LES LOUPS ET LES BREBIS
Éic^, fab. a37, k^i xa\ Upé^a (Coniy, p. i55 et i56, ums quatre formes). — Babrius, fab. 98, même titre, — Apbtbonias, fab. s 1 9 Fabula Opium, qum monet ne deceptoribus adhiùeatur fides, — Appendix fabulamm «sopiartUD, fab. ai, Oves et Lupi, — Romulus, livre m, fab. i3, Oves et Lupi. — Haudent, !■* pai^e, fab. 149» des Laups et des Brebis. — Corrozet, fab. 38, des Loups et des Brebis,
Mfthohgia sssopica Nepeleti^ p. 383, p. 338, p. 533.
Voyez ci-desans, p. 45, à quelle occasion Ésope raconte cette fable aox Samiens. — Démostbène, an rapport de Plutarque {Fie de />«'mosthèmef cbapitre xxm), la conta de même aux Athéniens, lors« qu'Alexandre les fit sommer de lui liyrer dix de leurs orateurs. Il nomma Alexandre {uovdXuxov. Isidore de Séville {Origines, livre I, cbapitre xxxix, § 7) raconte aussi cette histoire ; seulement il met Philippe à la place d'Alexandre, et dans la fable, qu*il rapporte tout au long, ce ne sont pas les Brebis, mais les Bergers eux-mêmes, qui traitent aTCO les Loops. — Dans les Poésies inédites du moyen âge, par M. Éd. da Méril, on trouvera, outre la fable de Neckam en distiques (p. 179), une rapide esquisse en cinq vers hexamètres (p. i4t)i extraite du Nova Poetria de Galfredus de Yinosalvo (édition Leyser, vers i568 et suivants). — c Lors de la seconde* assemblée législative, en 1791^ dit Tabbé Guillon, les deux partis qui la divisoient s*étant réonts dans un moment d'enthousiasme, sous la promesse solennelle d'abjurer lenrs animosités et leurs haines, le roi Louis XVI s'y rendit le soir de ce jour-là même, accompagné de ses ministres, pour
I. Pourquoi seconde? Son nom suffit à la distinguer de l'assemblée précédente, dite nationale on constituante. Puis ne faut-il pas lire 1793? Nous supposons que l'abbé Guillon veut parler de la séance du 7 juillet de cette année, de la séance du baiser Lamourette, et que c'est par une confusion de dates qu'il parle , à la fin de sa note, de la journée du 30 juin (an lien de celle du 10 août), comme ayant suivi de près celle de la réconciliation.
%ho FABLES. [t. xm
signer otnoawtÊLn traité de paix et oonfoodre ses serments dans ceux de l'Assemblée. •.. Le lendemain les mors de la capitale se treuTèrent tapissés d'affiches qni portoient cette fable de la Fontaine. » — Dans la fable de Babrios , on Tieoz Bélier réassit à persuader les Brtrbis, comme Ésope les Samiens, et les décide à ne pas conclure le traité.
Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Les Loups firent la paix avecque les Brebis.
Cétoit apparemment* le bien des deux partis ;
Car si les Loups mangeoient mainte béte égarée.
Les Bergers de leur peau se faisoient maints habits. s
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
Ni d'autre part pour les carnages :
Us ne pouvoient jouir qu'en tremblant de leurs biens. La paix se conclut donc : on donne des otages; Les Loups, leurs Louveteaux'; et les Brebis, leurs Chiens. L'échange en étant fait aux formes ordinaires *
Et réglé par des commissaires, Au bout de quelque temps que messieurs les Louvats* Se virent loups parfaits et friands de tuerie. Us vous prennent le temps que dans la bergerie i s
Messieurs les Bergers n'étoient pas.
Etranglent la moitié des Agneaux les plus gras *,
3. C'étoit apparemment y cela paraissait être (arec le même sens que celui du grec l^dvsTo), on royait que cela était. Voyez le vers 3 àt la fable xi.
3. Dans la fable d'Ésope et dans celle d'Apbtbonius, les Brd»ii livrent leurs Gbiens, sans que les Loups donnent d*otages; cette liernière circonstance a été ajoutée par les fabulistes latins.
