La Fontaine a dit ailleurs, Utto VŒ, fable xi, fin
Un songe, un rien, tout lui fait peur, , Quand il s'agit de ce qu^il aime.
8j Mélancolie impliquait autrefois peur. C^est c une maladie, dit Fnmière, qui cause une rérerie sans fièvre, accompagnée d'une frajeur et tristesse sans occasion apparente, s — L'Académie, dans U première édition de son Dictionnaire (1694)» cite, comme exemple d'animal mélancolique, le cerf; dans la seconde (17 18), le lierre
9. Buffon dit, en parlant du lierre et du lapin (tome VI, in-40, 1756, p. 3o5) : < Tous deux sont également timides à l'excès; mais Ton {û Uèçre)^ plus imbécile, se contente de se former un gîte k Ja svfÎMe de la terre, où il demeure continuellement exposé, tandis qoe l'autre {le lapin), par un instinct plus réflécbi, se donne la peine de fouiller La terre et de s'y pratiquer un asile. > D'après cela, le aot tanière f que l'Académie (1694) explique par c cayeme, concavité dans la terre ou dans le roc , où des bétes sauvages se retirent, > ne parait guère convenir au lièvre. Impropre ou non, la Fontaine l'emploie pour désigner la demeure habituelle de l'animal, et par le gîte du premier vers il entendait, on le voit, la place d'un repos passager.
10. Comme celle d'Achille, dont Taspect suffit à mettre en fuite les Troyens : voyez Y Iliade^ livre XVIII, vers 11 5- 129.
174 FABLES. [r. xif
G)mmeiit ? des animaux qui tremblent devant moi ! 3o
Je suis donc on fondre de gaerre ^^ ! n n'est, je le vois bien, si poltron sur la terre Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi ^*. >
II. Corneille a dit dans U Menteur (acte ni, sotee t, Yen 98$) :
Cet homme qui se dit un grand fondre de guerre.
Vo)ez aussi les premiers Ters de la jxa^ de ses Poésies dipeneSfïïa tome X de Tédition de M. Marty-Lareaux, p. 194.
13. Dans la fable sur le même sujet, intitulée ies Polirons^ et qui est contenue dans le recueil anonyme, déjà cité plus haut (p. iG4\ que nous désignons par le nom du libraire, Daniel de la Feuille (3« partie, p. 33-35), on lit, comme affabulatiou finale, les deux Ters suiyants :
n n*est donc, à ce que je roi.
Poltron qui ne rencontre un plus poltron que soi.
— Sénèque, dans les Troades (yers 10 17 et suirants), étend l'idée à toutes les misères de la rie :
Ferre^ quam sortem patiimtur omnss , Nemo récusât.
Est miser nemo, nisi comparmius.
r. XV] LIVRE II. 17$
FABLE XV