‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 229 sur 379 · Ancienne forme ici quatre syllabes : voyez le Lexique · texte numérisé non relu

Ancienne forme ici quatre syllabes : voyez le Lexique

6. On ne peut guère douter qu'il n'y ait là un emprunt &it à la 'a//re xxiii de du Lorrens, où on lit ces deux vers (Parb, 1646 , iii-4«,p. 181):

Or ce champ ne se peut en sorte moissonner Qoe d'autres après nous n'y trouvent à glaner.

7* La Rochefoucauld a dit, presque dans les mêmes termes : < Quelque découverte que l'on ait faite dans le pays de l'amourpropre, il reste bien encore des terres inconnues. 9 {Maxime 3, dans toutes les éditions ; nous donnons le texte des deux premières, à sa-

aoo FABLES. [f. i

Je t'en veux dire un trait assez bien inventé :

Autrefois à Racan Malherbe* Ta conté.

Ces deux rivaux d'Horace, héritiers de sa lyre,

Disciples d* Apollon, nos maîtres, pour mieux dire*, le

Se rencontrant un jour tout seuls et sans témoins

(Gomme ils se confioient leurs pensers et leurs soins},

Racan commence ainsi : « Dites-moi, je vous prie,

Vous qui devez savoir les choses de la vie.

Qui par tous ses degrés avez déjà passé , 1 5

Et que rien ne doit fuir*® en cet âge avancé,

A quoi me résoudrai-je ? Il est temps que j'y pense.

Vous connoissez mon bien, mon talent, ma naissance :

Dois-je dans la province étabUr mon séjour,

Prendre emploi dans l'armée , ou bien charge à la cour ? > o

Tout au monde est mêlé d'amertume et de charmes'* :

La guerre a ses douceurs, l'hymen a ses alarmes.

Si je suivois mon goût, je saurois où buter " ;

Mais j'ai les miens, la cour, le peuple à contenter. »

Toir de celles de i665 et de 1666, qae la Fontaine a pu roir annt de publier tes fables.)

8. Pour Malherbe, voyez ci-desius, la fiible xit du livre I, rtn 3. — Honorât de Bueil, marquis de Racan, élève et admirateur <k Alalherbe, né à la Roche-Racan en Tounûne, Tan 1589, oMtrt en 1670. — Voyez le jugement que Boileau porte de ces deux poètes dans sa Lettre du 39 avril 1695, adressée 4 Maucroix, à qui cette fable est dédiée (OEupres diverses de Maucrolx , publiées pir L. Paris, i854» tome II, p. 219 et 320).

9. Nous avons déjà eu l'occasion (p. 98) de renvoyer à Vépùrt nn de la Fontaine, où il parle également avec admiration de MalherU et de Racan.

10. c Que rien ne doit fuir, » qui ne devez rien ignorer. Cett an emploi tout latin du verbe fuir.

1 1 . Parée gaudere oportet, et sensim queri, Tottim qtda vitam miscet dûlor et gaudium,

(PuÀOAB, livre IV, fable xvi, vers 9 et 10.}

la. Vers quel but me diriger, à quelle fin tendre.

F. i] LIVRE III. aoi

Malherbe là-dessus : « Contenter tont le monde" ! a 5 Ecoutez ce récit avant que je réponde.

• Tai lu dans quelque endroit*^ qu'un Meunier et son Fils,

L'un vieillard, Fautre enfant, non pas des plus petits,

Mais garçon de quinze ans, si j'ai bonne mémoire ^*,

Alloient vendre leur Ane, un certain jour de foire. 3o

Afin qu'il fût plus frais et de meilleur débit,

On lui lia les pieds, on vous le suspendit ;

Pois cet homme et son Fils le portent comme un lustre**.

Pftuvres gens , idiots , couple ignorant et rustre !

Le premier qui les vit de rire s'éclata : 35

« Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là?

« Le plus àne des trois n'est pas celui qu'on pense *'. »•

Le Meunier, à ces mots, connott son ignorance ;

Dmet sur pieds *^ sa béte, et la fait détaler.

i3. c G>nteutez tout le monde, t dans rédition de 1678. Cest uns doute une faute d'impression.

i4« Dans quelqu'un des ouvrages que nous avons indiqués en tête de la fable, ou dans une des sources françaises, les Contes ttEu^ trtpel^ etc., marquées en outre par Robert.

i5. c De treize ou quatorze ans, » dit Racau. Faërne (vert i) : •iolescemtulus,

16. Cette première façon d'aller en portant l'Ane n'est point dans Racao. Ce n^est pas la première, mais la dernière, dans Faërue jer» 35-38):

Tandem experiri et Jianc quoque piacuît nam , Inter sufiïm ut coUigatos Indito Pedes AseîU palo, eum ipsï pendulum Ferrent.., i

et de mAme chez le Poge.

17. Stntitis quadrupedem àelluam, quam ùipes bellua est, non adeo quidem heiluam esse? (Pobtahus.)

18. Quelques éditeurs modernes, entre autres Crapelet, donnent h tort • sur pied, 1 au singulier. Parmi les anciennes éditions, nous ne tnNnoDS oette leçon que dans l'impression très-fauti\e de 1679 (Am-

aoa FABLES. [f. i

L'Ane, qui goùtoit fort l'autre façon d*aller, 4ê

Se plaint en son patois. Le Meunier n'en a cure** ; 11 fait monter son Fils, il suit, et d'aventure Passent trois bons marchands. Cet objet leur déplut. Le plus vieux au garçon s'écria tant qu'il put : « Oh la oh'^ , descendez, que Ton ne vous le dise, 4 S « Jeune homme, qui menez laquais à barbe grise ! « G'étoit à vous d^ suivre, au vieillard de monter.

— « Messieurs, dit le Meunier, il vous faut contenter. » L'enfant met pied a terre, et puis le vieillard monte, Quand trois filles passant. Tune dit : « C'est grand'honle *' « Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,

« Tandis que ce nigaud, comme un évéque assis, « Fait le veau sur son Ane, et pense être bien sage.

— « Il n'est, dit le Meunier, plus de veaux à mon âge: « Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez. » 5$ Après maints quolibets coup sur coup renvoyés, L'homme crut avoir tort, et mit son Fils en croupe. Au bout de trente pas, une troisième troupe Trouve encore à gloser. L'un dit : « Ces gens sont foos! « Le Baudet n'en peut plus; il mourra sous leurs coops. <c Hé quoi ? charger ainsi cette pauvre bourrique !

« M'ont-ils point de pitié de leur vieux domestique? «( Sans doute qu'à la foire ils vont vendre sa peau.

— « Parbieu *' ' dit le Meunier, est bien fou du cerveau

sterdam). Le manuscrit de M. Boutron-Charlard donne c sur pieds^ * an pluriel.

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