent septnagénairesv Tnae en 1785, l'autre en 1787. La plus jeune était morte en 176a, à Tâgc de quarante-cinq ans *.

Cnaaina-LoPM db la Fohtaihb, leur frère» naquit à Château-Thierrj, le a3 arril 1718* (et non i7ao, oomme récrirait sa scBur à Fréron dans la

I. Yoîci les actes de leurs inhumations, extraits des registres de Saint« Crépin de Châteaa-Tliierrj :

€ L*an aail sept cent soixante et deux, le ringt-quatre octobre, a été inknnsé dans le eimetierre de cette paroisse le corps de Jeanne-Françoise de la Fontaine, fille majeure de Monsieur de la Fontaine, Tirant secrétaire da Rojr, et de Jeanne-Fran^ise Dntramblay, décédée de la Teille, âgée de qaarantfr-cinq ans.... >

c L'an mil sept cent quatre-rinçt cinq, le cinq du mois de mai, a été inkamé an cimetière de cette paroisse le corps de Marie-Jeanne-Guillaume de la Fontaine, TÎTante fille majeure de mettre Charlet de la Fontaine, aroeat ea Parlement, et de dame Jeanne-Françoise du Tremblai, tons deux déInaN, déeédée de la veille, âgée d'eaTÛron soixante-dix ans.... »

c L*an mil sept cent qnatre-ringt-sept, le dix-sept férrier, a été inhumé an dasetière de cette paroisse le corps de demoiselle Elisabeth -Louise de la Fontaine, la dernière des petits-fils et petitcs-fiUcs du célèbre Jean de la Fontaine, décédée d'hier, âgée de soixante et onse ans, deux mois et six jours, au convoi de laquelle ont assisté Messieurs Adam-Pierre Pinterd de LoaTemj, conseiller du Roy, lieutenant général an bailliage et siéae présidial de cette rille, Louis- Augustin Regnault, directeur du terrier du duché de Château-Thierrj, ses cousins, M. Louis-Nicolas Sutil, avocat do Roj et autres, avec nous soussignés.

« lU^aaa//, Thirial^ doei. de Sorbontu^ curé g Pimterel de Lomvêrny^ Sutil^ ePBca< dm Roi^ etc. •

a. Yoiet son acte de baptême, extrait des registres de la paroisse de Satnt<Crépin :

« Le a4 avril 1718, a été baptisé Charles-Louis, né du jour précédent, du aMnage légitime de maître Charles de la Fontaine, greffier de Mes- •eigacurt les maréchaux de France, et de dame Françoise-Jeanne du Trem-

ccxTi NOTICE SUR LA FONTAINE.

lettrt tout à Thearc mestiouée). Il est dit dtat e«tte même lettre qn Charltft-Loob c eût été fort à pUûdlre et ttiroît coam rie^ae de reMv igaoïé d»s ta patrie, mm lea aecoert généreux de M. Hérkart de Thwrj, eoBteiller à la cour dea Aides' . > Mlle de la Fontaine ajoate q«e M. Hérieart mit le jeune homme an collège de Beanyais; que celai-ei, aon éducation acberée, eut, à Thôtel des Postea, an emploi, dont il s'acquitta arec assex de négligence, ayant beaucoup dHndolence et de goét pour le plaisir ; on continuait à eonserrer âdèlemcnt cette part de rbéritage. Chariet-Louis était arocat au Parlement. Le marquis de Bonnac* le prit pour secrétaire, et le chargea, en 1749, d'aller régler à Pamiers quelquesunes de ses affaires. Il j épousa, en norembre fjSt, Bferie-Antoînetle le Bieroter, ftUe de Georges-Louis le Mercier, éeujer, conseiller du Eei, maître des eaux et forêts de Pamiers. Le petit-âls de la Fontaine mourut à Pamiers, le i4 norembre 1757. Sa tcutc épousa, en secondes noces, M. de Neoilly, fermier général, qui fut guillotiné à la Rérolution.

Charles-Louis de la Fontaine arait laissé trots enfants: Manê''Frmmfinm ' Claire^ Marie'Claire^ Hugues-CharU*.

HuGDxa-CBAEiJts DB LA FoHTAziin était né, le it juillet 1757, à Pamiers*.

Adry parle de lui en ces termes, dans une de ses notes sur la FU d* la Fomtainê par Fréron (p. xzx) : « Il 7 a encore de nos jours (en 1806) un descendant de la Fontaine, homme vraiment philosophe et qui a sa préférer le bonheur à la célébrité qu'il aoroit pu acquérir dans la littéra-

blaj. Son parrain M. Pierre-Louis Dotramblay, la marraine damoiscHe Jeanne Josse de Brcssay, lesquels ont signé :

^De la Fontaine^ MarU-Jeannâ Jtuse de Breuay^ M, F., Dcmcemr^ vieains dm Trembla/, »

I. Charles-Louis-Sébasden Héricart, qui, de 174a à 174S, fut secrétaire et intendant des finances de la maison d'Oriéans.

a. Frano»is-Armand dIJsson, marquis de Bonnae. Il atrait obtenu, le a3 juin 1738, la lieutenance de Roi au ffouTemement de Foix. Il fut nommé maréchal de camp le sS août 1749, lieutenant général au gourememeat du pays de Foix en 1730, enfin, le 11 novembre I75i, ambassadeur auprès des États généraux des Provinces-Unies.

