N*en prend nul souci
ao. Hiatus dont Toreille s'aperçoit à peine. La Toix réunit ces troif monosyllabes comme s*ils ne formaient ensemble qa*un mot. Po«r l'orthographe et la ponctuation , nous nous sommes confomé aux éditions originales.
ai. c Grand honte, 1 sans apostrophe, dans le nannscrit àe M. Boutron-GharlaiHJ.
as. Les éditions originales, ainsi que celles de 1679 (Amsiadafl).
F. i] LIVRE III. Ao3
« Qui prétend contenter tout le monde et son père*'. 65
« Essayons toutefois*^ si par quelque manière
« Nous en viendrons à bout. » Us descendent tous deux.
L*Ane se prélassant*' marche seul devant eux.
Un quidam les rencontre, et dit : « Est-ce la mode
m Que Baudet aille à l'aise, et Meunier s'incommode ? 70
« Qui de Tàne ou du mattre est fait pour se lasser ?
« Je conseille à ces gens de le faire enchâsser.
« Us usent leurs souliers, et conservent leur Âne.
« Nicolas, au rebours ; car, quand il va voir Jeanne ,
« U monte sur sa béte ; et la chanson le dit *'. 75
de 168a, de la Haye (1688), de Loodres (1708), etc., et le manuscrit de M. Boatron-Charlard, écrivent parbieu^ pins conforme à Pusage de la campagne ; parbleu était plutôt la prononciation de la Tille et de U cour. Richelet (1680) donne les deux formes, arec un exemple de Molière pour parbleu, de Saint- Amant ^nr parbieu, Furetière (1690) et l'Académie (1694) n'ont ni parbleu ni parbieu,
33. La Fontaine a écrit, ailleurs, épitre xr?, à Mme de Thianges :
Les conseils. — Et de qui? — Du public. Cest la Tille, Cest la cour, et ce sont toute sorte de gens, Les amis, les indifférents, etc.
34. c Toutesfois, 1 dans le manuscrit de M. Boutron*Gharlard. a5. Cest encore un mot de Rabelais (liTre II, chapitre xxx,
tome I, p. 340; et Prologue du livre IV, tome II, p. xxxi). Le mot n*cst pas dans les dictionnaires du dix- septième siècle.
36. Allusion k une chanson du temps, réimprimée dans un recueil intitulé : Brunettes, ou petits airs tendres, avec les doubles et la basse fOMtimie; mêlées de chansons à danser ^ recueillies et mises en ordre par Christophe Ballard, seul imprimeur de musique, et noteur de la chapelle du Mojr, A Paris , rue Saint-Jeart-de^BecuAvais, au Mont'P amasse, avec privilège de Sa Ma/esté. 3 toI. iu-i a, contenant chacun une dédicace à Son Altesse Sérénissime Madame la Princesse de Conty^ douairière. Le premier Tolume est de 1703, le second de 1704, le troisième de 171 1. La chanson à laquelle la Fontaine fait allusion se trouTe dans le premier volume, p. 30o-ao5 ; elle a quatre couplets, dont voici le second :
Adieu, cruelle Jeanne ;
Si TOUS ne m*aimez pas.
ao4 FABLES. [f. i
« Beau trio de baudets ! » Le Meanier repartit : « Je suis àne, il est vrai, j'en conviens, je Tavoue; « Mais que dorénavant on me blâme, on me loue, « Qu'on dise quelque chose ou qu'on ne dise rien, « J'en veux faire à ma tête. » Il le fit, et fit bien. 80
Quant à vous, suivez Mars, ou T Amour, ou le Prince; Allez, venez, courez ; demeurez en province ; Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement : Les gens en parleront, n*en doutez nullement *''. »
Je monte sur mon Ane, Pour galoper au trépas.
— Courez, ne bronchez pas,
Nicolas; Surtout n*en rerenez pas.
La même chanson se trouve citée dans les Annales JtÀwm^ {Annales scientifiques^ littéraires et industrielles de C Auvergne, pMta par r Académie des sciences , belles-lettres et arts de Clermont'ferruij in-80), dans un article qui commence ii la page i6a du tome X>\ 1843. L'auteur de l'article, M. le Camus, a retrouvé, dit-il, cette TÎciDe chanson dans de vieux parchemins chez un relieur d'Orléans; Buis ici elle n'a plus que trois couplets; et le troisième, où se rencoaw Tallusion, est ainsi conçu :
Adieu, cruelle Jeanne, Puisque tu n'aimes pas, Je remonte mon Ane, Pour galoper au trépas.
— Vous y perdez vos pas, Nicolas ;
Sont tous pas perdus pour vous.
37. Noos n'avons pas besoin de dire que ces quatre denien ^«nr qui contiennent la moralité du récit, sont la fin du discours de M^ heri>e A Racan.
Googk
r. u] LIVRE III. ao5
FABLE IL
LES MBMBRES ET l' ESTOMAC.
Ésope, fab. aca, KoiXCa xa\ IléSe^; Faor^p xa\ rà Xoifcè MIXi) (Cony, p. 117-199, sons quatre formes diyerses, dont les deax deroîèfes soot tirées de Den^rs d*Halicarnasse et de la Fie de Corioian^ de Platarqoe ; voyez ci -après). — Tite Live, livre II, chapitre xxxii. — AbsteminSy Proamum, — Romains, livre III, fab. 16, Membra et Fmter. — Neckam, fab. 3y (édition de M. Éd. du Méril, p. 306-308).
