Allumez des feux de joie pour célébrer cette paix
4. Dans le quatrain de Benserade (ni« de l'édition de 1677; cxxx* de 1678 ; la fable était représentée au Labjrrinthe de Versailles), ce sont de même deux Lérriers dont le Coq annonce la venue.
5. Sur ce trait de caractère du Renard, du Courtisan, dont il est l'image, sur son habileté à colorer sa retraite , sans jamais perdre contenance, Toyez M. Taine, p. 104 et io5. — Dans le récit de
r. xt] livre II. 177
Tire ses grègues *, gagne au haut '', Mal content de son stratagème.
Et notre vieux Coq en soi-même 3o
Se mit à rire de sa peur; Car c'est double plaisir de tromper le trompeur.
Ham <le France, le Renard, qui a dit au Pigeon qa*il est Tenu un bref, une ordonnance du Roi, proclamant la paix, ajoute très-finenent :
c Ne sai s*il unt le brief oï (s* Us ont oui le bref) Qui Tint dou Roi....
Si j*^ota aûr qn^ils le connussent, je pourroit demeurer. 1
6. S'enfuit, ou plutôt se met en dcToir de fuir. Locution proTerbiale Tcnae de ce que, pour courir plus à Taise, on relerait ses grègues, qui étaient une espèce de hant-de-chausses ou culottes, t lans brayettes, 1 dit Henri Estienne : Toyez le Lexique,
7. Cest-à-dire au large, comme on dit plus généralement aujourdlnii. L* Académie (1694) et Furetière (1690) donnent seulement c S^ner le {et non au) haut. 1 — Dans la fable xii de ce livre (▼en 17), nous avons tu, dans un sens analogue : c tire de long. »
La G>1ombe Tentend, part, et tire de long.
J. Dft Là FOKTAIMB. I
178 FABLES. [r. xti
FABLE XVI
LE CORBEAU TOULAlfT IMITER l'àIGLE.
Eftope, fab. io3, KoXoib{ xai Iloifiilfv ; K6(m{ xa\ not(i^v ; *Anbç m KoXoi6{ (Goray, p. 119 et i3o, sous quatre formes, etp. 370).— Aphthonius, fab. 19, Fabula GracuU^ ne qiàs majora virihus wuHùtar. — Haudent, i^^ partie, fab. 164, d'un J'igneau^ itun Aigle et f» Corbeau, — Corrozet, fab. 69, de P Aigle et du Corbeau. — Vcrdizotti (Venise^ 1570, ûi-4**)* f^^b. Q^^ delC Aquila e del Corvo,
Mjrihologia msojfica NeveUiif p. 254, p* 336, p. 368.
Voyez la xti« leçon de M. Saint -Marc Girardin, intitulée de h Censure de la société et de F individu (tome II, p. 71). H y phce celle fable parmi c les satires diverses de la yanité, > ce défaut que k Fontaine (livre VIII, fable xv, vers 4) appelle c le mal fran^oif , b « qui est, entre tous, celui qu*il c censure le plus souvent et le plu vivement, s M. Benfey (tome I, p. 60a) indique une imitation orieDtaie, où les personnages et les circonstances du récit sont tout i«* très : une grue tombe dans la boue et se fait prendre , en vonlafit chasser à la manière du faucon.
L'oiseaa de Jupiter enleTant un mouton ,
Un Corbeau, témoin de TaSkire, Et plus foible de reins, mais non pas moins glouton,
En voulut sur Theure autant faire.
Il tourne à Tentour du troupeau, 5
Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau^
Un vrai mouton de sacrifice * : ♦ On Ta voit réservé pour la bouche des Dieux. Gaillard Corbeau disoit, en le couvant* des yeux :
1. Voyez ce que dit M. Tainc (p. 3o4 et 3o5) de ce passage rtde plusieurs autres de cette fable, de ceUe manière de peindre en insistant et redoublant.
ï. Couvant, dans les deux éditions de 1668, in-4<' et in-ia, et dacs
F. xvi] LIVRE II. 179
« Je ne sais qui fut ta nourrice; 1 0
Mais ton corps me parott en merveilleiix état :
Ta me serviras de pâture. »
Sor ranimai bêlant à ces mots il s'abat.
La moutonnière' créature Pesoit plas qu'un fromage^, outre que sa toison 1 5
Etoit d'une épaisseur extrême, Et mêlée à peu près de la même façon
Que la barbe de Polyphème *.
Elle empêtra si bien les serres du Corbeau, Que le panvre animal ne put faire retraite. ao
Le berger vient, le prend, Tencage bien et beau, Le donne à ses enfants pour servir d'amusette ^.
U faut se mesurer' ; la conséquence est nette :
celle de 1678 A; couvrant^ donné par Tédition de 1678, et i>ar celle de 1688, parait être une faate d'impression , quoiqu'il soit reproduit ptrréditioii de Londres, 1708.
3. On a eu tort de regarder ce mot comme forgé par la Fontaine. ViUooy Merlin Coccaîe (Folengo), Rabelais l'ayaient employé ayant lui. Voyez 1« Ijtxique,
4. AllusioD à la fable n du livre I; c>st le même personnage qui est en scène.
5. Voyez au livre IX de VOdjssée d*Homère; au livre III de XÉnnde de Virgile ; et aux livret XIII et XIV des Métamorphoses (iX)vide, qui parle phuieurs fois delà barbe de Polypbème (vers 766 et 85o du liyre XIII, et Ters aoi du livre XTV).
6. Lors ung pasteur, qui Teid ceste folie. Accourt bien tost, puis le prend et le lie. Les esles couppe, et sans aultre desbat,
A ses en£uis le baille pour esbat. (Corrozkt. j
— Dans la fable ésopique, à laquelle est emprunté ce trait de Toiicni donné aux enfants, ceux-ci demandent à leur père quel est ce volaiib*, et le père répond : c Ce qu'il est? je le sais bien, un geai ; ce qu*il veut éûre? un aigle, i