Boursault a copié cet bémisticbe
Les Pieds cessent d'aller, les Mains cessent de prendre.
7. JCff, c'est-à-dire d'autres mains, d'autres bras et d'autres jambes. Cest U, ce nous semble, le sens le plus naturel , celui qui est ainsi rendu dans la première des deux vieilles fables citées par Robert {Ytopet I) :
Or aprans a faire besoigne ,
Ou quiers qui a mengier te doigne *.
Gemzez propose un autre sens, auquel, il faut en convenir, ce passage pourrait à la rigueur se prêter aussi : « en cbercber, » c'est-à-dire chercher de quoi se nourrir. Ce serait une de ces fortes ellipses comme nous en avons tant en français, dans le langage familier. On pourrait la rapprocher de celle-ci, qui n'a rien d'obscur (livre I, fiible vni, vers a4) :
Ils trouvoient aux champs trop de quoi»
le
Ces deux vers manquent dans b version que donne de eette vieille fable aaoacrit i5g4 (Tojes ci*dessus, p. 6a, note i).
ao8 FABLES. [r. u
Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent Bientôt les pauvres gens tombèrent en langueur ; Il ne se forma plus de nouveau sang au cœur"; Chaque membre en souffrit; les forces se perdirent. i3
Par ce moyen, les mutins virent Que celui qu'ils croyoient oisif et paresseux, A l'intérêt commun contribuoit plus qu'eux*.
Ceci peut s'appliquer à la grandeur royale *^.
Elle reçoit et donne, et la chose est égale. i >
Tout travaille pour elle, et réciproquement
Tout tire d'elle l'aliment.
Elle fait subsister l'artisan de ses peines, Enrichit le marchand, gage le magistrat. Maintient le laboureur, donne paie au soldat, 3o
Distribue en cent Ueux ses grâces souveraines.
Entretient seule tout l'État.
Ménéniua*' le sut bien dire.
8. ■ La vie consiste en sang. Sang est le siège de Tame ; ponrtast un seul labeur peine ce monde : c*est forger sang continuelleaMiit > (Rareiais, livre III, chapitre iv, tome I, p. 383.)
9. Jean de Salisbury, dans le Polfcraticus (voyez, ci-de«sos, U fin de la notice), termine sa fable en prose par la citation suivante de Q. Serenus Samonicus (de Medicina^ vers 3o4-3o9) :
Qm stomachum regem totlus corporis esse Contenduntf vera nitt ratione videntitr, Uujus enim validas arma t ténor omnia membra; At contra ejusdem franguntur cuncta doiore, Qum etiam, nisi curajuvet^ vîtiare cerebrum Fertur, et integros ilUne açertere sensus,
10. Dans la fable ésopique Pall^orie est appliquée i r.irmce rt < son général.
iT. Ménénius Agrippa, consul Van 5o3 avant Jésus-Christ. On place dix ans après son consulat cette retraite du peuple sur le Mont- Sacré, d*où Ménénius le ramena, dit-on, par le récit du célèbre apologue. — Voyei Tite Live, Florus, Denys d'Halicamasse, Plolarque, Shakspeare, aux endroits indiqués dans la notice de cette hbk.
r. Il] LIVRE III. ao9
La commune ** s'alloit séparer du sénat.
Les mécontents disoient qu'il avoit tout Tempire, 3 5
Le pouvoir, les trésors, Thonneur, la dignité;
Au lieu que tout le mal étoit de leur côté,
Les tributs, les impôts, les fatigues de guerre.
Le peuple hors des murs étoit déjà posté,
La plupart s'en alloient chercher une autre terre, 4 o Quand Ménénius leur fit voir Qu'ils étoient aux Membres semblables,
Et par cet apologue, insigne entre les fables, Les ramena dans leur devoir.
13. Cest-à-dire, comme traduit Furetière (1690), c le menu peuple; » 0Q9 comme dit rAcadémie (1694), c la populace, le commun peuple. >
J* DK LA FoHTAIia. I l4
aïo FABLES. [r. m
FABLE III
LE LOUP DEVElfU BERGER.
Verdizotti, fab. 4s, M Lupo et le Pécore, — La îùAe 94 d*É#o|M (Coray, p. 54 et p. 3 18), intitulée : '^ifoç xa\ Âuxo<, ne resieraUe i celle-ci que par la morale : t Je mérite ce qoi m'aiTÎTe, dit en iiiaorant le Loup au CheTrean; car je ne derais pas, étant cuisinier, faire le joneor de flûte. » Le récit est complètement différent.
Un Lonp, qui commençoit d'avoir petite part
Aux brebis de son voisinage, Crut qu'il falloit s'aider de la peau du renard *,
Et faire un nouveau personnage.
11 s'habiUe en berger, endosse un hoqueton *, 5
Fait sa houlette d'un bâton,
Sans oublier la cornemuse '.
I. Façon de parler proTerbiale, pour dire ruser, Gonzalte de Car* doue disait qu'il £dlait coudre la peau du renard à celle da lion; et Lysandre, aTant lui, que partout oà la peau du lion ne pooTih atteindre, il y fallait adapter celle du renard : voyez Ik Flcde ly sandrej par Plutarque, chapitre tu.
1. L^ dictionnaires de la fin du dix-septième siècle entendeitpir hoqueton une sorte de casaque que portaient les ardiers. Ao cob' mencement du siècle, Nicot lui donne ce même sens, mais lai bà. signifier d'abord f cette façon de saye court, sans manches, que portent assez communéement les honunes de village. »