Son bien : voyez le Lexique
9. On s'est servi de même en latin de sacer dans le sens de r«/i<tms^ c interdit, inviolable, k quoi il est défendu de toucher, dont l'accès n'est pas permis. • Ainsi Valerins Flacons (livre I, vers 63a) a dit sacros fluctus; et Silius Italiens (livre UI, vers 5oi) sacras fines et (livre IV, vers 70) sacros montes, eu parlant des Alpes, que personne avant Annibal n'avait franchies.
346 FABLES. [f.xx
A Tendroit où gisoit cette somme enterrée^*.
n y fit tant de tours qu'un fossoyeur" le vît,
Se douta du dépôt, Tenleva sans rien dire. «o
Notre Avare, un beau jour, ne trouva que le nid*
Voilà mon honmie aux pleurs : il gémit, il soupire^',
D se tourmente, il se déchire **.
Un passant lui demande à quel sujet ses cris.
« C'est mon trésor que Ton m'a pris. s s
— Votre trésor? où pris? — Tout joignant cette pierre.
— Eh** ! sommes-nous en temps de guerre, Pour l'apporter si loin ? I^Teussie^vous pas mieux fiut De le laisser chez vous en votre cabinet**.
Que de le changer de demeure? So
Vous auriez pu sans peine y puiser à tonte heure.
— A toute heure, bons Dieux ! ne tient-il qu'à cela*'?
10. « Prendre qaelqa'iin de ooart, » e*est le presaery ne pts hî donner le temps de faire quelque ohote. Génies explique ainsi es passage : c II eût fallu saisir un intervalle bien court pour le pfcodre ne songeant pas à l'endroit, etc. >
11. Ce mot est aussi un archaïsme, et doit éridemnMnt se prendre dans ce sens étendu que lui donne encore le Dwtioimmr^ de Nieot (1606) : c Fossoyeur est en général celuy qui fait fosses et fosses, • un homme qui bêche, qui creuse la terre. Dans la fabk grecque : tSW IpyotCW Ti(, c un ouvrier, un laboureur. »
la. Nous ayons déjà yu cet hémistiche an vers i a de la ùhk n du livre I.
i3. Dans la £iJ>le grecque il s*arrache les cheveux : tGOLu xkç
14. Ici l'orthographe du mot est bien Eh dans les éditions originales.
i5. Cabinet^ vers la fin du dix-septième siècle, avait encoire diver sens. U désignait particulièrement, pour nous servir des termes de Furetîère, soit c un petit lien retiré.... où l'on étudie, où Ton sen« ce qu'on a de plus précieux ; 1 soit c un buffet où il y a plusieun volets et tiroirs pour j enfermer les choses les plus précieuses. •
16. c Ne tient-il qu'A cela? 1 c'est-à-dire : est-ce aussi simple i{M cela? aussi simple que vous paraisses le croire? aussi simple à ûiire qu'à dire?
r. xx] LIVRE IV. 3^7
L*argent Tient-il comme il 8*eii Ta ?
Je n^y toachois jamais. — Dites*moi donc, de grâce, Reprit Tautre, pourquoi tous tous affligez tant, 3 5
1 Puisque tous ne touchiez jamais à cet argent *^ : r Mettez une pierre à la place,
Elle TOUS Taudra tout jautant ^*. »
17, Noot nous êommtB conformés, pour la ponctuation, à l'édition
de 1678 ; c'est aussi celle de la petite édition de i68a, qui met même
on point d^interrogation après argent^ à cause du monrement inteiv
' rogatif de la phrase. Dans Fédition de 1668 in-4*, les derniers Ters
de la fable sont ponctués de la manière suirante :
.,.. Dites-moi donc, de grâce, Reprit Tautre, )>ourqttoi vous tous aiffligez tant : Puisque TOUS ne touchiez jamais à cet argent, l Mettez une pierre à la place ;
£lle vous raudra tout autant.
Cette manière de couper la phrase a été adoptée par presque tous les , éditeurs modernes, j compris Walckenaer. L'édition de la Ha je 1688,
^ et celle de Londres 1708, pour mieux appujer encore, ont mis un
^ point après tant,
i8. Le fabuliste grec dit à peu près de même : 'djv out^ ydp «k f sXi)p(&oti xfidwt, — Faême explique élégamment l'idée (rers la) :
: Tarn deest avaro quod habet quam quod non hmhet.
* Elle est aussi développée avec une énergique simplicité dans deux
recueils de fables indiennes : c Si ce sont des trésors enfouis dans notre maison qui nous font riches, ne le serions-nous pas de même, si dans notre maison il n'y en avait pas d'enfouis ? 0 (Pantschatantra^ livre II, strophe i56.) — c Si nous sommes riches par des biens que nous n'employons ni pour les dépenser ni pour en jouir, nous le sommes tout autant par les trésors qui sont enfouis dans les mines an sein de la terre, v (Hitoftadeçaf livre I, strophe i49*)
34» FABLES. [r.xxa
FABLE XXI
l'oBIL du MAITRE^
Phèdre, livre II, fkb. 8, Cërfus ei Bofes. — Rosraiitty lÎTre IH, fab. 19, CêTPiu et Bopes» — Haudent, i** partie, fidb. i53, ^«1 Ctrf et iPum Femêwr, — Corrozet, fab. 4^, du Cerf et des Bmmfs,
JfytkoUpa mêopUa NeveUti^ p. 4i4*
c Cette &ble est un petit ehef-d'œurre, dit Chamfbit. L^nteetioa morale en est excellente, et les pins petites circonstances s*j np* portent avec une adresse ou un bonheur infini. » — M. Saint-Mare Girardin, dans sa vm* leçon (tome I, p. «57-959), cite la faUe entière de Corrozet ; elle lui paraît fort médiocre, en comparaison de la nôtre, qu^il regarde comme « une des plus belles de la Fontaine, t
Un Cerf, s'étant sauvé dans une étable ' à Boeufii,
Fut d^abord averti par eux
Qu'il cherchât un meilleur asile '.
« Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas : Je vous enseignerai les patis les plus gras^ ; 5
Ce service vous peut quelque jour être utile,
I. Pour cette fiible et la soirante, rojrez ci- dessus, p. a59, le moU qui est à la fin du livre III.
9. Il )r a iiit étahU dans les éditions de 1678 et de 1688. Ce masculin, bien que le mot ait été autrefois de ce genre (voyez les exemples cités dans le Diciionnaire de M. Littré), n*est point ici on archaïsme, mais simplement une faute d^impressioo. Les mêmes éditions donnent cette étahU^ au vers x6*