I. La Fontaine, dans une chanson, a dit de lui
Tandis qa*3 étoit STOcat,
U n'a pat fait gain d*an dacat.
9. Voyez Farticle Jb49 db la Fohtaisb dans la Biographie générait» 3. OEwres de Malherbe^ tome I, p. s3a, poésie Lxxn, vers 68 : Tons métaoz seront or, tontes fleurs seront roses. La FoaTAiHB. i s
xviii NOTICE BIOGRAPHIQUE
par quelques rësenres, certaines imprudences de sa vieille admiration, il ne la reniait pas, puisque, un peu plus loin, dans cette ëpftre, regrettant les beaux temps de TOde, qui « baisse un peu, » il s'écriait (vers 93-96) :
Malherbe, avec Racan, parmi les chœurs des anges, Là-haut de FÉternel célébrant les louanges, Ont emporté leur Ijre ; et j^espère qu'un jour J'entendrai leur concert au céleste séjour.
Il ne pouvait être ingrat pour celui dont il a été certainement le disciple, un disciple qui a surpassé le maître dans un grand nombre de vers où, quelque simple que soit le genre de ses ouvrages, il s'est élevé jusqu'à la haute poésie.
Si Ton s'est trompé en cherchant Voiture où il fallait reconnaître Malherbe, ce n'est pas à dire que la Fontaine n'ait pas dû quelque chose aussi «au spirituel écrivain cher à Thôtel de Rambouillet. On ne peut oublier que, parmi ceux dont il n'a pas négligé les traces, notre poète, dans une lettre à Saint- Évremond, de la même année que Tépître à Huet, a donné place à maître Vincent aussi bien qu'à maître Clément, ajoutant à ces noms, avec une courtoisie qui n'était pas imméritée, le nom de son correspondant :
J^ai profité dans Voiture, Et Marot, par sa lecture, M'a fort aidé, j'en conriens.
Je ne sais qui fut son maître ; Que ce soit qui ce peut être, Vous êtes tous trois les miens.
«e J'oubliois, continue-t-il, maître François {Rabelais)^ dont je me dis encore le disdple. »
Quand il mettait tant de bonne grâce à ne pas désavouer ses premiers modèles, il n'était plus jeune, et se rendait compte assurément des défauts mêlés aux agréments de Voiture, de bien des traits recherchés, plus encore chez lui que chez Malherbe; mais il ne serait pas surprenant qu'il eût toujours gardé un faible pour l'agréable badinage de ce bel esprit. Au temps où il commença à aimer les vers, la séduction qu'exerça sur lui Voiture s'explique encore mieux. Voiture était alors de l'Académie, et il n'était pas contesté qu'il y fût, parmi ses con-
SUR LA FONTAINE. xix
frères, on des plus iUostres. Beaucoup plus tard, Boileau semblait le mettre au rang d'Horace^; et même à une époque où, arec un goût plus sévère, il lui fit une plus juste part, il l'appelait encore
. . . . . . Cet auteur si charmant
Et pour mille beaux traits rantë si justement*.
Il y a une petite comédie, ou plutôt églogue, de la Fontaine, intitulée : Cfymène^ et peu lue aujourd'hui, quoique maints Ters en soient fort johs. Elle a été publiée en 1671, mais écrite beaucoup plus tôt, avant la chute de Foucquet, comme le prouve un de ses vers * qui rend hommage aux surintendants. Nous en rapporterions volontiers la composition aux preimers temps des relaticms du poète avec l'opulent Mécène; elle porte, ainsi que Ta bien remarqué Walckenaer\ d'évidentes marques de jeunesse. Elle nous apprend , plus certainement encore par sa date que les vers de 1687, tout à Fheure cités, parmi quels auteurs la Fontaine chercha de bonne heure ses modèles. Cette comédie de Cfymêne mettant tout d'abord Apollon en scène avec les Muses, l'occasion s'offrait de faire louer par ce dieu les poètes qui lui plaisent, a Essayez, dit-il à Calliope,
Un de cet deux chemins qu'aux auteurs ont fra jés Deox écriTains fameux : je veux dire Malherbe, Qui loaoit ses héros en on style superbe, Et puis maitre Vincent, qui même aoroit loué IVoserpine et Platon en un style enjoué; »
ce maftre Vincent, ajoute-t-il,
dont la plume élégante
Donnoit à son encens un goût exquis et fin, Que n*aToit pas celui qui partoit diantre main*
n donne à Érato un conseil à peu près semblable :
Chantez-nous
Non pas du sérieux, du tendre, ni du doux,