‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 154 sur 379 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

LA CIGÀJJL BT UL FOUEMI.

Éiope', fab. i34, Tixxt^ xa\ MiSf>(M)X6(; fab. 944, Mûppi^ xa\ Kif k^{(Mny^ p. 75 et 76, p. 161, p. 334 «t 335). — Aphlboniiit, £ib. I, Fabttla Cicuétmrum et Formicarum^ Inttigans adoUseentes adU' hçrm, — ÀTÎanat, fab. 34, Formica et Cieada. — Romolut, livre IV, fib. 19, ForMÎM etCieada. — Marie de France, lab. 19, tPunGresUlom it im Frémi, — Haadent, i" partie, (ah. 181, ttun Fottrmy etiftm

I. L^édition iii-4* de 1668, qui est la première des livres I-VI, donne ainsi les titres : pablb PHBMimBX, pablb sbgovdb, fablb tboi- Bbn, etc. Les autres éditions publiées par Tautenr n*ont le mot 'AHi, lain d*un chiffre romain, qu*à la première &ble de chaque Inre (ainsi an livre premier : fablb i); aux autres fiJbles, elles ont ûaplement un chiffre romain.

3. Pour faciliter les rapprochements, nous indiquons en tète de du^ fable, dans un premier alinéa, les fables de sujet identique oa inaJogue qui nous ont paru dignes d*ètre signalées, chez les anôent, ou chez les modernes antérieurs à la Fontaine, ou chez ses contemporains; nous ne mentionnons les écrivains postérieurs à notre £Ïbuliste que lorsqu'ils peuvent être Pobjet d'une comparaison naiment intéressante.

Dins un second alinéa, nous renvoyons aux fables anciennes con- Manies dans la Mythoiogie étopique de Nevelet, recueil où nous pen- Mns que la Fontaine a le plus souvent pris ses sujets ; mais nous nous linons à indiquer les pages, afin de ne pas répéter inutilement les tifei. — Un troisième alinéa mentionne, quand Toccasion s'en présoite, certains recueils, imprimés ou manuscrits, où la fable a été '«produite, comme les Manuscriis de Conrart^ le Recmeil de poésies ^iemtes et diverses^ le Recueil du P. Bouhours, etc. — Nous mar-

Googk

58 FABLES. [f.i

Criquet, — G'ûieê Corroxet, hh, 99, des Formu et de U CigeBe m Griliam. — Le Noble, fab. '^^de la Cigale et de la Fourmi, Véeommii,

Mytkologia mtopiea Nepeleti^ p. 197, p. a86, p. 3s«, p. 878, p. 479.

Cette fable a été reproduite dans le Keeueil de poédee ekrétiemit et diçerses^ tome III, p. 359 (au lien de page 363, par toite d'oie erreur de pagination).

L*idée première et la morale de eet apologue ett d^jà, comme Ton tait, dans le *Lipre des Properhes (chapitre ti, yenets 6-8). Senlement, an lien de la Ggale, Salomon conduit auprès de la Fourni Thomme paresseux en personne : P^ade ad Formùeam^ o piger^ et ccaiidera wias tjus^ et dieee sapiantiam : qum,... parât im mttaie cihmm «^ et eoHgregat in messe quod eamedat, — Voyez ce qui est dit â-apr^ p. 60, note 10, du peu de goût de Voltaire pour cette &ble. ~ J« J« Rousseau la condamne (tmile^ livre II), comme donnant aox enfimts, contre Tintention du fabuliste, una leçon ttinkumauti, « Vous croyes, dit-il, leur donner la Ggale pour exemple; et pool dn tout, c*est la Fourmi qu*ils choisiront. On n*aime point à s'iuh milier : ils prendront toujours le beau rôle ; c'est le choix de l'anov* propre, c'est un choix très-naturel. Or quelle horrible leçon pov l'enfance I Le plus odieux de tous les monstres seroit un enfiot aTare et dur, qui sauroit ce qu'on lui demande et ce qu'il refuse. U Fourmi fait plus encore, elle lui apprend à railler dans ses refus. 1 Voyes dans la Fontaine et les faèu&stes (tome II, p. 106 et suivaiUtt, fin de la xni* leçon) les judicieuses remarques qu'inspire à H. Sann- Marc Girardin la critique de Rousseau, et, dans le même onmfv (tome I, p. 400-410, xn* leçon), un morceau charmant, on il appUipK à la Tie humaine cette première scène «r de V ample comédie du poète, t A la suite, dans la même leçon, il cite la fable de le Noble, un dei contemporains de la Fontaine qui ont traité le même sujet, et 7 relère arec raison quelques jolis Ters. — La Cigale et la Fourmi eA aussi une des fables en rondeaux présentées au duc du Maine, aviat 1677, par de Saint-Gilles Lenfant, alors encore page : Toyes risquons, lorsqu'il y a lieu, dans un dernier paragraphe, la source première de la fable, et« quand ils sont remarquables par euxHDnABei on dignes d'attention par le nom de leur auteur, les jugement! sur le sujet même ou l'ensemble, et les allusions qui, ne se rtpportant pas à un passage en particulier, à une idée, une expienioB, une tournure, mais à la ûJ>le entière, ne peuvent trouver place dans les notes partielles.

r.i.] ' LIVRE I. 59

tiodsedon de Robert^ p. oxctx et oc. — Il existe et la GgaU et U liNvalime parodie faîte au dix-septième siècle même, et assez injnrime poor Bfme de Grignan, qui 7 joue le rôle de la Fourmi. Od pcit la Toir au tome IV, p. 499» du Recueil Mattrepas^ à la Bibliotbèqne nadoiialef et tome III, p. 348 et 349» de la Correspondame ie %my^ édition Lalanne, Paris, i858, in-ia.

