‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 272 sur 379 · L ANE BT LE PETIT CHIEN · texte numérisé non relu

L ANE BT LE PETIT CHIEN

Ésope, (àh, ai a, K6cdv xtt\ Àean6t7)ç (Goray, p. 187 et i38, sotu deux formes*); "(hoç xa\ ïwttiov (Coray, p. 371) ; fab. 41a, "Ovo^ KafÇow (Coray, p. a68). — Appendix fabularum aaopianim, fab. 10, jésùuu Jomimo hUutJUiu, ^ Romolns, lÎTre I, fab. 16, Asînus domino hltm* dUms. — Neckam, fab. 5, de Carie et Atino (Éd. da Méril, p. 179 et 180). — Marie de France, fab. 16, d'un riche Hume qui marUseit mm Chiemnet, — Haodent, i>« partie, feb. 114, d^un Chiem et d*um Atne, — Corrozet, fab. v^^de VAsne et du petit Chien. — Le Noble, Imb. 91, ^ Baudet ei du petit Chien, Le mauvais plaisant.

Mjrthologia suopicm Nepeleti, p. 161, p. 498.

Voyez oe qai est dit dans les Études indiennes de M. Weber '(tome in, p. 35i et 353), dans Ylntroduetion an PanUehatsmira de M. Bcnfey (tome I, p. 1 10), dans le Mémoire de M. Wagener (p. 119-iai), dedirertea fables orientales, oà l'Ane se tronre fort mal d^aToir Yoola imiter soit le Chien soit d'antres animaux. — M. Saint-Marc Girardin, dans sa iv* leçon (tome I, p. 108-110), rapproche de notre fable le 4* récit des Avaddnas (tome I, p. 27 et sairantes, de la traduction de M. Stanislas Julien). Ce récit, qui a des personnages tout différents, développe au reste la même morale, aTcc un trait de plus : la calomnie après la maladresse punie. C'est un Hibou qui, jaloux du Perroquet favori d*un roi, veut chanter aossiy et réveille et effraye le Roi, qui le fait plumer vivant. Revenu dans la plaine, le coeur gonflé de colère, il accuse le Perroquet auprès des autres oiseaux d*étre Tunique cause de son malheur. — M. Taine (p. i39) interprèle la fable: t Que ne peut-on, s*écrie-t-il, avec le nom de gentilhomme, en prendre Télégance ! Mais sous un habit de cour un lourdaud est plus lourd encore. »

Ne forçons point notre talent,

I. La seconde de ces deux formes est tirée de Galien; ce n*est que la première partie de la fable : les gentillesses de l'Ane, sans

!i8!i FABLBS. [r. t

Nous ne ferions rien avec grâce * :

Jamais un lourdaud» quoi qu'il (iaisse, Ne sauroit passer pour galant'.

le ohâtmient. Dans la quatrième Tenioo, 'Ovoc xoI&m, îl t'agit dhm Singe, ao lieu da petit Chien de Halte qui figure dans les trois aatici: Toyez le la Bruyère de M. Serrois, tome I, p. 74» note 4-

a. La morale de la foble réonit deox conseils d*Horaoe, odoi-ei d'abord :

Tu Mil invita dices faciesve Mînerva

{Art poétique, ytn 385) ;

pois oet antre, bien comni, qm se déduit d*un paasage de la JsdrvTi da li^re I (rers ài),rct.qa*on a souvent résumé par ces mots : b propria pdU qmetcê, — Dans les sources latines indiquées en télé de la fid>le, Taféibnlation est dÎTersement tournée, mais en général bici nette et bien précise. Ainsi dans VJppemMce des fables isopêfmss :

Fabella^ ineptus ne se inpîiis ingermt^ Mfelioris aut affeetet officiumy docet.

Dans Neduim :

Fabula nostra doeet cunetis non euneta licere , Et debere modum quemfue temere suum.

Dans V Anonyme de Nerelet (p. 498} :

Quod natura negat^ nemo féliciter audet; Displieet imprudens, unde placere putat,

— Dans la vieille fable française {Ysopet /, f^ 19 et so), b Monlité se termine ainsi :

.... Se chascnns Tcnlt estre pape, Roy ou duc, folie l'atrape.

Chascnns en sa vocation Se tiengne sans presoncion.

— C*est dans le même esprit que l'autre fable française, donnée psr Robert sous le nom à^Ysopet II ^ blâme

.... L*Asne qui folement

Yoult tolir au Chien son mestier.

3. L'édition de 1678 donne ici galant ^ par un /, quoique da» h fable XTY du livre I, où ce mot rime avec talent et franekement, eOe écrive galandj par un d, comme fait partout, et méine ici, Téditioa de 1668 in-4o.

F. v] LIVEl IV. 2%l

Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie ^, 5

Ont le don d'agréer infîis avec la vie.

C'est un point qu'il leur faut laisser. Et ne pas ressembler à TAne de la fable,

Qui pour se rendre plus aimable Et plus cher à son maître, alla le caresser. i o

« Gomment? disoit-il en son âme»

Ce Chien, parce qu'il est mignon,

\ivra de pair à compagnon

Avec Monsieur, avec Madame ;

Et j'aurai des coups de bâton ' ? 1 5

Que fiiit-il' ? il donne la patte;

Puis aussitôt il est baisé '' :

S'il en faut fieure autant afin que l'on me flatte,

4. .... Paucif quos mquus amaçU JitpUer,.., (ViBGTLE, Enéide, livre VI, ver» lag.)

5. Dans let fablet latines, l'Ane t'arrête assez longuement k vanter ses mérites et à déprécier le Chien. Dans Tsopei 11^ on lit ce mélaneolique résomé, où il est question, comme ici, de Monsieor et de

H s*apensa que il n'anoit,

Fors tourment, de ce qu'il fidsoit ;

Et le Chien ert (éiait) si aise

Pour la ioie que il menoit,

Et pour l'amour que il monstroit

A son maistre et à sa maistresse.

— Chei Harie de France, le pauvre Baudet dit fort pUisammeut (vers 14-18) :

Mdx saureit-il à son Sengnor loer ke li Chienés petiz.

Et melx seret oïs ses cris ; Miex le saureit des piez ferir.

Et miauz saureit sus li sailir.

Page 1