— Blaiie de Franee, fab. 35, tTun Homme qtâ ne poloit fere oeure. — Hnidcnt, f* partie, fab. i5i, des Membres humains vers le Feutre,
— CoJTOiet, fid>. 40, des Membres et du Fentre^ — Bonrsanlt, es Fables £ Ésope ^ acte II, scène v, les Membres et f Estomac» — Le Noble, coDte 6, des Membres révoltés, La discorde,
Mjrtholûgia suopica Nepeletl, p. a54» p* SaS, p. 534* Sbakspeare a tiré un fort bon parti de cet apologue dans son Coriolan (tcte I, scène n), où Ménénius le raconte au milieu des interruptions de la foule : voyez à V Appendice de ce volume. Comparez aussi Floms, lÎTre I, chapitre xxni; Valère Maxime, livre VIII, chapitre ix; Deoys d'Halicamasse, Antiquités romaines y livre VI, chapitre lxxxvi ; Plotarque, Fie de Coriolan ^ chapitre vi. Quintilien mentionne Tapologne, comme un mémorable souvenir de Thistoire romaine, au lirre V de F Institution oratoire ^ chapitre xi, 19, Le vieux poëte français Enstache Deschamps Ta mis en ballade (édition Grapelet, p. 198 et 194) ; Benserade en a fait un quatrain (le xlu«). — Saint Paul, dans un beau développement qui se trouve au chapitre xu, versets la et suivants, de la I'* épttre aux Corinthiens ^ a fait, dans un tout autre ordre d'idées, une très- frappante application de Tallégorie du Corps et des Membres. (Voyez aussi Y épttre cutx Romains ^ chapitre xu, veraeu 4 et 5.) ^— Elle est surtout très-longuement et ingénieusement amplifiée dans les chapitres m et iv du livre III de Rabelais (tome I, p. 377-384). U l'applique à la fois à Tunivers, à la société, et au microcosme, c*est-à-dire c à l'autre petit monde qui est l'homme, :> et il montre que tout se fait ici-bas c par prcsts et debtes de Tung * Taoltre. s Ce morceau lui devient une bri liante occasion d'étaler
m6 fables. [r. n
ses oonnaissanoes physiologiques et anatomiqaes. — An doozièae siècle , Jean de Salisbury avait inséré la même fable des Memirei et CEstonute dans son Poijreraticus slve de NugU curiaUum (lÎTre VI, chapitre xxit). Cest, dit-il, le pape Adrien IV qni la loi a racoBiéf à Bénérent. Puis, non content d*avoir mis ce sujet en prose, il lavait traité dans an poëme latin de cent distiqaety attribué dans quelques manuscrits k Oride, et qui se trouve en entier dans Fabiioius sous le titre : dé à/ewihru conspirmmtîbtu (B'Miotbecm mêdim tt itifimm latinitatUp tome IV, p. 396-800 , édition de Mansi) : voyes M. Éd. du Méril, Poésies inédites du moyen àgt, p. 189, et p. m6, note I. — Loiseleur Deslongchamps (p. 4 5) rapproche encore de cet apologue une fable indienne, d*nn tour très-différent, mais uigénicax aussi, et dont la morale est également la nécessité de Tacoord «Mre les membres. Cest la (Me c d*un oiseau à deux becs, dont rua, jalon de l'antre, qui refuse de partager avec lui du nectar, avale du poissa et finit périr Toiseau. 1 Voyes le Pantckatantra de Dubois, p. 87 et 38; et celui de M. Benfey, tome II, p. 36o et 36i, et tome I, p. S3S.
Je devois par la royauté Avoir commencé * mon ouvrage :
A la voir d'un certain côté, Messer Gaster * en est Timage; S'il a quelque besoin, tout le corps s'en ressent. 5
De travailler pour lui les Membres se lassant, Chacun d'eux résolut de vivi*e en gentilhomme,
I. CTest-à-dlre : c je devrais avoir commencé, j*aurais dû coamencer. » Voyez V Introduction grammaticale au Lexique,
3. L*estomac. {Note d^ la Fontaine,) Cest le mot grec yavrip, 1( ventre. — L*expression est empruntée à Rabelais, qui appelle c Mc»sere Gaster premier maistre es arts de ce monde » (livre IV, ùêt pitre Lvn, tome II, p. i43). Quelques lignes plus bas,fiiisant allnsiiii au vers de Perse {Prologue ^ vers 10 et 11) :
Magister artis ingenique largitor y enter,,, ^
Rabelais dit encore : t La sentence du Satyrique est vraye, qui dirt Messere Gaster estre de touts arts le maistre* »
F. Il] LIVRE III. ao7
Sans rien £Biire', alléguant l'exemple de Gaster. « D fandroit, disoient-ils, sans nous qu'il vécût d'air. Nous suons, nous peinons comme bétes de somme ; i o Et pour qui? pour lui seul ; nous n'en profitons pas ; Notre soin n'aboutit qu'à fournir ses repas *. [dre. »
Qioinmons*, c'est un métier qu'il veut nous faire appren- Ainsi dit, ainsi fait. Les Mains cessent de prendre ',
Les Bras d'agir, les Jambes de marcher : 1 5
Tous dirent à Gaster qu'il en '' allât chercher.
3. f Voilà un trait de satire qui porte sur le fond de nos mœurs, mais d'une manière bien adoueie. C*est le ton et la coutume de la Fontaine, de placer la morale dans le tissu de la narration, par Part dont il fait son récit. » (Champort.)
4. Les Membres, dans le conte de le Noble, apostrophent ainsi le Ventre:
C'est donc pour te nourrir, glouton insatiable,
Que sans cesse nous trayaillons ; Tous les soirs du rôti, le matin des bouillons ;
A diné, la soupe sur table.
5. Telle est Torthograpbe des éditions originales. Voyez plus Wo, p. aa6, vers 17.