‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 19 sur 379 · XX NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XX NOTICE BIOGRAPHIQUE

Mais de ce qu'en frauçok on nomme bagatelle :

Un jea, dont je Toudroit Voiture pour modèle.

Il excelle en cet art. Maitre Qément et lui

S'y prenoient beaucoup mieux que nos gens d'aujourd'hui.

Marot, que la Fontaine associait ainsi à Voiture, ëtait encore mieux fait pour l'inspirer, avec sa grâce plus naïve ; et l'on se trouvait, avec lui, k meilleure ëcole. Un passage cependant de la même comédie nous avertit dans quelle mesure discrète il avait entendu mettre ses leçons à profit. Il savait le danger de trop s éloigner de la langue de son temps : « N'allez pas, dit Apollon à Glio,

chercher ce ^tjle antique

Dont à peine les mots s'entendent aujourd'hui.

Montez jusqu'à Marot, et point par delà lui.

Même son tour sufiBit. »

Avec ces poésies de Malherbe, de Voiture, de Marot, qu'aimait-il encore le plus à lire ? Les romans. Dans sa Ballade dont le refrain est :

Je me plais aux llTret d'amour,

il n'oublie, parmi ces livres, ni le roman d'Héliodore, si goûté du jeune Racine, ni le Polexandre de Gomberville, ni la Cléopatre et le Cassandre de ce la Galprenède qui amusait ausà Mme de Sévigné, malgré son style « maudit en mille endroits, 3» ni le Cjrrus de Mlle de Scudéry; mais il a un souvenir tout particulier pour Y <c œuvre exquise » de d'Urfé, qui a été un livre favori de sa jeunesse :

Étant petit garçon je lisob son roman, Et je le lis encore ayant la barbe grise.

a Cest d'où il tiroit, dit d'Olivet, ces images champêtres qui lui sont familières et qui font toujours un si bel effet dans la poésie*. » D'Olivet aurait dû indiquer ces images empruntées à YJstrée; nous ne savons s'il l'aurait pu facilement. Il faut peut-être se contenter de penser que dans ces imaginations ingénieuses, délicatA et fleuries de d'Urfé, le penchant de la Fontaine vers les fictions, les douces rèverits, la

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