‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 280 sur 379 · C'est le mot du Psalmiste : Àures habent et non audient · texte numérisé non relu

C'est le mot du Psalmiste : Àures habent et non audient

agfi FABLES. [r. yih

Le Paien cependant s*en promettoit merveilles.

n lai coûtoit autant que trois :

Ce n'étoient* que voeux et qu^offiandes, 5

Sacrifices de bœufs couronnés de guirlandes.

Jamais idole, quel qu'il ^ fût,

N'avoit eu cuisine si grasse.

Sans que pour tout ce culte à son hôte il échût Succession, trésor, gain au jeu, nulle grâce. lo

Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit

S'amassoit d'une ou d autre sorte, L'Homme en avoit sa part ; et sa bourse en 80uffix>tt r La pitance du Dieu n'en étoit pas moins forte. A la fin, se ftchant de n'en obtenir rien, 1 5

n vous prend un levier, met en pièces l'Idole *, Le trouve rempli d'or. « Quand je t'ai iait du bien, M'as-tu valu, dit-il, seulement une obole? Va, sors de mon logis, cherche d'autres autels.

Tu ressembles aux naturels s«

(psaume cxni » Tenet 6). — Dans la Prophétie de Bmrmch « pour laquelle, oo le sait, la Fontaine eut, à un certain moment, un n TÎf enthousiasme, il y a tout un chapitre (le ti«) sur la vanité et I*inpuissance des idoles, où on lit entre autres choses (Terset 41) : Sensum enim non habent ipsi Mi Uîorum* Vojes aussi les beaux ten du Polfeuete de Corneille (i 316 et suÎTants, acte IV, scène m).

3. Ce n^étoit, dans la première édition (1668); Ce m'éioiemt^ dsM celles de 1678, de 1681, de la Haye 1688, de Londres 1708. L*ablié Guillon, Grapelet, Walckenaer n*ont pas suivi le dernier texte de Is Fontaine, et ont mis le singulier : Ce n^itoit. Les detix premiers ont même fait une assez longue note chacun sur ce défaut d*accord, sans remarquer qu^il avait été corrigé dans Tédition définitÎTe.

4. An dix-septième siècle, le genre du mot idoU^ qui en grée eit, comme Ton sait, du neutre (cTBcuXov, idoium), n^était pas encore bits ûxé, Voyex le Lexique.

5. Dans les fables grecques , THomme prend la statoe par h jambe et la brise contre terre ; dans Haadent, il la jette contre va roar ; chex lui, comme dans la prose et les vers grecs, c'est de Is tête que Tor s'échappe.

F. vm] LIVRE IV. Î197

Ualhenreux, grossiers et stupides :

On n'en peut rien tirer qu'avecque • le bâton '. Plus je te remplissois, plus mes mains étoient vides :

J'ai bien fait de changer de ton'. »

6. Jwee^ faute d'impression évidente, dans Tédition de 1668 in-40.

7. Cest la même morale que dans les apologues grecs. — c Qu'y a-t-il d'étonnant, dit Cbamfort, qu'une idole de bois ne réponde pas à DOS Toeux, et que renfermant de l'or, l'or paraisse quand tous Inisex la statue? Que conclure de tout cela? Qu'il faut battre ceux qm sont d'un naturel stupide? Cela n'est pas Trai, et cette métbode •e produit rien de bon. » — Voici l'affabulation de Haudent :

Cette fable Uxe le TÎoe De cenlx lesquels iamais ne font ProufBt, plaisir, bien» ne seruice, Si notamment contrai nctz n'y sont,

— Le Noble» qui a coutume de faire précéder son récit français d'un distique latin» met en tête ici cette épigramme :

Fractm dmt irato precihus qum dana negaèat, O proeax mulier, quant tibi par statua I

8. c Je ne saTais pas, dit l'Homme dans Babrius» cette noarelle façcm d*étre pieux enrers toi. •

TJjv s?( ék xaiv^v t&al6itav oux ^etv.

— M. Sonllié, qui pense que l'apologue de Babrius est la source de eehii de la Fontaine, trouTe (p. 76) qu'il c n'est pas d'an païen très* dérot, 1 et que les Dieux y sont traités c assez caTaliérement. • La remarque s'applique bien au sujet même» mais moins, ce me semble, à In manière dont Babrius l'a traité. Il va jusqu'à prendre la précaution de faire remonter Finvention irrévérente à Ésope, qui c ûnpGquâj dit-il, les Dieux mêmes dans ses fables : »

An reste, on a douté que cet apologue fût de Babrius. Bembardy» dans won Esquisse de l'Histoire de la littérature grecque (Halle, 1869, tome II, p. 655, % 1048), le regarde comme indigne de lui. Disons tOQtefbis que M. Boissonade ne parait pas avoir partagé ce doute; au moins ne l'exprime^t-il pas dans son commentaire.

agS FABLES. [p. n

FABLE IX

LB GEAI* PARllE DES PLUMES DU FÂOH*.

Ésope , fab. loi, RoXoibç xa\ IIsptTrepaf, KoXoibc xaîl Kàpcautç (Goray, p. Sy et 58) ; fab. i88, KoXoibç %a\ 'Opveiç (Coray, p. 1 16-1 19» et p. 367, sons neaf formes, dont une est de Libanias, une de Taetaès, tme^de Nképhore Basilaoas, etc.). -» Babrins, &b. 71, 'Ofnui «^ KoXoi6<. — Apbthonias, fab. 3i, Fabula GracmRf 9'UamJmm dêcmi esse fraudem, — Phèdre, livre I, fab. 3 , Graemlus stiperhmt et Pom, — Neckam, fab. 12, de Papone et Graemio et Apibut, ^ Romnlni, livre II, fiib. 16, Gracuhu superbut et Paço, — - Marie de FVanee, fab. 58y dou Corbel qui volt resanbler Poon*, — Bandent, i** partie,

I. La Fontaine, en traduisant par Geai le Graeultts de Flièdre, qii est plat6t l'espèce de corneille oa de corbeaa qa*oa appelle ckoetm (en grec xoXoi6( ou xopooiidEç), s*est conformé à une commone errtor des anciens dictionnaires (Nicot , 1606 , dans le Nùmemelator «ctUt»guiSf p. i5, donnait le choix entre chouette, geai et choucas), Uéas^ a relevé cette erreur an diapître xxxrm de ses Aménités du droit àril, publiées en 1664 (quatre ans seulement arant nos fables). Le pss«fe suivant de Bilartial (livre I, épigramme oxvi) ne peut laisser de dôme sur la couleur noire du Graeulus :

.... Quamdam (puellam) volo noete mgriorem Formica, pice^ graculo y cicada,

Baîf, qui a traité ce sujet au livre I«r de ses Pauetems CFarîs, i573, f^ II et I a), ne s'y est pas trompé : il rend Graeulus par Ckucm. Babrius (vers 11) appelle son KoXoidç c le vieux fiisdela comeiUe,! •Xiçwi xop((iVY]ç uî6ç.

3. Toutes les éditions anciennes, jusqu'en 1688, écriveat tsv. L'édition de 1668 in-4« donne pAir, avec un aooeat cîfeonflsse (comparez la note i de U page 181). — Dans le Manuscrit de Sésâs- Geneviève, le titre est ainsi rédigé : c Le Geai qui s*est paré èt^ plumes du Paon. »

3. Robert (tome I, p. 948 et 149) indique cette &ble 58, et a outre, en donne une autre de Marie de France, comme inédite. Il 7 joint un extrait de Begnart le Contrefait^ et deux TÎeilles fidiks soat les noms à*Ysopet I et Ysopet IJ,

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