4. Dans les formes orcUnaires. On dit aussi es fofmt»^ en style de pratique.
5. Louveteaux. Le vieux fabuliste (Jsopvt /, 0» 63) les sppelie c les en&ns aus Loups, li Louviau {^dant un autre mamucrit : li Locveau). »
6. Dans les fables latines, les Louveteaux se contentent de horier :
PoU paullo quum capissent uiuiarê CeUuU^ Lupif mêcari emusantes tuUos suat^
F. xm] LIVRE III. a4i
Les emportent aux dents, dans les bois se retirent.
Us avoient averti leurs gens secrètement.
Les Chiens, qui, sur leur foi, reposoient sûrement, a»
Furent étranglés en dormant : .
Cela fat sitôt fait qu'à peine ils le sentirent. Tout fat mis en morceaux; un seul n'en échappa ^.
Nous pouvons conclure de là Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle. a 5
La paix est fort bonne de soi ; J'en conviens; mais de quoi sert-elle Avec des ennemis sans foi?
Pme^mquê ruptmm ai Opihms, undupte impetu Imwadimt faeto muda* Jefeiuoribus,
(JppênMx fabularum mopianamp Tert 8-1 1.)
7. L&pif dit Isidore de Sérille à Tendroit cité, omne quod in gregi' èm Uiu êrmi, nonpro satieitite tanium^ sed eiiam pro RhiJine Uceravê" nmi, — Le quatrain clxxxt de Benterade, seo comme de ooatume > •e termine par on tour aiiez Tif :
Am Brebif une fois disoient les Loups subtils :
c Ouïssez tous ces matins; à quoi tous senrent-ils? »
Les Brebis obéirent,
Et les Brebis périrent.
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a43 FABLES. [t. xir
FABLE XIV
LE LION DEVSin; 'VIBUX.
Phèdre, lirre I, fab. ai, Léo senexy Aper, Tawnuet As'mms, — Romulos, liyre I,fab. i5, miBK titre. — Marie de France, fab. iS^ im lions qui malade* fu, — Haudent, i^^ partie, fab. Ii3^ d'un vieil L/tm €t des aultres Bestes. — Corrozet, fab. i^ydu Ljron^ du Porc, du Taareta et de CAsne, — - Le Noble, fab. 58, du Lion décrépit, La fotbUsse mépnsét.
Mythologia msoplca Nepeleti, p. 4oi, p. 497*
Cette fable se trouve dans les Manuscrits de Comrart, tome H, p. 537, où elle a pour titre : le Lion accahlé de vieillesse; ék tA aussi dans le Manuscrit de Sainte'-Geneviàpe*
Dans les Nouvelles fables choisies puMiées par Duûd de la FcoîDe (Amsterdam, 1694, i^* partie, p. 19), il y a une hhle analogue, l*t Favoris, mais bien inférieure^ 'et traitée à un autre pcônt de TUe. — La fiible latine de Ménage intitulée le Vieux Lion, qui date de i65i, c aurait mérité, dit M. Saint-Marc Girardin, dans sa xxn* leçoa (tome II, p. 117), d'être imitée de plus près par la Fontaine. » Noas la donnons à V Appendice, a-fec la traduction de M. Saint «Marc GnardÎB.
Le Lion, terreur des forêts, Chargé d'ans et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets,
Devenus forts par sa foiblesse.
Le Cheval s'approchant lui donne un coup de pied ; 5 Le Loup, un coup de dent; le Bœuf, un coup de corne'. Le malheureux Lion, languissant, triste, et morne. Peut à peine rugir*, par Tàge estropié.
I. Horace dit aussi, mais sans aucune allusion k notre fible:
Dente lupus, cornu taurus petit,.,, (Livre II, satire i, tcts Si.) a. Le Manuscrit de Sainte^eneviève a ici une faute étrange : réagir, pour rugir.
r. xit] livre IlL %iJ
H attend son destin, sans faire aucunes plaintes ' ; Quand voyant TAne même à son antre accourir ^ : x o « Ah! c'est trop, lui dit-il* ; je voulois bien mourir; Mais c'est mourir deux fois* que souffrir tes atteintes ^. »
3. M. SouUié, dans son livre de la Fontaine et ses devanciers (p. sqS et 396), a raison de dire an sujet de ces vers : c Qnelle dignité dans oe silence, et quel respect du poète pour cette grandeur déchue ! t Mais il a tort d^ajouter : € Plus on y regarde de près, l^ns on est teppé de la ressemblance entre le Roi (LoiUs XIV) et le Lion de la Fontaine, et de la hardiesse du fabuliste qui le peignait tons des traits aussi Trais. » £n 1668 , quand cette fiîhle paraissait , Locûs XIV avait trente ans.