La Ggale, ayant chanté

Tout Tété, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue :

Pas un seul petit morceau s;

De mouche ou de vermisseau'.

Elle alla crier iamine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister ^ 1 0

Jusqu'à la saison nouvelle.

« Je vous paierai, lui dit-elle.

Avant Toât', foi d'animal.

Intérêt et jnrincipal*. »

3. Un grand nombre d'éditions modernes, et des meilleures, ODt m point d'exclamation après wermissetut. Nous arons à peine betoÎB de dire que la phrase n'est point ainsi ponctuée dans les ancieoDes impressions. On rencontre pour la première fois ce point <reielamation dans l'édition des Faàles donnée par Didot l'atné, ca 17S1, fÊT ordre de Momseigneur le comte dArtoU^ % roi. in-i8.

4* Ia Fourmi implore la Ggale arec cette même modestie dans la ^Ue latine de Neckam (Poésies inédites du moyen ége^ par Édélestand ^Méril, Paris, i854, p. 199, rers i et s) :

Formeam hruma narratur adisse Cicada^ Ut si6i frumenti paucula grana daret,

5.r0ii/,raoât, la moisson, «c Es parties septentrionales, les bleds se tontcouppés qu'en aoust, duquel mois, à telle cause, la cueillette ca porte le nom, de lui, en tels endroiu, dite Vaoust. » {O, de Serres^ ôté par M. Littré an mot Joùt,) — Voyez livre V, fable ix, rers 10.

6. ht principal^ c'est-à-dire le capital, ou, comme l'on disait an- ^'cCms, le tort principal de la dette.

6û FABLES. [r. i

La Fourmi n^est pas pretease : 1 5

Cest là son moindre défaut^.

« Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

— Nuit et jour à tout venant

Je chantois, ne vous déplaise*. %o

— Vous chantiez? j^en suis fort aise : Eh bien*! dansez maintenant^*. »

7. C'est-à-dire, iJ n'y a point de défont qui soit plut contraire au habitudes de la Fourmi, que la Fourmi ait moins que celui d'être prêteuse (et l'on ne peut nier qu'être prêteuse ne soit un dëfout aux yeux de la prudence étroite et Tulgaire, et même de l'économie bourgeoise, que représente ici la Fourmi). Ce tour équiraut aune Téritible négation, à laquelle il se mêle ordinairement une légère nnaace d'ironie. On l'a critiqué comme obsonr, parce qu'il est peut-être moins usité qu'autrefois. MoUère a dit de m^e dans t École des mtrU (acte I, scène ir) :

Je coquette fort peu, c'est mon moindre talent.

8. a Ne tous desplaise » est un tour de Rabelais. Ces mots terminent le chapitre ti de son liyre III (tome I, p. 888, édition k Duchat, Amsterdam, i74i)«

9. Dans les éditions anciennes, selon l'orthographe ordinaire da temps : « Et bien », sans point d'exclamation.

10. Ce dernier trait, si bien aiguisé en épigramme, est déjà dsni li première des fables ésopiques auxquelles nous avons renvoyé : 11 6<pouç Apoïc rfiktiç^ y(ti\iÀMOç ^oO, « si tu jouais de la flûte dan» h saison d'été, danse l'hiver. » — Voltaire, qui en divers endroits ai ses OEupreif cinq tout au moins, exprime le peu de goût qu'il a pour cette fable (ce n'est pas, il (aut en convenir, une des plus élégaotei de notre auteur), a fait des derniers vers deux critiques bien étraogei* a Comment une fourmi, demande-t-il dans le Catalogue déjà cité (tome XIX, p. 119), peut-elle dire ce proverbe du peuple à une cigale ?» et dans les Questions sur V Encyclopédie (article Pahle^ édition de Londres 1771)) il s'écrie, après avoir cité les deux vers: cComiBe si les fourmis dansaient! o Cette dernière exclamation, il est TTti,il l'a lui-même supprimée dès 1 77$, en reproduisant l'article Fable danf le Dictionnaire philosophique, .

ruj LIVRE 1. 6i

FABLE II

LB CORBBA.U BT LB RBNABB.