3. Walckenaer {Histoire de la vie de.,., la Fontaine ^ édition de 1834, na vol. in-8*, p. 637, dans une note) donne son acte de baptême, extrait des registres de Téglisc cathédrale paroissiale de Pamiers :

c L'an mil sept cens cinquante-sept et le douzième juillet, est né et s été baptisé un enfant mâle, fils légitime et naturel à messire Charles- Louis de la Fontaine, écuyer, avocat en parlement de Paris, et dame Ma rie- Antoinette Lemercier, son épouse : auquel on a donné le nom de Hugues-Charles. Son parrcin a été messire Nicolas-Simon Delguenaad, chevalier, lieutenant- colonel réformé de dragons; marreinc damoyselle Marthe-Marie Moynier de la Terrasse, teds habitants de cette ville, soussignés. Le père absent. Témoins M* Joseph de RIgail, conseiller du Roy au sénéchal et président et juge souverain du Doncxan, et M* Paul Foota, conseiller du Roy, assesseur de la maréchaussée du Roussillon et pays de Foix, aussi habitants de cette ville, soussignés.

» Detguenandy la Terrasse ^ Fonta, Rigail^ Pauljr, curé, •

APPENDICE. ccxYti

tere «t mémtÊ duM 4et eMploû impoHaats. > Uac lettre iasMe ta Jomr» mI Jm LékHt, du lo Borembre 1818, coB&nne cet peralet pleines d*etûme fomr raiTière-petit-&U da poëte, et aow en dit an pen plot long nr hû : « M. de la Fontaine est pnrrenu à Tàge de 6f ans. Sa jeonetae et ka Moacnta de loisir qne loi laissait nn emploi dans U finance forent rmiarii'i à one étude approfondie de l*histoire et de la littératnre. Les •réneaMnts de la Rérokition Tajant privé de son emploi et d*ane partie ^ foa patrimoine, il rit retiré.... II se résigne, dans le silence, à tontes les prirations et cherche à se contenter des débris d*one fortune qui ae fst jamais que très*modiqne. » Le même journal, à la date du a5 août i8»4i eomplète ainsi ces renseignements : « H était {quand il mourut) le Mil rejeton du Bonhomme. S*il n^arait pas son génie, il avait hérité du ■oias de son originalité et de sa modestie. M. de la Fontaine habitait ordinairement Paris. ÀTcagle et infirme, il est venu, peu de temps avant as BMrt, dans sa ville natale', comme simple royagenr, et sans se faire ccttaltre. Il a^était logé dans une aubei^e, avec une domestique ; et ce a'Mt qa*en reeerant les billets de faire part qne les habitants ont sn ^*ib Tavaient possédé parmi eux. M. Tribert, président honoraire, et M. Poan de Sapincourt avaient été chargés par M. Héricart de Thurj, son psreat, de veiller à ses besoins. » L*anberge où Ton donne à entendre fa'il moumt étnit sans doute celle de la Sirène, dans le faubourg de Marae. Il se pcnirrait qn*il j fût deaeendu; mais Tacte de son décès* nous ippread qn*il est mort, le 16 août 18^4, dans la maison du sienr Plu, entrtprtncnr de bâtiments. Cette maison existe encore au faubourg de Marne.

Wslckenaer dit (p. 63? de Tédition de 1824, à la note déjà citée] avoir •ppris, an nsoment ou Ton allait tirer la dernière feuille, que le roi Lssis Xyni avnit accordé une pension de quinze cents francs à Hugoes- Ûiarlcs. La date de Tordonnance royale serait, dit-on, le a3 novembre i8a3. Haet ne Psvons fias trouvée au 'BuiUdm d4s toit.

Le dernier héritier mAle du nom de la Fontaine n*avait pas été marié.

I. Cesl-â-dire à Château-Thierry, dans Is ville natale de sa famille pateraellc. Nous avons vu qn*il était né à Pamiers. 9. Yoici cet acte, extrait des registres de la paroisse de Saint-Crépin :

• L'aa mil huit cent vingt-quatre, le 17 août, huit heures du matin, en 1< BMiric et par devant nous, Louis Vol, maire et officier de Tétat civil ^ la viQe de Château-Thierry, arrondissement et canton dudit lieu, dépar- \mm de TAisne,

« Sont comparus MM. Jcan-Daptiste-Louis de Sapincourt, âgé de 53 ans, Ncevear des hospices civils de cette ville, et Étienne-Chai'Ies Tribert, prnident honoraire du tribunal, âgé de 64 ans, demeurant tous deux à Chlt^o-Thicrry, lesquels nous ont déclaré que M. Hugues-Charles de la Foataine, né à Palmiers ('tV), le douze juillet mil sept cent cinquante-sept, ^ de M. Chsrlcs-Louis de la Fontaine, écuyer, avocat en parlement de hri«, et de dame Marie-Antoinette Lemereier, tous deux décédés, ledit Hsi^aet-Charlcs de la Fontaine, demeurant à Château-Thierry, est décédé le joar d^hier, à cinq heures et demie du soir, maison du sieur Plu fiU, wrepreneur de bâtiments, fsubour^ de Marne. Et ont les deux témoins •igaé avec nous le présent acte, après que lecture leur en a été faite.

