‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 282 sur 379 · Voyez oi-dcMus, p. i8a, note · texte numérisé non relu

Voyez oi-dcMus, p. i8a, note

6. Horace (liTre I, épitre ni, vers i8*9o) applique la fable, comme ici la Fontaine, aux plagiaires :

JVtf , si forte suas repetitum pemerit olim Grex avium plumas^ moveat Comicuia risum Ftart'wis nuaata colorihu*,,,.

Lucien de même, dans son Apologie pour les salarias [Àpologm pn mereede eonJuetis)^ chapitre rr, et dans son Pseudologistm^ chapitre ▼. — TertuUien, dans son Virre Contre les FaUntiniems (édition Rigaak, Paris, 1634, in-P*, p. 39$), fait aussi allusion, dans un sens aoslogue, au KoXotbç d*Ésope {Graeulum Msopt), — Dans la première des fables ésopiques données par Coray, la moralité est plus générale : t L'ambition, le désir d*aTOÎr plus ou mieux, nous enlève sourent , même ce qui est à nous : » 'H «Xiov^Ca dfotpiî^ x^ ta icpoodvta icoXX^tç. — Plante, remplaçant Geai et Paons par Ane et

F. iz] LIVRE lY. Soi

Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui : Ce ne sont pas là mes aflfaires.

BcBofii, dirige très-plaisâmment Tallégorie contre let mésallianoet {JuiÊilaire, acte II, tcène ii, rert 49*^3) :

f^tnit hoc mif Megadore^ in mentem, ted esse hominem dipUeMf

Factiosum; me item esse hominem pauperum pauperrimum.

Ntsnc sifUiam locasebn meam tibi^ in mentem venit

Te bopem eue^ et me auUum s uhi tecum comjunctus siem,

Ubi onus nequeam ferre pariter, j'aceam ego asinus in luto;

Tu me bos magis haud respieias^ gnatus quasi nunquam siem;

Et te utar iniquiore, et meus me ordo inrideat;

Neutruii habeam stabile stabulum^ si quid diporti pint;

Awd MU mordicibus scindant^ boves incursent cornibus.

Hoc magnum *st periculum, me ab asinis ad boves transscendere^

— Le Noble tire de la £d>le une tout autre leçon, qu'il adrene aux financiert, aux traitants :

Gros douaniers, riches sangsues , Quand après un destin dont Féclat est si beau, On TOUS revoit pieds plais tombés du haut des nues,

Voilà juste votre tableau.

— Benserade, qui consacre à ce sujet un second quatrain (le glxxtii*) , le termine par oeUe épigromme contre la beauté d'emprunt :

N'en est-il pas ainsi de la plupart des belles, Lorsque tous leur 6tez tout ce qui n'est pas d'elles ?

— M. Saint-Marc Girardin, dans sa xti* leçon (tome II, p. 71), cite cette fiible parmi ces satires de la vanité qui abondent chez notre poëte.

Sot FABLES. [r. i

LE CHÀMSÀU BT LB8 BATOlfS FLOTTANTS.

Éiope, fab. iio/0$ouc6poi (Cocay, p* 6i); fab. ii8» lip^ (Goray, p. 65y p. 3i4)* — Haadent» f partie, fab. 9a, Jes Strmmt' Je vigne et des F'iateurs; fab. 100, nTum Chameem, — Gorrozeti fid>. 54t du Lyon et du Renarde

Mfthoiogia mopiea Neçeleti^ p. 74, p. 178, p. iS3.

Cette foble est double. Elle réunit les deox apologues grecs mof tioDnés ci-dessus et mis Tiin et Taotre en français par Handent. Le premier, /ti Voyageurs^ est, dit-on, parmi les Isbles albibuées i Ésope, une des neuf qn*on pent considérer comme antbentiqaci (Toyez M. Soullié, p. 6a). U fnt, si noos en croyons Planude, b cause première de la mort do fisbuliste : Toyex ci-<ieasos U ^ d^ Ésope f p. 5 1 et 5a. — La fable 18 de Faëme, Léo et Vulpes^ déi«loppe la même idée que Tapologue du Chameau, L*abbé GfnUaa considère comme une antre rariante la fable 19 dn lirre lU de Tabbé Aubert, U Chat et U Coq d^un clocher; et M. Saint-Marc Girardin, qui, dans sa xti« leçon (tome II, p. 71), met encore cette fable parmi les satires de la Tanité, rapproche, dans sa xxm* (tome II, p. 373), de la moralité de la Fontaine odk de la tùk des Èchasses de Ricber (x* du lirre II, Paris, 1744) :

Nous admirons ainsi de loin maint grand seigneur. Qui de près n*est qu*un nain monté sur des èchasses.

c Le trait est vif, ajoute-t-il , et tout à fait d*un frondeur. Twam mieux cependant la moralité des Bâtons flottanu de la Fontaine : J*en sais beaucoup, etc.

La Fontaine u*applique sa moralité à personne, mais à toot k monde. H en sait beaucoup k qui elle pent convenir; il ne fsît k part d^aucune classe ou d'aucun ordre, a

Le premier qui vit un Chameau '

I . chameau est le terme générique s^appliquant à la fois à Teipèce

r. x] LIVRE IV. .Ho3

S^enfnit à cet objet nonveaa ; Le second approcha; le troisième* osa faire

Un licou pour le Dromadaire '• L^accontumance ainsi nous rend tont fiunilier * : 5

Ce qui nous paroissoit terrible et singulier

S'apprivoise avec notre vue *

Quand ce vient à la continue *.

