‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 136 sur 379 · Mais n'est pas dans l'édition de I · texte numérisé non relu

Mais n'est pas dans l'édition de I

9. Riehelet donne ainsi la fin de cet alinéa : c .... à notne Monarque, et un speeucle Inen agréable à tonte la Franee, de ▼oîr croître une jeune pbmte qui oouvrim de ton ombre tant de pevpka. >

BPtraE. 7

jeune plante qui couvrira un jour de son ombre tant de peuples* et de nations'.

Je devrois m*étendre sur ce sujet; mais comme le dessein que j'ai de vous divertir est plus proportionné à mes forces que celui de vous louer, je me hâte de venir aux fables, et n'ajouterai aux vérités que je vous ai dites que celle-ci : c'est, Monsbignbua, que je suis, avec un lèle respectueux.

Votre très-humble, très-obéissant, et très-fidèle serviteur,

Db la FONTAIIIB.

I. Il 7 a, par erretur sans doute, tattt Je peuple^ aa singulier, hm rédition de 1678.

1. On peut lire dans ie livre de M. Drejrss, tome I, p. lxxxxui et loivantes, ce que ia naissance et Tenfance du Dauphin inspirèrent t l'enthousiasme des complimenteurs officiels. Nous n*en citerons que le quatrain suivant, composé en 1667, peu de temps par conséquent avant cette ëpttre de la Fontaine, par le chevalier d'Aceilly, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté :

Dauphiv, dont la valeur par le Ciel fut choisie Pour al>attre le trôpe et l'orgueil des tjrans.

Régnez dès Page de quinze ans,

Mais allez régner en Asie.

FA6LBS.

L*iNDULGBNCE qac Ton a eue pour quelques-unes de mes fables^ me donne lieu d^espérer la même graee pour ce recueil. Ce n'est pas qu'un des maîtres de notre éloquence* n'ait désapprouvé le dessein de les mettre en vers : il a cru que leur principal ornement est de n'en avoir aucun'; que d'ailleurs la contrainte de It

I . « Ces mots prooTent qu'antérieurement à Tannée 1668, époque de la publication de ce premier recueil, la Fontaine arait déjà bk paraître quelques-unes de ses fables, ou qu*elles avaient circulé es manuscrit. 1 {Note de WalckenaerJ) — Cette dernière conjecture nous paraît la plus probable : on ne connaît pas, que nous sachions, de fable de la Fontaine publiée avant 1668.

3. Il s^agit du célèbre Patru, né en 1604, mort en 1681. Recai r Académie française le 3 septembre 1640, « il y prononça un fort beau remerciement, dont on demeura si satisfait, qu'on a obligé toiu ceux qui ont été reçus depuis d'en faire fiutant. » (Histoir* Je PJeêdemie françoise^ par MM. Peliisson et d'Olivet, Paris, J. B. Coignard, 1743, in-i3, tome I, p. an.) — a G'étoit, selon le P. Bouboort, riiomme du Rojanme qui savoit le mieux notre langue. Ajoutont qull la savoit, non pas en grammairien seulement, mais en orttenr.... On le regardoit effectivement comme un autre Qointilicii, comme un oracle infaillible en matière de goût et de critique. Tous ceux qui sont aujourd'hui nos maîtres par leurs écrits se firent honneur dVtre ses disciples. » {Ibidem^ tome II, p. 176 et 177.) — Nooi voyons, il est vrai, quelques lignes plus loin, dans cette même ITcitoire^ que, si la Fontaine et Boileau eussent écouté cet oracle infaillible, nous n'aurions jamais eu ni les Fahles^ ni VJrt poéii^me,

3. Cette opinion de Patru, à laquelle heureusement U Fontaine ne se rendit pas, paraît avoir été fort répandue, si nous en jugeons par le grand nombre de traductions des fitbles d'Ésope qui furent faites eu prose dans notre pays. Sans remonter au quinzième siècle, où Guillaume Tardif, lecteur de Charles VIII, traduisit du latin de Laurent Valla trente-trois apologues d'Ésope, au dix-septième siècle même nous voyons un M. de Boissat, de l'Académie française, pu-

poésie, jointe à la sévérité de notre langue, m^embarrasseroient' en beaucoup d^endroits, et banniroient* de k plupart de ces réeits la breveté ', qu'on peut fort bien appeler Tâme du conte, puisque sans elle il faut nécessairement qu'il languisse. Cette opinion ne saurcHt par* tir que d'un homme d'excellent goût ; je demanderois

