‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 208 sur 379 · I. Voyez, ci-après, la noie · texte numérisé non relu

I. Voyez, ci-après, la noie

172 FABLES. [r. xit

Sont, disoh-il, bien malheureux.

Us ne sauroient manger morceau qui leur profite ; Jamais un plaisir pur; toujours assauts divers'. Voilà comme je vis : celte crainte maudite M'empêche de dormir, sinon les yeux ouverts '. r o

Corrigez-vous, dira quelque sage cervelle.

Et la peur se corrige-t-elle* ?

Je crois même qu'en bonne foi

Les hommes ont peur comme moi. »

Ainsi raisonnoit notre Lièvre, i s

Et cependant * faisoit le guet.

n étoit douteux *, inquiet :

9. C'est la même viTacité de toor que dans les plaintes da B&dieron : voyez livre I, fable xn, vers g.

3. c Lorsqu'on sarprend le lièvre au gîte, on le voit toujonn immobile, dans l*attitude du repos, et les yeux grandement ouverts. Mais de cela.... il ne faut pas conclure que le lièvre, au contnire de ce qui a lieu chez tous les animaux, puisse dormir les yeux oaverts : seulement on doit croire qu'averti du danger, an moindre bruit, par son ouïe, qui est très-fine, il ouvre les yeux, et retena ptr la paresse, il reste dans la position du sommeil, et cherdie k derioer le danger qui vient de le menacer. • {Dictionnaire d*hùtoirt natartHe de d'Orbigny, tome VII, p. SSy.)

4. a La foiblesse, dit la Rochefoucauld, est le seul défaut que Toi ne saurait corriger. > Cest la i3i« maxime dans la seconde édition (i666), où elle parut d'abord, et où la Fontaine l'avait pu lire avant de publier la première édition de ses fables (i668); et b i3o« dans l'édition définitive (1678).

5. Et cependant ^ et pendant ce temps-li, et tout en raitoonaiil

6. Craintif, soupçonneux par crainte. — Le simple Jouter tmk autrefois le sens du composé redouter. Il est ainsi employé par deax fois, à l'actif et au passif, dans les vieilles fables que Robert npprocbe de la nôtre. Les Lièvres disent, dans Ysopet I :

Veez ces Raines (^vojret ces Grenouilles); tant nous doubteat

{elies nous redoateMt tant) Que pour nous en l'iaue {en Peau) se boutent;

F. xnr] LIVRE II. 173

Un 8oi]£9e, une ombre, un rien, tout luidonnoitla fièvre''.

Le mélancolique' animal,

En rêvant à cette matière, ao

Entend un léger bruit : ce lui fut un signal

Pour s'enfuir devei;s sa tanière *.

U 8*en alla passer sur le bord d'un étang. Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes ; Grenouilles de rentrer en leurs grottes profondes. a 5

« Oh ! dit'^il, j'en fais faire autant

Qu'on m'en fait faire ! Ma présence Efl&^e aussi les gens ^^ ! je mets l'alarme au camp !

Et d'où me vient cette vaillance?

et àuïB Ysopet II:

AuMÎ tomes doobtez De plus foibles que nom.

— Voyez le Lexique.

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