II. Y oyez le Lexique
19. Plante emploie le latin musea en ce sens dans le Pmuiu (acte m, scène m, vers 77) ; et Antiphane, cité par Athénée (Une VI, p. 338), le mot grec (jluux. Dans Cicéron (Je Oratore, livre II,diapitre Lx), Plier, abige muscaSy est tme inTitation à écarter les imporuns.
i3. Ceux ou celles qui font dans les cours le métier d^eqiioM: voyez le Lexique, Nous ne savons sur quoi pouvaient se foiKkr Tabbé Guiiion, et après lui Crapelet, pour entendre c les foctieax. 1
i4* Les mouchards sont évidemment ici les c espions de goene, t comme Tentend M. Lîttré, qui, du reste, fait remarquer que k ont n'est pas usité en ce sens. — c Ce sont là, dit ChamSart au sujet de ces deux vers, de mauvais quolibets qui déparent beauooiq» ectie fable, dont le commencement est parfait. 1 N^esl-il pas trop dâicat quand il ajoute : c On se passerait bien aussi du grenier et de Farmoirc des deux derniers vers. »? — M. Taine (p. 144) ne t*aceonk pas avec Ghamfort, même pour la première critique. D trouve qae ces quolibets achèvent bien le caractère donné à la Fourmi : c f* réponses, dit-il à Toccasion des mots mouches Je coar, momehards^ de, emportent la pièce.... Voilà les comparaisons polies dont eOe répk la Mouche. Elle va droit au fait, et trouve les arguments personndi: dans six mois c vous mourrez de faim. » L*esprit positif arrive ntturellement à la réfutation insultante. > — Il y a dans les deniers mots de la Fourmi de Phèdre (vers 11) une intention tonte uatblable de dure franchise :
Satis profeeto retudi st^}erbiam.
F. m] LIVRE IV. 275
De firoid, de langueur, de misère, Quand Phébns régnera sur un autre hémisphère. Alors je jouirai du (ruit de mes travaux ^* :
Je nuirai, par monts ni par vaux,
M'exposer au vent, à la pluie; 45
Je vivrai sans mélancolie ^' :
Le soin que j'aurai pris de soin m'exemptera.
Je vous enseignerai par là Ce que c'est qu'une &usse ou véritable gloire. Adieu : je perds le temps; laissez-moi travailler ^^ ; 5 o
Ni mon grenier, ni mon armoire ^ Ne se remplit à babiller. »
i5. .... Quum hruma est, iUes,
Mori contractam quum te cogurU frigora , Me copiosa reeipit ineolumem domus, (PbAdrb, vers 18-30.)
~ Dans Ysopet I .*
Perdue et quant ioer repaire (rep^a^iù).
— € Aeatte^ dh enc<ne M. Taine (p. ii5 et 116), tuXundeeês m»rites qui tCont que la cape et Vipée (voyez an commencement de la dernière soène du Misanthrope la lettre de Oiimène à Oitandre), et poorra bien, après avoir hanté les palais et s'être asds à la table du mahre, jeûner Tbiver dans ses terres ; et le pauvre bestion qui levait la dîme sur les dîners de Jupiter mourra aux premiers froids. »
16. On peut rapprocher de ce passage ces deux jolis vers de la vieiDe fiJde française {Ysopet /) :
Et la grant pais où mon cuer gist Mon petit mengier adoucist.
17. M. Taine fait, sur ces derniers mou de la rude et pratique ménigère, une fine et juste observation : c Elle prédire encore, ditil (p. i43), les profits aux épigrammes :
Adieu : je perds le temps, etc. »
376 FABLSS. [r. ir
FABLE IV
LE JARDINIER BT SON SIIGNBUR.
Robert (tome I, p. aSi) npproebe de cette fidble la fÛTUifte de Camenrins (JFabidm msopicm^ p. 3ii), qui, dan* un autre cadre, omc en action la même idée :
KAIA MUTATA PBJ0EIBU8.
MaiwescetMus frugihus^ eustodem quidam appotuerat^ ^ proki' heret àb Ulorum irantitu tam hommes fuamjumetUa, Htde qttam ptr^ muiti elaherenttir^ neque jumenia eursu mssequi posset^ prmposmk emtU' Jim arporum iUe eqtdtem. Hic çerOf dum j'umenta, si qua forte im frmgfs immsissentf dumque transeuntes viatores insequitur, majorem strmgtm propemodum ipsê, quam qui fugabantur^ edidit.
Le marquis d*Ax|;eni , dans les Lettres Juives (tome I, p. 3o4, fin de la lettre xxxrv, la Haye, 1738), raconte cette fahie en peu de mots et l'applique aux Génois qui, en 1780, ayaient demandé une armée à Tempereur Charles VI pour soumettre les Corses réTohés. — L'extrait suirant du troisième sermon du carême prêché à Paris par le yîeux sermonuaire franciscain Michel Menot (feria sesia pod Cimeres, f^ 7 v^, col. i, édition de Ptois, i53o) nous nKwtre hîea comment on peut développer par de tout autres exemples oetie mètat moralité, c que le secours est souTcnt plus dommageable que le nsl contre lequel on Tinvoque : 1 Nunc domini justitiani sumi mt cstus qm ponitur ad eustodiendum caseum, ne ilUtm rodant mures, SciUeet si cotes apponat semel dentés, plus nocehit unico morsu^ quam mures in ni^Sk domini offidaru Régis positi sunt ad tuendum populum commmnem ps^ perem^ et tamen lu plus nocent uni pauperi sub eonduetione anûtf /rvcessus ses aiborum quam omnes tallisf, omnes in^>ositiones et gaieUm, d armigeri qui possunt eis centre in uno anno.
M. SouUié (p. 373 et 974) met le Jardinier et son Seigneur paiai ces récits d'une c portée plus philosophique et plus âerée, > et plutôt contes que fables, qu'il regarde comme t les mofceaaxks plus achevés de Fauteur, » et où il le trouve surtout c vrtl et piquant, s — Voyez aussi ce que M. Taine (p. iio-ias) dit de eccie
T. it] livre IV. «77
peinture du gentilhomme mis en scène sons son Trai nom, et do plaisir qne la Fontaine a pris à résumer tons les traits de oe caractère. L'aneodole hollandaise emprontée aux Mémoires de da Manrier, et opposée par M. Taine au récit de notre poète, montre bien, ocHnme 0 le dit, c par le contraste, qa*one petite &ble peut peindre un peaple et une aristocratie, i
Un amateur du jardinage,
Demi-bourgeois, demi-manant*,
Possédoit en certain village Un jardin assez propre, et le clos attenant *. n avoit de plant vif* fermé cette ^tendue. 5
Là croissoit ^ à plaisir Foseille et la laitue, De quoi faire à Margot pour sa fête un bouquet. Peu de jasmin d'Espagne *, et force serpolet. Cette félicité par un lièvre troublée Fit qu'au Seigneur du bourg notre homme se plaignit, i o « Ce maudit animal vient prendre sa goulée * Soir et matin, dit-il, et des pièges se rit; Les pierres, les bâtons y perdent leur crédit : U est sorcier, je crois. — Sorcier? je Ten défie.