Éaopey fidb. ao4, K6pai x«\ 'AXiJiin)^ (Coray, p. i3i et iSa). — Babriitt, fij>. 77f iii^jm fi/r». — Âphthoniut, fab. ^g^'FaèuU Corvi et f^ulpecëlm^ mortëHi m€ frauduUntU credtUtw, — TzeUèf , chiliadeX, SSs. — Phèdre, livre I, fiib. i3, Vidais et Corvus, — Romulos, livre I, 6kb. 14, ^uipis et Corpus, — Roman du Renart (aux maniuorits de la Bibliothèque nationale, fonds français, n« 871, f^ 47 et 46 ; édition M<loD, tome I, p. 367-174, vers 7187-7381). — Marie de France, (ab. 14, /iM Corhel qui prist un framaiges (compares la fable 5i). — U Féru de maittre Pierre Patelin ^ scène ti, vers 438-4^3 (édition Géaio). — Handenitf i<* partie, fab. m, d[*un Corbeau et d^un it«gMârd^ — Corrozet, fab. it^du Renord et du Corbeau. — Boursault, ÈMf€ à u fiUe ou les Fables d'Ésope^ acte III, scène iv, U Corbeau a U Bêoard, — Le Noble, fab. 69, du Renard et du Corbeau. La fiât* fme. ~ H. Soullië, dans Fonvrage intitulé : La Fontaine et ses do» 9mciers (Paris- Angers, 1861), a suiri, comme il dit, ce sujet « â tnTcn les âges, 9 et, dans divers cbapitres, il apprécie compara- ÙTOBent la manière dont Font traité la plupart des auteurs, soit ucieof soit du moyen âge, mentionnés par nous dans les lignes qui précèdent.

MftliologiasssopicaNevelêti^p, i56, p. 344> P* 364, P* 397, p. 497*

Cette fable a été reproduite dans le Recueil de poésies chrétiennes et imnes^ tome III, p. 358 (par erreur, pour p. 36s). — Elle est dans les Manuscrits de Conrart (bibliothèque de F Arsenal, 19 volumes io-£»lio, n* a83o, tome XI» p. 533) ; et dans le Manuscrit Y', n*8, io-4«, de la bibliothèque Sainte -Genepièpe,

Apulée, à la fin de ses Florides^ nous donne une double version da Ccrbtéu et du Renard: d^abord un développement assez préten* tieux, pais le résumé soivant : Corpus^ ut se vocalem probaret^ quod idm deeue tantm ej'us formss Vulpis simulaverat^ crocire adorsus^ prtsdss^ luêm ore gestabat^ indiœtricem compottpit, — Horace fait allusion à cette fable dans la satire v du livre II (vers 56). C'est ainsi du moins <r*e la plupart des commentateurs, et en particulier le vieux sco-

6a FABLES. [r.n

liaste Acran, entendent les moU : Carpum deludêt himnUm. — t Et •appoMDt réellement à la Fontaine Tobjet d'être entendu des calants, de leur plaire et de les instruire, cette îMt est assaràneit son cheM*CBUTre, » dit J. J. Rousseau au \me II à^tmiU; puii, pour prouTer qu*il ne £iut pas faire apprendre de fables aux oûmts, il entre dans une minutieuse analyse, et jugeant le chefd*OBUTre, comme nous l'avons tu juger la £sJ>le i, au point de rae de la morale et de l'éducation, il y roit pour l'enfant « une kçoo de la plus basée flatterie, » et en fait une critique qui n'épsipe rien, mais dont la séréritë est à nos yeux peu conTaincante (tojo la xm* leçon, déjà citée, de M. Saint-Bfarc Girardin, tome II, p. 99 et suivantes). Cette critique, Rousseau la rappelle au litre IV à*ÉmiU^ et y revient encore en deux mots dans la Noup^Ue EéUm (5* partie, lettre ni). — Voltaire, non comme moraliste, maiscoame poète, ne paraît pas non plus goûter beaucoup la fable u (to/ci au tome XXXIX de ses CEuprês^ p. ai 6, et au tome XLVIII, p. 268).

— Lessing a traité le même sujet dans sa fid)le i5 du livre II, nuis il y a fait un cbangemoit qui sans doute eât agréé à Rousseau. An lieu d'un firomage, c'est un morceau de viande empoisonnée qoe lâebe le Corbeau et que happe le Renard, et l'auteur termine pir cet honnête vœu : « Puissiez-vous, par vos perfides louanges, m jamais gagner que du poison, flatteurs maudits! » — Pannî ks fables de la Fontaine, celle-ci est la première qui correspoode à l'une des fables ésopiques choisies par le roi Louis XIV, < pour orner, nous dit Benserade, le Labyrinthe de Versailles. »

Maître G>rbeau9 sur un arbre perché,

Tenoit en son bec un fromage^.

Maître Renard, par Todeur alléché,

I . Dans deux des cinq fables grecques données par Coray, ce n'est pas un fromage, mais un morceau de viande que tient le Corbeau*

— La fable du Renart et du Corbel^ citée par Robert {FahUs mditês^ etc., tome I, p. 9 et p. CLXvm) comme extraite du reeoeil de fables du quatorzième siècle qu'il désigne par fe nom d^Tsopetl\ oommenoe ainsi :

Sire Tiercelin le Corbiau,

* Maniuerit de la Bibliothèque nationale, fonda français, B* 1594. Lt Bt»^ et U Corbel est la £iMe i5 de oe reeoeil (^ 17).

f.lll

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