‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 271 sur 379 · Voyez la fable précédente, vers · texte numérisé non relu

Voyez la fable précédente, vers

13. Le vers suivant explique et développe plaisamment ce Biot, qui est pris ici, au sens latin , pour tonte la maison, la suite du Seigneur.

f. I?] LIVRE IV. 379

n commande chez Thôte, y prend des libertés,

Boit son vin, caresse sa fille.

L'embarras des chasseurs succède au déjeuné.

Chacun s'anime et se prépare : 4 o

Les trompes et les cors font un tel tintamarre

Que le bon homme est étonné.

Le pis fut que Ton mit en piteux équipage Le pauvre potager : adieu planches, carreaux;

Adieu chicorée et porreaux; 4 5

Adieu de quoi mettre au potage.

Le lièvre étoit gtté dessous un mattre chou. On le quête; on le Jance : il s'enfuit par un trou, Non pas trou, mais trouée, horrible et large plaie

Que l'on fit à la pauvre haie 5 o

Par ordre du Seigneur ; car il eût été mal Qu'on n'eût pu du jardin sortir tout à cheval. Le bon homme disoit : « Ce sont là jeux de prince^'. >• Mais on le laissoit dire ; et les chiens et les gens Firent plus de dégât en une heure de temps 5 5

Que n'en auroient fait en cent ans

Tous les lièvres de la province**.

Petits princes, videz vos débats entre vous :

i3. L*abbé Guillon oite» à propot de ce vert, oe passage d'Henri Esdenne {/ipologU pour Hérodote^ édition le Dnchat, la Haye, i735, tomeO, p. 473 et 474) ' < Encores y a il une antre sorte de cruauté, à-içanoir celle qui s*exerce plus de gayeté de cueur, et par un plaisir qa*on y prend, que par fengeance : à quoy les princes et grans icignenrs s'addonnent plustost que les hommes de basse ou de médiocre condition : dont est venu le pronerbe... : Ce sont itux de frmeet; Us plaisent à ceux qui les font. >

14. c Voici une fable presque parfaite. La scène du déjeuner, les questions du Seigneur, rembarras de la jeune fille, Tétonnement respectueux du paysan affligé , tout cela est peint de main de maître. Molière n*aurait pas mieux fait. » (Champobt.)

s8o FABLES. [?. rr

De recourir aux rois vous seriez de grands fous, n ne les faut jamais engager dans vos guerres, 60

Ni les faire entrer sur vos terres*'.

i5. Le marqms d'Argens, comme nom l'aToos dit en fêle de la fable, déreloppe par un exemple particulier cette affabnlation politique : f Les chefs des (Corses) réyoltés, dit-il à Tendroit cité, ont fui comme le lièvre. Ils se sont sanTés et ont imploré le seooun et la miséricorde de TEmperenr. Il la leur a accordée et a oblom kv grâce des Génois. Mais à peine ce prince a-t-il retiré ses tronpetdf l'île de Corse qu'elle s'est de nouveau révoltée. »

F. ▼] LIVRE IV. !k8i

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