4. Le Manuscrit de Conrart donne cette le^n impossible : au combat accourir, — Nodier en relève une autre qui n'a nulle autorité, et qui est tirée de Tédition de Mongez (Paris, an Y) : ^ son antre courir,
5. c n semble que la Fontaine ait craint d*outrager la majesté du Lion en nous le montrant supportant le dernier des opprobres; il n*a lût qu'indiquer le tableau qui dans Phèdre tennine cette fable : calciêms frtmtem exterit (on, leçon préférable : c extudit 1 }. Ainsi c'est de rameur ancien que nous -vient l'expression proverbiale dont TappUcatîoB est si fréquente, le coup de pied de Fane, 1 (iVo/e de fFaUkenaer, 1897.) — Nodier avait fait en 1818 une remarque analogue,
6. Le c mourir deux fois » est de Phèdre, Il est le seul qui, avant la Fontaine, ait donné ce tour à la fable :
M iUe exspirans : c Fortes indigne tuli
Hihi imsultare; te, natures dedecus,
Quod ferre certe cogor, bis ptdeor mori» » (Vers 10-11.)
Les autres fabulistes tirent simplement du sujet cette morale , que dan» le malheur on n*a pas d'amis, on que la faiblesse est méprisée, 00 encore le conseil d'être bon quand on a le pouvoir, afin de ne pas se faire d'ennemis.
7. c Ce tableau du vieux roi outragé est admirable, dit M. Saint- Marc Girardin, dans la le^n citée en tête de la fable (tome II, p. 219), et les deux demic^rs vers sont épiques. Mais j'aime mieux le dénoâunent de Ménage (chez qui le Lion trouve encore la force de briser la tête de Pun des insulteurs) : la vieillesse outragée est Tcngée , et la justice a dans la &ble la part que nous aimons qu'elle ait dant l'histoire. » — Voyez aussi sur ces c nobles vers » de la Fontaine, où le Lion c est héroïque comme un personnage de Corneille, » le livr^ de M. Taine (p. 90).
144 FABLES. [r. xt
FABLE XV
PHILOMÀLE BT PROGNÉ^
Ésope, fab. 149, 'Ai)Sb>v xa\ XeXi8ciiv (Coray, p. 89 et 90, p. 346). — BabriuSy ûib. la, même titre. Cette fable a xingt-sept ren dans k manuscrit de Babrlot du mont Athos. Avant la déoouTCfte de ce mamiscrit, on la connabtait, sinon entière, an moins formant, en ticîae Tcrs, dont on n'est pas dans le manuscrit , nn tout complet (Goraj la donne ainsi à la page 90) ; elle arait été publiée par Aide en i5oS, par Froben en 1517, par Nevelet en 1610, par Knocfae (p. 5a) en i835, etc. — Elle se trouve aussi en latin dans les fable* ésopiqoei de CamérariuSy p. 166.
Mjrthologia msopïea Neveletl^ p. ai 3, p. 379.
J. B. Rousseau termine son épUre au comte dn Luc (la y* da livre I) par une fable d*an sujet tout différent, mais tirée de mène de la légende poétique de Philomèle, Progné et It} s. — Saint Grégoire de Nazianze / dans sa première lettre^ adressée à Céleasias, qui Tavait raillé d'être rustique et sauvage, raconte agréablement la apologue qui n*a pas les mêmes personnages que la foble greeqoe et celle de la Fontaine, mais qui a pourtant quelque analogie aveo elfei. Les Hirondelles adressent aux Cygnes, qui chantent, eux aosaî, daas la solitude, une invitation semblable à celle que Progné adresse i si sceur, mais tout autrement motivée. — L'abbé Guillon cite à propos les Études de la Nature de Bernardin de Saint- Pierre {étude i, toœ I des OEufres^ édition Aimé-Martin, p. aa et a3) : c Lliîrondstts Progné fuyait les forêts j sa soeur Philom^e aimait à dianter daoi ces lieux solitaires. Progné lui dit un jour :
Le désert est-il fîdt pour des talents si beaux? »
Après avoir cité ce vers et les neuf snivanU, Bernardin continae : c Je n'entends pas de fois les airs ravissants et mâanooliques d*Bi rossignol cacbé sons la feuillée, et les piou-pioa prolongés qui traversent, comme des soupirs, le chant de cet oiseau solitaire, qœje