Et puisque nous voici tombés sur ce sujet,

On avoit mis des gens au guet, i o

Qui voyant sur les eaux de loin certain objet,

qui a deux bosses et à celle qui D*en a qu'une; le mot Dromadaire^ qui est an vers 4» s^rt aujourd'hui k désigner cette dernière; mais il ne parait pas qu*il s'employât ainsi au dix-septième siècle. Le Dic^ tiomnaire de Richelet (f68o) et celui de fAcadémie (1694) disent simplement, sans parler de bosse, que le dromadaire est c une espèce de diameau plus petit et plus vite que les chameaux ordinaires; » et Furetière (1690), contrairement à notre usage, appelle dromadaire le chameau k deux bosses; il ajoute toutefois que Perrault donne ce nom (comme nous fidsons maintenant) au chameau à une bosse. Dromadaire est formé d*an mot latin du moyen âge qui rent dire, par son étymologie, c coureur, propre à la course. »

1. c Cette gradation, dit Nodier, rappelle celle que nous arons remarquée dans la fable rv du lirre ni (Tcrs 18-30) :

Elle approcha, mab en tremblant ; Une autre la snirit, etc. »

3. Pour un dromadaire^ dans Tédition de 1678, qui corrige cette Ciute il VErraia. — c Voyant, dit b fable grecque (n* 1 18), la douceur de la béte, voyant qu'elle n'arait pas de bile, ils lui mirent une bride, et, comme traduit Haudent (&ble 100),

L*ont baillé aux enfantz à duire {conduire),

4. Geruzex cite, au sujet de t accoutumance, ce passage du Roman de la Rose (édition Méon, rers 7176 et 71^7) :

Mainte chose desplet nouele, Qui par acoustumance est bêle.

5. Transposition poétique. Le tour ordinaire est de dire : « Notre ▼oe s'appriyoise arec le» objets. >

6. A la longue, à force de faire, de yoir, etc., sans interruption,

3o4 FABLES. [r. x

Ne purent s*empécher de dire Que c'étoit un puiaBant navire.

Quelques moments après, Fobjet devint brûlot ^^

Et puis nacelle, et puis ballot, is

Enfin bâtons flottants sur Tonde * .

la même choae. Voyez le Usiqm, — Dans Faërue, ùJble do Lu» it le Mmard (ren 8 et 9) :

Qum terribiUa sunt ai insoUntia (iion-aoooatamanoe), Ea reddit adsuetudo blanda et moUia.

— Dans la fable grecque du Chameau : Ta ^olUpà t&v icpoyjjLi:»» \ awifitiOL tùxoTaçpdvijTa icout. ^ La fable de Corroset àtée daai la . notice contient les vers fuiTants, que la Fontaine a eos très-prabtblement sons les yeux :

S*appriuoiser est difficile ; Ifais quand on a prins co^oissanoe, L^amitié prend pleine croissance, Et le hanter en est &cile.

L*accoustumanoe en plusieurs lieux Auec les grands nous apprio<Mse, Lesquels n'osions pour peur de noue Regarder entre les deux yeux.

7. NaTÎre chargé de matières combustibles, destiné à mettre le fin à d*autres bâtiments, et qui ordinairement est de moyenne on de petite dimension. Nous n'avons pas besoin de dire que c*est la diawasion seule que le poëte a ici en Tue ; nous ne connaissons pas d'antre exemple du mot ainsi employé. — Dans la fable ésopiqoe 1 10 : oùxir. vaSv, iX>À icXotov l56xouv ^Xi^cecv.

8. c Cest le contraire de ce qui arrive réellement, dit Crapdet, reproduisant une critique de Ricber (Préface de l'édition de 1739» p. to), déjà répétée par l'abbé Gnillon et par Nodier. Le plus gnaJ navire, tu de loin, semble être moins qu'une nacelle, et il grandit à mesure qu'il approche du rivage. Le sens moral eat vrai, miii le sens propre présente une idée fuisse. » C'est k note qui est fimae, on du moins inexacte. U est très->vrai qu'un gros navire, vu de loia, parait petit, quand on sait ou qu'on se figure que c'est un navire, et que l'o^ croit mesurer la distance on il est placé. Biais il est éffkmeut vrai qu'un objet relativement petit, dont noua ne cmnnaiwna» pas la nature, dont nous ne mesurons pas la distance^ prend à bsi regards des prc^xMtions exagérées , quand surtout il se détache lar llmriiOD, comme il arrive sur mer, ou au sommet d'une montagne»

Googk

f.x] LIVRE IV. 3o5

Ten sais beaacoap de par le monde A qui ceci conviendroit bien :

De loin, c'est quelque chose; et de près, ce n*est rien*.

oa dans one Taste plaÎDe. On nous a raconté qa*im jour, en Afrique, le maréchal Bngeand et tout son état-major prirent pour une aimée d* Arabes des chardons qoi se balançaient dans la brume.

9. Ce Ters est derenn prorerbe. On en a rapproché le mot de Tache (JnmtUeSf livre I, chapitre xlth) : Cui (majestati) major # iot' finfuo repenntia. L*abbé Aobert commence ainsi la £Ej>le mentionnée I dans la notice :

Pour bien juger des grands, il fiiut les approeher.

•» c De bien des gens il n'y a que le nom qui Taie quelque chose. Quand tous les Toyez de fort près, c'est moins que rien; de loin, ils imposent. » (La BauTias, du Mérite pertonnel^vfi a, tome I, p. i5i.)

J. DB lA FoaTAum. i

3o6 FABLES. [r. u

FABLE XL

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