LIVRE ir
Francfort y i6iy\ la locution xdb^opoc ietbv {ladrat, « Vescarbot cherche Taigle, > oa mieax, selon le passage de Ljrsutrate que nous «iToot indiqué, (iaie6£7oii , € le fait accoucher, i fait éclore ses œufs (en les hrisant}. — Voyez la savante dissertation de M. Benfey (tome I, p. 170 et 171) sur TafCnité qu'ont entre elles les fables dherses dont l'action est une Tengeance exercée sur des petits ou desceofs d'animaux, c Tengeance, nous dit le savant indianiste, qui, dans l'apologue d'Ésope, est accomplie d'une façon si humoristiqiie [aaf to hamoristiseke }Ve'uê) par l'Escarbot. » — Quant à la réunion, dans une même £ahle, de TEscarbot avec l'Aigle et Jupiter, voyez ei-après la note 8.
L'Aigle donnoit la chasse à maître Jean Lapin , Qui droit à son terrier s'enfiiyoit au plus vite. Le trou de l'Escarbot se rencontre en chemin.
Je laisse à penser si ce gîte Étoit sûr ; mais où mieux ? Jean Lapin s'y blottit *. 5
L'Aigle fondant sur lui nonobstant cet asile ,
1. G>niment un lapin peut-il se blottir dans le trou d'un escarbot? La Fontaine a prévu l'objection :
Je laisse à penser si ce gite Étoit sûr ; mais où mieux?...
Miaix eût valu, croyons-noas, se contenter de dire, comme Ésope ? c le Lapin se réfugia vers le trou de l'Escarbot, i» TCp^ xo(Ty)V RovOdpou udfuye, afin de le prier d'intercéder pour lui, comme l'insecte le bit en effet. Cest évidemment la traduction latine qui a trompé notre bboliste; dans Nevelet le grec est ainsi rendu : in (au lieu de ad) butrum Searabmi profugU^ c se réfugia dans le gite de TEscarbot. s — > M. Walckenaer, qui, dans son Histoire de la Fontaine (tome I, p> 3o5), a deviné que V absurdité dont il s'agit devait être c le résultit de quelque ancien contre-sens, • comme celui que nous venons d'indiqner, fait remarquer en note que Chauveau, dans la figure qui sceompagne cette fable (édition de 1668, in-4^, p. 63), a représenté t un scarabée presque aussi gros qu'un lapin, afin de mettre sa figure d'accord avec le texte. » — V Aigle et CEscarbot était une des Wes du Labjrrint/ie de Versailles. Dans les gravures jointes au qua- <»ia de Benserade (xxix* de l'édition de 1677 ; cxii« de 1678}, rmiecte, de même, n'est gn^e plus petit que le lapin.
i5o FABLES. [r.Tiu
L*Escarbot intercède , et dît :
« Princesse des oiseaux, il vous est fort facile D^enlever malgré moi ce pauvre malheureux ; Mais ne me faites pas cet affront, je vous prie ; le
Et puisque Jean Lapin vous demande la vie , Donnez-la-lui , de grâce , ou Tôtez à tous deux :
C'est mon voisin , c'est mon compère ^. » L'oiseau de Jupiter , sans répondre un seul mot ,
Choque de l'aile l'Escarbot*, i S
L'étourdit , l'oblige à se taire , Enlève Jean Lapin. L'Escarbot indigné Vole au nid de l'oiseau^, fracasse, en son absence, Ses œufs, ses tendres œufs, sa plus douce espérance ' :
Pas un seul ne fut épargné. «o
L'Aigle étant de retour, et voyant ce ménage, Remplit le ciel de cris; et pour comble de rage, Ne sait sur qui venger le tort qu'elle a souffert.
s. Bentende qualifie de même l*EM«ffboC :
L*Aigle prit le Lapin ; l'EacaiboC aon compère Interoéda pour loi....
3. Cett on trait empranté à Ésope : 1^ miç^ ^tadoonç t^ %àAa^.
4. Dana Vemhième oLxrm d* Aidât, l'Eaoariiot ae £ait tsaiypaiter dans le nid de FAigle , par l'Aigle lui-même , en ae «achaat dant les plumes :
Namplums Jamlm elam se neque cogmtui MUi^ Hosiuem ut niaum summa per astra petmi.
— Gilles Corrozety qui, dans sou Heeatongraphie {embUmêUi)^^ traité le même sujet, dans un quatrain français , suivi dhme loogac morale, remplace l'Escarbot par un Formis {une Fourmi), qui
Les œuËL de TAigle.... oaise et abat.
Gela derait , ce semble, lui être plus difficile qu*à Tinseete d'Éiope.
5. c II semble que l'àme de la Fontaine n'attend que les ocoaiioas de s'ouTnr à tout ce qui peut être intéressant. Ce yen eA d'ane sensibilité si douce, qu'il fait plaindre l'Aigle, malgré le rôfeodirox qu'elle joue dans ceue foble. » (CMAuromT.)
r.Tin] LIVRE II. i5i
Elle gémit en vain : sa plainte au vent se perd.
D fallut pour cet an vivre en mère affligée. % 5
L'an suivant, elle mit son nid en lieu plus haut*.
L'Escarbot prend son temps, fait faire aux œufs le saut :
La mort de Jean Lapin derechef est vengée.
Ce second deuil (ut tel , que Técho de ces bois
M*en dormit de plus de six mois. 3o
L*oiseau qui porte Ganymède "^ Da monarque des Dieux enfin implore l'aide, Dépose en son giron ses œufs, et croit qu'en paix Os seront dans ce lieu; que pour ses intérêts, Jupiter se verra contraint de les défendre : 35
Hardi qui les iroit là prendre.
Aussi ne les y prit-on pas.
Leur ennemi changea de note, Sur la robe du dieu fit tomber une crotte* :