LIVRE I
Gns, poli*, qui 8*étoit fourvoyé par mégarde.
L'attaqaer, le mettre en quartiers, 5
Sire Loap Teùt fiiit volontiers ;
Hais il (klloit livrer bataille,
Et le mâtin étoit de taille
A se défendre hardiment.
Le Loap donc Taborde humblement, t o
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu*il admire.
« n ne tiendra qu'à vous, beau sire. D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien : 1 5
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables *, Dont la condition est de mourir de faim. Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée ^ ;
groneur des membret, par Tamplettr des formes ; Phèdre exprime la i idée aa rers 5 :
Jut qtto cibo feelsti tantum eorporîsf
a. Pte précisément luisant de graisse, comme on l'explique ordinai- TCiMnt, mais dont le poil a ce lustre, cet éclat particolier aax ani* ■m bien nourris. Phèdre dit encore (yers 4) :
.... Undetic^ qumso, mtes?
Marie de France (Tcrs 6) :
Et mult est luisanz Tostre piaus (wotrepMu) ; et Benserade, dans son xu« quatrain (édition de 1678) : Net, poli, gras, heureux, et sans inquiétude,
3. Le dernier mot de ce vers explique et achève le sens des deux ponicTs , qui s'employaient autrefois pour dire c misérables, gens de rien, n Vojez le Lexique. — Nous avons conservé pour le second Bot, qui, dans toutes les impressions modernes, est écrit hires^ l'ortbograpbe des anciennes éditions. — Nous lisons de même dans Rabeli»(liTre I, chapitre xlv, tome I, p. i58 ) : c Dond' estes-vous, vous aalires paoures haires P »
4. c Lippée^ vieux mot, d'après Richelet (il écrit /ijpe'e), qui ne se dit pis seul, et qui n*entre que dans le burlesque; il signifie komehée^
7» FABLES. [r.T
Tout à la pointe de Tépée. lo
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ? — Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
Portants' bâtons, et mendiants; Flatter ceux du logis, à son maître complaire : %i
Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs ^ de toutes les façons^
Os de poulets, os de pigeons^.
Sans parler de mainte caresse. »
Le Loup déjà se forge une félicité 3t
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé. [de chose. « Qu'est-ce là? lui dit-il*. — Rien. — Quoi? rien? — Peu
reptu. 1 ^ Arec franche^ c*est un bon reptt qoi ne ooàte rien. — Richelet cite l'exemple de la Fontaine, et cet autre, de Soarroo : c Ceit un chercheur de franches iipées, • auquel on peut joindre ce vert de son Firgile travesti (livre IV) :
Un coureur de framches Uppées,
Rabelaif (livre H, chapitre iv, tome I, p. an) a employé le mot lus épithète : c .... pour prendre à tout {avec) la langue quelcque Uppk. •
5. Toutet les éditicms anciennes font ainsi accoixla* le paitidpe. Celle de 1799 (Paris) est la première où nous ayons tnmfé pcrtêsi^ sans s.