blier Us Fables iTÈsope^ illustrées de discours moraux^ philosophiques et poHtîtfues^ Paris, i633, in-8* {Histoire de P Académie française^ par MM. PellUson et d^Otiret, tome II, p. loo). Es 1646, Pierra MiUot, Langrob, professeur de lettres humaines au collège de Bourg en Bresse, publie les Fables ^Msope^ traduites fidellement du gree^ eutc un choix de plusieurs autres fables attribuées à JEsope par des ntkears amâensy Bourg en Bresse, chez la yefne de Joseph Tainivicr, I Tol. in-i9.Cette pnblioation, comme nous le verrons plus loin à propos de la Fie d^Èsope^ paraît même avoir été reproduite planeurs fois. Enfin, plus près encore de la Fontaine, nous trouvons, •ous le même titre que Touvrage de Boissat, une nouvelle traduction en prose des Fables d Ésope ^ Paris, Augustin Courbé, 1669, in-8*. Cest encore l'œuvre d'un académicien, J. Baudoin. Cette édition âei6$9 c*^ ^ quatrième, et elle sera reproduite plus d'une fois dans les années qui suivent immédiatement, comme on le verra ci-après, (Uns k i^otice qui précède la Vie d'Ésope, Il est évident, d'après ces (ûts,et surtout d'après tous lesdiscoursmoraux,philosophiques,etc., placés en tète de ces fables, que ce qu'on j cherchait, ce n'était pis la poésie, le charme et l'intérêt du récit, mais l'instruction moitié. La Fontaine a cru pouvoir y trouver l'un et l'autre, et la pos* t^ité lui a donné raison, je crois, contre Patru et ses contemporains.

I. Wembarr assoient^ à Pimparfait, probablement par erreur, dans les éditions de 1678 et dans la réimpression de la Haye 1688.

a. Ce verbe et le précédent sont au singulier dans toutes les éditions modernes et dans la contrefaçon de 1668; mais ils sont au phuiel dans les éditions originales, ainsi que dans la petite édition de 1683, dans celles d*Âmsterdam 1689, de Londres 1708, de Psris 17*9.

3. C'est ainsi que la Fontaine a écrit ce mot ; on a eu tort d'y nbsdtuer brièveté. L'Académie, dans la première édition de son Dictiomaaire (1694), n^admet plus breveté; mais voici ce qu'en dit Bicbelet, en 1680, dans son Dictionnaire français : « La plupart rejettent ce mot (breveté) ; mais comme il y a de bons auteurs qui remploient, je ne le condamnerois pas, et je me servirons ordinaii de brièveté, »

seulement qu'il en reUuJiât quelque peu, et qu*il cràt que les grâces lacédémonieunes ne sont pas tellement ennemies des muses françoisest que Ton ne puisse son- Tent les faire marcher de compagnie.

Après tout, je n*ai entrepris la chose que sur Texempie, je ne veux pas dire des anciens, qui ne tire point à conséquence pour moi, mais sur celui des modernes. Cest de tout temps, et chez tous les peuples qui font profession de poésie, que le Parnasse a jugé ceci de son apanage. A peine les fables qu*on attribue à Ésope virent le jour % que Socrate' trouva à propos de les habiller des livrées des Muses. Ce que Platon en rapporte' est si agréable, que je ne puis m'empecher d*en faire on des ornements de cette préface. Il dit que Socrate étant condamné au dernier supplice. Ton remit l'exécution de Tarrêt, à cause de certaines fêtes ^. Cébès' Talla voirie

I. Notons cette expression de la Fontaine, qui semUe indiquer a publication d^un recueil, comme cela se pratique chez nous, recueil dont Socrate sVmpare aussitôt pour le mettre en Ters. Ce qui est Trai, c*est que la plupart des apologues ësopiqnes étaient connus depuis longtemps, et n*étaient réunis nulle part.

3. <c BtLjle (Dictioimaire, %nic\e Ésope, p. i lia, édition de tjso) critique, à ce sujet, avec raison, notre fabuliste, qui termine son récit par une phrase qui est en contradiction avec celle-ci, pnisqu^il nous apprend, d'après Platon (pojez le début du Phédon), que ce fut seulement dans les derniers moments de sa vie que Socrate s'occupa de mettre les fieibles d^Ésope en Ters, ce qui ne montre pas Tempressement que la Fontaine annonce ici. j>{Aolede JValekeMer,)

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