« TWérrt, Pomu de Sapimcourt^ Fot. »

ccx^iii NOTICE SUR LÀ FONTAINE.

Sm MMtft, ^ne mam» avoAt mmmÊÊi*B ci ètmm^ avÛMt M, m»n é» Charleft4«o«is, leor pm, r«eaeiIliM, à Cliàtean-TliiMiy, ^ UBtet, qui les prniMitarBl è Mbmamm, files 4» Lmus XT, lon^ve «et prineefMt, m reatUat aux eaox de PlooibièTee, en I76s« pmèreat par Châteao-Thieny. La jeune Marie-FraBçoiae-C^ire, àg^ de aept aaa, reeita deYant MBaoAMis oae petite fable es Tert, U Lùrr* tt U Càêns^ qu CHtait uoe transparente allusion à leur besoin de proteetioB, et que précédaient ces Tcrs :

JiAïf s^en alla conune il était renn.

Mangeant son fonds aree son roTonu.

C'était mon bisaïeul de célèbre mémoire.

Son fils a fait de même, aussi son petit-fils.

Jamais au monde Us n*ont acquis

Que de Testime et de la gloire.

Tottcbées de la grâce de Ten^snt, qui n'avait ponr héritage qu'an nom illustre, MaaDAiiis, au retour de Plombières, TeBunenèrent & Teranilles, et la présentèrent au Roi. Elles la placèrent, pour son éducation, à Tabbajc de Fonterrault. On la destinait à l'état religieux ; elle préféra le mnriage. Elle épousa Cbarles-É tienne-Marie Marin, comte de Marson, garde da oorps du Koi. Ses bienfaitrices lui assurèrent une pension de douxe cents francs, qui lui fut exactement payée jusqu'au temps de la Rérolution. À cette dernière époque, Mme de Marson Tirait obscuréoMnt à Yersailles, avec son fils et sa fille. Une lettre qu'elle avait reçue d'un parent éaigxé la fit traduire devant un comité révolutionnaire de cette ville. Elle y cosaparut accompagnée de ses enfants. Le président dit an jeune de Mnraon : « Qu'est-ce qu'on t'apprend? » — « A être bon, » répondit l'enfant. Un homme du peuple s'écria : « Grâce pour la petite-fille de la Fontaine, qni élève si bien ses enfants! > Ija cause de Bfme de Marson était gagnée; en la renvoya chcx elle. Quoique cette générosité du comité de YersaiUes puisse faire penser au mot de la seconde Pkilip^qmê de Cicéron aor Antoine, qni ne l'avait pas tué à Brindes : heiteficium latrommm^ il est touchant de voir que devant un peuple en révolution, comme à U cour des Roii, la gloire de la Fontaine protégea sa postérité.

Le roi Louis XVIII accorda, en iSi8, une pension de quinse cents francs au fils de Mme de Marson, affligé d'une maladie nerveuse, depuis la scène, dit-on, du comité révolutionnaire, et réduit à une grande pauvreté. Qne c'ait été tantôt nonchalance héréditaire, tantôt malheur des circonstances, il y a peu de familles que la fortune ait moins favorisées que celle des descendants du grand poëte.

Marie-Claire, la seconde fille de Charies-Louis de la Fontaine, épousa, à Château-Thierry, Pierre-Louis Despotx, ancien magistrat. Elle mourut veuve, le i3 novembre i8ao, à Château-Thierry ^, sans laisser de postérité,

I . Extrmit dût registres de la paroisse de Saimt'Crépin f ■ « Ce jour d'hui treize novembre mil huit cent vingt, trois henres de relevée, par devant nous maire de la ville de Château-Thierry, faisant les fonctions d'officier public de l'état civil, sont comparus sieur Jean Poan de Sapincourt, receveur des hospices civ;Ii, âgé de 49 ans, et Frsnçoi»- Clnude Bcrthault, arpenteur, âgé de 5a ans, tous deux demeurant à Châ-

APPENDICE. ccxix

•t ÎMtîtaa powr mb légataire aairerMl «m nembra de la fanûlle Hiriaart ^ Walekeaaer Bomme Looifl-Chrlttophe-Aime Hérieart de Thnry. Nom aroas ra qve tcm frère rèeut encore prêt de qaatre ans aprèa elle.

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